Environ deux tiers d’arènes, traditionnels chants des cigales auxquels sont venus se mêler les sempiternelles piailleries de quelques antis réunis aux abords. A noter que cinq d’entre eux sont venus perturber la course de l’intérieur, évacués illico… tandis qu’en signe de dérision Léa Vicens leur brindait sa première faena… Six toros d’El Torero terciados et peu piqués, maniables la plupart, meilleurs les 3 et 5. Sobresaliente : Jérémy Banti qui n’eut pas l’occasion d’intervenir.

Léa Vicens (saluts et oreille) a connu un début un peu hésitant mais s’est bien reprise avec Gacela puis Bético pour un violon réussi. Trois bonnes courtes avec Don Diego puis rejón au troisième envoi. Au quatrième, long à fixer au début, montée sur Guitarra, Léa s’employa aux banderilles avec trois montures différentes, Gacela, Bético puis Desafío. Trasteo irrégulier ponctué de passages artistiques qui ont transmis et comprenant aussi plusieurs poses réussies, final par deux roses sur Don Diego et rejón trasero.



Juan Bautista (oreille et oreille) a brindé à l’auditoire, après un puyazo rectifié, une faena composée d’abord de mouvements droitiers qui mirent en évidence la faiblesse de son adversaire, l’Arlésien devant le maintenir à mi-hauteur tout au long d’un trasteo harmonieusement rythmé sur les deux côtés, mettant en exergue sa technique et son adaptation aux conditions de son opposant. Entière au second envoi puis vuelta en compagnie du petit Kévin qui l’a accompagné dans sa vuelta après avoir fait en piste une sympathique séance de torero de salon. De la bonne graine…

Avec le quinto, le meilleur de l’envoi, Juan Bautista s’est distingué par un accueil alluré et varié, le recevant à genoux avant plusieurs capotazos de bon goût. Après un puyacito, l’Arlésien brinda à Ángel Peralta une faena démarrée genoux dans le sable et suivie par un enchaînement de séries sur les deux rives rendu possible par un bicho qui répétait. Le palco sembla moins enthousiaste et tarda à envoyer l’Orphéon qui toutefois joua vers la fin… Final par manoletinas avant entière a recibir, le président se faisant ensuite tirer l’oreille pour ne pas avoir accordé… la seconde !!!
jb27m
Roman Perez (oreille et vuelta) brilla au capote sur la réception de son premier, puis sur un quite par navarras après une rencontre. Brindée à Juan Bautista, sa faena comprit de bons mouvements sur les deux bords, son adversaire s’avérant noble. Le diestro local afficha entrega et pas mal de détermination, concluant par entière au second envoi. Avec l’ultime, qui poussa sur le premier assaut avant un second pour la forme, Roman brinda à l’assemblée un labeur décidé débuté par des séquences droitières bien rythmées, la suite étant plus irrégulière face à un opposant qui baissait en transmission. Entière.

Texte et Photo Paul Hermé