Dorian Canton (Photo NV)

Arènes de Vic, novillada de la Féria 2019

Quatre novillos d’El Retamar justes de forces et de caste à l’exception du dernier pour

Andrès Lagravère « El Galo » : silence, sifflets

photo Matthieu Saubion

Dorian Canton : une oreille, une oreille

photo Matthieu Saubion

Douze piques, cuadra Garcia

Salut de Manolo de los Reyes au sixième

4/10ème d’arène

photo Mathieu Saubion

Soleil et température agréables

Une minute d’applaudissements à l’issue du paseo à la mémoire de personnalités monde taurin disparue dont Me Arnaud président du Club Taurin Vicois et maire de la ville.

Novillada très bien présentée : lourde, haute et surtout armée comme il se doit dans ce fief du torisme gersois ; c’est-à-dire pointu. Les Retamar auront été noble dans l’ensemble mais juste de force parfois et sans beaucoup de transmission et n’ont pas brillé à la pique. Le dernier aura été plus spectaculaire, mobile et finissant à mas.

On connaît l’histoire sentimentale qui lie « El Galo » à Vic, son père, Michel étant un enfant de la petite cité et ses grands-parents des piliers de la tauromachie locale. Andrés avait gagné sa place dans ce cénacle de plein droit ayant beaucoup toréé en Europe comme au Mexique. Il brilla à ses deux passages à cape avec notamment des chicuelinas « ceñidas »  et aux banderilles qu’il posa des deux côtés avec alegria. Il a marqué là sa personnalité mexicaine. Il fut par la suite moins brillant, moins bien servi au sorteo que Dorian. Deux faenas où, sans qu’il ne plie, il ne put s’imposer face à des adversaires souvent réticents. Bien qu’il tua avec difficulté, cette présentation locale d’Andrés est tout à fait digne et ne provoqua pas de critiques. On voit qu’il a du chemin à faire avec ce type de toros austères et exigeants que l’on aime dans le sud-ouest.

Très bonne matinée pour Dorian Canton qui a levé tous les doutes que l’on pouvait avoir quant à son alternative bayonnaise. Serait-elle prématurée se demandait-on ? La réponse est non ! Devant deux novillos solides, armées et dont la conformité était proche d’un toro de quatre ans, Dorian s’est imposé sans difficulté. Il a montré qu’il avait beaucoup de maturité, du recours, de l’officio ce qui peut surprendre pour un jeune homme qui en définitive a peu toréé dans cette catégorie. Mais c’est au pied du mur que l’on voit le maçon. Il se distingua à la muleta plus qu’à la cape où on le vit cependant au second passage à son aise en véroniques.  A la muleta donc très concentré il s’imposa sans esbrouffe avec deux travaux bien menés des deux côtés, il termina son travail par deux estocades entières fulminantes qui à elles seules valaient un trophée. C’est un torero solide qui a besoin d’une opposition  consistante pour s’imposer. Ce qu’il fit en donnant l’impression d’une aisance rassurante pour l’avenir.   

Pierre Vidal