Nimes . Matinale. Dimanche. 1/2 arène. ‘(photos Roland Costedoat)

Toros de Victoriano del Río. 

Diego Urdiales, silence et silence; 

Paco Ureña, oreille et deux oreilles après avis,

 Pablo Aguado, qui confirmait, silence et deux oreilles.

En matinée, sortie a hombros par la Porte des Consuls pour Paco Ureña et par celle des cuadrillas pour Pablo Aguado. Le soir, déception ganadera avec des Juan Pedro Domecq manquant de forces et d’alegría…Demi-arène, ciel menaçant, vent parfois gênant. Six toros de Victoriano del Río correctement présentés, donnant un jeu inégal. A l’issue du paseo, les trois diestros ont été appelés à saluer.Diego Urdiales (silence aux deux) affronta en premier lieu un adversaire qui prit deux piques, sortie fermée la première et anodine l’autre, Ureña devant ensuite abréger son quite. Après retour de protocole pour la confirmation d’Aguado, le Riojano dut nous gratifier d’un combat à l’ancienne face à un animal rétif et violent dans ses brusques retours, avant d’abréger la séance par entière au second envoi, suivie d’un descabello. Le quatrième prit deux piques, sans style la première et sans insister la suivante, et après avoir brindé au public, Urdiales dut essuyer plusieurs coups de testut qui l’incitaient à la méfiance. Il distilla quelques muletazos valeureux sans pour autant réellement dominer les débats au cours d’un trasteo en demi-teinte qui résulta en deçà de l’attente… Entière puis coup de verdugo.Paco Ureña (oreille et deux oreilles) est reparti a hombros par la Porte des Consuls grâce notamment à un second combat supérieur. Auparavant, il eut en partage un premier client qui s’employa lors de la première rencontre avec la pièce montée, avant une deuxième pour faire le compte règlementaire. Brindis à l’assistance et entame décidée, Paco cherchant un aléatoire abri du vent puis tirant une excellente série de naturelles qui  déclencha la musique. La suite par mouvements aboutis, se faisant remarquer par la fluidité de ses gestes grâce à un poignet guidant une muleta à la fois suave et assurée. Final rapproché avant entière au second envoi. Mais c’est avec un bon quinto que le Lorqueño allait se surpasser et faire chavirer le cirque car après une sortie au pas et un tercio de varas limité à sa plus simple expression, le bicho alla a más dans une flanelle templée autant sur la gauche que sur des redondos sans fin. Ureña exprima tout au long de son trasteo une joie de toréer qui faisait plaisir à voir, lui qui a payé un si lourd tribut à sa passion, transmettant sur les travées avant l’entière qui en libérant deux trophées ajoutés à un premier au tour précédent, lui ouvraient une Porte des Consuls si convoitée…Pablo Aguado (silence puis deux oreilles) était venu confirmer, précédé d’une flatteuse réputation après notamment ses quatre oreilles sévillanes. Fortement contrarié par le vent , il réalisa entre les deux rencontres un quite appliqué par chicuelinas, avant une bonne réplique d’Urdiales après la seconde.Début tout en douceur par derechazos suaves, puis la suite à l’unisson au son de la « Concha Flamenca », avec toutefois quelques vides dans la partition d’un Aguado visiblement désireux de convaincre. Entière après pinchazo. Excellent capoteo de réception de l’ultime qui s’enfuit en bondissant au premier assaut, avant d’y retourner sans prendre pour autant le puyazo du siècle ! Mais le manso allait par la suite révéler un fonds de caste dans une muleta tenue magistralement par le Sévillan qui au son de « Caridad del Guadalquivir » allait composer une œuvre majeure, autant par les sentiments dégagés que par sa maitrise d’une gestuelle inspirée. Entière pour deux oreilles récompensant une brillante prestation qui à elle seule lui valut une sortie a hombros par la porte des cuadrillas. Pour une première dans cet amphithéâtre, c’était plus qu’une confirmation. Bel et bien un début de consécration !Voir la vidéo ICI