Le village de Castelnau-Rivière Basse est coincé entre le Gers, les Landes et le Béarn. Mais, curiosité: il appartient aux Hautes Pyrénées dont il est la seconde arène avec Maubourguet. C’est François Fortassin, ancien sénateur et président du Conseil général, grand défenseur de la corrida, aficionado lui-même qui fit beaucoup que s’instaure dans ce village la tradition taurine. C’est ainsi qu’est née, s’appuyant sur le club taurin local, la première novillada sans picador qui a opposé d’abord des élevages venus d’Espagne, puis les meilleurs des élevages français et plus tard ceux du sud-ouest. A corridasi.com, notre philosophie est d’aider les « petites » arènes. Nous le faisons ici très concrètement…

Michel Raymond avec Alejandro Talavante lors de sa venue à Castelnau

Trois questions au président du club taurin, Michel Raymond, cheville ouverte de la journée qui nous présente le bétail de cette novillada pour débuter…

-Pour cette édition de la novillada concours dimanche, nous sommes revenus à une compétition plus ouverte avec trois élevages du sud-est : Sainte-Cécile, Turquay, Gallon qui seront opposés à trois élevages du sud-ouest : Bonnet, Alma Serena et Astarac. Ils se disputeront le trophée François Fortassin qui sera attribué au meilleur ganadero. C’est un trophée qui est très disputé et qui devient prestigieux et, avec les ganaderos, nous avons choisi un bétail très bien présenté. Dans des types différends. Tous sérieux. Savoir comment il se comportera…? nul ne le sait avant qu’il ne sorte. Ce sont les incertitudes de la tauromachie, cela en fait sa beauté.

-Les trois jeunes gens qui vont défiler dimanche à Castelnau… comment les avez-vous choisi ?

-Nous connaissions Cristian Parejo il nous avait été recommandé après qu’il ait gagné, en début de saison, à Arzacq. Il a confirmé au bolsin de Bougues et surtout à Vic-Fezensac, en matinée, où vraiment il a été exceptionnel devant les Pagés Maillhan. Isaac Fonseca est mexicain, il est inédit en France mais les cassettes que nous avons reçu de lui notamment celle de Madrid où il s’est produit en nocturne sont très impressionnantes. Il a les qualités des grands toreros mexicains : le charisme, l’enthousiasme et surtout le courage. Il va bientôt passer en piquée c’est donc une des dernières fois qu’on le verra dans cette catégorie. Enfin Jean-Baptiste Lucq représentera la France. C’est la dernière pépite de Richard Milian. Un jeune homme qui sait ce qu’il veut, déterminé et qui a fait ses preuves à Mugron et Saint-Sever. C’est un ensemble relevé.

 -Une novillada sans picador dans un village de moins de 1000 habitants c’est un sacré pari. Comment voyez-vous l’avenir ?

Oui c’est un pari difficile et cela demande la mobilisation de tout le club, de tous ces bénévoles qui sont autour de moi. Sans eux ça ne serait pas possible ! Je ne crois pas que les grandes arènes mesurent nos difficultés. Nous nous interrogeons pour la suite. La viande ne se vend plus. C’est un revenu que nous avons perdu. Nous nous inquiétons aussi pour l’avenir des services médicaux. Seront-ils encore au rendez-vous les années qui viennent ? Tout coûte plus cher : le bétail, les cuadrillas, le transport. Il n’y a qu’une seule issue possible que le public nous soutienne. Amis aficionados venez dimanche à Castelnau ! Vous ne serez pas déçu ! Et vous assurerez l’avenir de notre novillada. Mobilisez-vous !

Recueilli par Pierre Vidal