Le torero de Gerena nous parle des enjeux de son solo à Bayonne le 14 août, des raisons qui l’ont poussé à le faire.

Daniel Luque : Les arènes de Bayonne, je l’ai toujours dit et je ne me fatiguerai pas de le faire, ce sont celles qui m’ont permis d’avoir la notoriété que j’ai aujourd’hui. Elles m’ont ouvert les portes de nombreuses ferias, elles m’ont fait grandir comme torero et comme homme, car l’aficion m’a beaucoup donné. Sincèrement, je ne sais pas de quelle autre manière, à part en toréant et en affrontant seul six toros, j’aurais pu les remercier. Je le ferai une et mille fois, de façon désintéressée, l’argent m’est égal, simplement pour leur rendre ce que j’y ai pu sentir et ce que cette aficion m’a fait ressentir. Le toreo est une question de feeling et quand le public est avec toi le triomphe est beaucoup plus facile. Comme torero on s’engage encore plus, on se sent porté.

-L’idée de ce solo est donc la tienne ?

D.L. : Beaucoup de personnes y ont contribué, en particulier mon apoderado Robert Piles et son fils, de l’organisation des arènes, de la Mairie, qui ont rendu cela possible. Ce n’est pas seulement une idée à moi, entre tous nous sommes tombés d’accord pour programmer ce qui devrait être un grand jour de corrida.

-Cette idée de trois élevages différents, elle vient d’où ?

D.L. : Je veux tout d’abord que les toros soient bien présentés, comme ces arènes le méritent. Avec trois ganaderias qui ont marqué ma carrière, avec une solide réputation. Pedraza de Yeltes, un des élevages les plus côtés en ce moment ici et qui me donne réellement du crédit en France. Je lui dois beaucoup d’être revenu dans les ferias et d’avoir récupéré la crédibilité auprès de beaucoup de beaucoup d’aficionados qui doutaient peut-être de mes capacités devant d’autres types de corridas. Torrestrella est un élevage qui m’a ouvert beaucoup de portes en France au début de ma carrière et Puerto de San Lorenzo m’a permis, entre autres choses, de sortir par la grande porte de Madrid et dont je suis très proche de la famille. Des jours comme celui-ci, je tiens à ce que ces élevages soient présents.

-Tu as déjà affronté six toros, faut-il une prédisposition et une préparation spéciales ? Penser à avoir de la variété, par exemple à la cape ?

D.L. Je n’y pense pas, je vais me laisser porter, suivant le comportement des toros. Je ne vais pas penser à faire un quite à tel toro et telle chose à un autre, je vais affronter six toros en essayant de me maintenir à un même niveau, je sais que c’est difficile. Il y aura peut-être des hauts et des bas, avec mes vertus et mes défauts. Il se passera énormément de choses mais, au final, je veux que tout le monde sorte des arènes en pensant que j’ai donné le maximum de moi-même avec, au moins, deux faenas qui resteront gravées dans les souvenirs. Et surtout, bien tuer les toros, ça il faut l’avoir en tête, car on y accorde en France beaucoup d’importance. 

Recueilli par Antonio Arévalo