Huesca, samedi. Feria de la Albahaca. Quasi lleno.

Toros de Torrestrella

Miguel Ángel Perera, silence et silence après avis; 

López Simón, oreille et oreille; 

José Garrido, oreille et silence.

Ignorée de l’aficion française, la féria de Huesca située pas très loin de la frontière vaut le détour pour son authenticité, l’accueil de ses habitants, par la beauté de sa ville et justement parce qu’on n’ y rencontre pas de français ce qui repose un peu.Ici on est pro-corrida à fond et on hésite pas à le dire bien que les antis, assez nombreux tout-de même manifestent bruyamment. joutons que c’est une belle ville, monumentale, entièrement rénovée.

La corrida? Un lot de Torrestrella correct de trapio mais épointé de manière choquante et ridicule somme toute car les trois maestros n’avaient pas besoin de cela. Ceci dit personne n’a protesté. Le lot s’est avéré noble, avec une note supérieur pour le second et le troisième, soso le cinquième. Le reste manquait de race.

C’est une malédiction d’être chef de lidia à Huesca car le public fait peu de cas des travaux du maestro qui passe en premier et qui ensuite se coltine le « toro de la merendia » où tout le monde sort son sandwich et se préoccupe du casse-croûte. Pour une fois Perrera, mal servi, n’a pas fait d’effort et son toreo froid malgré sa grande technique, a laissé cette assistance festive, de marbre.

Lopez Simon a fait un carton. Sa première faena commencée au centre par des changées spectaculaires a mis l’arène dans sa poche. Le torero de Barajas a baissé d’un ton néanmoins au fil de son travail et a tué médiocrement l’animal. Il y eut néanmoins une pétition de seconde oreille. Il ne renonça pas face au faible cinquième et sa faena prit du relief, touchant les tendidos de sol toujours prêts -et c’est sympa!- à s’enflammer, bonne estocade et une oreille qui consolide le bon moment du jeune homme après ses trois oreilles montoises.

José Garrido n’est pas, lui, dans un bon moment. Il n’a jamais trouvé le sitio et c’est comporté comme un pegapase banal, voir vulgaire, ne réussissant pas à saisir les opportunités. A son crédit un estoconazo à son premier toro. Qu’est devenu cette belle promesse?

Huesca somme toute? Une belle découverte…

Pierre Vidal

Photos Nadège Vidal