Roquefort, dimanche novillada des fêtes. 1/2 arène.

Six novillos de la Quinta.

Aquilino Giron: une oreille et saluts.

Rafaël Gonzalez: une oreille et une oreille après avis.

Cristobal Reyes saluts après avis et vuelta.

Saluts du banderillero Vicente Ruiz au cinquième.

Sortie en triomphe du mayoral de La Quinta et de Rafaël Gonzalez.

Du grand spectacle hier à Roquefort grâce à un lot de La Quinta qui aura tenu le public en haleine de bout en bout. Un ensemble bien présenté avec plusieurs toros applaudis à leur sortie: armés pointus, dans le type, harmonieux, sérieux de trapio, la palme revenant au dernier. Le ramage a été à la hauteur du plumage tous les toros ont été complets: braves à la pique et nobles par la suite.

Il y eut des nuances et c’est bien normal les plus nobles ont été les seconds et quatrièmes, des toros qui avaient pris chacun deux belles piques et qui procurèrent des troisièmes tiers haletant, sans jamais baisser la garde, répétant en humiliant. Le second aurait pu faire une vuelta. Les plus braves ont été les troisièmes qui fut piqué au regaton par jean Loup Hayet qui salua et le sixième qui prit quatre grosses piques données par Tito Sandoval, très applaudi. Le quatrième renversa deux fois le cheval.

Tous les toros ont fini la bouche fermée et ils furent tous applaudis à l’arrastre. Le premier avait une pointe de soseria et le dernier s’arrêta dans la faena en raison sans doute du grand tiers de pique qu’il avait supporté (quatre très appuyées).

Evidemment ce n’était pas facile d’être à la hauteur de ce sextuor exigeant et d’une telle qualité. Les coletudos ont fait ce qu’ils ont pu et sans doute ont-ils été un poil en dessous de la qualité de l’opposition. Aquilino Giron qui avait impressionné l’année précédente et qui lui avait valu une oreille. Il fut mieux au second, peut-être le meilleur de la tarde, qu’au premier tué d’un estoconazo récompensé. Aquilino sort, nous dit-on, d’un moment difficile, sa prestation riquefortoise sans atteindre les sommets lui aura redonné confiance.

On qualifiera le toreo de Rafaël Gonzalez d’appliqué et de sérieux. Il fit ce qu’il fallait hier pour s’assurer une sortie en triomphe méritée. Cette application est marquée par un certain académisme. Ce manque de personnalité, c’est sa limite. Par contre, il possède une technique aboutie qui lui a permis la mise en valeur ses opposants en les citant de loin et en les conduisant par le bas dans des séries de qualité. Deux bonnes estocades, la seconde spectaculaire.

Beaucoup de personnalité et d’enthousiasme chez Cristobal Reyes, qui même s’il eut le lot le plus âpre et s’il est encore vert, ne se dégonfla jamais. On aura particulièrement apprécié son premier passage à la cape où il brilla enchaînant les véroniques aux chicuelinas. A la muleta il ne céda rien mais en même temps il ne put pas grand chose surtout face au dernier, trop vite arrêté. Malgré un bajonazo, une partie du public, sous le charme de l’entrega et du charisme de cette belle promesse, demanda pour lui une oreille que le palco n’accorda pas, entendant ainsi une bordée de sifflets.

Au total une tarde passionnante où l’émotion était présente à chaque minute. On est heureux de cette réussite pour les organisateurs de Roquefort qui se donnent tant de mal pour conserver, à cette arène si typique, sa catégorie.

Pierre Vidal

Photos Anaïs Cazenave

PS. Le matin novillada sans picador:

4 Turquay bien présentés mais de jeu compliqué

Solalito: silence et saluts

Anonio Mignana: silence et silence