Bayonne première de la féria de l’Atlantique, vendredi. 4/5 ‘d’arène.

Photo Matthieu Saubion

Toros de Luis Algarra,  correctement présentés mais manquant de race et fond le second, nº 33, ‘Tomasito’, vuelta al ruedo. non justifiée et le cinquième , sifflets justifiés à l’arrastre

Sébastian Castella, oreille et deux oreilles; 

Daniel Luque, oreille après avis et silence; 

Pablo Aguado, silence après avis et silence. 

Salut de José Chacón, au premier et de Rafael Viotti et Santiago Pérez au quatrième.

BAYONNE : DU GRAND TOREO

On a pu assister à des moments magiques avec deux protagonistes : Sébastien Castella et Daniel Luque. Un duel qui s’est amorcé des les quites au premier toro, avec un Luque toréant à merveille par chicuelinas, d’une douceur extrême, avec pour réponse des gaoneras d’une prise de risque maximum de Sébastien.
On a continué de voir du très bon toreo de cape. Commençons par le Français. Sa réception au second a été sublime, lui apprenant à charger avec un temple envoûtant. Après avoir été déséquilibré, avant d’amener son cheval à la pique, Sébastien l’a fait avec des chicuelinas d’une arrogance et d’une personnalité uniques. C’était beau, c’était inédit.

Photo Roland Costedoat

Castella a coupé trois oreilles, l’une à son premier dans une faena qui a démarré avec un temple majestueux, des passes au ralenti, se régalant dans chaque charge du toro d’Algarra. Malheureusement le toro n’a pas été jusqu’au bout, sa bravoure était limitée, malgré sa classe. Cependant Castella ne s’est pas démonté et s’est arrimé, avec des accrochages qui ont parfois effrayé le public.

Sur son second, début de faena sensationnel, des changements de main invraisemblables et une naturelle éternelle, qui n’est pas sans nous rappeler celle de Talavante à Séville. Mais une fois encore, là aussi, le toro s’est éteint un peu plus tard. Castella n’a pas lâché et une estocade efficace lui a permis de couper deux oreilles, la seconde contestée par une partie du public.

Photo Mathieu Saubion

Luque a été sublime par moments. Surtout à son premier, qu’il a torée magnifiquement à la cape et à la muleta alliant toujours la douceur à la profondeur. Son toro était bon, sans doute, mais le tour de piste fut excessif, d’autant plus que le torero de Gerena dissimula sa baisse de régime, en particulier avec les luquesinas. L’estocade fut sensationnelle, mais le toro, brave, mit un temps fou à tomber et le prix ne fut que d’une oreille. Son suivant, il le toréa avec des véroniques caressantes, d’un relâchement hallucinant, sans le moindre préambule. Elles étaient presque charnelles, on les dégustait avec la même lenteur que Luque les interprétait. Il brinda à Sébastien mais malheureusement le toro n’avait pas de charges, toutes les tentatives de Luque furent vaines malgré sa volonté et sa determination.

Photo Roland Cosetdoat

Pablo Aguado a été bien, correct. Il s’est efforcé au dernier, a réussi à le faire charger alors que cela semblait improbable, mais il n’a pas été au même niveau que ses compagnons de cartel. Son premier toro permettait sans doute davantage et face à son dernier, plus compliqué, il montra une facette plus technique et un peu plus convaincante. Peut-être avait-il en tête son rendez-vous de Ronda ? En tout cas, l’après-midi, qui finit la nuit, fut celui de Castella et de Luque qu’on aimerait voir confrontés plus souvent.

Antonio Arévalo

Deux toreros et pas de toros

Grande démonstration de savoir faire , en particulier à la cape, par les deux exceptionnels maestros que sont Luque et Castella. Les deux toreros nous ont offert de très bons muletazos en début de chacune des faenas mais les toros décastés de Luis Algarra sont rapidement allés à menos , ou se sont même éteints. Débuts étincelants et fins tristounettes ou en trompe l’oeil , tel est les résumé de chacune de faenas de Luque et Castella. Il y a eu une vraie compétition entre les deux toreros avec de grands quites à la cape, de quoi donner envie à certains organisateurs de programmer un mano à mano. Aguado, mal servi au sorteo, a toréé fuera de cacho et sur le pico et n’a pas convaincu le public bayonnais qui remplissait au quatre cinquièmes les gradins.

rt