Mois : septembre 2019 Page 1 sur 18

La course landaise en danger

Ci-dessous le discours lu par Christophe Dussau au nom des toreros landais à l’issue du paseo du championnat de France des écarteurs et sauteurs

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Guadarrama: blessure de Marcos

Guadarrama (Madrid . Novillos de Monte la Ermita deslucidos et sans race

Fernando Flores, salut, salut et silence au sixième tué pour Marcos  

Marcos, oreille; 

Isaac Fonseca, oreille  et  salut. 

Entrée: Deux  tiers.

Salut au cinquième de Juan Carlos Rey et Jesús Robledo « Tito » (banderilles) et Raúl Ruiz (brega).

PARTE FACULTATIVO DE MARCOS. â€œHerida por asta de toro en la cara interna de la pierna derecha, tercio medio, con un orificio de entrada de 8 cm y un trayecto hacia adentro de unos 10 cm, disecando el músculo tibial anterior de la cara interna de la tibia. Arrancamiento de colateral venosa. Pronóstico: Menos grave. Fdo: Dr. Crespo Rubio”.

Corella, triomphal

Le bon toreo de Paulita; un torero trop peu vu.

Corella (Navarre). Dimanche. 3/4 d’entrée.

Toros de Victorino Martín (3º, 4º et 5º) et Los Maños (1º, 2º et 6º). Le 1º, « Limonero », numéro 67, negro, né le 01/15 et le 5º, « Garduño », numéro 70, negro entrepelado, né le 12/14; et le 6º, Corbeto, numéro 56, negro, né le 04/15, vuelta al ruedo. 

Paulita, oreille et deux oreilles; 

Morenito de Aranda, oreille après avis et oreille; 

Rubén Pinar, oreille et deux oreilles. 

Arnedo: vueltas pour El Rafi et Diosleguarde

Arnedo (La Rioja). Feria del Zapato de Oro. Novillos de Baltasar Ibán

El Rafi, vuelta al ruedo avec pétition et silence; 

Manuel Diosleguarde, silence et vuelta al ruedo; 

Alejandro Mora, silence et silence.

Madrid: Perera faillit avec les aciers

Madrid,  . Feria de Otoño. Toros de Juan Pedro Domecq (1º et 4º), Núñez del Cuvillo (2º et 5º), Victoriano del Río (3º et 6º) et un sobrero de José Vázquez (6º).  . 

Miguel Ángel Perera, silence, silence après un avis et vuelta al ruedo après un avis; 

Paco Ureña, oreille, silence et ovation après un avis.

Entrée: Lleno de « No hay billetes

A l’issue du paseo, Paco Ureña a été invité à saluer, une ovation partagée avec Perera qui s’est toutefois tenu en retrait.

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Miguel Ángel Perera (silence, silence et vuelta) a débuté avec un toro qui ne s’est pas employé au capote avant deux rencontres puis excellent tercio de banderilles à l’issue duquel ont salué José Chacón et Jesús Arruga. A la muleta, l’Extremeño s’efforça de soigner des échanges alternés aux contours allurés, sans toutefois parvenir à trouver l’accord parfait. Entière caídita.

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Bel accueil du troisième en se ployant, puis placement au cheval par chicuelinas marchées pour une première ration a minima qui ne fut pas du goût de tout le monde, le Cuvillo étant bien contenu sur le deuxième assaut. Bon quite par delantales d’Ureña suivi d’une réplique par chicuelinas de Perera. Le second tercio à charge de Javier Ambel et Arruga fera lever les tendidos, puis avec calme, application et temple, Perera égrena les séries face à un adversaire doté de bonnes dispositions auquel il manqua toutefois un peu de chispa pour donner plus de corps à son labeur. Entière au second envoi.

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Protesté rapidement par le noyau des « entendidos » faisant étalage de leur science en agitant leur mouchoir vert, « Portugués », de Cuvillo, piqué en deux fois sans grand style, allait ensuite nous procurer un des moments forts de cette tarde ! Comme quoi… Prenant son temps, Perera le fit venir de loin à plusieurs reprises, sur une trentaine de mètres, ce qui généra autant d’émotion que d’enthousiasme sur les gradins.

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Ces longues embestidas et la façon dont le maestro se l’enroulait sur les deux rives jusqu’aux bernardinas serrées en fin de faena, laissaient présager d’un triomphe « a lo grande », de ceux qui marquent forcément en un tel lieu. Las, au grand dam de Perera comme du public, il pincha sur le premier envoi pour placer ensuite un metisaca qui eut raison du fauve. Envolées les oreilles, mais quel grand moment nous venions de passer… Et dire que certains voulaient nous en priver !!! Perera venait de mettre tout le monde d’accord, ce qui n’était pas gagné d’avance lors de cet affrontement où visiblement, une bonne partie du public avait les yeux de Chimène pour son compañero, voire son concurrent.

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Paco Ureña (oreille, silence et saluts) démarra avec un Cuvillo qui est allé à son « aire » en foulant le sable, avant de prendre deux rations de fer, plus brève la deuxième. Bon quite de Perera puis début de faena en fanfare, hélas terni un temps par une chute sur des naturelles. Relevé, le bicho n’eut plus tout à fait les mêmes impulsions, mais Ureña sut toutefois profiter de son fonds de noblesse pour tirer plusieurs enchainements valeureux, dont un à deux mains qui fit chavirer le cirque. Et après entière, une marée blanche déferla des étagères, faisant tomber une oreille de poids.

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Le maestro de Lorca eut ensuite en échange un jabonero de Juan Pedro Domecq avec lequel il se distingua au capote, puis qui mit les reins sur un premier assaut avant un autre en mode aller/retour.  Le combat qui s’ensuivit ne trouva jamais son rythme, ni sa consistance. Ureña n’insista pas outre mesure, tout en restant digne, et en finit d’une entière.

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Sortit en sixième position un Victoriano rapidement protesté pour lacunes physiques, à juste raison cette fois, mais après le défilé des cabestros, Ureña allait trouver ensuite son compte avec son remplaçant, un sobrero de José Vázquez dont la bravoure n’était pas la qualité première. On aurait pu alors penser que l’affaire allait tourner court, mais c’était sans compter sans la détermination du Lorqueño qui finit par accepter d’en découdre sur terrain adverse. On était tombé dans une autre tauromachie, plus âpre et technique, et au fil des planches, le Lorqueño allait donner raison à ceux qui prétendent que tous les toros ont leur lidia, y compris les mansos. Usant autant de patience que de maitrise et d’engagement, il allait arracher des muletazos improbables avec le soutien de l’assemblée, ce qui aurait pu lui valoir une autre oreille si une entière al encuentro n’avait pas un peu trop tardé à faire son effet. Mais Paco Ureña pouvait quitter l’enceinte la tête haute, tout comme son compagnon d’ailleurs, au terme d’une tarde entretenue, bien dans le corte de cette arène mythique…

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Paul Hermé torofiesta.com

Galère sévillane

Sevilla,  . Toros de Daniel Ruiz, inégaux de présentation de peu par manque de forces et de caste sauf le très encasté premier  

Morante de la Puebla, silence et silence;

 El Juli, silence et ovation avec salut; 

Ángel Jiménez,  ( alternative), vuelta al ruedo après un avis et oreille après un avis. 

Entrée: Trois quarts.

On a touché le fond hier à Séville avec une corrida de Daniel Ruiz bien faite, certes, mais juste de présentation : de trapio et surtout de poids puisque plusieurs toros ne dépassaient pas les 500 kilos. Il paraît que c’est le toro de Séville désormais… Quelle décadence… L’ensemble a donné un jeu calamiteux : le premier noble mais soso, le dernier faisant illusion mais se dégonflant vite, les quatre autres sur la réserve, se défendant sans jamais se livrer ; tous mansos au cheval.

Spectacle pitoyable au total. Les inconditionnels sauveront un, voire deux muletazos de Morante, et le pundonor de Juli, disposé, qui prit même une dure voltererta et sortit par la porte de l’infirmerie après avoir tué laborieusement. Le jeune Angel Jimenez, volontaire, fut soutenu par le public. Il ne voulait pas manquer ce jour glorieux pour lui. Il fit donc sensation en partant à puerta gayola au sixième qu’il tua médiocrement après une faena décousue et superficielle qui lui valut une récompense en guise d’encouragement.

Il y avait beau temps que les américains, chinois et coréens avaient quitté leur place. Une attitude pragmatique raisonnable et censée dans ce genre d’après-midi ou l’ennui le dispute à l’amertume : que suis-je allé faire dans cette galère ? 

Les locaux, eux, prennent cela avec philosophie : leur patience nous étonnera toujours.    

Pierre Vidal

Les autres festejos de ce Dimanche

Llerena (Badajoz). quatre toros de Juan Albarrán et deux novillos de Cayetano Muñoz.

 Tomás Angulo, ovation avec salut et deux oreilles; Juanito, oreille et deux oreilles;

Le   novillero Jesús Díez “El Chorlo”, deux oreilles et deux oreilles et rabo.

Torrijos (Toledo). Novillos de Alcurrucén et un  de El Cortijillo (3º), vuelta au cinquième. 

Tomás Rufo, deux oreilles après un avis et oreille après un avis; Jorge Molina, oreille après un avis et oreille; Ãlvaro Alarcón,  , ovation avec salut après deux avis  et deux oreilles. 

Entrée:   lleno.

Salut de Sergio Blasco et Fernando Sánchez au quatrième. 

Guadarrama (Madrid). Novillos de El Parralejo, el 4º premiado con la vuelta al ruedo au quatrième

Rafael González, oreille et deux oreilles; Francisco de Manuel, ovation avec salut et deux oreilles; Antonio Grande, oreille et ovation avec salut.

Mayorga (Valladolid). Novillos de Raso de PortilloDavid Gomes, silence après  deux avis  et ovation avec salut; Emiliano Gamero, silence après trois avis  et deux oreilles.

El Hoyo de Pinares (Ávila). Festival. Novillos de Fernando Peña. Indulto du cinquième.

 Finito de Córdoba, ovation avec salut; Manuel Escribano, oreille; David Mora, deux oreilles et rabo; Juan Ortega, oreille;

 le novillero Manuel Perera, deux oreilles et rabo symboliques

Entrée:  lleno.

Courses landaises: Championnat de France

Cyril Dunouau a remporté le championnat 2019 des écarteurs devant Louis Navarro et Gauthier Labeyrie

Kevin Ribeiro a remporté celui des sauteurs devant Guillaume Vergonzeanne dont c’était la despedida

Les écarteurs ont fait le paseo sans boléros d’apparat pour protester contre la suppression des dérogations fiscales dont bénéficient les acteurs de la course landaises

Hommage à Fandiño

photo Matthieu Saubion

Ce dimanche a été inaugurée à Aire sur Adour , la statue érigée en mémoire du torero basque mort dans les arènes aturines

photo Matthieu Saubion

Le budget de la souscription n’est pas totalement bouclé, les dons peuvent être envoyé à l’adresse suivante

Association Eterno Fandiño – BP 88 – 40801 Aire sur l’Adour Cedex.

Dans le nombreux public parfois venu de loin, discret, le matador landais Thomas Dufau accompagné de Jean François Pilés empresa d’Aire sur l’Adour qui est aussi son apoderado.

Photo Cyrille Vidal

Emotions fortes au « Coso del Pino »

Sanlucar de Barrameda, « coso del Pino Â», novillada mixte, samedi, plus d’un quart d’entrée.

Deux novillos et quatre erales de Chamaco. Le sixième (eral) « Poleteron Â» de 460 kilos, castaño, n° 24 a été gracié.

Eloy Hilario : une oreille après avis et blessure ; le toro a été tué par le sobresaliente Victor Manuel Rodado (palmas)

Eloy Sanchez : une oreille après deux avis et une oreille après avis ;

German Vidal « El Melli Â» : une oreille après avis et deux oreilles et la queue symbolique.

Eloy Hillario a été transporté à l’hôpital de Sanlucar pour des examens approfondis. Il a été pris au cours de la faena effectué à son second toro. Il aurait aux dernières nouvelles de nombreuses contusions sans gravité.

Eloy Hilario brinda son premier toro à Emilio de Justo qui assistait à la novillada dans les gradins.

C’était une réunion de famille à laquelle étaient conviés les sanluqueños. Ils ont répondu nombreux, plus d’un millier, pour soutenir les deux espoirs locaux Eloy Hilario et surtout « El Melli Â» issu d’une dynastie de toreros de plata très aimée dans la cité du Guadalquivir, nouvelle promesse locale. Le jeune valencien Eloy Sanchez était là en terre étrangère : il défendit sa catégorie crânement.

Surprenants, les novillos de Chamaco d’abord pour leur présentation : leur trapio et leur poids qui frôlait parfois les cinq cents kilos. On n’était donc pas là pour s’amuser d’autant que leur jeu fut empreint de sérieux. Ils demandaient beaucoup, même si ils se laissèrent faire pour la plupart, et semèrent la pagaille dans les cuadrillas à plusieurs reprises. Le sixième répétait sans mièvrerie et transmis ses qualités au public qui demanda et obtint sa grâce après accord du ganadero bien qu’il ne fut pas piqué. Bien aussi, le premier et le quatrième nobles avec de la transmission. Un ton en dessous les autres. Le cinquième dangereux. Tous ont fait preuve de mobilité et sont morts bouches fermées.

Courageux, Eloy Hilario, voilà un jeune homme qui a la vocation et qui, malgré toutes les vicissitudes du monde du toro, s’arrime avec courage. C’est un torero complet, bon à la cape brillant dans le tiers de banderilles posées de manière classique, dans les cornes, et qui à la muleta bien qu’encore vert imposa sa loi à deux tíos impressionnants. Le bagage du jeune homme est limité : nous n’étions hier qu’à sa troisième novillada piquée. Malgré cela, il ne perdit jamais les papiers et s’imposa dans des séries courtes et volontaires qui eurent de l’écho. Il tua son premier adversaire d’un estoconazo au troisième voyage. Il se fit prendre par son second toro, excellent exemplaire de Chamaco, en sortant d’une circulaire inversée. Elle ne s’imposait pas mais sans doute Eloy était-il enivré du parfum du succès à portée de main… Inattention ? manque de concentration ?  Il se fit prendre sèchement sans que la corne ne pénètre. Otra vez sera… Eloy !

Emouvant, le très jeune Eloy Sanchez qui ne s’en laissa pas compter malgré le lot imposant et désagréable qu’il eut en partage. Sa décision et ses bonnes manières impressionnèrent un public bon enfant. C’est un très jeune homme finalement bien valencien dans ses manières multipliant les largas de rodillas, les desplantes et avec déjà un bagage qui lui permit de se tirer de situations souvent risquées. Il tua de deux entières mais échoua au descabello.

Élégant, German Vidal « El Melli Â» a confirmé de belle manière le bien que l’on pensait de lui. Il a une réelle classe qui fait la différence. Il torée avec temple et élégance faisant de sa grande taille un avantage. Il a un concept du toreo typiquement andalou et s’inscrit ainsi dans la tradition locale. On a vu que dans quelques situations difficiles, il ne s’échappe pas non plus et qu’il a du recours lui aussi car il ne fut réellement jamais en difficulté. Il sut gérer parfaitement l’indulto du sixième toro qui ne mollit jamais dans ses charges. Il vit les qualités d’emblée et sut faire monter la mayonnaise comme il se doit.  Melli enchaîna les circulaires inversées par le bas, l’animal suivant le leurre avec vivacité. Il continua à genoux pour une série qui emballa les gradins et il obtint la vie sauve de « Poleteron Â». Sortie d’apothéose par la puerta grande du nouvel héros du « Pino Â».

Pierre Vidal

photos J.F. et R.S.

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