Sevilla,  . Toros de Daniel Ruiz, inégaux de présentation de peu par manque de forces et de caste sauf le très encasté premier  

Morante de la Puebla, silence et silence;

 El Juli, silence et ovation avec salut; 

Ángel Jiménez,  ( alternative), vuelta al ruedo après un avis et oreille après un avis. 

Entrée: Trois quarts.

On a touché le fond hier à Séville avec une corrida de Daniel Ruiz bien faite, certes, mais juste de présentation : de trapio et surtout de poids puisque plusieurs toros ne dépassaient pas les 500 kilos. Il paraît que c’est le toro de Séville désormais… Quelle décadence… L’ensemble a donné un jeu calamiteux : le premier noble mais soso, le dernier faisant illusion mais se dégonflant vite, les quatre autres sur la réserve, se défendant sans jamais se livrer ; tous mansos au cheval.

Spectacle pitoyable au total. Les inconditionnels sauveront un, voire deux muletazos de Morante, et le pundonor de Juli, disposé, qui prit même une dure voltererta et sortit par la porte de l’infirmerie après avoir tué laborieusement. Le jeune Angel Jimenez, volontaire, fut soutenu par le public. Il ne voulait pas manquer ce jour glorieux pour lui. Il fit donc sensation en partant à puerta gayola au sixième qu’il tua médiocrement après une faena décousue et superficielle qui lui valut une récompense en guise d’encouragement.

Il y avait beau temps que les américains, chinois et coréens avaient quitté leur place. Une attitude pragmatique raisonnable et censée dans ce genre d’après-midi ou l’ennui le dispute à l’amertume : que suis-je allé faire dans cette galère ? 

Les locaux, eux, prennent cela avec philosophie : leur patience nous étonnera toujours.    

Pierre Vidal