Mois : octobre 2019 Page 1 sur 18

LES LARMES DU VIEIL HOMME

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Mon grand-père était un type curieux. Il manquait de tact et de nuances, mais il aimait débattre ; aujourd’hui cela nous semble incongru, nous sommes dans un monde où tout le monde est d’accord et on n’hésite pas à remettre dans le droit chemin ceux qui veulent en sortir. On vit policés et sereins c’est ainsi et il nous reste les souvenirs voir les regrets. Somme toute, à bien y regarder, que tout le monde pense pareil et que le monde soit prévisible, c’est mieux comme ça : l’ennui s’est substitué à la surprise et l’habitude à l’étonnement.

Il ne fallait pas lancer mon grand-père sur des sujets comme la politique, le cinéma ou la musique. Il aimait la controverse et cela faisait enrager ma grand-mère, une femme sévère qui voulait éviter avant tout les éclats de voix ou les fâcheries d’où qu’elles viennent. Elle voyait bien comment le monde tournait bien qu’elle n’en pensait pas moins elle ne voulait pas en être exclue et se conformait à la norme. Cela pouvait se comprendre ; c’était dangereux déjà de sortir des sentiers battus. Cela toujours été d’ailleurs. Ainsi, bien qu’elle ne regardait jamais la télé, elle encourageait les discussions banales sur les séries télévisées ou sur les matchs de foot. Mon grand-père n’y prenait jamais part. Il se retirait dans un silence ostentatoire. Ainsi il ne se disputait pas avec mon père, obtempérant aux impératifs de sa femme. Pour le reste nous étions une famille unie et j’ai eu une enfance heureuse : il faut dire ainsi désormais.

Je me souviens que tout enfant, Grand-Père me faisait manger des gâteaux que l’on me cachait car on craignait le diabète comme ona avit craint la peste au Moyen-Age. La chasse au diabète c’était l’obsession maternelle qui me refusait toute alimentation sucrée. Vous le savez bien : on est attiré toujours par ce que l’on vous refuse. Ainsi, aujourd’hui, je mets deux sucres dans mon café et même parfois trois lorsqu’Anna me fait du thé vert : « c’est fade sinon ! ». Grand-Père me chantait un air que j’ai souvent en tête « mon papa ne veux pas que je danse, que je danse la polka ». Il n’y avait rien de malicieux à cela mais Grand-Mère trouvait qu’il était trop bruyant et elle me mettait « Pierre et Loup » en boucle. Il fallait se cultiver

La grande occupation de Grand-Père c’était « les toros », comme il disait. Bien que le procès en réhabilitation était terminé et que l’on avait déclaré la tauromachie définitivement légale, elle sentait encore le souffre. Elle était donc destinée à une petite minorité de passionnés, un milieu interlope souvent âgé et rural. Cela demeurait un sujet tabou dans la –bonne- société où je vivais et à l’école Montessori, où les maillots des champions de foot faisaient fureur, le thème n’était jamais évoqué.

Mon Grand-Père bidouillait son ordinateur et passait ses journées devant Canal Plus Toros qu’il avait appris à détourner. Petit, après la sieste obligatoire, j’aimais bien monter sur ses genoux et regarder avec lui « les toros ». Grand-Mère mettait bon ordre à ce désordre, m’intimant d’écouter « Pierre et le loup ». D’ailleurs j’aimais bien cette histoire de loup aussi. Mais Grand-Père avait les genoux moelleux et la chaleur de son corps réchauffait ma petite âme. Je ne comprenais rien à ce qu’il se passait sur l’écran mais j’aimais ce sombre et violent animal lancé sur la piste sortant d’un couloir obscur et défié par les hommes en lumière. Le coup d’épée final et le sang versé, sortant parfois par la bouche en violentes cascades, me fascinait au lieu de m’effrayer ou m’écœurer comme mes camarades à qui je le racontais à la récré et qui poussaient des cris effarés par tant de cruauté. J’étais réputé insensible, on se méfiait de moi et j’avais peu d’amis.

En réalité, je grandissais avec cette passion, voilà tout, et je me surpris vite à reconnaître tel ou tel matador, à identifier même les banderilleros et, ce qui faisait la fierté de mon grand-père, je reconnaissais les paso-dobles, les nommant par leurs titres espagnols. Un langage que j’appris beaucoup plus tard. Grand-père en tirait argument :

-Tu vois c’est utile pour lui, il apprend une langue… et en plus il entretient sa mémoire.

Je n’avais déjà plus l’âge d’être sur ses genoux mais celui de regarder avec lui, assis derrière son dos sur un tabouret. J’avais lu «  Comprendre la corrida » et, sur ma tablette, je me plongeai quotidiennement dans « Corridasi » ou « Mexico Aztecas y Toros ». Grand-Père me racontais ses voyages merveilleux au Mexique, au Pérou ou en Colombie. Il s’était cassé la cheville en faisant « le téléphone » chez Piedras Negras avec Angelino des Arriaga.

-La vache semblait gentille pourtant…

-Arrêtes de radoter, disait Grand-Mère pour qui cela n’était qu’une rengaine.

En tout cas, cela nourrissait mes rêves et j’avais déjà des idées définitives : le tiers de piques était fondamental, la loi des figuras condamnable et le toro le critère définitif du drame taurin. Grand-père soupirait à mon intransigeance… Mais il la supportait car il faut bien que jeunesse passe. La veille de mes 13 ans, il me dit, solennel :

-J’ai une surprise pour ton anniversaire… Je t’emmène dimanche à la corrida.

A ma grande surprise, Grand-Mère ne dit rien, se contentant d’une moue désapprobatrice :

-Il faudra voir si ses parents sont d’accord…

Ma mère le serait de toute façon. Je le savais d’avance. Pouvait-elle me refuser quelque chose d’aussi essentiel ? Mon père était toujours d’accord avec elle. L’affaire était dans le sac. J’avoue, je le peux le dire aujourd’hui : toute la journée, mes rêves, mes désirs étaient tendus vers ce fameux jour. On m’offrit l’affiche du jour. Elle était ringarde à souhait et Grand-Père me montra les e-billets que mon père avait sélectionné pour lui sur le site de l’empresa, une simple feuille de papier avec un simple code barre –il y avait longtemps que l’on n’imprimait plus de vrais billets que l’on ne trouvait que chez les collectionneurs. C’était le Graal. Cet instant occupait mon esprit à tout instant. Ce fut la première de mes obsessions. Avant même mes premières frénésies amoureuses.

Cette nuit-là, j’eus un songe qui me réveilla trempé de sueur. Un mauvais coup de corne avait atteint Luis del Bosque, un torero que j’aimais beaucoup. Personne ne venait à son secours et le toro, campé devant son corps déchiqueté, semblait le garder disloqué, ensanglanté, comme une sorte de trophée. Sans doute je n’avais pas pu supporter ce spectacle effroyable vu de la barrera que l’on m’avait offert. Grand-Père, à mes côtés, était resté parfaitement indifférent. Je jetais alors ma veste pour détourner l’animal et… je me réveillais sans savoir si cela avait eu un effet quelconque.

Le matin mon grand-père semblait très excité. Il parlait beaucoup. Il avait mis sa goyavera bleue, « achetée au marché de Cuernavaca » comme il le répétait à tout le monde. J’avais passé la fameuse veste jetée dans mon rêve. Je l’avais choisie sans doute pour exorciser cette angoisse que je ne pourrais plus oublier. Et nous voilà parti pour le « coso » comme il disait… Il avait un grand sourire et n’hésitait pas à s’adresser aux uns et aux autres, au hasard des rencontres :

-C’est mon petit-fils. Il vient voir sa première corrida…

Ainsi nous arrivions à la porte A. Ombre. Il y avait peu de monde, c’était tôt encore. Un cerbère vêtu de noir, demanda :

-L’enfant a moins de 14 ans ?

-Pourquoi ? dit mon grand-père, surpris…

– C’est interdit au moins de 14 ans.

Le cerbère montra une affichette indiquant : « Par décision municipale, en vertu des considérations morales et par souci de protection de la jeunesse, ce spectacle est interdit aux enfants de moins de quatorze ans. Signé : le maire André Dupont ».

-Mais…

-Interdit c’est interdit, il n’y a pas de « mais ». La consigne c’est la consigne.

Nous étions coincés entre la foule et l’irascible gardien du temple. Je fus obligé de tirer Grand-Père par la chemise. Il résistait, barrant la route au flot des spectateurs arrivant, les prenant à témoin, essayant d’argumenter. Le vigile buté autant que zélé nous bouscula. Je souhaitais partir plutôt qu’affronter le scandale et tous mes désirs étaient envolés. De toute façon, même si par miracle nous pouvions entrer, mon ardeur était éteinte.

Il se débattait, et personne pour prendre notre défense. Personne à qui se plaindre ; avec qui s’expliquer. Grand-père gesticulait mais bientôt il dut faire demi-tour : il semblait alors détruit, anéanti. Son désespoir paraissait immense ; à côté ma peine était légère, car je savais que je reviendrais. J’avais toute la vie devant moi. Le chagrin était pour lui, désormais si fragile. Son impuissance m’émouvait : dieu mélancolique, solitaire et sarcastique, il tombait désormais de son panthéon ou du mien plutôt. Devenu désormais faible et vulnérable, j’étais le témoin de sa chute.

Il entrait désormais dans sa dernière ligne droite. Il n’appartiendrait pas à se monde dur et cruel qui se profilait. De toute façon, il ne lui aurait pas convenu. Il s’épargnerait ainsi les vaines vitupérations des anciens, sans effets sur la réalité et difficilement tolérées. Tous deux, pour un instant, nous buvions la même coupe d’amertume ; sans espoir de retour pour lui. Ma présence accentuait sa détresse car la compagnie de la jeunesse, lui faisait regretter la sienne. On ne vit qu’une fois…

Grand-père fit demi-tour et tourna le dos à la plaza. Il marchait à contre-courant du flot des arrivants et je vis –ce fut la seule fois de ma vie- une sorte d’humidité furtive sur ces rides profondes qui barrait son visage. Les larmes d’un vieil homme, désormais sans force, dont le monde s’effondre. Son dernier souhait refusé comme l’on refuse le caprice d’un enfant.

PIERRE VIDAL (Texte publié dans la revue Mexico Aztecas y Toros n°8 -2017)

Lima, cartelazo en Acho

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Les Pedraza reviennent à Garlin

hierro pedraza de yeltes

COMMUNIQUE: La Peña Taurine Garlinoise a le plaisir de vous annoncer la date de la 19ème Novillada de Printemps de GARLIN. Elle se déroulera le DIMANCHE 5 AVRIL 2020, dans les arènes de la Porte du Béarn. Un lot de 8 Toros-Novillos de la ganaderia de PEDRAZA DE YELTES a été retenu, pour une 8ème participation consécutive ! Comme depuis 2013 maintenant, le troisième novillero de la Novillada, sera issu de la Fiesta Campera matinale après vote du public. Les noms des novilleros participant à cette édition, seront communiqués ultérieurement dans la temporada. 

garlin_paseo.jpg

Rion

Dix-neuviéme édition, Pensez-y dès maintenant !!!

Organisée au cœur des Landes par la peña Toro Blanco de Rion des Landes avec la participation de la peña Créo Qué Si de Tartas , la fiesta campéra dans les ARENES DE RION DES LANDES est un rendez-vous important de fin de temporada dans le Sud Ouest

 Samedi 16 novembre

 18h00 : Projection du film « Le chant des arènes » de Sébastien Hondelatte

               Echange avec  les toréros de la fiesta campéra ( théâtre municipal)

La soirée se poursuivra par un moment convivial autour de tapas et grillades. (salle des fêtes)

Dimanche 17 novembre

A partir de 9h30 devant les arènes casse croûte avec des croupions grillés (carcasses de canards gras) pastis ,café …

11h00 : GRANDE  FIESTA  CAMPERA.

                                                           Avec

                LOPEZ CHAVES  – MANUEL ESCRIBANO – ADRIEN  SALENC

                               KIKE  – JEAN BAPTISTE LUCQ

4 Toros et Novillos  JALABERT (Arles)

                                   1 novillo d’ ALMA SERENA  ( BATS  Cauna )

                            Animation Harmonie municipale de Rion des Landes13H  GRAND REPAS DE L’AFIC

Adrien Salenc à Eauze

Le CLUB TAURIN d’ EAUZE organise une conférence débat avec Adrien SALENC , le samedi 16 novembre à 18 h30 à la salle d’ honneur de la mairie d’ EAUZE.

Le jeune matador Français reviendra sur son excellente  temporada 2019.

Entrée libre et gratuite.

Un buffet clôturera cette soirée (12 euros par personne ,inscription: 06.80.06.38.38 ou 06.83.61.63.86).

Une belle soirée en perspective.

El Galo à Puebla (Mexique)

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Arganda, Rafi au tableau d’honneur

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Castries, le festival du film taurin

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Cartels de Cali

Jeudi 26 décembre. Novillos de Alhama: Gitanillo de América, Diego San Román et Sebastián Hernández.

Vendredi 27. Corrida Goyesca. Toros de Ernesto Gutiérrez : Enrique Ponce, Paco Ureña y Juan de Castilla.

Samedi 28. Festival. Toros de Ernesto Gutiérrez para Enrique Ponce, Sebastián Castella, Luis Bolívar, Paco Ureña, Emilio de Justo et Luis David.

Dimanche 29. Toros de Achury Viejo : El Cid, Emilio de Justo et Luis Miguel Castrillón.

Lundi 30. Toros de Juan Bernardo Caicedo : Sebastián Castella, Luis Bolívar et Roca Rey.

Mardi 31. Corrida concours de ganaderías. Toros de Fuentelapeña, Orbes, Paispamba, Salento, Ernesto Gutiérrez y Guachicono pour Paco Perlaza, Román et Luis David.

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Caveirac

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