À Paris, à l’initiative d’une députée qui veut interdire la corrida aux mineurs, un colloque sur la protection de l’enfance contre toutes les formes de violence était organisé. « On n’y a fait que le procès de la corrida », déplore un jeune aficionado nîmois qui y a assisté.  https://www.midilibre.fr/2019/10/17/nimes-la-colere-des-jeunes-aficionados-apres-le-colloque-sur-la-protection-de-lenfance,8487022.php?fbclid=IwAR3QU3X50cQ3ehyUbsK35m7o84oeL52EEpLKeOVG3taF8br_rxCxZeatfeA

« Quel âge avez-vous ?, m’a-t-elle demandé ? 24 ans, ai-je répondu. C’est bien, au moins, vous pourrez continuer à aller voir des corridas. » Tel est le seul échange que Victor Jalaguier dit avoir eu, ce jeudi, avec Samantha Cazebonne à l’Assemblée nationale à Paris.

Le premier est un jeune aficionado nîmois à l’origine de la création, sur Facebook (8000 membres en à peine dix jours), du groupe « Non à l’interdiction de la corrida aux mineurs » en réaction à la proposition de loi imaginée par la seconde, députée LREM de la 5e circonscription des Français de l’étranger, qu’elle porte avec Aurore Bergé, une autre parlementaire du parti présidentiel.

« Un débat non contradictoire »

Ce jeudi, donc, Samantha Cazebonne organisait un colloque international sur la protection de l’enfance contre toutes les formes de violences. « Ce thème a été manipulé lors d’un débat non contradictoire s’apparentant à un procès en inquisition contre la tauromachie sous toutes ses formes », explique le jeune étudiant nîmois qui regrette au passage que le monde taurin ne se soit pas plus mobilisé pour assister à ce colloque pour faire entendre la voix de l’aficion. A ses côtés, juste la chargée de communication de l’Union des villes taurines de France (UVTF).

« Lors de ce colloque, ajoute-t-il, ont été nommés et diffamés les enfants souhaitant aller aux arènes, ceux membres d’écoles taurines, leurs parents et les professeurs, les écoles taurines, les clubs taurins, les professionnels du secteur, les municipalités organisatrices de spectacles taurins, les chefs d’établissements scolaires et enseignants taurins et l’observatoire national des cultures taurines. »

Des excuses publiques demandées

Victor Jalaguier retient notamment les propos de Gilles Legendre, président du groupe LREM à l’Assemblée. « Il a associé tauromachie et violence animale en disant que ce sont des pratiques qui ne peuvent plaire qu’à des êtres anormalement constitués ». Il retient encore ceux d’une pédiatre expliquant « que les violences conjugales peuvent être comparées à la corrida ». « Les professeurs d’écoles taurines ont été accusés par Mathieu Ricard, docteur en génétique cellulaire et moine bouddhiste de mettre en œuvre les pulsions sadiques des enfants au lieu de les aider à les transformer », dit encore le jeune Nîmois.

Dans un communiqué, le collectif des jeunes aficionados rappelle que « le comité des droits de l’enfant de l’ONU n’a pas retenu la corrida comme élément perturbateur chez les enfants », que « les pays où la tauromachie est protégée et reconnue comme bien culturel ne sont pas davantage violents que leurs pays voisins sans tradition taurine » et que « la corrida est légale dans les villes qui peuvent se justifier d’une tradition ininterrompue, situation confirmée par le conseil constitutionnel le 21 septembre 2012 ». Il demande enfin à Samantha Cazebonne « des excuses publiques pour l’organisation d’un colloque au cours duquel des citoyens français ont été insultés, diffamés et calomniés ».