Convergence des luttes

Est-ce seulement un hasard du calendrier si la corrida et la Course Landaise sont attaquées en même temps ? Il serait naïf de le croire car, sans faire de preuve de complotisme, ces attaques convergentes sont évidemment liées. Elles montrent le peu de cas que font le pouvoir central et sa garde de fer, les bobos parisiens, de la ruralité, des traditions et de la différence qu’il peut y avoir entre les goûts et les couleurs de chacun. Il faudrait aligner tout le monde, de gré ou de force, dans un monde dominée par la consommation, géré par le Marché, uniformisé. Les paysans qui défilent dans nos rues ce mardi ne disent pas autre chose. Pourquoi ne sont-ils pas aimés ? Eux qui nous nourrissent. Parce qu’ainsi en ont décidé les principales figures intellectuelles et politiques du pays et les médias qui ne peuvent résister à leur danse du ventre.

A cette convergence des attaques il faut opposer une convergence des luttes. Nous avons certes des préoccupations différentes coursayres et aficionados mais nous sommes cousins, proches. Les écarteurs se considèrent comme des toreros –ils le sont d’ailleurs !- et les aficionados viennent pour une bonne part, pour ce qui concerne le sud-ouest, de l’univers de la Course. Il y a un perpétuel aller et retour entre ces deux mondes différents mais si proches, ne serait-ce que par le bétail combattu qui est de la même provenance.

Nous sommes au pied du mur. Unissons nos efforts. Il y a déjà une belle mobilisation de part et d’autre pour faire respecter nos droits. Ils sont historiques. Nous ne pouvons transiger sur cet héritage que nous ont légué les générations qui nous ont précédées. Ce serait une trahison. Il faut que cela se sache à Paris où ces décisions iniques sont prises en toute mauvaise foi.

Dans cette affaire, seul sera pris en compte le rapport de force. La capacité à mobiliser dans le calme et la dignité. Or l’union fait la force et c’est pourquoi nous sommes solidaires à 100% des acteurs des de la Course Landaises quelles que soient les raisons de ces attaques. Samedi matin nous irons à la manif des peñas montoises et l’après-midi nous nous rendrons au festival de Samadet. Au festival, organisé par Marc Serrano et la Peña Al Violin il ne s’agit pas d’interdire mais d’aider. Aider les enfants qui souffrent. Une démarche qui prouve, s’il en était besoin, la générosité de la grande famille taurine.  

Pierre Vidal