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Baiser de paix entre Pedro Sanchez (PSOE) et Pablo Iglesias (Podemos)… sur le dos des aficionados ?

Comme le dit ce jeudi matin le grand quotidien de droite espagnol ABC, l’accord surprise de gouvernement entre Podemos et PSOE est extrêmement dangereux pour le secteur taurin car il comporte en numéro 3, une clause sur « la garantie d’un traitement digne pour les animaux ». Nous sommes, nous les taurins, directement visés car Podemos fait de l’interdiction pure et simple de la corrida une obsession pour laquelle Pedro Sanchez, secrétaire du PSOE, il l’a dit à plusieurs reprises, n’éprouve, lui aussi, qu’antipathie.

Les taurins, Morante en est un exemple, se sont tirés une balle dans le pied en soutenant publiquement VOX qui est désormais un alibi pour cette alliance de dernière minute qui s’appuie justement sur un prétendu antifascisme. Il ne fallait surtout pas s’identifier à ce parti, qui même s’il a le vent en poupe ne dirigera jamais l’Espagne; pas plus d’ailleurs que le programme économique de Podemos ne sera jamais appliqué car l’Europe, inflexible sur l’orthodoxie libérale, veille (cf. le film de Costa Gavras). Il faudra donc que cette coalition inédite trouve des mesures symboliques pour satisfaire ses partisans: l’interdiction de la corrida (comme elle l’a été en Catalogne dont l’indépendance est défendue par Podemos) est toute désignée car emblématique pour ces adversaires.

L’ ABC pointe le mécanisme qui nous guette : « 1/ Définir la Fiesta comme vieille, cruelle et antidémocratique. 2/ Autoriser et favoriser toutes manifestations antitaurines. 3/ Supprimer l‘information taurine sur TVE. 4/ Interdire que les mairies intègrent dans leurs fêtes des spectacles taurins. 5/ Promulgation de normes qui interdisent l’accès aux arènes des mineurs aux arènes. 6/ Promotion des référendums locaux sur l’interdiction des toros. 7/ Exiger que les corridas se déroulent à la portugaise, sans effusion de sang. 8/ Une  fois la diminution des spectateurs assurée, comme à Barcelone, interdire les spectacles taurins ».

Il s’agit bien de réalités, pas de spéculations ni même de craintes car, sur les mesures symboliques, Podemos ne cédera pas et sans doute sont-elles déjà actées par le PSOE dans sa négociation surprise avec le mouvement d’Iglesias.

La seule manière de réagir contre ces menaces c’est la mobilisation des aficionados en Espagne comme en France. Une mobilisation immédiate, préventive en quelque sorte et massive. Mais les aficionados sont dans le déni (« ça n’arrivera jamais! »), peu enclin au militantisme. Il y a donc un vrai souci. Le futur est sombre. Le pire est à venir…

Pierre Vidal