Excusez du peu. Il faut dire que ces derniers jours les pires rumeurs avaient déclenché les pires réactions. Chacun y allant de son boycott , de sa méchante colère ou de son ironie. Quelqu’un avait même osé rebaptiser l’UCTPR, UNION DES CLUBS PRIVÉS DE Ricard. Un comble pour quelqu’un qui s’en prive volontairement depuis longtemps. En plus, il s’avère au bout de tous les comptes qu’il avait tort. Le Ricard sera encore de toutes les ferias. Différemment. Mais toujours avec l’amitié et la convivialité en partage , cela va de soi tant les apparences étaient trompeuses.
Anniversaire donc
Pour les 65 belles années d’aficion avec des équipes dédiées pour accompagner les 400 clubs et les 16 000 membres sur le terrain de leurs exploits. Un réseau d’expérience pour fédérer activement, positivement les acteurs des 3 tauromachies. Un bel héritage du Patron en quelque sorte. « fondateur de la marque, l’inventeur génial que fut Paul Ricard, homme d’affaire atypique, personnage éclairé et manager généreux. Paul Ricard dévoré lui aussi par la passion des toros, celle de la bouvine en premier lieu. Ce lien entre le monde des toros et le nom de Ricard a été renforcé avec l’arrivée dans la famille du grand matador de toros César Giron, idole du Vénézuela. César Girón, fut l’époux de Danièle Ricard, sœur de Michèle. César disparut prématurément dans un accident de voiture entre Caracas et Maracay, en 1971. Son épouse vécut à Séville, elle eut dans le cadre de son mariage trois enfants Myrna, Patricia et César, qui fut « Chairman and Managing Director de Pernod SA ». C’est donc un lien fort qui unit la famille Ricard au monde des toros. Cette histoire, personne ne nous l’enlèvera mais nous sommes peinés par cet éloignement », cet enterrement en forme de reniement.
Enterrement
Les temps changent et le contexte aussi. Les français ne boivent plus assez les boissons du groupe mondial. Alors on se réorganise, se recentre et on change de braquet. Normal. Mais les premiers à trinquer ce seront les commerciaux sur le terrain bien sûr, ( ceux qui partent et ceux qui restent) réorganisation oblige et ensuite les clubs taurins , la convivialité autour des Toros n’a plus la cote. Paul Ricard n’aura plus le dernier mot. Les gens ne sont pas dupes. Couper les vivres oui bien sûr c’est un choix économique pour répondre à la situation mais gommer le nom ? Parce que dans la,foulée Stéphane Castel, annonce cette fois officiellement le retrait complet et sans appel de la société Ricard tant du point de vue financier qu’en terme de personnel. On le savait mais la Douche est froide tout de même. L’émotion est sensible. Ça remue dans les gradins, mais on sait se tenir. On s’y fera, même si le politiquement correct a encore de beaux jours devant lui, on se dit que les Toros ne vont pas disparaître pour autant.
Résurrection
Et chez Ricard on a de la ressource. Surgit alors Gerard Suberchicot qui annonce avoir pris provisoirement la présidence de l’association rebaptisée opportunément ( on pourra tout de même en discuter) l’Union des clubs taurins de France. Et tout le bon peuple du toro d’applaudir, rassuré. Ouf la partie semble sauvée. Des bénévoles ont concocté dans leur coin ce qui aujourd’hui n’est qu’une enveloppe vide et un peu fragile mais qui a le mérite d’exister. Il vaut mieux quelque chose plutôt que rien.
En revanche l’enthousiasme de l’orateur ne fait pas tout. Il nous faudra comprendre comment ça marche, qui adhère, pour quel projet ? On ne sait pas et malgré les bonnes volontés, rien n’est joué, la partie n’est pas gagnée. Loin s’en faut. Alors Ne serait ce pas l’occasion de secouer la vieille dame. ? Rajeunir les cadres ? « Il faut que le sens des réalités l’emporte sur le déni mortel et, par conséquent, il est impératif de mettre sous le boisseau les querelles subalternes »* Impliquer des jeunes comme ces formidables jeunes gens à l’initiative de « Touché pas à mes passions » récompensés par le coup’de cœur des clubs taurins du sud est ? Nous trouver d’autres objectifs que simplement se retrouver pour boire le Ricard de l’amitié ? Ranimer la flamme de l’Aficion en redécouvrant vraiment le toro, ses territoires, ses exigences, ses mystères, mettre en avant la biodiversité qu’il oblige, reparler des valeurs concrètement en phase avec nos temps modernes, réécouter les textes des écrivains, des philosophes, les images des photographes et des plasticiens. Faire vivre cette culture vivante non en s’appuyant uniquement sur la tradition mais au contraire sur l’avenir, la jeunesse, la modernité créative et ce miracle du toro éternel. Alors autour de ce projet, Personne ne se targuera plus d’une victoire, ni ne déplorera une défaite, au contraire, l’union des clubs tarins de France et d’ailleurs, du grand Sud, de Paris à saint Brieux en passant par Bruxelles et Madrid, sera effective et bien vivante.
Rendez vous très vite à Mejanes ou ailleurs.

Emma Falubert

*Citation extraite du dernier article de Pierre Vidal