Ariane Nicolas est journaliste indépendante. Pour son premier essai, « L’imposture antispéciste » (Desclée de Brouwer), elle analyse le phénomène antispéciste qui « exige aujourd’hui violemment la « libération » des bêtes. Cela supposerait d’interdire tout produit d’origine animale, ainsi que des pratiques jugées « oppressives » (équitation, chasse, corrida, zoos…), voire de préférer la vie d’un chimpanzé à celle d’un handicapé mental. L’antispéciste est au végane ce que l’intégriste est au croyant ».

L’auteure vient d’être interrogée par l’hebdomadaire « Marianne ». https://www.marianne.net/societe/ariane-nicolas-l-antispecisme-est-une-expression-nouvelle-du-narcissisme-humain?fbclid=IwAR0rAJxfHhqXRoMoega5wUPT2X99qbJ8O0kQLC3_wPRQgqhopkThiIHeMeM

A la question de Laurent Ottavi de Marianne: « Pourquoi écrivez-vous que, par l’antispécisme, une nouvelle bourgeoisie tente d’imposer ses codes alimentaires ?« 

Ariane Nicolas répond ainsi:

« Il n’existe pas d’étude sociologique de grande ampleur permettant de savoir qui, précisément, est antispéciste ou végane. Mais il suffit de se balader à Paris, à San Francisco ou sur Instagram pour voir qu’il ne s’agit pas de paysans que vous croiserez dans L’Amour est dans le pré. Les antispécistes sont aujourd’hui majoritairement urbains et déploient un discours très abstrait sur la cause animale. La gastronomie française traditionnelle, friande de viande et de produits laitiers comme le fromage, semble assez barbare à leurs yeux. En réalité, les antispécistes pensent être les fers de lance d’un nouveau « progrès moral » (l’expression est de Valéry Giroux), qui se matérialiserait par le fait de ne plus avoir aucune relation d’interdépendance avec les animaux. Il me semble que c’est une manière d’exercer une domination symbolique sur des millions de gens qui ne demandent qu’à travailler tranquillement, comme les agriculteurs, les commerçants et les restaurateurs. Les antispécistes parlent quand même de « meurtre alimentaire », à propos de la consommation de viande : à leurs yeux, les omnivores sont tous des complices de crimes de masse. En somme, tous les humains sont des bourreaux, sauf les véganes. C’est très violent, comme adresse à l’humanité.« 

https://www.editionsddb.fr/livre/fiche/l-imposture-antispeciste-9782220096650