Ubrique (Cádiz), samedi. Seconde novillada  du XXVI Ciclo de Escuelas Taurinas Andaluzas. Lleno (aforo permis complet).

Six erales de El Torero. 

Alejandro Duarte (Escuela del Campo de Gibraltar), deux oreilles après avis; 

Mario Sánchez (Escuela de Ubrique), deux oreilles; 

Moli de Ronda (Escuela de Ronda), deux oreilles; 

Ismael Martín (Escuela de Salamanca), oreille après avis;

Guillermo Corbacho (Escuela de Algeciras), oreille après avis ;

 Víctor Cerrato (Escuela Linense), oreille.

Moli de Ronda a crevé l’écran (FOTO: Prensa Escuelas Taurinas de Andalucia)

Magnifique lot de El Torero aussi bien dans sa présentation très sérieuse et harmonieuse, bien dans le type, que dans son comportement noble sans montrer de faiblesse avec une pointe de bravoure, d’agressivité qui a compliqué la tâche des aspirants. Un lot meilleur encore que celui de Chamaco, la semaine précédente qui avait donné beaucoup de satisfaction. Du grand luxe de la part d’une ganaderia phare dont on regrette naturellement l’effacement cette année. Mais que de belles promesses pour la suite…

Belles promesses aussi de la part des novilleros du sud qui ont tous montré des atouts selon leur personnalité et une détermination qui prouve l’attrait que le toreo possède sur la jeunesse andalouse. Il faut rappeler que ce sont là des très jeunes gens qui, cette année, n’ont eu que très peu d’opportunités compte-tenu du Covid. Chapeau donc dans l’ensemble.

Deux de ces jeunes gens ont crevé l’écran: le rondeño Moli de Ronda qui possède une maturité et une classe étonnante à la cape comme à la muleta. Dominateur, il maîtrise son sujet avec une apparente facilité et un grand sens de la cadence. Il a construit sa faena avec intelligence mais aussi avec créativité, ornée de détails artistiques, naturels et plaisants. Bien aussi le salmantino Ismael Martin qui ira de menos à mas dans son travail, sans jamais céder face à un bicho qui demandait beaucoup. C’est encore tôt pour le dire, il n’a que 16 ans, mais il semble que l’on pourra compter sur lui.

Un mot sur l’organisation remarquable de cette tarde télévisée par Canal Sur. Le sérieux du ganado et la maturité des jeunes sont à louer mais aussi l’impeccable organisation de ce spectacle où tout le monde ou presque était masqué dans le public comme dans le callejon. On a joué le jeu de la distanciation avec un callejon occupé exclusivement par les professionnels comme dans le public dispersé sur les gradins, obéissant ainsi aux consignes sanitaires avec discipline. Ce type de spectacle c’est la voie à suivre. Un grand bravo.

Enfin le décor de la sierra gaditana majestueux, en arrière-plan de la plaza de la cité de la Piel, donnait, aux amoureux de l’Andalousie, une vraie mélancolie….

Pierre Vidal