Plaza de toros de Osuna. Trois quart d’entrée. Télévisé par Canal Sur TV

Toros de Diego Ventura pour rejones et Julio de la Puerta pour la lidia à pied le sixième comme sobrero.

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DIEGO VENTURA, deux oreilles et oreille.

ENRIQUE PONCE, oreille et oreille.

JAVIER CONDE, silence et silence après trois avis.

Il y a deux manières de voir cette corrida qui débutait, bien tardivement, la temporada andalouse. La première serait de la juger comme une autre, une du temps d’avant. Elle fut, de ce point de vue, somme toute banale et prévisible. Un lot correct pour une arène de troisième catégorie, peu armé, sans beaucoup de race et transmettant peu, qui ne se prêtait donc pas aux soirées historiques.

Le plus sincère et le plus décidé fut Diego Ventura extra-terrestre du rejoneo présentant tous les chevaux d’une cuadra de rêve, sans tomber dans ces excès populistes, gênants souvent. Il l’est devenu l’égal de Mendoza à ses débuts ; toréant dans les canons de la tauromachie pédestre avec temple, et vérité, dans cette ligne ouverte par Jao Moura.

Ponce fit du Ponce. Il ne vieillit pas. On le dit assez… Il a toujours la même technique, la même élégance superficielle. Il se donne aussi toujours les mêmes avantages à l’épée notamment s’assurant ainsi toujours le succès. Rien ne lui résiste et il nous donne l’impression de revoir toujours le même film. C’est le charme du conservatisme: se donner l’illusion que rien ne bougera jamais…

Enfin, Javier Conde fut lui aussi égal à lui-même honorant sa réputation dans la déroute, comme dans sa plastique unique dans de brefs moments comme ces quelques lances de rêve devant le sixième qu’il ne voulut pas voir par la suite. C’est sa manière à lui de se justifier.

En bref le triomphe, le succès et la déroute. Un scénario classique.

L’autre manière d’évoquer cette soirée, c’est de voir l’enthousiasme qui gagnait les gradins. Ces cantes spontanés qui tombaient de tendidos, cet « Alfileres de colores » chanté fort à propos, ces coplas réservées à la Semaine Sainte accompagnant la vuelta de Ponce. On a retrouvé là non pas seulement, une manifestation folklorique mais le lien véritable qui unit les habitants d’ une partie du monde l’Andalousie, si différents de l’autre monde, le nôtre, celui où nous vivons. Il y avait une joie, une émotion des spectateurs à se retrouver à retrouver une part essentielle de leur culture qui ne pouvait pas laisser indifférent. C’est cela l’important. 

Pierre Vidal

PS. On ne dira jamais assez l’importance de la télévision qui permet à tous d’accéder à ces spectacles dans le monde entier et qui cartonne. Au micro de Canal Sur, Enrique Ponce a d’ailleurs déclaré hier soir :  » si cela ne tenait qu’à moi elles seraient toutes télévisées ! ». Ojala Maestro !