Plaza de toros de Fuengirola (Málaga). Jeudi. Nocturne. Lleno de la jauge autorisée.

Toros de Manuel Blázquez, le second comme sobrero.

ENRIQUE PONCE, oreille et oreille.

 EMILIO DE JUSTO, ovation et oreille.

FORTES, silence après avis et silence.

Morenito de Arles et José Manuel Pérez Valcarce ont salué au cinquième.

Personne ne s’attendait à ce type de corrida dans une arène de troisième catégorie. Corrida bien présentée, et armée sérieusement sauf le second, sorti comme sobrero. Ce dernier, noble fut le seul à ne pas poser de problèmes. Le premier avait une bonne corne droite. Les quatre autres ont développé du sentido, du genio, mettant les toreros sur la défensive et ne permettant pas les envolées attendues. Le sixième manso sin casta était intoréable.

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Il fallait donc s’accrocher et c’est justice de dire que les trois toreros le firent avec cette verguenza torera qui fait la véritable beauté de cette profession. Enrique Ponce, évolua dans un premier temps dans son registre traditionnel, sans surprise véritable. Il se retroussa les manches à son second passage, n’esquivant aucun des mauvais sentiments de son adversaire. Il se battit comme un jeune homme qui a tout à prouver lui qui a obtenu toutes les récompenses possibles. C’est assez admirable… Faena accrochée, en s’engageant sur les deux côtés, finissant par soumettre le morlaco achevée d’une entière. Son entraga aura convaincu les plus réticents : il en a encore sous la semelle. c’est justice de le reconnaître.

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Après avoir gâché à l’épée une faena de deux oreilles exécuté avec classe et temple au seul toro qui se laissait faire, dopé par la prestation de Ponce, Emilio de Justo partit la bataille contre le dur cinquième. Il s’arrima comme il sait le faire en prenant un maximum de risques: travail décousu et compromis parfois mais émouvant et conclut par un estoconazo. L’ensemble fut justement primé. Ainsi c’est l’ancienne version d’Emilio (celle du combattant généreux) qui aura triomphé… Ce n’est sans doute pas ce qu’il souhaitait.

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Fortes dont c’était le grand retour écopa du mauvais lot: un duo catastrophique, le dernier surtout, véritable alimaña. Il resta digne dans l’adversité. Il occit ses deux adversaires rapidement et sans trembler. Que pouvait-il faire de mieux? Le torero malagueño -et ses fans- rêvait sans doute d’un retour plus glorieux mais ce sont les toros qui décident, le reste n’est que littérature. Il n’a pas perdu la guerre à Fuengirola même si la bataille fut dure.

Paradoxalement, cette angoissante soirée crédibilise cette temporada bis montée par la volonté d’Enrique. Il ne s’agit pas forcément d’une simple promenade de santé…

Pierre Vidal