Ils veulent devenir toreros

Dimanche 13 septembre (matinée) ; Arènes d’Arles

Novillada mixte :

  • Avec Picador :

Adam Samira (bleu profond et or) (1 oreille et saluts) ; Tristan Espigue (blanc d’espoir et or) (saluts et saluts)

Elevages :

      Yonnet  (origine Pinto Barreiros) ; Fernay (origine Domecq)

  • Sans Picador

Fabien Castellani (Ecole Taurine du Pays d’Arles) (rouge de Sienne et or) (1 oreille et saluts)

     Elevage :

          Jalabert (origine Domecq)

Cavalerie :    Alain Bonijol

Présidence : Vincent Gayraud

Beau temps, bleu de Provence. “Un quart Covid” (limité à 4 000 entrées payantes). Mehdi Savalli salue après les banderilles au 5ème.

Arles est terre de toros et de toreros. L’école taurine du Pays d’Arles en est le principal vivier. Les trois jeunes de ce matin en sont issus. Ils sont en devenir. Ils rêvent de futur. Il leur faut franchir les premières marches d’un parcours dont ils savent les difficultés, les pièges, les aléas. Ils ont l’envie et l’espoir chevillés au corps.

Se présenter dans des arènes de première catégorie, chez eux, dans leur ville, là où tout le monde les connaît… Ils découvrent cette autre peur, celle du qu’en dira-t-on, celle qu’inspire le public, plus cruel parfois que le toro. L’enjeu est d’importance !

Mais ils veulent être toreros et ils veulent le montrer… alors la peur ? ce n’est pas leur affaire. Ou alors elle ne les freine ni encore moins les arrête. L’envie est la plus forte.

Adam Samira est le plus expérimenté. Pensez donc il a toréé un novillo de Taurelle lors de la dernière Feria du Riz à Arles… Il lui a coupé une oreille en s’imposant à un novillo de combat en y mettant de l’art. Depuis plus rien. Son premier Yonnet,pattes dures, charge incertaine et brusque « demande les papiers ». Adam les lui présente sans hésiter, prend le dessus et dessine quelques muletazos de belle facture en particulier à droite et à gauche. Une estocade sincère lui vaut une forte voltereta. Jean Baptiste Jalabert saute en piste pour le quite. Plus de peur que de mal. Le toro roule à terre. Adam peut saluer, une oreille méritée dans ses mains. Le toro est applaudi à l’arrastre. Adam Samira reçoit son Fernay avec d’élégantes véroniques templées. Mais après la deuxième pique les charges du cornu deviennent plus incertaines. Il faudra bien de l’aguante à Tristan pour conclure son quite d’une larga valeureuse. Courageux et décidé le jeune novillero s’imposera encore malgré une nouvelle voltereta. Seule une mort en quatre temps (deux coups d’épée et deux coups de descabello) l’empêchera de promener une deuxième oreille.

 

« Tristán » fait sa présentation en piquée dans sa ville. Il quitte l’école taurine. Le voilà à l’étage supérieur. Il est bien décidé à y tracer sa route vers … plus loin ! Un premier Yonnet, présentation impeccable à la charge courte et qui se retourne vivement, lui permettra de montrer son envie et sa détermination en particulier sur la gauche, le meilleur côté de l’animal. Deux pinchazos avant une épée efficace et un descabello précis laisseront les récompenses en un salut au tiers. Son second Fernay sera accueilli par une larga suivie de véroniques puis de chicuelinas pleines de rythme et entrain. Dans la muleta le novillo devient incommode, charge courte, coups de tête défensifs. Tristan ne se laisse pas démonter et tente de le toréer. La nécessité d’un deuxième coup d’épée, estocade engagée et efficace ne laissera pas se développer une demande d’oreille restée minoritaire.

C’est l’AFAP de Nîmes qui a donné le goût de toréer à Fabien Castellani. Il lui a suffi de passer le pont pour engager sa formation à l’école taurine d’Arles. Face aux deux Jalabert de sa présentation arlésienne, le premier de grande noblesse, il fera la démonstration de son envie tranquille et de la diversité de son répertoire. L’estocade à l’encuentro à son premier lui vaudra une oreille. Ayant eu plus de mal à s’accorder au rythme de son second, l’estocade efficace et sincère ne suffira pas pour couper une possible deuxième.

Santiago Porbajo 

Photos Daniel Chicot