Plaza de toros de La Ribera de Logroño. Samedi. Avant dernière corrida de la Gira de la Reconstrucción. Lleno de l’aforo limité.

Quatre toros de Miura, 

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• PEPE MORAL, silence après deux avis et silence après avis

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• GÓMEZ DEL PILAR, oreille et ovation après avis. 

Ce fut une véritable corrida de Miura comme le veut la légende: émotionnante et compliquée pour les toreros. Soulignons d’abord l’exceptionnelle présentation de l’ensemble âgé de cinq ans révolus, le troisième frôlant les six ans. L’ensemble pesait plus de six cent kilos de moyenne, très armé et dans ce type long et osseux, bien dans le style de la maison. Il y eut un toro noble, le premier qui se laissa faire sans candeur néanmoins; les autres furent fidèles à leur réputation, se defendant sans se livrer, cherchant les hommes sous les leurres, partant de loin sans s’employer vraiment sous le cheval, durs à la mort.

Pepe Moral, s’il n’y avait eu ses carences à l’épée, eut pu faire un « coup » dans ces arènes de la Ribera. Face au premier, noble mais court dans ses charges, il montra sa classe, son élégance et son sens du temple. C’était méritoire car l’opposant avait du volume et le sévillan dessina malgré cela de belles séries, esthétiques qui portèrent sur l’animal. Il pincha à plusieurs reprises descabellant à l’ultime seconde, évitant ainsi la sanction infâme du troisième avis, qui aurait été injuste au vue de l’ensemble de son travail. Le troisième Miura n’avait pas la grandeur d’âme, la générosité du premier. Pepe s’arrima, il eut des détails isolés, de bonne facture mais une fois encore échoua à l’épée.

Gomez del Pilar aura laissé une belle image. Il partit les deux fois à puerta gayola avec une ardeur juvénile qui fit forte impression. Ses deux adversaires furent les plus retors du lot mais avec calme, entrega, officio et surtout courage, ce formidable valor seco qui l’anime, il put bâtir deux faenas vraiment spectaculaires. La première fut conclue par un formidable volapié qui lui valut une récompense unanimement demandée. Du dernier de la bande Zahariche a force de volonté, d’engagement, il put tirer quelques séries courtes, décousues mais méritoires. Illetua en deux fois d’une entière basse. Le torero d’Añover del Tajo aura fait une belle temporada et son nom s’impose pour les corridas dures à venir l’an prochain. On peut compter sur lui, sur son courage mais aussi sa capacité à résoudre avec bonheur les situations les plus compromises comme on l’a vu hier.

Nous ferons demain le bilan définitif de la gira de la reconstruccion, après l’ultime corrida de Victorino, en attendant, cette tarde prenante de Logroño aura contribué à la crédibilité d’une opération qui apparaît comme salvatrice. Une corrida ne peut se juger comme une corrida ordinaire et nous dirons que si on prend compte les critères spécifiques qu’elle nécessite et qui à juste titre séduisent l’aficionado, elle fut âpre -comme il se doit-, impressionnante et spectaculaire aussi en raison de l’entrega des deux toreros.

Pierre Vidal