Ce n’est pas seulement le peuple du football qui est en deuil avec la disparition de Diego Maradona, c’est le peuple tout simplement. Jamais un joueur de football n’aura eu autant de talent et une telle carrière, rarement un homme, au delà de ses erreurs ou de ses fautes, n’aura été aussi fidèle à ses origines sociales, à son pays et à ses proches.

Diego Maradona c’était l’homme qui incarnait le sud, ses excès, ses passions. Notre monde en réalité. On sait les liens étroits qui existe entre le public du football et celui des toros, qui n’est pas en dehors du monde dans sa grande majorité. Nous comprenons alors la peine de tous ces anonymes devant l’idole disparue, le rêve brisé. Pour eux c’est le temps du deuil qui sera comme l’a été Diego, excessif dans ses manifestations. Du moins le jugerons-nous comme tel, de notre fenêtre de nantis, les gamins des quartiers populaires de Napes ou de Buenos Aires, eux, ne le verront pas de la même manière.

Diego n’a jamais été vraiment aficionado, ce serait un mensonge pieux et facile que de l’assurer. Mais il a approché notre univers lors de son court séjour à Séville (une seule saison). Il habitait une maison qui appartenait à Espartaco et le maestro l’initia à la tauromachie. On ne pouvait pas trouver meilleur guide: c’est ainsi qu’on vit l’Argentin sur les gradins de la Maestranza un dimanche de Resurrection. A son mentor, Diego demanda: « Comment fais-tu pour être aussi maigre Juan? » Espartaco lui répondit : « c’est que j’ai beaucoup plus peur que toi! »;

Inclinons nous donc ce soir devant le talent immense et le charisme unique de Diego. Qu’il repose en paix, il a tant donné.

PV