Mois : décembre 2020 Page 1 sur 9

Les ganaderias vicoises

Pour bien finir 2020 ou commencer 2021 , Vic annonce les ganaderias de sa Féria de Pentecôte.

Les toros des différentes corridas et novilladas proviendront des ganaderias Cebada Gago, Escolar Gil, Pedraza de Yeltes, Raso de Portillo, Rehuelga, Hoyo de la Gitana, Fraile, Dolores Aguirre, Baltasar Ibán, Peñajara, Barcial, San Martín, Tulio Vázquez, Los Maños, Pincha, Yonnet, Samuel Flores y Pagès-Mailhan »

Décès de l’ex banderillero « El Melli »

Sanlucar de Barrameda, Cadix

Photo « El Califa »

L’ex novillero et banderillero sanluqueño El Melli (vieux) est décédé le 28/12/2020.  Novillero puis  banderillero , El Melli nous a fait faux bond le jour des Saints Innocents (ce jour correspond, en Espagne, au poisson d’avril )  Il était le père de J Antonio Vidal et du jeune novillero German Vidal « El Melli ». 

El Melli était un personage local très connu à Sanlucar et aprecié des aficionados. Il suivait avec passion la carrière de son petit fils German qui a pris le même apodo de lui « El Melli » et qui est un des plus brillants espoirs des novilleros sans picadors, comme on a pu le voir récemment sur Canal Sur. Lors de ses obsèques des nombreux matadors, novilleros et banderilleros étaient presents, parmi eux : J.J Padilla, Jesuli de Torrecera et El Califa de Aragua.

Le siège de la grande porte des arènes de Sanlucar où il aimait à s’assoir lors de l’entrainements des toreros restera désormais vide . Que la Terre lui soit légère.

Descanse en Paz.

Jesus Hernandez

« El Meli » en compagnie de son petit fils German Vidal « El Melli » (photo Califa)

Derrière le nuage noir, un ourlet de lumière (I)

Par Dominique  Valmary.

        Platon rapporte qu’appelé au chevet d’Axiochus, Socrate dit à celui-ci : « Peux-tu avoir oublié la loi de la nature, et cette vérité si connue, si souvent répétée par tout le monde, que la vie n’est qu’un voyage, et qu’il faut, après l’avoir achevée le mieux possible, se soumettre à la nécessité volontiers, pour ne pas dire avec des chants de triomphe » !

            Ils vivent dans le piémont de la si belle et verte vallée de Neiva au pied de la Cordillère Centrale. Le pays de Botero et de Garcia Marquez sait flatter les sens. Jouissance, lascivité, félicité apparentes, pauvreté, violence, misère cachées s’y nourrissent des contrastes, des oppositions et des bigarrures de la vie. Contraste et opposition aussi pour les paysages influencés par le Pacifique, la mer des Caraïbes et les déserts d’altitude.

La Colombie est encore plus un patchwork ethnique où les populations diverses ne se départissent pas des différences de couleurs de peaux et de classes sociales allant comme toujours du plus noir au plus bas au plus blanc au plus haut de l’échelle. Cependant le pays n’entend pas se rendre à cette fatalité construite par l’histoire. L’autosuggestion adaptée à la sauce locale a accouché d’un proverbe devenu national, le plus répandu qui se veut rassurant, n’affirme-t-il pas sans ambages que « derrière le nuage noir, il y a toujours un ourlet de lumière ».

            Antonio aime Maria Dolorès. Maria Dolorès aime Antonio, ils se veulent. Ils sont jeunes, beaux et ardents, ils s’aiment sans jamais douter de leurs sentiments partagés. Antonio aime les taureaux, il vit taureau, il est taureau ; Dolorès, elle, est née au cœur du monde des taureaux, là où on fabrique les taureaux… Antonio est torero ; cela les rapproche. Mais sur ces terres à l’histoire bouleversée, leurs amours frais, spontanés et profonds se heurtent aujourd’hui  aux préventions sociales que s’imposent leurs entourages. Se mésallier fonctionne dans les deux sens, voilà un point en commun qui relie les deux familles. Comme se rapprochent la Grèce et la Colombie lorsque la force de la nécessité ou l’amour rejoignent le proverbe local.

Antonio est un indien né dans une famille de paysans, pléonasme. Maria Dolorès est la fille unique d’une dynastie d’éleveurs de bêtes braves. Sans être exprimées, les réticences sont toujours là. Même s’il réussit sa vie Antonio sera toujours le paysan indien ; même si elle n’en parle jamais Dolorès restera la lointaine descendante de ceux qui ont conquis l’Amérique, l’eau et le feu, le blanc et le noir, le métissage.

Antonio est sûr de ses sentiments, mais il y a encore pour Maria Dolorès plusieurs pas à franchir ! Non pas qu’elle appréhende les risques du métier, paradoxalement les angoisses qu’ils engendrent transcendent son admiration pour le maestro… admiration-répulsion, toujours attendre que le téléphone sonne, comment aussi dépasser les préjugés ?

Elle sait qu’en épousant Antonio elle aussi entre en tauromachie, c’est en accepter les rites et l’accompagner dans cette recherche d’un absolu quasi inaccessible, atteindre les sommets du métier, devenir une figure.

Depuis toujours pourrait-on dire, Antonio courait les opportunités pour se mesurer au bétail. Il avait un faible pour les vaches à la robe grise élevées par Don Ernesto, le père de Dolorès dont la propriété se trouvait près de la masure de son oncle ou plutôt est-ce l’inverse, c’est la masure de l’oncle Ignacio qui jouxtait la propriété de Don Ernesto.

Les espaces dédiés aux taureaux s’étendent sur plus de deux mille hectares couvrant les flancs de la Cordillère ce qui garantit des herbages riches et à la production constante.

L’oncle, donc, donnait la main à l’éleveur pour le marquage des bêtes et les gros travaux recruté à la tâche comme il se doit dans un pays qui n’en finit pas d’émerger. Très rapidement, Antonio a remarqué la fille de la maison qui se tenait toujours près de son père lors des épreuves de testage du bétail. Une brunette fraîche aux cheveux de jais, distinguée et élégante respirant l’éducation bourgeoise et le savoir être, une fille qu’il jugeait inaccessible seulement réservée au plaisir des yeux et à nourrir ses rêves. Une fille très présente assumant aussi le rôle de maîtresse de maison depuis la mort prématurée de sa mère. Au fil du temps ils se sont remarqués, ils se sont parlés, ils ont sympathisé d’une amitié de circonstance. Maria Dolorès avait observé très tôt chez ce jeune maletilla sa fine et juste compréhension du comportement des bêtes, son courage, sa ténacité, ses progrès et certainement plus…

Leur rapprochement devint naturel. Les toreros ne sauraient être exclus des jeux humains malgré le dogme qui veut que les relations sentimentales soient un obstacle au triomphe. Antonio, jeune torero andin à la carrière en devenir, mène désormais la double quête de gagner le cœur de sa muse et de réussir à gravir les degrés de la tauromachie.

« Maestro doloroso », il sait la dureté du parcours, les étapes, les épreuves, autant de stations amèrement jouissives menant au statut de figure. Longue et interminable est la répétition du rite sans jamais en ôter le risque.

Le jour de la course, l’attente interminable, l’habillage, les visites pesantes qu’il faut accepter. Et puis l’aller aux arènes la boule au ventre, encore l’attente avant la délivrance du défilé conduit en musique dans le  recueillement et l’extrême concentration. Le mouchoir blanc déclenche le cérémonial. Tous les yeux sont rivés sur le comportement du sacrifié, la cape lui est servie, la main gauche en tombant lui impose la sortie une fois, deux fois, trois fois avant son retour et la demie pour conclure. Sonnent les clarines, le trot lourd et maladroit du cheval, les chocs sourds dans le caparaçon ; le métal résonne, ça « quincaille », la rumeur monte du public. Re-clarines, place au duel. L’enjeu : contenir la charge désordonnée, folle et meurtrière. Les gestes se succèdent, main gauche, main droite ; main droite encore, main gauche. L’obsession du terrain à ne pas perdre, du point d’interrogation à dessiner, la trajectoire à infléchir, des cornes malintentionnées à éviter, terminer la série par une passe de poitrine, la passe du mépris ou une trinchera. Le souci aussi de l’esthétique, de l’apparence par respect de l’adversaire, musique. La timbale d’argent, dernier verre du condamné… volontaire. Puis un silence profond s’impose, le silence à la mort libère les émotions instinctives. Essorillement quand tout va bien, tour d’honneur, clameurs, toujours quelques sifflets… L’attente encore pendant l’actuation des compagnons, la tension toujours là, le retour à l’hôtel dans le fourgon, la gueule, la douleur ou la joie contenue en attendant la prochaine célébration ! Le tout ponctué des nombreuses marques de superstition qui conjurent le mauvais sort ; se signer de multiples fois, tracer la croix de la pointe de l’escarpin, parvenir le premier au bas de la tribune présidentielle, toucher le bois de la barrière, fixer l’image de la vierge collée dans la coiffe…

Chaque torero a ses habitudes, ses coutumes, ses manies, ses croyances. N’est pas torère qui ne supporte pas quelques superstitions. Ainsi à chaque fois qu’il coupe un trophée, Antonio disparaît une paire de jours parfois une semaine sans que quiconque ne sache où il se trouve ni le pourquoi de sa disparition. Personne, ni son fondé de pouvoir, encore moins son confident de toujours, un ancien compagnon de route devenu son valet d’épée, ni ses proches n’ont pu percer le secret de ses absences.

Á chaque fois « qu’il coupe », Antonio ne cède jamais l’oreille à ceux qui le soutiennent. C’est un comportement inhabituel dans le milieu qui n’est admis que lorsque les circonstances sont exceptionnelles tel le trophée gagné au taureau d’alternative ; et pourtant l’offrande du cartilage est tellement porteuse de sens pour le public.

Son caractère original et son souci d’indépendance éludent rapidement toutes les interrogations de son proche entourage, ils n’y prêtent plus guère attention, ils savent faire avec. Ces comportements distinguent ceux qui se jouent la vie, ceux pour qui toréer est plus que tout.

            La conquête de Maria Dolorès lui est d’autant plus cruelle qu’elle le soumet continuellement à l’épreuve ; elle ne peut ou ne veut se décider alors que la même passion les rapproche. Avec le temps elle finit par lui concéder attendre qu’il obtienne en une corrida formelle les trophées majeurs d’un pupille de son père. Promis, juré c’est la sainte colombe qui parrainera l’union de leurs destins. Sans hésiter et sûr de lui Antonio relève le défi, il ne peut en être autrement.

Et le jour de relever le défi arriva… Les oreilles et la queue gagnées à un taureau de Don Ernesto âgé de cinq ans et demi combattu en corrida formelle dans les arènes de Manizalès. Ce fut la faena parfaite, gloire à Sainte Colombe et à son sang !

            Depuis ce soir de gloire Antonio et Maria Dolorès ont disparu, ils sont introuvables. Ils se sont évanouis le soir même du triomphe, on les a à peine entre-aperçus dans les lieux d’après corrida. Des recherches sont entreprises sans conviction et sans résultat malgré quelques bribes d’informations distillées ça et là ; personne ne brisera le secret puisque personne ne le partage.

En réalité Antonio a décidé Maria Dolorès certes consentante mais un peu hésitante à entreprendre l’ascension du Nevado del Huila le volcan de la Cordillère Centrale, mais pourquoi et surtout pourquoi maintenant ? Ils en franchissent les étapes marquées par les temps de pause qu’imposent par paliers les autorités sanitaires, comme se succèdent les étages de végétations ; là les buissons d’épines, là les tapis de saxifrages au creux suintant d’une source naissante, là l’aridité des sols pulvérulents. Les auxiliaires de santé chargés de distiller les messages de prévention et les gardiens du parc semblent connaître Antonio et le saluent avec le sourire de la connivence ; d’évidence il est habitué à ces lieux ou est-ce sa notoriété naissante ?

Après plusieurs heures d’approche ils parviennent aux espaces désertiques proches du sommet où règne une oppressante ambiance lunaire teintée d’un monocorde gris bleuté seulement nuancé par leurs ombres projetées. Pas la moindre feuille d’herbacée, pas la plus petite plume du moindre oiseau, pas un insecte, seuls dominent le froid et le bruit des vents tournoyants. Le froid oui mais tempéré par la chaleur émanant du sol, drôle d’impression que d’imaginer le bouillonnement du magma sous ses pieds. Antonio connaît les lieux constitués d’amas de roches basaltiques et d’étendues étouffées de cendres volatils. Attiré par on ne sait quoi, il s’approche d’un épaulement rocheux formant un semblant d’abri. Là, il s’immobilise, pose son sac à dos, se décoiffe et se prosterne en silence devant un espace apparemment vide et où rien ne paraît se distinguer.

Après de longues minutes il se relève et se retourne, prend Maria Dolorès dans ses bras et il la serre fortement. Elle mesure alors la force de l’émotion qui l’étreint. Pour l’indien christianisé, le volcan demeure la maison de ses dieux, les dieux des siens, ces forces que le monothéisme ne parvient pas effacer de la mémoire collective malgré les siècles qui passent. Révélation : ici est son sanctuaire, ici il se recueille et rend grâce aux esprits qui l’accompagnent dans ses projets.

Dans le secret le plus absolu, Antonio lui avoue qu’il se retire ici au sommet du Nevado del Huila, à chaque fois « qu’il coupe », ici même, mais pourquoi ? Á chaque fois, il tutoie les dieux devenus accessibles grâce à l’altitude et ancrés à la terre nourricière. Á chaque fois, il les remercie d’une offrande pour avoir pu franchir une étape nouvelle dans la conquête de Maria Dolorès.

            Dans ces lieux inhospitaliers soumis aux projections de pierres et de cendres quand les dieux s’énervent des bêtises des hommes, il a conçu un autel éphémère à même le sol. Sous une couche de poussières chaudes qu’il écarte de ses mains calleuses les oreilles sont là disposées en corolle comme autant de pétales d’une fleur imaginée. Mais la fureur des éléments fait qu’il doit à chaque venue retrouver les pétales enfouis dans le glacis de cendres et régénérer son offrande aux dieux. Dans l’élan des troublantes révélations faites à sa promise dont il se libère, il ouvre son sac, fouille et en extrait les trophées conquis à Manizalès devant le taureau de Don Ernesto, les deux oreilles et la queue. Désormais les trois appendices complètent l’ex-voto de deux pétales complémentaires et de la tige caudale donnant vie à cette représentation. Comme ultime hommage, il dépose la devise ensanglantée que lui a remise son péon de confiance elle figure désormais le pistil fécond de sa fleur fétiche. Dans l’imaginaire mystique et fétichiste d’Antonio la fleur, désormais complète, représente le soleil, l’hélianthe des cimes.

Fumerolles, grondements de plus en plus profonds, légers frissonnements du sol, lointaines explosions, nuages gris de fines poussières, le volcan souffle, le volcan gronde provoquant chez eux inquiétude, peur mais un profond respect. L’ex-voto étant désormais parfait, les dieux en célèbrent l’accomplissement. Maria Dolorès s’effondre en larmes. Il la relève, la serre à l’étouffer. D’une voix fluette entrecoupée de sanglots, blottie contre son épaule, elle déclare devant les dieux se donner à lui… s’il met fin à sa carrière de matador. Stupeur, se couper la coleta est un geste solennel qui ne souffre pas l’improvisation. Les grondements sourds, les tremblements du sol s’estompent laissant place à un silence lugubre. Antonio désarçonné s’éloigne et revient se prosterner devant l’autel de toutes ses espérances, il se signe à en perdre le décompte. Être torero c’est le serment d’une vie, il ne peut mourir que torero, n’a-t-il pas été consacré devant Dieu le jour de son alternative. Il se redresse, embrasse par six fois la médaille du Niño de Atocha qui ne le quitte jamais et se signe d’autant de fois sans omettre de baiser son pouce. Il ne veut pas la perdre. Son amour sera plus fort que sa passion. Il sait qu’il restera par alliance dans le milieu taurin une manière de ne pas se désavouer.  « La vie est en quelque sorte un pèlerinage » ! Cette phrase, d’il ne sait qui, l’obsède. Un pèlerinage avec ses stations, ses défis, ses épreuves, la croix, ses espérances aussi. Il dit oui à Maria Dolorès avec les dieux d’ici pour témoins et désormais protecteurs de leur union fécondée par la Pachamama. Dans la ferveur de leur engagement elle invite Antonio à déposer la mèche de cheveux près des trophées. « Antonio, viens »… Leurs ombres se mêlent, leurs corps s’emmêlent…

Puis ils redescendent des cimes ennuagées de gris et de rose par le sentier piétonnier chaotique dont les pierres roulent sous leurs pas.

Platon  – Axiochus ou sur la mort

La Maestranza récompensée

Le ministère de la culture espagnol dirigé par l’anti-taurin notoire Uribes vient de décerner la médaille prestigieuse d’or du mérite « Bellas Artes » à la Real Maestranza de Séville. C’est un geste symbolique d’autant qu’il est accompagné d’une déclaration soulignant le rôle joué par la Maestranza dans le soutien apporté à la tauromachie comme patrimoine culturel universel de l’Espagne. Patrimoine qui était inscrit dans la loi de 2013 et resté sans effet. Cette récompense prestigieuse n’a pas été attribuée en 2018 et, très appréciée, elle réchauffera le cœur des taurins.  

Tout cela ne coûte pas cher et pourrait apaiser les tensions internes à la gauche où se sont manifestés des oppositions à la ligne anti-corrida du ministre, aussi bien au sein du Parti Socialiste Espagnol que du Parti National Basque (PNV). Est-ce un changement de pied ? Il faut se souvenir que Podemos, l’allié essentiel des socialistes, est sur une ligne radicalement anti. Aura-t-il le dernier mot, ça n’est pas sur car l’attelage PSOE/Podemos est instable. La mobilisation des taurins a certainement joué un rôle positif dans ce début de reconnaissance par le pouvoir qui ne fait pas recette sur ce registre : Il ne sert à rien de maintenir un front inutile ont dû se dire les amis de Pedro Sanchez une médaille ça ne coûte pas cher. Qu’en sera-t-il des aides nécessaires à la survie du secteur ; des ganaderos surtout… ?

Même si cette récompense est justifiée au regard de la beauté de la Maestranza et de son rôle dans l’histoire de la tauromachie, on notera que cette médaille n’a pas été concédée à un torero comme elle le fut pas le passé. Voici les précédentes récompenses : 1996: Antonio Ordóñez, 1997: Santiago Martín “El Viti” y Curro Romero, 1998: Miguel Báez Espuny “Litri” y Pepe Luis Vázquez , 1999: Álvaro Domecq y Díez, 2000: Antonio Chenel “Antoñete”, 2001: Rafael de Paula, 2002: Manolo Vázquez, 2003: Ángel Luis Bienvenida y Juan Antonio Ruiz “Espartaco”, 2004: Paco Camino, 2005: José María Manzanares, 2006: Enrique Ponce y el crítico Manuel Molés, 2007: José Tomás, 2008: Francisco Rivera Ordóñez, 2009: Luis Francisco Esplá, 2010: José Miguel Arroyo “Joselito y Pepín Martín Vázquez, 2011: Ángel Peralta, 2013: Victorino Martín Andrés, 2014: Manuel Benítez “El Cordobés”, 2015: Pablo Hermoso de Mendoza, 2016: Julián López “El Juli”, 2017: Dámaso González ; 2019: La Maestra Nati, sastra de toreros, 2020: La Real Maestranza de Caballería de Sevilla.

Que du beau linge… que rejoint désormais la séduisante Maestranza.

PV

Cormanizales (Colombie)

Cormanizales, une plaza importante de Colombie donnera deux festivals tauris à voir par internet les 10 et 11 janvier 2021 seulement par internet.

La corrida dominicale du 10 janvier sera composée de Cristóbal Pardo, Luis Miguel Castrillón et David Martinez. Le lundi 11 janvier José Arcila, Juan de Castilla, et Juan Sebastián Hernández. Ganaderias de Ernesto Gutiérrez, Santa Bárbara y Juan Bernardo Caicedo. Autrement dit deux spectacles qui seront composés d’éléments Colombiens.

« Juan Ortega, le torero du moment »

Par José Carlos Arévalo in la revue Mexico Aztecas y Toros n°11

Le grand critique taurin José Carlos Arévalo vient de donner un texte essentiel à la revue Mexico Aztecas y Toros qui vient de paraître. Il y désigne Juan Ortega, peu vu en France, comme le grand espoir de la tauromachie actuelle. Juan Ortega qui vient de recevoir, avec Enrique Ponce et Victoriano del Rio, la prestigieuse récompense ‘Oreja de Oro’ de RNE (émission Clarín )  www.rtve.es. Ce prix existe depuis 1968 où il a été concédé à Diego Puerta. Notons que Juan Ortega a devancé Enrique Ponce (oreilled’or spéciale), le premier obtenant 12 voix, le second 9. Enrique Ponce, avec élégance, a largement félicité Juan Ortega dont il fut le parrain d’alternative en septembre 2014 à Pozoblanco.

Photo Ferdinand De Marchi

Juan Ortega est le torero du moment. Probablement les aficionados madrilènes ont été les premiers à comprendre qu’il s’agissait d’un torero hors du commun. Ils gardent vive dans leur mémoire la faena qui l’avait révélé. Celle à un toro de la ganaderia d’El Torero, le jour où il fut confronté à Pablo Aguado dans les arènes de Las Ventas. Malheureusement et même si cela se produisit dans cet espace si décisif en tauromachie, le triomphe n’eut qu’un écho local.

En Espagne, tout comme en France, il est encore un torero marginal pour le « système » (ce pouvoir occulte, diffus, en marge de l’opinion taurine, qui se caractérise par son manque de perspicacité et sa toute-puissance), qui le relègue dans un rôle subsidiaire, celui attribué auparavant aux toreros discrets et médiocres.  

Mais la pandémie, cet autre monstre diffus, tout aussi viral, qui a ébranlé cette saison taurine, aura permis, accidentellement, de subvertir l’ordre taurin. Son ingérence inattendue a eu ces conséquences : la plupart des figuras ont rarement toréé, laissant leur place à des toreros émergents, pas encore suffisamment consolidés pour le « système », qui ont occupé ces postes parce qu’ils l’ont mérité. Comme ce fut le cas de Daniel Luque et d’Emilio de Justo, le premier avec sa maestria débordante et le second en s’imposant devant une figura consacrée, Enrique Ponce, au cours des mano a mano avec ce dernier qui, en temps normal, n’auraient pas eu lieu. Concernant Juan Ortega, ce fut autre chose. Il a éclipsé tous les autres triomphes de cette saison réduite et télévisée, à l’exception de celui de Morante, avec lequel il fut mis en concurrence et dont il sortit perdant. Au cours de ce mano a mano compliqué devant une corrida peu reluisante de Jandilla, la maestria, l’art et le courage du maestro de La Puebla l’emportèrent face à un Juan Ortega tenaillé par cette responsabilité si prématurée.  Un défi pour lequel il n’était pas prêt, ni dans sa tête, ni taurinement.

Cependant ses deux faenas au zénith, la première à Linares et la seconde à Jaén, ont été considérées cette année comme les œuvres majeures, la quintessence de la tauromachie de ces derniers temps. Furent-elles aussi éblouissantes ? Pour essayer de comprendre cette sensation de musique silencieuse que l’on entend avec les yeux, celle que nous procure Ortega, nous devons d’abord nous demander ce qu’est le toreo. Il y a plusieurs réponses. La tauromachie est une création qui naît, se déroule et meurt devant nous, via un danger lié au hasard, le taureau. Une matière singulière et agressive de l’art tauromachique qui conspire contre l’artiste, qui veut le détruire et que l’homme transforme en un collaborateur docile dans cette chorégraphie au bord de l’abîme. On peut affirmer que c’est cela que font, plus ou moins bien, tous les toreros en soumettant  la violence du taureau -sa charge- au pouvoir cadencé de leur inspiration. Mais, comme le disait le poète José Bergamín, l’art de toréer se fait et se dit. Quand on le fait il y a la maestria et quand on le dit c’est la sensibilité propre à chaque torero. Mais que signifie cette sensibilité ? Il s’agit d’abord de transformer le danger en plaisir, puis la violence en harmonie et pour finir de ressentir chaque passe comme si elle venait d’être exécutée pour la première fois. Autrement dit, comme si la propre géométrie du torero lui était soudain dévoilée tout comme aux spectateurs. Une découverte révélée petit à petit, goutte à goutte, au rythme lent du « temple » et à la cadence pendulaire. De façon que le torero ressente qu’il n’a jamais toréé de la sorte et que l’aficionado confesse que cette véronique, cette naturelle, ce « redondo », ce « molinete », il ne les avait jamais vus avant.

En tauromachie la dextérité se transforme en art quand l’artiste découvre pas à pas, avec sa puissance et son naturel insoutenable ce qu’est le don du « temple », le mystère occulte de chaque « suerte » et la victoire de l’art sur la violence. Alors les arènes débordent, l’extase arrête le temps, la réalité devient irréelle et l’animalité, le taureau, se fond avec l’humanité, le torero.

Voilà ce qui se produisit à Linares et à Jaén. À Linares avec un Juan Pedro Domecq dont la noblesse fut au diapason de la métrique du toreo. À Jaén devant un brave et fougueux Victoriano del Rio qui s’accorda au temple soyeux et serein d’Ortega.

D’accord me dira le lecteur crédule qui l’aura vu dans les arènes et me reprochera que je ne me réfère qu’au direet affirmera, à juste raison, qu’en art le faire et le dire vont ensemble. Concernant la manière de faire le toreo de Juan Ortega je dois être plus précis. Quand la sensibilité taurine s’explique avec des données géométriques -placement, position du corps, fermeté du torero, mobilité subtile des bras, etc.- la tauromachie se décline en une série de normes gestuelles -grammaticales- qui ignorent leur véritable substance : l’art. Cependant on ne peut nier que chez le jeune torero de Triana il y a un épanouissement naturel qui incorpore et se délecte dans la gestuelle la plus authentique de l’art taurin. C’est-à-dire : semi-frontalité dans l’appel, tempo dans le temps pour provoquer la charge, assise dans l’attitude -les pieds vissés au sol, le poids reposant sur les deux jambes, aussi bien au début de la passe qu’à son final, sans jamais briser ses hanches ce qui, à l’exception de Rafael de Paula, dénature la diction du toreo- offrant la poitrine de profil, avec sincérité, courage, un discret et sensible mouvement de ceinture accompagnant la charge. De la composition sans composer, de la perfection dans le trait, toujours adapté à la dimension et à l’intensité des charges, le naturel le moins rhétorique associé à la profondeur la plus entière. Mais on ne peut éviter cette question que tous les aficionados se posent : ce torero de l’année pourra-t-il imposer la pureté géométrique de sa tauromachie à tous les taureaux ?

Juan Ortega est pour moi le seul torero que j’ose comparer à José Tomás. Une affirmation risquée car le torero de Galapagar l’a fait devant toutes sortes de taureaux et celui de Triana uniquement à quelques-uns, le nombre réduit qu’il a eu à affronter.

Ses exceptionnelles faenas de Linares et de Jaén se reproduiront-elles ? Comme dit le proverbe «  tout ce qui est arrivé deux fois arrivera certainement une troisième ».  C’est vrai. Mais une ombre au tableau -importante, à n’en pas douter- pose question concernant son avenir : à la mise à mort Ortega perd pratiquement toute sa maestria. Trouvera-t-il la solution qui lui permettra de se consolider en tant que figura ?

Pour l’heure, il a réalisé les deux faenas les plus importantes non seulement de cette saison mais aussi des dernières saisons passées, ce qui devrait lui permettre de se retrouver sur les affiches les plus prestigieuses. Le « système » lui ouvrira-t-il ses portes ? L’espoir et le suspens, dans l’arène et dans les bureaux, sont le prologue de sa prochaine « temporada ».

José Carlos Arévalo

in Revue Mexico Aztecas y Toros n°11. Prix 15 euros plus frais de port. jeffneviere@msn.com

Les dates de la Feria de la Pêche et de l’Abricot 2021…

 

Julien Miletto, Pierre Henry Callet (Toro Pasión) et les membres de la commission taurine extra-municipale vous souhaitent de belles fêtes de fin d’année.

stg27h

Nous vous donnons rendez-vous du 20 au 22 août 2021 pour la 25ème bis édition de la feria de la Pêche et de l’Abricot autour d’un week-end tauromachique dynamique et passionnant.

Joyeuses fêtes & en espérant vous retrouver en 2021…

(Communiqué de Benjamin Guidi – adjoint au maire et président de la CTEM)

Superstitions tauromachiques




Pablo Picasso (1881-1973), La Minotauromachie, 1935, gravure sur papier, avec marges : 57,3 x 77,4 cm.Estimation : 800 000/1,2 M£
© Succession Picasso, 2020



Bien qu’étant un des clichés les plus répandus sur les toreros, la croyance dans les superstitions n’était pas seulement attribuée aux personnes à coleta mais était générale dans les temps anciens. Les risques de cette profession et l’origine populaire de la plupart des matadors contribuent à l’épanouissement des dits préjugés devant certaines choses et situations. Les toreros n’ont jamais été des exemples de cartésianisme ou de positivisme scientifique.


Dans la Lidia du 10 juin 1895, J.Sanchez de Neira mentionne l’aversion de Juan Leon, un torero de l’époque de Fernando VII, pour le chiffre zéro. « Jour zéro, un trou dans la peau » disait-il. Il évitait, si possible de toréer les 10, 20 ou 30 de chaque mois, et s’il ne pouvait l’éviter il montrait dans l’arène nulle envie de s’exposer et une prudence excessive dans le tercio de muerte .


Manuel Diaz Lavi considérait comme fatals les toros noirs. En fait, plus d’une fois, affirme Sanchez de Neira, il fut attrapé par des bêtes de ce pelage comme quand à Madrid en 1852 un toro de Duran le renversa et « le dénuda complétement laissant par chance sa peau intacte ».


Rencontrer, en chemin vers la plaza, un cortège funébre était aussi signe de « mala pata .» Ainsi ce qui est arrivé à Manuel Garcia El Espartero, le 27 mai 1894 quand il eut une collision avec un véhicule des Pompes funèbres. Sanchez de Neira se demandait si cet événement avait pu influer sur son courage au moment de tuer et de recevoir la cornada qui lui coûta la vie.
Rafael El Gallo, qui niait être superstitieux, disait que ça lui était égal de rencontrer un enterrement bien qu’à choisir, il préférait tomber sur un baptême.

Publié par Retablo de la vida antigua

in Toros en Mimizan (MJB)

FSTF Fédérations des Sociétés Taurines de France

ÉTATS GENERAUX DES TAUROMACHIES
2020-2021
RESTITUTION
Restitution du Q5 :
Quelle corrida au XXIème siècle ?

Restitution du Q5 :
Quelle corrida au XXIème siècle ?
De mai à octobre dernier vous vous êtes exprimé-e-s en répondant aux questionnaires constitutifs de la phase consultation des États Généraux des Tauromachies.
Nous terminons aujourd’hui la restitution de vos contributions avec la publication des résultats du cinquième et dernier questionnaire.
Le questionnaire n°5 est entièrement dédié à la Corrida ; il confronte la corrida authentique à son évolution récente et aux changements censés lui assurer un avenir, changements qui sont attendus par les uns, ou estimés préjudiciables voire inopérants pour les autres.
Pour en consulter la restitution : Cliquez content/etats-generaux-des-tauromachies-restitution-du-questionnaire-n°5
L’étude des contenus engage la suite des États Généraux des Tauromachies avec la tenue dans la deuxième quinzaine du mois de janvier 2021 des 3 Ateliers Thématiques constitués autour des problématiques ayant émergé de la consultation publique : Éthique et transmission, Économie,
Quelle corrida au 21ème siècle ?
Les Ateliers Thématiques seront organisés à distance par visioconférence dans des conditions qui seront communiquées ultérieurement.
Bonne lecture, merci pour votre fidélité, rendez-vous donc dès la mi-janvier 2021.
Communiqué de la FSTF

Manizales

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