Le comité de crise réuni autour de Victorino

Il ne fait pas de doute désormais que la temporada à venir ressemblera plus à celle de 2020 qu’à celle de 2019. C’est-à-dire qu’elle sera réduite, limitée en nombre et en public compte tenu de la situation sanitaire en Espagne, en France et au Portugal et c’est vrai aussi pour les pays taurins outre Atlantique : Mexique, Pérou, Equateur, Colombie où son existence même est très compromise. Le comité de crise de la Fondation du toro de lidia réuni en début de semaine à Salamanque sous la houlette d’Antonio Barrera et l’autorité de Victorino Martin part de cette hypothèse.

La vaccination, en raison de l’incapacité de la Commission Européenne, a pris un retard  tel que l’on ne peut espérer de solutions viables et stables, sans restriction, avant le début de l’été. Le spectacle vivant et singulièrement la tauromachie sont une simple variable d’ajustement pour les gouvernements qui voient de manière cynique la crise comme une opportunité pour contenter les secteurs les plus radicaux des mouvements écologistes: tentant ainsi de faire oublier leur incurie.

La voilure a été singulièrement réduite à Séville, Valence et Castellon ; à Pampelune la messe n’est pas dite car le maire tente tout pour bâtir au moins cycle de corridas sans féria mais cela reste bien incertain. Madrid évoque une possibilité de création d’un passeport vaccinal qui donnerait le droit à participer à des spectacles publics. Faut-il y voir une piste ? Peut-être… nous verrons ce qu’il en sera de Léganes au début du mois d’avril. En attendant ne rêvons pas c’est le silence côté Las Ventas, sans laquelle aucune temporada d’envergure ne peut se dérouler.

Le comité de crise qui donnera bientôt l’état de ses finances –une transparence qu’il faut louer- n’oublie pas que la Gira de la Reconstruccion 2020 a été amputée de deux corridas. Elles restent à programmer. Comme serait programmée une seconde Gira qui devrait jouer un rôle salvateur. Le bilan de la première, du point de vue artistique, fut assez positif avec des hauts et des bas, suivie par un large public. Cette seconde Gira devrait permettre d’attendre le vrai début de la temporada -peut-être en automne? Elle pourrait en être l’élément essentiel, car comme le foot ou le rugby, les toros, pour survivre, ne peuvent plus se passer de la télévision.

Pierre Vidal