Par Inca Virgo Arte

Qui ne connaît pas le conte de Hans Christian Andersen « Le vilain petit canard » ?

Je suppose qu’ils sont peu nombreux les lecteurs, bambins et adultes, qui n’ont pas, au moins une fois, lu ou écouté l’histoire de ce petit volatile qui est rejeté, parce que différent. Aucune chance ne lui est concédée d’être intégré dans la couvée où l’œuf, dans lequel il est naît, a éclos. Alors, pour sa survie, il doit partir, aller dans d’autres contrées où il va grandir en traversant des épreuves. Un chemin initiatique.

C’est un conte… Nous croyons toujours que les contes ne sont que pour les enfants, les petits enfants. Et, à l’âge adulte, nous croyons ne plus être concernés par leur contenu. Pourtant, pourtant, ce que décrit le conte n’est ni plus ni moins que notre vie sociale, une toile sur laquelle le panorama de nos relations d’ombre et de lumière s’étale. Ils sont une source d’enseignements de valeurs…

La trajectoire tauromachique d’Emilio de Justo, – et aussi d’autres toreros ayant connu les mêmes difficultés pour pouvoir toréer et être reconnu-, projette la silhouette de ce conte. Vilain petit canard à qui l’on accordait aucune chance de s’exprimer, est devenu, le CYGNE.

Ce samedi 17 avril, début de la saison, sur le sable de San Luca de Barrameda, avec les élevages de Juan Pedro Domecq et Parladé, le Torero Emilio de Justo a dirigé une symphonie enlevée de passes, à la cape comme à la muleta, réalisant un accouplement d’une sincérité et d’une authenticité intenses avec ses toros. La « juste » compréhension de ses adversaires quadrupèdes lui permettait un « justo » positionnement dans le terrain du duel.

Ancré, zapatillas enracinées dans la terre, sa main guidait une muleta templée, suave, caressant le sable, hypnotisant le fauve séduit. La rigueur de son geste assortie à la souplesse de sa ceinture conférait à ses passes une profondeur mettant en valeur l’expression de la trajectoire du toro. Pas de  fioritures… Une stabilité, une précision, une fermeté, une puissance, drapées d’une élégance marquant le style du toreo classique qui donne à penser au spectateur que tout est aisé.

Emilio de Justo exécute un toreo « justo » d’où émane une pureté enchanteresse, provoquant un frémissement des cœurs.

Dans la matière minérale, inspiré par le toro, partenaire de son combat, Emilio de Justo écrit le conte de son amour pour l’art tauromachique d’une main artiste accomplie.

TORERO …ENHORABUENA !!!

Inca Virgoarte

18 avril 2021