Solalito, le novillero qui a séduit le public de Mugron le lundi de Pâques, à choisi lui-aussi Sanlucar de Barrameda pour se préparer et vire sa passion. Agé de vingt ans il n’a pas lâché ses études d’Espagnol mais se concentre sur son avenir de torero. Il sera à Nîmes le 5 juin en matinée où il défilera avec Alvaro Burdiel et Lalo de Maria (novillos de Durand). Nous l’avons rencontré à l’entrainement, au fameux « Coso del Pino », les arènes de Sanlucar où, avec ses camarades, il passe de longues heures de toreo de salon.

-Solal, comment se passes ces journées d’entrainement ?

-Je me prépare très sérieusement. De manière intense. Au quotidien : Footing, puis toreo de salon. Beaucoup de paires de banderilles. Beaucoup d’estocades. Je m’entraine avec des banderilleros comme Diego Ramon Jimenez, Membru, des matadors de toros français comme « Rafi », Thomas Dufau, des espagnols aussi comme Adrian de Torres qui est là actuellement, et d’autres. On s’entend tous bien. Chacun mène son entraînement comme il l’entend mais il y a une super-ambiance entre nous. On ne va pas se mentir : Il fait super beau, ce sont des conditions idéales pour se préparer.

-Comment vois-tu ta temporada ? Il y aura Nîmes pour commencer puis d’autres échéances dans le sud-ouest…

-J’ai débuté la saison à Mugron et ça s’est bien passé avec un bon novillo de José Cruz. La prochaine échéance maintenant c’est Nîmes. Je ne me fixe aucun objectif pour la saison et je prends les courses comme elles viennent ; au fur et à mesure. A Nîmes il faut qu’il se passe quelque chose et je vais tout faire pour ça. J’y vais avec le couteau entre les dents.

-Est-ce que tu as une préférence pour un type d’élevages ? Es-tu prêt à accepter toutes sortes de courses ?

-Je pense que la diversité fait partie des qualités d’un matador ou d’un novillero. Je ne suis pas en position pour refuser des courses. Relever des défis de toutes façons c’est motivant. Il y en a qui sont prévus pour moi cette année. Je les ai acceptés. C’est très motivant pour la saison.

-On a évoqué Mugron : tu as plu au public, il y a eu des commentaires flatteurs mais tu n’as pas coupé les oreilles… Etais-tu déçu ?

-Très déçu. On le sait le titre exact de novillero c’est matador de novillos. L’épée n’a pas fonctionné ce jour-là. Je me dis que ce sont des choses qui arrivent. Evidemment j’étais très frustré car je suis passé à côté d’un succès que je méritais car j’étais allé le chercher. Il y a eu cet échec dans les dernières secondes qui l’a empêché. Donc je travaille beaucoup pour que ça ne se reproduise pas ou du moins le moins possible.

-Tu fonctionnes de manière autonome. Tu es peu aidé dans ta carrière. Tu envisages un autre avenir ?

-J’ai la chance d’avoir Hervé Galtier avec moi. C’est mon apoderado. Je suis donc accompagné. Je ne sais pas de quoi l’avenir est fait. Cela fait rêver de rentrer dans une grande maison ou un apoderado puissant. On rêve tous de se faire apodérer par Roberto Dominguez, la casa Matilla ou la casa Lozano. Mais chaque chose en son temps : je me concentre sur mes prochaines courses et la première celle de Nîmes. J’ai la chance aussi de profiter des conseils de Lusito qui habite ici et qui travaille avec Thomas Dufau.

-Il y a beaucoup de concurrence : moins de courses  et plus de novilleros en France comme en Espagne. Comment vois-tu ça ?

-Il est clair qu’en France comme en Espagne le nombre de corridas et de novilladas a diminué. Je crois que l’on est dans un milieu où personne ne prend la place de personne. On est attendu par personne, en revanche, il y a de la place pour tout le monde à condition que cela marche, que l’on fonctionne devant les toros. Il faut à la base un grand courage et beaucoup d’ambition. C’est la base ; avec ça, ensuite, on fera des rencontres qui marcheront ou pas. Il faut prendre le train quand il passe. Il faut donc être patient. Certains attendent 15 ans après leur alternative. Le train passe pour tout le monde. Il faut savoir saisir sa chance.

Itw. Pierre Vidal

Photos J. Hernandez