Pour aller à Las Ventas aujourd’hui mardi, il fallait deux choses : avoir une bonne veste et ne pas craindre le vent. Le vent , cette troisième corne  pour le torero, a soufflé en rafales et désorganisé ce qui se passe dans le ruedo.

6toros de Nicolas Fraile, VALDEFRESNO.

¾ d’arène, Oliver Rodriguez au palco.

Juanito, pervenche et or, Daniel Luque Corinthe et or, José Garrido Vert sauge et Azabache.

Daniel Luque, José Garrido, Juanito, Valdefresno, Feria de San Isidro, Madrid

Le jeune portugais Juanito, confirmait  à Madrid et a  tiré le meilleur parti de son lot très difficile surtout le 6eme salpicado, lourd et de plus de 5ans, comme presque tout l’envoi de Valdefresno.

Daniel Luque, José Garrido, Juanito, Valdefresno, Feria de San Isidro, Madrid

Daniel Luque a hérité d’un toro sauteur que toute sa faena tendra à limiter les sauts et les écarts et malgré un brindis au public il ne parviendra pas à en faire ce qu’on appelle vulgairement « un cadeau ». A son second également galopeur, l’autorité de la muleta s’imposera, par le bas sur les deux bords, Luque n’a même pas besoin de se replacer tant sa science du sitio est parfaite.Il termine par des luquesinas, éstoc jeté loin de lui.

Daniel Luque, José Garrido, Juanito, Valdefresno, Feria de San Isidro, Madrid, Las Ventas

José Garrido semblait totalement engagé dans sa présence ce jour. Il n’a pourtant pas été gâté par le sorteo lui non plus car  tout le lot était d’une complexité rare, les toros fuyant d’un picador à l’autre, sautant à hauteur d’homme, tous très armés avec une moyenne de 570kgs, et plus de cinq ans.

A son premier Garridotente d’arrêter le tercio de banderilles où José Chacon vient de planter superbement les bâtonnets, mais le président d’un ir très autoritaire indique que les trois paires doivent être posées.

Brindis au public. C’est la guerre, ça commence près des planches  par de longues séries exposées , toro dans les chevilles, précises et puis à gauche  terminant par trincherazos inversés, le toro toujours obligé par le matador à charger en humiliant. Pour finir par manoletinas, avis, épée entière ; et le toro avec l’estoc enfoncé jusqu’à la garde poursuit le torero à toute vitesse jusqu’aux barrières .

Forte , très forte pétition, mais dans sa dédaigneuse majesté le président refus l’oreille. Garrido fera une vuelta très applaudie.

Il fallait être aficionado pour comprendre ce qui se déroulait aujourdhui hui, tant les toros de Nicolas Fraile ont peu permis, aidés en cela par leur caractère et leur noblesse toute relative, et par le vent qui soulevait tous les chiffons !

“Juanito” : Silence , deux avis 14 descabellos, silence.  Toro sifflé à l’arrastre.

Daniel Luque : Salut au tiers, ovation, toro sifflé à l’arrastre

José Garrido : Vuelta après forte pétition que ne sait pas voir ni entendre le président, et silence; dernier toro sifflé à l’arrastre.