Mont-de-Marsan. Cinquième et dernière corrida de feria, arènes combles, soleil et chaleur, un peu plus de trois heures de spectacle. Six toros de Pedraza de Yeltes, lourd et superbement présentés. Tous deux piques à l’exception du sixième, trois châtiments et du troisième, quatre châtiments et tout d’honneur posthume.

Domingo Lopez Chaves (rioja et or), au premier, une entière, deux descabellos, avis, salut ; au quatrième, un pinchazo, demi-lame, deux descabellos, avis, salut.

Alberto Lamelas (vert et or), au deuxième, une entière, avis une oreille ; au cinquième, deux pinchazos, demi-lame, deux descabellos, avis, silence.

Thomas Dufau (noir et or), au troisième, une entière, une oreille ; au dernier, un pinchazo, un quart de lame, avis, une oreille.

Un peu par surprise, mais aussi avec violence et vitesse, dans une style parfait et débordant d’alegria, « Jacobo » traversait tout le diamètre de la piste et chargeai sous la pique de German Gonzlez. Un combat épique s’en suivit. Mais c’est à quatre reprises que le Pedraza revenait contre le cheval, parvenant même dans une de ces rencontre à désarçonner le cavalier. De la bravoure, de la fiereza et du courage tous les ingrédients été réunis pour faire une grand moment.

Thomas Dufau savait profiter de ce grand toro qui apportait déjà un final en apothéose à la feria de Mont de Marsan. Il allait signer une faena avec de précieuse et longues naturelles, aussi lentes que profondes. Le Landais maîtrisait parfaitement son sujet et savait enjoliver quelques moment. Il termina sur une superbe estocade la récompense ne faisait pas de doute et le président Bernard Sicet ajoutait une vuelta posthume pour ce grand toro qu’avait été « Jacobo ».

Pour terminer la course et la feria, on pensa un instant que l’histoire allait se répéter… avec un certain « Deslumbrado ». Il signa trois solides rencontres avec le cheval de Juan José Escribel… mais avec des élans moindres et refusa une quatrième rencontre. C’était aussi un beau moment… Mais par la suite, Thomas Dufau ne trouva pas la même réussite. La faena manqua peut-être d’imagination, malgré de grands moments. Ub rythme un peu plus bas, mais les diverses séries sur les deux mains furent chaque fois parfaite. Avec la complicité du public il gagna son deuxième trophée. Thomas Dufau se pose ainsi parmi les premiers de La Madeleine, derrière les trois oreilles de Luque.

Dans cette dernière course il ne faut pas oublier la première sortie d’Alberto Lamelas qui empoche son trophée en se battant comme un lion et en signent d’éternelles naturelles qu’il parvenait à mettre en harmonie avec la musique. Un moment agréable et audacieux avec le monstre qu’il maîtrisait.

Domingo Lopez Chaves, pourtant généralement inspiré par ce genre de bétail se montra sans grand relief, malgré une honnête première sortie.

Il faut retenir de ce final les deux grands toros de Pedraza de Yeltes, « Jacobo » et « Deslumbrado » qui ont donné l’âme finale à la Madeleine, permettant Thomas Dufau un joli triomphe en ayant su se hisser à la hauteur de l’enjeu. Madeleine termine dans une sorte d’apothéose, et l’aficion ne peut que s’en réjouir.

Jean-Michel Dussol