Après Gamarde et Saint-Sever, Clemente sera ce samedi aux Saintes-Maries-de-la Mer et à Chateaurenard mardi avant de défiler à la fin de la saison à Istres. Le torero Bordelais, afincado désormais dans le sud-est où il est apodéré par Romain Perez revient ainsi à un niveau que l’on n’attendait pas. Nous l’avons rencontré à l’issue de sa corrida de Saint-Sever où il avait coupé une oreille à un toro de Gallon et entendu une ovation à l’issue de son dur combat face à un Camino de Santiago. Avec lucidité et la modestie qui le caractérisent, il revient d’abord, sur cette après-midi.

-Evoquons cette première oreille coupée au toro de Gallon…

-Cette oreille a été coupée à base de volonté. J’ai touché un toro noble de Gallon. J’ai bien commencé à la cape. On a fait attention à la pique de ne pas trop le riser et après à la muleta, je me suis mis au centre en suivant et j’ai essayé de faire monter la faena d’entrée et de maintenir le rythme et après je me suis engagé sur deux estocades la première qui n’a pas été bonne et la seconde concluante. Donc la récompense est tombée et j’étais très content de cette prestation.

-Avec le toro du Camino de Santiago ça a été plus compliqué

-Avec le toro de Jean Louis Darré ça a été plus compliqué en effet. Je l’ai bien toréé à la cape car il se déplaçait. A la muleta ça a été autre chose : il s’est défendu, en mettant des coups de tête violents. Il cherchait le visage. Il a fallu montrer mon envie, mon courage et c’est l’unique chose que j’ai pu faire. Je ne peux pas rester avec un détail, du plaisir devant non il fallait montrer mon envie d’être là et j’ai conclu avec une bonne estocade avec de l’engagement.  Et j’étais heureux de recevoir une belle ovation.

-Après avoir été absent des ruedos -ou presque- durant un long moment, as-tu gardé la même envie justement ?

-Oui et même plus… Quand on connaît la dureté de ne pas toréer l’envie se démultiplie.         L’opportunité de Saint-Sever était très importante je ne pouvais pas partir sans que les gens voient que j’ai donné le maximum. C’est le cas. J’ai pas grand-chose à me reprocher même si j’aurais aimé plus. Je sais qu’il y a des choses à améliorer et je vais travailler pour mais il y a aussi du positif.

-Comment vois-tu l’avenir ?

La suite de la temporada ce sera les Victorinos aux Saintes-Marie-de la Mer et un beau cartel à Chateaurenard avec Diego Ventura et Antonio Ferrera. Je suis très content car c’est un nombre de corridas que je ne m’attendais pas à atteindre. Et j’ai beaucoup d’illusions dans chaque paseo que je vais pouvoir faire.

Est-ce que le Clemente que l’on a connu dans le sud-ouest ; classé comme novillero artiste a évolué ?

-Oui ! Déjà il a évolué en tant qu’homme et après comme torero : j’ai plus d’expérience. J’ai vécu. Mon côté artiste personne ne me l’enlèvera il est en moi. D’un autre côté je cherche aussi à ce qu’un plus grand nombre de toros puisse me servir. Je veux évoluer techniquement. Je ne veux pas revenir en arrière Je veux que l’on voie une vraie évolution.

Iw Pierre Vidal