Dax. Première corrida de feria, arène très bien remplies, soleil et grosse chaleur, deux heures quinze de spectacle. Sept toros de Nuñez del Cuvillo, le quatrième remplacé pour faiblesse par un sobrero du même fer. Tous, deux piques prise sans force et sans grande bravoure. Le troisième et le cinquième sifflés à l’arrastre.

Isaac Fonseca (ivoire et or) qui prenait l’alternative, au premier, une entière, vuelta avec pétition d’oreille , au dernier, deux pinchazos et une demi-lame, silence.

José Maria Manzanares (gris et or), au deuxième, une entière, silence ; au quatrième,une entière silence.

Andrès Roca Rey (rose et or), au troisième, une entière traversière et trois descabellos, silence ; au cinquième une entière, silence.

Présidence : Philippe Lalanne.

Il s’en est fallu de peu qu’Isaac Fonseca qui rêvait de son alternative à Dax depuis un triommphe en novillada ne puisse pas devenir torero… Tout de même pas à ce point, mais les toros de Nuñez del Cuvillo étaient méconnaissables, comme s’il s’agissait de fin de race, on n’ose utiliser le terme de décasté tellement il est grave. Mais tout de même le Mexicain de Morelia est parvenu à sauver cet important moment de sa carrière. Avec « Dudosito » il sut toréer avec douceur et temple en convaincant le toro de suivre la muleta. Après la sobriété de la cape il ne fut pas très expansif à la muleta, mais très professionnel. Après une première série de cinq passes à droite il pensait bien recommencer sur l’autre main… Que nenni, le toro passa en mode ralenti et il fallut lui arracher les passes une à une. Le Mexicain tenta bien les passes suicidaires pour relancer l’intérêt mais sans y parvenir vraiment. Heureusement son excellent coup d’épée lui permit une vuelta. D’autres auraient voulu l’oreille. Ce n’aurait pu être qu’un encouragement !

Au deuxième et dernier adversaire entamé avec une farol à genoux et après avoir brindé à Roca Rey, il essaya toute les distances et chacune des deux cornes, mais sans résultat…. La faena sombra totalement dans le ralenti le plus inexorable.

Son parrain et son témoin d’alternative ne furent guère plus chanceux. Manzanares, après deux ou trois passes de châtiment partit vers le centre sur les deux mains. Mais au soso qu’il avait en face il lui fallut arracher les passes une à une. Aussi tua-t-il assez vite. Pour sa deuxième sortie on commença par renvoyer un animal trop faible, remplacé par un sobrero qui manifesta à peine plus de force…. A la fin d’une belle série, il s’écroula et maestro prit rapidement l’épée.

Avec Roca Rey, au cinquième qui ouvrit sa faena à genoux et quelques passes changées dans le dos, l’arène s’enflamma. La Corrida démarrait ? Non !Simple feu de paille, rapidement terminé comme pour le premier combat où le torero de Lima comprit rapidement qu’il fallait vite s’arrêter. Il avait pourtant dessiné deux ou trois séries sur les deux mains avec une muleta basse et lente.

Toros à vite oublier, jeune impétrant torero à suivre.

Jean-Michel Dussol