Mois : août 2022 Page 2 sur 12

Sanlucar, « Fantasmon » sauve sa peau

Sanlucar, dimanche « Coso del Pino ». Novillada piquée en général brave noble et encastée de CHAMACO très bien présentée (470 à 517 kg) d’armures intactes mais peut être un peu commode surtout le premier brocho vers le bas superbe le dernier abierto delantero, tous applaudis à l’arrastre, pour :

Eloy HILARIO (bleu nuit et palmier brodés or) une oreille et « palmitas de carino »

Jose Antonio VALENCIA (caramel et or) une oreille et deux oreilles et la queue symboliques.

El MELLI (blanc et or) deux oreilles et deux oreilles

Eloy Hilario était plein de bonnes intentions mais l’enfer en est dit on pavé et la descente aux enfers Eloy l’ a connue. Pas à son premier certes commode d’armure mais un peu chercheur sur la corne gauche après une vuelte de campana il prend une grosse pique trasera où il renverse la cavalerie; Eloy le banderille difficilement sauf la dernière paire. A la muleta le jeune homme semble emprunté il faut bien dire qu’il n’a pas toréé en public depuis trois ans et que cette occasion doit être la bonne. Après la première série il change de muleta en essaye une puis une autre enfin il enclanche des séries sur les deux mains sans pouvoir lier plus de deux passes puis d’une en une mais sa fena porte sur son public un pinchazo et une entière lui permettent d’obtenir un trophée. C’est au second que les choses se gâtent , certainement le plus compliqué du lot, un peu querencioso des le début. Une bonne entame de capote puis une pique dure par le réserviste à la porte du toril, un beau tercio de banderilles partagé avec ses compagnons et puis….plus rien un long calvaire: le toro s’arrête et les avis tombent un à un. Il y aurait pu y en avoir trois mais le président ne le voulait pas et le toro eut la bonne grace de s’agenouiller, quelques applaudissements de soutien au malheureux torero.

Jose Antonio Valencia reçut son premier, un magnifique CANTAOR de 461 kg par ce toreo fleuri des américains du sud vuelta de campana ici aussi avant la première pique dont le toro sort afaibli, Il a du mal à supporter les passes basses le jeune vénézuelien le toréé alors à mi-hauteur et donne de bonnes séries d’une sincérité absolue de face en particulier sur une très bonne corne gauche. La charge s’allonge et la main baisse peu a peu. pour conclure une série de manoletinas deux pinchazo et une entière delantera font tomber un trophée du palco. C’est alors que sort FANTASMON  un novillo toro de 517 kilos un bolide  qui se précipite sur la cavalerie des qu’il l’aperçoit mettant en difficulté la cuadrilla il se précipite sur le reserve ou il prend une nouvelle ration de pique qui semble à peine l’effleurer. EL MELLI  lui offre un beau quite par tafalleras bien templées. Aux banderilles, Fantasmon qui n’a rien d’un fantôme poursuit jusqu’au planches et permet à Tomas Pierre de saluer. La bravoure n’est en rien entamée, la force y est, la noblesse et la caste ne demandent qu’a se révéler et c’est là qu’intervient l’art et le génie du petit vénézuelien qui à deviné le grand toro. Après avoir brindé à RUIZ MIGUEL, c’est à genoux au centre du ruedo qu’il l’accueille pour une série de derechazos liés et parfaitement templés Le grand BELMONTE disait:  » le temple c’est prendre un toro à cent à l’heure dans une passe et l’en faire sortir à un à l’heure ». Ce soir nous y avons touché. Que dire de ces séries d’une seule passe donnée en tournant sur place rematée d’un pecho à couper le souffle.  Sur les deux mains Fantasmon se prête au jeu, On ne compte plus. La magie opére. Le grand bal du toro est ouvert et l’on ne sait s’il va s’arrêter, Nerva sonne et deux danseurs s’enlacent. Les mouchoirs fleurissent  les gradins. Tout doucement, tout naturellement Fantasmon sauve sa vie, un indulto qui va soi, incontestable, deux oreilles et la queue symboliques et la joie une immense joie qui envahit les gradins on se congratule on est heureux d’être là.

 Avec EL MELLI,revenons sur terre son premier HYPOCRITA porte bien son nom il prend une pique sans trop pousser, à la premiere série il s’offre une vuelta de capana. EL MELLI donne quelques séries des deux mains avec sincérité puis retombe dans ses travers tremendistes en fin de parcours quatre manoletinas et une épée foudroyante lui valent deux oreilles chaleureusement fêtées. Le dernier de la soirée un tio de 500 kilos armé corni-abierto, astifino, sort lui aussi comme un boulet de canon il ne laisse pas le temps de se faire mettre en suerte et est très mal piqué il faut dire que c’est un peu la panique dans les cuadrillas un banderillero se fait bousculer est c’est finalement avec un seul harpon qu’il arrive au troisième tiers pour une faena dont nous ne retiendrons que quelques détails en ne sachant pas toujours qui du toro ou du torero passe. un pinchazo et une entière trasera concluent le travail du MELLI. Il est à domicile et bien évidemment il y a une grosse pétition à noter l’intervention tapageuse et gesticulante  particulièrement inconvenante de son peon pour exiger la seconde qui finit par tomber ce type de manœuvre gâche un peu la fête.

En conclusion une très bonne novillada, avec une grosse assistance, bien que celle ci soit télévisée par Canal Sur, la télévision Andalouse qui poursuit ainsi son oeuvre de promotion de la « fiesta nacional », un bon point pour elle.

Jean Dupin

Photos Jesus Hernandez

St Perdon: Novillada accidentée mais émouvante

Dimanche, arènes de Mont-de-Marsan, novillada des fêtes de Saint-Perdon. 1/3 d’arène.

Cinq novillos de Escolar Gil

Pablo Atienza : silence après avis, vuelta et oreille après avis à celui qu’il a tué pour Ruben Fernandez.

Ruben Fernandez, qui faisait sa présentation en France, saluts après avis et blessure

Ismaël Martin : vuelta après avis.

Ruben Fernandez a été pris par le cinquième novillo lors d’une larga de rodillas aux planches. Il a du être intervenu à l’infirmerie d’un coup violent avec un enfoncement des côtes et une possible atteinte sur la cage thoracique en direction des poumons qui a nécessité son transport à l’hôpital

L’équipe chirurgicale ayant quitté l’arène pour accompagner Ruben Fernandez à l’hôpital de Mont-de-Marsan, Ismaël Martin n’a pas pu tuer le sixième novillo.

Novillada accidentée avec un final frustrant qui eut pourtant ses mérites  le premier d’entre eux étant le lot de novillos qui, mis à part, le trop faible premier eut de nombreux avantages. Nous parlerons d’abord de la présentation « entipada », typique de l’élevage, avec des éléments bien roulés et sérieux. Mais c’est au moral que les Escolar ont fait impression, ils ont d’ailleurs été ovationnés à l’issue de leurs combats. Ils ne se sont que peu livrés sous les chevaux pour rompre sous les leurres dans des charges longues, émouvantes, humiliant sans peine et terminant à màs. Nous distinguerons le second, le quatrième et le cinquième, rétif dans ses débuts qui finit par céder aux sollicitations pédestres. Il y avait de la matière et en face un trio expérimenté mais peu sollicité : c’était par exemple la première novillada de la temporada pour Ruben Fernandez qui paiera cher sa soif de succès.

Prudent lors de ses deux premières  interventions où il se contenta d’assurer en échouant aux aciers, Atienza se révéla lors de son passage imprévu au cinquième, en remplacement de Fernandez blessé. Faena qui comme le toro ira de menos à màs, l’homme ayant pris la mesure d’un animal qui finit par se soumettre à sa muleta autoritaire. Dès lors le novillo montra ses qualités dans des charges par le bas avec une classe qui n’était pas apparue d’emblée. Une entière et une oreille.

De l’enthousiasme chez Ruben Fernandez qui alla à Puerta gayola à deux reprises se sortant dans les deux cas de situations compromises, avec aplomb. Le protégé d’El Fundi enchaîna par des chicuelinas émouvantes sa première apparition. Son entrega se maintiendra tout au long d’une fanea spectaculaire, engagée, face à un excellent Escolar. Tout cela laissa une impression positive mais sera gâché par une mise à mort approximative. C’est à son second passage, lors d’une larga de rodilla après qu’il ait été averti à l’issue de sa puerta gayola qu’il se fit prendre durement, causant une grande émotion chez les professionnels tant la cogida semblait sévère.

On ne vit qu’une fois, Ismaël Martin qui banderilla sans éclat et se montra prudent lors de la faena souvent décentrée. Il conclut d’une entière légèrement atravesada mais rapidement concluante et il y eut une légère pétition. On aurait aimé le voir une seconde fois pour mieux le juger. Mais malgré son désir et sa déception la voix de la raison prévalut et, l’équipe chirurgicale occupée ailleurs, on s’en tint là.

Pierre Vidal

Photos Ch. Lamoulie

Bilbao Corrida de MIURA : drôle de drame.

Dernier festejo des corridas générales de Bilbao. 

Corrida de MIURA : drôle de drame.

Pluie battante et vent. 

Lopez Chaves : bleu pétrole et or

Manuel Escribano : Vert forêt et or.

Saül Fortes : Bleu pâle et azabache.

Six toros de Miura entre 587et 646kgs, 5 de janvier 2018, 1 de janvier 2017 et un sobrero de La Palmosilla de septembre 2016.

Parlons sans attendre de ce lot de toros qui n’aura apporté à personne de satisfaction réelle sauf sur le plan du courage insensé qu’il fallait démontrer pour les affronter. Le 1, le 5 et le 6 sifflés à l’arrastre.  Tous (sauf  le 4eme) dans le type du fer de Zahariche, hauts largos, armés fort, berceau large, quasi absence de morrillo.

Toute cette tarde a fait vivre aux toreros comme au maigre public( 1200 personnes au mieux !) des moments de perpétuelle angoisse  et il a fallu l’acharnement du petit  salmantin Domingo Lopez Chaves et la vertu cardinale qui est le propre du formidable et insensé torero de Malaga Saül Fortes, et à un moindre titre malgré ses deux porta gayola  à la détermination de Manuel Escribano, pour que l’ennui ne gagne pas totalement nos têtes , nos rêves sans belles images, en trois mots …drôle de drame !

Les Miura nous ont fait peur et copieusement ennuyés. 

Lopez Chavez Miura Bilbao 28 août 2022 © Ferdinand De Marchi

Lopez Chaves , honnête soldat  est allé au combat contre son premier  qui malgré piques et banderilles et passes par le bas, a gardé la tête haute jusqu’au bout. Première demie épée qui ressort, autre   épée idem, 3ème  efficace entière.

Salut au tiers et ovation méritée , récompense donnée quand on a franchi les premiers barbelés.. 

Au second de son lot Domingo reçoit Relador, un colorado impressionnant avec des cornes fortes et larges à porta gayola.  Ensuite on s’embourbe, protestation au cheval, banderilles quasi impossibles à poser, derrotes  et danger permanent… demie épée que le matador ressort pour placer une entière méritoir, le toro tombe et sera sifflé à l’arrastre.  646kgsde viande et de muscles et de corne, rien de plus. Lopez Chaves sort pour saluer ( regard  perdu, de celui qui revient de loin.

Au deuxième Miura les choses seront vite expédiées puisque , reçu a porta gayola par Escribano ce toro sort de la pique en boitant bas, faible et  sans avenir.. il tombe sous les banderilles et est changé par le président Matias, fort justement. Encore merci à Antonio Miura dont les pupilles de ce soir sont bien décevants.

Le sobrero est un La Palmosilla colorado clair de 601 kgs très armé en avant, de septembre 2016. Deux bons puyazos de Juan Francisco Peña, beau quite  audacieux de Fortes par gaoneras.

Brindis au public qui mijote sous une pluie chaude et un vent encore faible.  Manuel Escribano offre pour réchauffer l’atmosphère des passes changées dans le dos, puis une série à droite de bon aloi, bien liée et un pecho pour remater l’ensemble. A gauche le toro répond faiblement aux toques mais ne se livre pas vraiment.  C’est finalement sur la corne droite que le matador arrive à enchainer quelques passes   mais gâche le tout par un affreux bajonazo.

Inversion des valeurs c’est le toro qui est applaudi et le torero qui n’entend que le silence.

Manuel Escribano Miura Bilbao 28 août 2022 © Ferdinand De Marchi

Escribano retourne à porta gayola pour le 5eme , un Miura, Zalamero 645 k,de décembre 2017, negro.  Le bicho galope très vite couvre un « terrain  fou en s’arrêtant juste pour montrer au piquero qu’il est largo y alto, et prend deux bonnes piques de Curro Sanlucar. Manuel prend la muleta  peu convaincu de ce qu’il pourra tirer de l’animal, le toro a du genio et  comme l’a dit tout à l’heure  Lopez Chaves  « je faisais passer le toro mais en passant il me regardait d’une drôle d’air » C’est probablement ce qua ressenti Escribano qui, ratant sa première épée est poursuivi par le toro qui manque de le cueillir juste avant le refuge du burladero.

Une épée tendida  efficace, légers applaudissements au matador dans le callejon.

Toro une fois encore sifflé à l’arrastre.

Fortes Miura Bilbao 28 août 2022 © Ferdinand De Marchi

Saül Jimenez Fortes , l’homme du jour, le miraculé deux fois  a bien manqué tant il est stoïque se faire prendre plusieurs fois. A son premier il ose tout et réussit à convaincre les aficionados présents.

Le toro se nomme Taponero, pèse 612 k, colorado œil de perdrix, de décembre 17,il prend deux piques  sans hésiter, brindi du matador au public.

La montera tombe à  l’envers, le toro meugle, grrrr, présage de drame ?Que nenni , la montera remise d’aplomb,  Fortes cite l’animal comme s’il devait faire passer un caniche, belle main droite,  il construit une faena, perinde ac cadaver, il pratique un toreo puro   risqué au suprême, il s’agit d’un Miura, encore la crainte du drame.

L’attitude  de Saül est absolument exemplaire, rectitude poignante quand beaucoup se seraient enfuis, courage froid, le toro est soumis bien qu’il garde jusqu’au bout la tête haute.  Epée dans le rincon deux descabellos un avis, et descabello de conclusion heureuse.

Forte OVATION à Fortes.

Le dernier s’appelle Erizo, 630k, pitons très ouverts, magnifique réception à la veronica, belle mise en suerte au cheval, deux piques  normalement administrées et  la muleta basse,  sans brindis, le vent qui fait swinguer l’étoffe,on se souvient de ses deux tragiques blessures au cou  , on veut croire que ça finira bien, et …

Le vent souffle de plus en plus fort nous rappelle qu’il est la troisième corne pour le matador, abrégeons, une épée de soulagement.Elle est contraire , tout finit bien.Ovation.

Lopez Chaves : forte ovation au tiers, et salut au tiers

Escribano : silence et Palmitas.

Fortés : Ovation après avis et Ovation.

2h40 de toros impossibles, de danger permanent, oui vraiment, drôle de drame. Ouf !

Jean François NEVIERE

Gonzalo Alves vainqueur du Memorial Iván Fandiño

Bilbao. Vendredi, matinale. Finale du Ier Memorial Iván Fandiño.

Erales de Jandilla

Jarocho, palmas y oreille

Aaron Palacio Jandilla Bilbao 26 août 2022 © Ferdinand De Marchi

 Aarón Palacios, ovation et saluts et palmas;

Gonçalo Alves, oreille et oreille.

Arganda del Rey, oreille pour Salenc

Plaza de toros de Arganda del Rey (Madrid). Samedi. Troisième et dernière de la Feria Extraordinaria d’Août. 3/4 d’entrée.

Ganadería de Torrealta.

• FERNANDO ADRIÁN, ovation et vuelta al ruedo après pétition. 

 ADRIEN SALENC, oreille et silence 

• FRANCISCO DE MANUEL, silence et ovation

Trophée Gard Cévennes Camargue

En 2021, la Coordination des Clubs Taurins de Nîmes et du Gard a créé le Trophée Gard Cévennes Camargue pour soutenir l’organisation des Novilladas Sans Picador dans les arènes de 3ème catégorie du Gard et les ganaderias françaises. 

En 2022, ce trophée (2ème édition) sera attribué lors de la Novillada Sans Picador aux arènes d’Alès le 28 mai, de Bellegarde le 27 août et de Bouillargues le 08 octobre 2022

Deux trophées seront décernés par deux jurys composés des membres des clubs taurins de la Coordination de Nîmes et du Gard : 

∙ Un trophée pour la meilleure épée, remis à un des novilleros du cartel, à la fin de la course, ∙ Un trophée pour le meilleur novillo, remis à son ganadero, à la fin du cycle des trois novilladas. 

Le jury pour la meilleure épée lors de la Novillada Sans Picador de ce 27 août à Bellegarde sera composé de : 

Nicole ARBOUSSET, Peña Antonio Ordoñez, 

José PERIS, Club Taurin Pepe de Montijo, 

Steven JAMET, Los Areneros de Fiesta Brava. 

Rappel : Le jury pour le trophée du meilleur novillo sera composé de membres de la Commission Taurine

de la Coordination :

Joël HELEN, Cercle Taurin de Caveirac, 

Patrick NOUGUIER, Cercle Taurin Campuzano,  

Camille MARTINION, Club Taurin Fiesta Brava. 

 

 

La Coordination, 

Aire, la location ouvre

COMMUNIQUE

Aire sur l’Adour  Corrida du 17 septembre  Ouverture de la location

La Junta des Peñas aturines vous informe de l’ouverture de la réservation à compter du 1er Septembre auprès de l’Office du Tourisme d’Aire pour la Corrida du Samedi 17 septembre à 17 h 30 .  Tel. 05 58 71 64 70 .

 La corrida initialement prévue le 18 juin à 11h a en effet été reportée en raison de la canicule .Le cartel définitif verra Morenito de Aranda et Thomas Dufau affronter 4 toros de la Ganaderia Los Maños.

La tarification prévue en juin est maintenue avec des tarifs particulièrement attractifs de 30 à 45 euros seulement avec en outre des places jeunes pour les moins de 25 ans à 15 euros seulement. Gratuité pour les moins de 15 ans accompagnés. Remise de 10% pour les groupes de plus de 10 personnes.

Après la corrida , repas taurin avec animation musicale.

Leo Valadez à Bilbao : VIVA MEXICO !

Samedi27 août, 8eme festejo des corridas générales de Bilbao.

Toros de Santiago Domecq, tous colorados.

Beau temps, un peu de vent.

1/8eme d’arène.

Antonio FERRERA : rouge et or.

José GARRIDO :crême et or.

Leo VALADEZ : obispo et or.

Antonio Ferrera Santiago Domecq Bilbao 27 août 2022 © Ferdinand De Marchi

Ferrera ouvre son capote vert bronze et turquoise en soie légère  pour recevoir son premier opposant, un beau mais faible toro de 540 kg, qui s’affalera  en recevant une paire de banderille posée certes avec décision mais de la à faire tomber ce beau garçon bien armé !

Personne ne demandera au maestro de banderiller, et ce dernier brinde au public, première tanda de naturelles pleines de toreria, musique  maestro ! et encore à gauche , peu de choses à droite.  L’estocade perpendiculaire n’agit que lorsque le matador retire l’épée… Puntilla mal donnée deux fois, petite pétition d’oreille, insuffisante pour le président Matias , mais vuelta méritée et fêtée.

Très armé ce second toro qu’Antonio Ferrera entraine  avec son capote au centre, puis bonne pique sous laquelle le toro pousse  fort et retourne de lui-même au peto. Pas de brindis.Toro dur que Ferrera soumet sur les deux côtés plus difficilement à gauche où il a une charge courte, aplomado.

Epée entière est longue d’effet , légèrement trasera  suffisante néanmoins  d’où Grand OVATION au tiers.

José Garrido Santiago Domecq Bilbao 27 août 2022 © Ferdinand De Marchi

Garrido sera tel qu’on le connait toujours, torero sérieux peu imaginatif  limité dans son répertoire  et fera sur ses deux toros le quasi identique trastéo. Son premier pousse fort au cheval, il est âgé de presque 6ans  et porte le nom de Combattant( Peleador) Leo Valadez donne un quite magique par 3 chicuelinas très serrées.

Pas de brindis, le vent fait voler la poussière sombre , et soulève la muleta. L’animal.a une bonne corne gauche et Garrido sait en profiter, il s’essaye à droite en allant chercher la corne opposé , et   se met donc le toro plus a disposition pour ensuite finir sur la droite, pinchazo, puis enfin une demie lame suffisante. Toro applaudi à l’arrastre. Garrido sort au tiers pour recevoir une ovation.

Le 5eme toro est un beau colorado très bien fait, très haut.

Quite par chicuelinas  par Garrido entre les deux piques auquel Leo Valadez, le bougre !, répond par un quite plus lent et alluré également par chicuelinas rématées en tournant .

Javien Ambel salue montera en main.Brindis au public, Garrido commence à genoux  puis série à droite modestement liée, le toro est noble on s’attendait à plus de ligazon, mais passe après passe cela ne fait pas une valse !

Ca dure, c’est sérieux mais pas génial du tout, le toro en a marre , il finit par tomber et les peones doivent le relever, on l’aura compris le final est longuet, l’épée est un affreux bajonazo. Bon toro applaudi ) l’arrastre, le matador  saluera  au tiers, oui, pourquoi pas…

Leo Valadez Santiago Domecq Bilbao 27 août 2022 © Ferdinand De Marchi

La merveille du Mexique était là ce soir et dans ce jeune torero tout est concentré : engagement sans faille, joie de toréer, science  et variété du registre, invention , adaptation à tous les adversaires.

On ne parlera pas de son dernier qu’il a fallu changer pour chutes répétées et du sobrero intoréable, de 646kgs.Haut , oui très haut la tête regardant dans le callejon, au galop haché lorsqu’il entre dans le capote du matador, il ne se laisse approcher qu’à mi-hauteur ce que fait Leo en début de faena, puis ce seront mille tentatives , jusqu’ à cette charge directe sur l’homme, de face  que le torero évite de justesse. Mais parlons du 3eme, colorado de 529kg et de 6ans bien sonnés( 08/16).

Le jeune maestro est magnifique au capote avec des gaoneras de valeur, puis une mise en suerte aux piques . Au sortir des deux piques reglementaires Leo Valadez nous offre un nouveau quite, celui là millimétré par zapopinas ultra serrées qui obligent le matador à se cambrer un maximum au passage du toro. On n’oublie jamais ,ni son armure ni son âge et c(est ce qui rend si beau le geste du matador.Brindis au public, on devine que cela va être grand, et ce le sera !

Le toro est aux planches  Leo se place au centre, le cite , l’animal ne démarre pas, Leo se rapproche et le torée merveilleusement avec autorité et douceur, il imprime à sa faena le rythme qui fait l’unité de cette faena complète , le public vibre, musique, Leo s’agenouille et délivre des manoletinas d’une audace folle .

Bonne épée, Enorme pétition pour l’oreille, et les deux serait mieux, de ce bon toro. On connaît le président Matias : quand ça lui plait vraiment il donne, en même temps que celle du public la seconde oreille, la sienne propre. Là il rentre le premier mouchoir, ce sera donc une seule, et c’est un peu dommage.

C’était la tarde du Mexique, on ne me reprochera pas mon enthousiasme, heureusement qu’on a le Pérou et le Mexique pour rajeunir le sang d’une tauromachie trop souvent académique, viva Mexico !

Antonio Ferrera : Vuelta et ovation.

José Garrido :Ovation et salut au tiers après avis.

Leo Valadez : Oreille et ovation.

Jean François NEVIERE

Talavante, la classe. Ureña,l’entrega. Morante l’indolence.

7eme festejo des corridas générales de Bilbao.

Vendredi 26 août, 6 toros du Puerto san Lorenzo( Juan J Fraile).

Morante de la Puebla : Tabac et blanc, bas blancs, chemise jaune cravate et ceinture vert foncé, gilet doré : le Kitch absolu.

Alejandro Talavante : Bleu marine et or.

Paco Ureña : lie de vin et or.

¾ d’arène.

Lot inégal, décasté, certains sortant vite de petites piques, ou tombant, dangereux le 3ème, meilleurs le 1er  deuxième et sixiéme.

Morante de la Puebla Puerto de San Lorenzo Bilbao 26 août 2022 © Ferdinand De Marchi

Morante  semble animé de bonnes intentions en entrant sur la piste pour son premier toro qu’il reçoit par véroniques, fait piquer correctement bien qu’un peu en arrière par Aurelio Cruz, donne à la muleta une bonne série à gauche puis insistera sur la corne droite en rematant par un grand pecho.

Une bonne épée, pas une merveille non plus, salut au tiers.

Pour le second un castaño haut large et œil de perdrix, le meilleur de ce qu’on en verra ce sont les deux piques d’Aurelio Cruz Rios,mais pour ce qui est de la faena on peut se la garder en rêve, Morante refuse de tenter quoi que ce soit, il fait la moue, abrège , une demie lame en place, le toro tombe, c’est tout.

Silence.

Alejandro Talavante Puerto de San Lorenzo Bilbao 26 août 2022 © Ferdinand De Marchi

Talavante hérite du second  du Puerto, Carcelero585 kg, de novembre 17, negro. Veronicas mains basses devant lui, le maestro prend la mesure de son adversaire, devine  sa faiblesse quand il le voit tomber au sortir des piques.

Il fait lentement le tour de la piste pour venir chercher l’animal avant la première ligne et lui offre trois belles statuaires pieds plantés dans le sable noir.  Tout à partir de là est beau, Talavante aimante le toro et le fait passer sans jamais que les cornes soient à moins de 10 cm de la muleta planchada, rien de chiffonné, lenteur élégance et pouvoir.Comment définir ce que nous a montré l’extremeño autrement que par  la classe et une lenteur rythmée.  Epée entière  lente d’effet et descabello .

Oreille

.Le 5eme sera l’exemple du toro qu’il ne faut pas avoir devant soi : on commence par croire à ses possibilités , on lui fait le cadeau superbe d’un pecho en changeant de main, on demande la musique on l’obtient, tout le monde croit  et espère en l’avenir et patatras, le toro s’arrête, ne veut plus rien comprendre aux invites du maestro. Une épée entière met fin à ce simulacre.

Toro sifflé à l’arrastre, Salut au tiers.

Paco Urena Puerto de San Lorenzo Bilbao é- aou© Ferdinand De Marchi

Paco Ureña, toujours aussi pathétique dans son allure, crispé mais décidé à en découdre va se payer le plus dangereux de la tarde et en faire les frais.

L’animal ne prend que eux picotazos, poursuit très vivement les banderilleros cherche manifestement à attraper ce qu’il pourra.

Ureña c’accroche , veut démontrer au public à qui il a brindé la mort de ce toro qu’il va en tirer le maximum, on sent de l’impatience , le matador oblige le bicho à humilier, densité du combat, danger qui rôde, mise en suerte, épée et cogida dans l’entre jambe, la corne n’est peut être pas rentrée, mais l’émotion est très forte, public conquis par l’engagement et le courage  du torero. L’épée entière a raison du Misterio  puisque tel était son nom, oreille et pétition de la seconde.

Le dernier dont on pouvait légitimenet se demander si  Ureña sortirait de l’infirmerie pour venir en assurer la lidia,nommé Campanero ,615 kg  avec un trapio imposant entre en piste. Il prend deux piques traseras peu appuyées, et Ureña  dès la fin du tertion de banderilles peu brillant va au centre et cite son toro pour trois statuaires , on aura et un remate plein de naturel.

On espère , on attend la suite :on voit boiter le torero, ira-t-il au bout de cette actuacion ? La faena est bien faite, pas un chef d’œuvre mais un travail appliqué et courageux.  On voit le matador grimacer de douleur sans aucun doute, et, avant d’estoquer l’animal d’une entière après les trois doblones de fin, il nous offre une tanda de grande allure par le bas, sur la corne gauche.

Soulagement et allégresse dans le public, pétition et , comme il n’a pas offert la deuxième oreille demandée tout à l’heure, le président Matias offre cette oreille- ci , qui n’était pas d’une absolue nécessité.

Talavante  , dans son style samouraï impassible  m’a enchanté, Morante m’a paru refaire du Morante, avec plus ou moins de bonne grâce et Ureña , pathos et courage a montré qu’il savait toréer les plus inconfortables des toros.

Morante :SALUT et SILENCE

Talavante : OREILLE et Salut au tiers

Ureña :OREILLE et OREILLE

Jean François NEVIERE

Bilbao, merci maestro

Bilbao, Jeudi 25 Août 2022 6ème de la « Semana Grande 2022 »

Temps orageux, plusieurs averses.

Enfin un quasi lleno …Et toujours le même président.

Toros de Victoriano del Rio (entre 505 et 630 Kg) pour :

El Juli Victoriano del Rio Bilbao 25 août 2022 © Ferdinand De Marchi

El Juli  (Violet « obispo » et or) :Ovation après avis  et ovation après avis.

José Maria Manzanares Victoriano del Rio Bilbao 25 août 2022 © Ferdinand De Marchi

José Maria Manzanares (Rouge et Or) Ovation après avis et Ovation.

Andrès Roca-Rey : Une oreille et forte pétition pour la deuxième et deux oreilles.

Justement applaudis aux piques : Paco Maria et Oscar Bernal

Aux banderilles Francisco D. Viruta et Antonio Chacon (impeccable toute la soirée).

On envisagerait dans notre beau pays de France d’interdire ce qui est et restera le plus extraordinaire spectacle, l’œuvre d’art la plus complexe et la plus émouvante : une corrida.

Les 8000 spectateurs de Vista Alegre ont quitté ces austères arènes de Bilbao avec des larmes pleins les yeux et des souvenirs infinis.

Pourtant, cette corrida était mal engagée après deux toros non sans bravoure mais sans force, simplement de la violence, que lidièrent avec le talent qu’on leur connait : Julian Lopez et José Maria Manzanares. Nous avons retrouvé le grand professionnalisme d’El Juli toujours dans le sitio, appliqué comme au premier jour après 24 années d’Alternative . Nous avons apprécié l’élégance et la classe naturelle de J.M. Manzanares, regrettant qu’il semble avoir perdu cette qualité majeure de « matador » ; mais où sont ses « recibirs » d’antan ?

Nous en étions donc à l’arrivée du troisième auquel Andres Roca Rey eut le temps de faire deux véroniques avant d’être renvoyé sans hésitation à cause d’une corne droite très déficiente : il avait nom IMPUESTO, ça ne s’invente pas…Et le sobrero Jabaleño 631 Kg se retrouva face à son jeune maestro. Il était volumineux, large, très armé. Trois piques un peu dans le désordre et la « péléa » débuta. Cinq statuaires et deux » pechos » plus loin le cirque était debout. Ce jeune homme avec la force et la technique qu’on lui connait, y ajouta toute la témérité nécessaire pour toréer ce bicho violent et d’une puissance inouïe. L’accrochage était probable, il fut très sévère et Andrès en ressortit « sonné » et très contusionné au visage. Après une série de manoletinas qui nous fit tous frémir, un « estocanazo » conclut et à nouveau leva toute l’assistance, sauf le Président Matias Gonzales qui dans sa grande générosité accorda une oreille au HEROS.

Après un tour par l’infirmerie où il fut très vivement encouragé à arrêter là sa soirée Bilbaïna et une longue attente où Julian se demanda s’il fallait remettre le bleu de chauffe, il réapparut, boitant bas et manifestement souffrant de plusieurs contusions et blessures au bras droit, aux côtes et au genou dont nous ne connaissons pas la gravité .. Il essaya de toréer ce sixième comme si il était intact et frôla  la mort durant  toute sa lidia . Courage, volonté, orgueil, honneur tout y était. Une mise en suerte pour la phase ultime et une épée fulminante.

Là personne ne pouvait refuser les deux trophées.

Il sortit en triomphe sur ses deux pieds, trop de douleurs avaient envahi son corps pour être porté par les « capitalistas » bien connus.

Merci MAESTRO

Charles Figini

Roca Rey s'est rendu à l'infirmerie où il a été soigné, selon le rapport médical signé par le Dr Eduardo Monsalve, d'une « polycommotion cérébrale ; traumatisme du front et de la pommette droite sans déformation osseuse. Traumatisme à l'avant-pied gauche, au poignet gauche et au genou droit. Bâton lombaire gauche. Rupture fibrillaire de 3 cm en attente de confirmation".

Et le point de vue que nous a adressé de Jean Dupin

Tarde épique dans le ruedo de Vista Alegre. ROCA REY on aime on aime pas, mais on ne peut qu’admirer le courage l’abnégation et le toreo du jeune péruvien  dont le nom sur l’affiche suffit à remplir une arène. Ce fut encore le cas ce soir ou l’assistance fut nettement plus importante que les jours précédents et que n’est pas la prestation qu’il a donné qui fera inverser la tendance bien au contraire.

Le JULI et MANZANARES nous on gratifié d’une prestation très professionnelle un peu froide, comme souvent, le contrat rempli devant chacun de leurs adversaires avec plus ou moins de réussite surtout dans l’exécution de la suerte suprême mais sans catastrophe non plus, salués par un public reconnaissant leur valeur et leur métier.

Et puis…. advint celui que d’aucun appellent le Condor l’aigle des Andes le seul l’unique :  Andres Roca REY. Le premier de son lot sort avec une corne droite cassée à la racine, rentre alors JABALENO plus de six cent kilos et des cornes à faire peur. Il ne laisse pas le temps au piquero de rejoindre son sitio que déjà il est dessus et reçoit une bonne pique, il aura droit à deux autres, avec mise en suerte cette fois qui ne limiteront en rien ses ardeurs. Andres l’accueille muleta en main par une série de cinq statuaires les pieds rivés au sable suivent plusieurs séries bien liées mais à droite le toro derrote violemment désarmant le piéton qu’à cela ne tienne la corne gauche est bonne et Andres en profite baissant la main et soumettant l’adversaire avant d’en terminer par une inversée. Roca Rey ce saisit de l’épée et revient au combat croyant bien avoir réduit son adversaire. Cinq manoletinas superbes et pour finir une inversée, que neni JABALENO  n’était pas soumis, le torero lui tournant le dos fit passer sa muleta devant lui cela suffit à déclencher la charge du brave et la correction fut sévère. On ne me montre pas les fesse devait penser l’animal.  Pris et repris au sol piétiné Roca Rey se relève un trou dans le creux des reins la cuisse certainement touchée le visage contusionné il reprend épée et muleta en main en finit d’une immense estocade portée en marquant les temps nons sans avoir donné une dernière série de malonetinas . forte pétition et une oreille est accordée par le président qui garde la sienne, suite certainement à des p dans la faena. Après une vuelta al ruedo chaleureuse Andres ROCA REY rejoint l’infirmerie.

A la mort du cinquième il n’est toujours pas ressorti, El JULI tire nerveusement sur sa cigarette, devra-t-il occire le dernier, les minutes passent et surgit alors Roca Rey blanc comme un cierge le visage tuméfié boitillant mais plus que jamais prêt à en découdre, les toreros ne sont pas du même sang que le reste de l’humanité. Quitaluna prend deux piques légères, Chacon salut aux banderilles et Andres s’avance au centre pour brinder puis avec un rictus douloureux s’agenouille et cite une inversée la muleta est accrochée le malheureux est projeté au sol, sauvé in extremis par sa cuadrilla. Qu’à cela ne tienne debout au centre il recite et dans un terrain microscopique il donne une série d’inversée et de statuaires, de nouveau la muleta est accrochée, le torero ne lâche pas et est projeté au sol. A bout de force et parfois chancelant il donnera à ce toro la faena qu’il mérite dans le terrain réduit que lui autorisent ses jambes, soutenu par son seul courage et cette abnégation des toreros. Une entière efficace fait exulter l’arène libérée de tant d’émotion, on vit des hommes pleurer, deux oreilles sont immédiatement accordées mais la sortie à hombros sera pour une autre fois, c’est la porte de l’infirmerie qui attend le héros de ce soir.

Andrés Roca Rey Victoriano del Rio Bilbao 25 août 2022 © Ferdinand De Marchi

Epopée digne des grands d’Espagne pour ce fils des Andes que nous aurons j’espère, le plaisir de revoir demain soir.

Jean Dupin

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