Bargas (Tolède) corrida de Feria del Cristo de la Sala. Plus de ¾ d’entrée.

Toros de Montealto 3º de vuelta

Fernando Robleño qui remplaçait Sergio Serrano : oreille et ovation,

Adrian de Torres oreille et ovation

Francisco José Espada 2 oreilles  et ovation

Salut d’Ivan Garcia

Le  bruit courut, dans la journée, qu’après avoir réalisé la meilleure faena de la temporada madrilène, devant un toro d’Escolar dimanche (selon la critique) et dont on peut avoir une idée ici : https://videos.toromedia.com/w/cDUbXZqw4rz6VA9ANrCPtc, Fernando Robleño avait obtenu le remplacement de Sergio Serrano blessé. Le retour de Fernando, oublié de la temporada, a donc amené dans les arènes de Bargas le gratin du mundillo pour revoir le belluaire madrilène passé à la trappe et qui s’était rappelé au souvenir de tous (et de quelle manière…) le veille. Ils n’auront pas été déçus…

Ce fut une excellente tarde de toros d’abord en raison du lot de Montealto, très sérieux, encasté, brillant à la pique et avec de la codicia dans sa charge : le troisième et le sixième surtout ; le quatrième un ton en dessous.

Fernando Robleño a justifié sa présence (s’il en était besoin) par sa classe, son concept d’un toreo classique engagé, sans excès, pur et dominateur. Le toreo exécuté dans les canons, dans les règles de l’art en pesant sur le toro sans le réduire, en citant de face pour des séries courtes mais lentes et bien conclues par des détails, des remates, splendides, « de cartel ». A montrer dans les écoles taurines : sa seconde faena surtout hélas mal conclue à l’épée.

Adrian de Torres, très enthousiaste, peu sollicité par les empresas malgré sa générosité et le sérieux de sa préparation, a frôlé la grande porte ; s’il n’y avait eu l’épée au second passage. Il a fait preuve d’enthousiasme et montré qu’il avait malgré tout déjà un bon bagage. Techniquement solide, on ne voit pourtant pas la personnalité qui se cache derrière le muletero efficient.

Gros succès de Francisco Espada qui, lui, a une idée très mure, précise, de ce qu’il veut faire : un toreo spectaculaire, basée sur la verticalité, ce hiératisme dont la meilleure version fut celle donnée par Paco Ojeda. Sans atteindre ce sommet Espada a surpris par sa sécurité dans ces manières risquées, par son toreo mené par cercanias, ses circulaires inversées d’éxécutions parfaites et son temple. Ainsi il a emballé les tendidos à ses deux passages, l’épée le privant, la deuxième fois, d’un succès retentissant.

Pierre Vidal