« Nous sommes plus que jamais debout, tête haute, fiers et passionnés ! »

L’obstination d’Aymeric Caron et de ceux qui le soutiennent est fondée sur le mépris de la ruralité et des peuples du sud de la France déjà durement confrontés à la désertification et ponctuellement à la sécheresse. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un racisme social émanation d’une élite parisienne dans un pays excessivement centralisé qui détourne ainsi le souffle républicain de ses principes sacrés : liberté, égalité, fraternité.

Le triste et médiocre bateleur, recyclé à l’Assemblée nationale faute de mieux, sait très bien que la corrida est désormais universelle non seulement dans son principe mais aussi très prosaïquement dans sa diffusion. En effet il y a tous les jours –ou presque- une corrida télévisée soit par une chaîne autonome espagnole (ou portugaise ou même mexicaine), soit une chaîne nationale. Ainsi hier des milliers d’aficionados français ont pu voir l’excellente corrida de Bargas où se sont illustrés Francisco Espada et Fernando Robleño, télévisée par Castilla Mancha Media (qui fait un boulot remarquable). Il faut y ajouter la télévision par péage (Movistar) qui a connu un succès foudroyant en France selon ses promoteurs et qui vient de voir naître un concurrent Ligatoros très dynamique.

L’attitude de Caron et de ses affidés est donc d’une mauvaise foi totale car personne ne pourra avec les technologies nouvelles interdire aux téléspectateurs abonnés ou tout simplement possédant un fil HDMI de regarder tranquillement dans leurs fauteuils des corridas. Comme le foot et le rugby ou encore la musique et la chasse. A part faire des descentes de polices à domicile…. Pas plus qu’on ne pourra interdire au public français d’aller aux arènes espagnoles. Si elles sont proches de la frontière comme par exemple Saint-Sébastien de Bayonne, il ne faudra que quelques minutes. Quel sens d’ailleurs a le mot frontière à l’heure de la construction européenne ? Peut-on censurer une pratique d’un côté d’une ligne et l’autoriser de l’autre ? Ce serait une régression réactionnaire et hypocrite qui irait à l’encontre de tous les principes que l’on met en avant en ces temps de crise. Ainsi on reviendrait au temps du franquisme où nos voisins espagnols devaient franchir la frontière pour voir les films censurés par le dictateur…

Pour autant faut-il prendre la démarche de Caron à la légère ? Non ! Trop d’aficionados, ils nous l’ont dit, sont dans le déni : « ça n’arrivera jamais, tu es trop pessimiste »… Et bien si ! c’est possible : dans un moment de difficultés majeures, il peut faute de mieux y’avoir des accords sur des questions subalternes, car ça en est une au regard de la guerre, des menaces climatiques, des violences urbaines, du chômage, de la pauvreté, etc. Caron et ses sbires malgré leurs cris d’orfraies peuvent mêler leurs voix au Rassemblement National (ils l’ont déjà fait) et il pourrait se trouver quelques égarés pour les rejoindre.   

Il faut donc se réjouir des réactions des aficionados qui prennent conscience du danger et qui montent. Elles viennent d’abord de la jeunesse du sud en première ligne dans ce combat décisif et il faut s’en féliciter. Comme il faut applaudir à ces premières manifestations qui ont eu lieu à Dax, Arles et Nîmes. N’oublions pas ce qui est désormais la devise de notre étendard: « Nous sommes plus que jamais debout, tête haute, fiers et passionnés ! »

Pierre Vidal

Eddie Pons