Mois : septembre 2022 Page 4 sur 14

Villamartin: le scandale


 Villamartin, samedi, corrida mixte. Grosse moitiĂ© d’arĂšne portative.
« Toros Â» de Firmin BOHORQUEZ imprĂ©sentables pour une corrida de toros mĂȘme en portative 1 guarismo du 8 correct, trois guarismo du 9 -des novillos-, un illisible et un de guarismo 0 -un eral de novillada sans picador. InterrogĂ©e Ă  l’issue du spectacle la prĂ©sidente ignorait manifestement que l’annĂ©e de naissance du toro Ă©tait marquĂ©e sur l’Ă©paule de l’animal et ne savait mĂȘme pas qu’une corrida nĂ©cessite des toros de quatre ans, pourtant elle nous a assurĂ© de la prĂ©sence de deux vĂ©tĂ©rinaires au reconocimiento et Ă  l’apartado. Ceci dit, cette novillada Ă©tait torĂ©Ă©e par :

Finito de Cordoba de catafalque et or : silence et silence
Canales  Rivera de rose et azabache : silence et deux oreilles et la queue
A cheval, LĂ©a Vincens : silence et deux oreilles.



LĂ©a Vincens ouvrait la mascarade torĂ©ant un novillo trĂšs Ă©pointĂ©, brillante cavaliĂšre elle dĂ©montra tout son art Ă©questre pour clouer un rĂ©jon de chĂątiment et une kyrielle de banderilles quasiment toutes posĂ©es Ă  Ă©trier passĂ©, voire Ă  la croupe avec de nombreuses sortie Ă  faux, chaleureusement applaudie par un public festif. La mise Ă  mort fut  plus  que laborieuse quatre rejones de mort et deux descabellos. Elle fut appelĂ©e Ă  saluer. Lorsque son second animal sortit les yeux m’en tombĂšrent je mis repris Ă  deux fois questionnais mes voisins, est-ce bien un zĂ©ro que vois sur l’Ă©paule de l’animalicule ? Eh bien oui je ne rĂȘvais pas elle allait s’entrainer devant un eral de novillada sans picadors, lui aussi Ă©pointĂ© -il y a bien longtemps qu’elle est censĂ©e avoir dĂ©passĂ© ce stade. Qu’Ă  cela n’y tienne elle lui infligea deux rejons de chĂątiment, dont le premier dans le cou, s’en suivirent toute la sĂ©rie des banderilles longues et courtes avant que l’animal ne s’effondre suite Ă  un rejon de mort quasi au milieu du dos : ce fut le triomphe, deux oreilles accordĂ©es par la prĂ©sidente conseillĂšre municipale [dont j’ai dĂ©jĂ  dit deux mots]. Et encore
 son pĂ©on sans scrupule tirant le toro par la queue la montrait au palco en criant pour qu’on la coupe aussi, avec force mimiques patibulaires.

Je parlais de scandale en titre on commence Ă  comprendre pourquoi.

Finito de Cordoba est l’ombre de lui-mĂȘme, blĂȘme, mort de peur. Il lui Ă©chut le seul toro (de quatre ans)  de la soirĂ©e qu’il accueillit par de belles vĂ©roniques en gagnant du terrain. En sortie de pique son banderillero de confiance chuta devant le toro et la panique gagna le torero et sa cuadrilla. Finito donna quelques dĂ©tails trĂšs fins Ă  droite une vague sĂ©rie d’aidĂ©es Ă  gauche et puis c’est tout
 avant de prendre l’Ă©pĂ©e. Une entiĂšre de travers et tendue au deuxiĂšme essai et cinq descabellos pendant que sonnaient deux avis. Ailleurs il aurait Ă©coutĂ© une bronca mais ici on respecte en silence. Son second sortira avec un guarismo illisible mais sa morphologie paraissait bien ĂȘtre celle d’un novillo de bonne prĂ©sentation. Belle rĂ©ception au capote rappelant bien le Finito que nous avons connu, s’en suit une pique qui en vaut deux. Finito commence par deux sĂ©ries templĂ©es de la main droite puis une sĂ©rie d’aidĂ©es Ă  gauche ; le toro qui baisse de rĂ©gime est de plus en plus distrait et Finito en finit par une demi Ă  peu prĂšs en place et cinq descabellos aprĂšs avis. Le temps est peut ĂȘtre venu pour lui d’une despedida avec les honneurs.

Canales Rivera torĂ©e peu certainement trop peu et pourtant il peut ĂȘtre bon torero Il accueille son premier d’une superbe sĂ©rie de chicuelinas serrĂ©es rematĂ©es  d’une mĂ©dia Ă  genoux de grand niveau. Une bonne pique prĂ©cĂ©dera la faena. Le toro andando le gĂšne visiblement et sans mĂȘme essayer de le fixer il prend l’Ă©pĂ©e : au neuviĂšme essai il parvient enfin Ă  faire entrer la lame: silence respectueux ici aussi.

Le dernier toro de la soirĂ©e, encore un novillo, sort plein de fougue des chiqueros ; bon accueil au capote et aprĂšs une pique qui en vaut deux, Canales nous offre un superbe quite par delantales, rematĂ© d’une serpentine du plus bel effet. Oliva brille aux banderilles et salue avant que son maestro ne lui brinde son toro pour la corrida de despedida de ce brillant torero de plata originaire de Chiclana. L’entame se fait assi sur l’estribo ; s’en suit une faena dominatrice trĂšs templĂ©e, artistique menĂ©e des deux mains. Nous en oublions presque les catastrophes prĂ©cĂ©dentes et dĂ©gustons cette tauromachie andalouse si agrĂ©able. Le public est conquis. Une entiĂšre un peu en arriĂšre aprĂšs une tentative de recibir et la placita se couvre de blanc: deux oreilles et la queue pour le torero, vuelta al ruedo pour le toro. Nous pouvons repartir le cƓur lĂ©ger vers le campo de fĂ©ria.

Et pourtant chemin faisant, aprĂšs avoir rencontrĂ© la PrĂ©sidente, charmante au demeurant, mais totalement incompĂ©tente, nous nous posions des questions : Un spectacle comme celui-lĂ  ne mĂ©rite pas le nom de corrida de toros et dans le temps que nous vivons il faut absolument que les organisateurs prennent conscience de la nĂ©cessitĂ© absolue de conserver Ă  notre passion toute son intĂ©gritĂ© et sa sincĂ©ritĂ© cela en sont les principes de base ne les galvaudons pas.

Jean Dupin (texte et photos)

Autres spectacles du samedi

Pozoblanco (CĂłrdoba).- Premier festejo de la Feria de Nuestra Señora de las Mercedes. 2/3 d’arĂšne. Toros de Adolfo MartĂ­n AndrĂ©s. Vuelta au second.

Antonio Ferrera, oreille et deux oreilles

Manuel Escribano, deux oreilles et oreille

Alberto Lamelas, oreille et saluts

Plaza de toros de Vera (AlmerĂ­a) 

Toros de Zalduendo. 

Morante de la Puebla, ovation et deux oreilles; 

Emilio de Justo, deux oreilles et oreilles; 

Pablo Aguado, oreille et oreille.

Consuegra (Toledo) 

Toros de AlcurrucĂ©n et El Cortijillo.

Rafael Rubio Rafaelillo, ovation et oreille; 

GĂłmez del Pilar, oreille et oreille;

RaĂșl Rivera, deux oreilles et deux oreilles.

Munera (Albacete) 

Toros de El Montecillo, le 4Ăšme vuelta al ruedo. 

El Fandi, oreille et deux oreilles; 

José María Arenas, deux oreilles et oreille;

José Fernando Molina, oreille et oreille.

Plaza de toros de Fregenal de la Sierra (Badajoz). Lleno. Rejoneo.

Toros de Veiga Teixeira.

RUI FERNANDES, ovation et deux oreilles;

DIEGO VENTURA, deux oreilles et deux oreilles et la queue

LEONARDO HERNÁNDEZ, ovation et deux oreilles et la queue.

NOVILLADAS

AlgemesĂ­ (Valencia) Novillos de Torrestrella. 

Arturo Gilio, ovation et oreille; 

Miguel Senent Miguelito, silence et vuelta.

Moralzarzal (Madrid) 

Novillos de Montealto.

VĂ­ctor HernĂĄndez, deux oreilles et deux oreilles; 

Jorge MartĂ­nez, ovation et ovation; 

Álvaro Burdiel, silence et silence.

SĂ©ville, demain sera un autre jour…

Plaza de toros de La Real Maestranza de CaballerĂ­a de Sevilla. Samedi. DeuxiĂšme corrida de la Feria de San Miguel. Lleno de ‘no hay billetes’.

Toros de Victoriano del RĂ­o,

JOSÉ MARÍA MANZANARES, en bleu et or, ovation aprĂšs deux avis et silence aprĂšs avis

AndrĂ©s ROCA REY, en tabac et or – costume de la corrida pacassiana de Malaga- silence et salut au tiers.

JUAN PEDRO GARCÍA ‘CALERITO’, qui prenait l’alternative, oreille et silence aprùs avis.

Ovation aux picadors Paco MarĂ­a et Manuel JesĂșs Ruiz.

Saluts aux banderilles d’Antonio Manuel Punta, Daniel Duarte, Antonio ChacĂłn, Luis BlĂĄzquez, MambrĂș et Viruta.

Cartel de no hay billetes Ă  la Maestranza et une fois encore le dicton maudit se rĂ©pĂ©ta : corrida de « expectacion corrida de decepcion Â». AndrĂ©s Roca Rey ne put rĂ©pliquer Ă  l’exploit de Morante la veille : la responsabilitĂ© en incombe au mauvais lot dont il hĂ©rita dans une corrida oĂč il y eut pourtant des individus remarquables : 1eret 2Ăšme encastĂ©s, spectaculaires, exigeants, 3Ăšme noble et maniable ; les autres arrĂȘtĂ©s, allant aux planches (5Ăšme) et ne se livrant qu’avec parcimonie. Il y en eu donc trois et trois, ce qui pour Victoriano est un bilan honorable mais, manque de chance, pour ce rendez-vous crucial qui devait couronner une temporada exceptionnelle, la star pĂ©ruvienne toucha la mauvaise paire. Dans le duel Ă  distance qui l’oppose Ă  Morante ce dernier reste donc le patron sur ses terres, bien que, nous le verrons, AndrĂ©s ne dĂ©mĂ©rita pas.

Surprise du jour, « Calerito Â» invitĂ© Ă  la table d’honneur y fit bonne figure lors de son premier passage. Il hĂ©rita d’un super Victoriano qui prenait les leurres avec Ă©motion, sur la droite surtout. Le jeune homme le passa avec autoritĂ© Ă  la cape et construisit une fanea « entonada Â» mais plus habile que profonde se tenant Ă©loignĂ© de cet animal arrogant et brillant. La codicia du toro et une certaine autoritĂ© de l’impĂ©trant enlevĂšrent le morceau et les tendidos de la Maestranza s’enthousiasmĂšrent -un peu rapidement. Un estoconazo dans les rĂšgles permit au jeune homme de couper un appendice qu’on ne peut lui discuter. Il ne put rĂ©pĂ©ter cet exploit au dernier de la tarde qui s’y prĂȘtait pourtant par sa bontĂ©, et il se montra, Ă  cette occasion, dĂ©faillant aux aciers. Grande journĂ©e donc pour Calerito qui n’aura pourtant pas vraiment convaincu.

JosĂ© Mari Manzanares torĂ©ait Ă  domicile en quelque sorte car, bien qu’il soit nĂ© Ă  Alicante, il est devenu, comme son pĂšre avant lui, une sorte de « Hijo predilecto Â» de SĂ©ville. Mais on le sait, JosĂ© Mari n’est pas dans un trĂšs bon moment et on l’a trĂšs bien senti tout au long de l’aprĂšs-midi : il y eut de beaux instants Ă  la cape, des sĂ©ries estimables Ă  droite par exemple face au quatriĂšme mais rien de rĂ©ellement construit, maĂźtrisĂ© sur la durĂ©e et des dĂ©ficiences Ă  l’épĂ©e qui pourtant fut longtemps son point fort, lors de ses deux confrontations


Roca Rey avait rempli l’enceinte et il Ă©tait attendu comme le messie Ă  SĂ©ville oĂč pourtant on brĂ»le des cierges aux idoles locales regardant avec mĂ©fiance ceux qui, venus de l’extĂ©rieur, tentent de s’y imposer. Le jeune pĂ©ruvien ne put hier, faire valoir ses arguments principaux : l’entrega et l’intrĂ©piditĂ©. Face au 3Ăšme Victoriano, sans gaz ni moteur, triste comme un jour sans pain, il eut une attitude trĂšs sĂ©villane : il abrĂ©gea au bout de quelques sĂ©ries et en finit par un bajonazo lĂąche que tout le monde pardonna. Au 5Ăšme il Ă©tait disposĂ© Ă  tout et il y eut un dĂ©but d’espĂ©rance lors de ses premiĂšre sĂ©ries trĂšs engagĂ©es, rythmĂ©es mais brĂšves frustrantes car elles ne duraient pas assez. Le toro partant aux planches, il finit la faena sans fioritures inutiles, l’abattant contre la barriĂšre d’une Ă©pĂ©e habile.

Sans doute le jeune ambitieux Ă©tait-il plus déçu que le public fataliste de la Maestranza qui sait bien, car il en a vu d’autres, que demain sera un autre jour. Mañana Morante!

Pierre Vidal

Le gĂ©nie de Morante est-il porteur d’avenir ?

Photo MAURICIO BERHO mundotoro.com

Il faut se dĂ©fier, dans le monde comme dans le toreo, de tout ce qui se termine en « isme Â». de l’idĂ©e de systĂšme, c’est ce que nous a appris le siĂšcle passĂ©. Nous en devrions en retenir les leçons. Hier ce fut le poncisme alors qu’Enrique Ponce fut un monstre bien oubliĂ© aujourd’hui et dont les inconditionnels se sont dĂ©tournĂ©s Ă  la fin de sa carriĂšre. Aujourd’hui et depuis un certain temps dĂ©jĂ  c’est le morantisme qui sĂ©vit. Il est de bon ton de se poser en inconditionnel du torero de La Puebla pour des raisons taurines mais aussi sociologiques voir des raisons politiques peu avouables et qui n’auront pas servi la cause.

Il ne s’agit pas de minorer l’extraordinaire carriĂšre de JosĂ© Antonio, ni sa faena inoubliable d’hier qui nous a fait rĂȘver ou pleurer. Mais comme le dit un bon aficionado dans un message :  Â« Une oreille aprĂšs deux pinchazos et un bajonazo dans une arĂšne de premiĂšre catĂ©gorie c’est donc possible ? Â»  Le monde change
 L’adhĂ©sion irrĂ©pressible Ă  Morante repose sur une Ă©quivoque : ce n’est pas un torero artiste comme le furent Curro Romero ou Rafael de Paula. Il a des moyens techniques qu’ils n’avaient pas et sur lesquels repose une tauromachie purement andalouse, esthĂ©tique, idĂ©ale d’une certaine maniĂšre : C’est le bon goĂ»t, le toreo traditionnel dans sa parfaite exĂ©cution.  

SĂ©duire la Maestranza, qui n’était pas pleine malgrĂ© ce cartelazo, est-ce la marque de l’universalitĂ© d’un torero que l’on prĂ©sente dĂ©sormais comme « le meilleur de l’histoire Â»? N’y a-t’ il pas une part d’autosuggestion dans cette idolatrerie ? Morante nous parle Ă  nous aficionados dĂ©jĂ  expĂ©rimentĂ©s rĂ©unis sur les gradins sĂ©villans et nous sommes dĂ©jĂ  conquis avant mĂȘme qu’il ne dĂ©file. Touche-t-il, JosĂ© Antonio, les gĂ©nĂ©rations nouvelles qui viennent aux arĂšnes et qui sont censĂ©es reprĂ©senter le futur -indispensable- de la Fiesta ? N’est-elle pas, cette gĂ©nĂ©ration montante Ă  la recherche d’émotions nouvelles qu’elles trouvent par exemple chez Roca Rey dans lequel elle s’identifie plus largement ? Ne sommes-nous pas obsĂ©dĂ© par cette image du bon toreo que nous n’avons pas su transmettre le plus souvent ? Je l’Ă©cris au risque de dĂ©friser certains de mes amis morantistes: restons lucide, posons nous la question: Le gĂ©nie de Morante est-il porteur d’avenir ?

PV

https://feria.tv/video/4214/morante-fait-rugir-la-maestranza/

CALANDA, LE RETOUR DE “PAULITA”

AUTRES SPECTACLES CE VENDREDI

Azuqueca de Henares (Guadalajara) DeuxiĂšme corrida de la FĂ©ria de Septembre.

Novillos de Torrehandilla
. Marcos Linares , qui a remplacĂ© GonzĂĄlez Écija , silence et silence;
VĂ­ctor Cerrato , deux oreilles et ovation ;
Miguel Andrade, deux oreilles et une queue et deux oreilles.

La Puerta del Segura (Jaén) festival
Trois taureaux de Fernando Sampedro et trois de MartĂ­n Carrasco.
Rafaelillo, oreille et deux oreilles et queue
; Manuel JesĂșs El Cid, deux oreilles et queue et oreille;
la rejoneadora RocĂ­o Arrogante , deux oreilles ;
le novillero Bruno Aloi, deux oreilles.

MORANTE le diamantaire de SĂ©ville



SĂ©ville, vendredi, premiĂšre corrida de la San Miguel. Plus de Ÿ d’arĂšne.

Toros de hermanos GARCIA GIMENEZ le dernier d’OLGA GIMENEZ  bien prĂ©sentĂ©s en gĂ©nĂ©ral parfaits les premier et dernier
pour :

Jose Antonio MORANTE DE LA PUEBLA de vert pomme et or (costume trĂšs classique pour une fois) salut et une oreille
 Juan ORTEGA de sang de toro et or silence et silence
 Tomas RUFO de tabac et or salut et silence.




Tout a presque bien commencĂ© pour MORANTE son premier magnifique cornes largement ouverte surprend Ă  la sortie mais, trĂšs vite il apparait distrait et difficile Ă  fixer Le cigarero parvient Ă  le prendre dans les plis de son capote et s’en suit une sĂ©rie de vĂ©roniques comme seuls savent les broder les grands artistes sĂ©villans. Dans son quite ORTEA  ne donnera qu’une pĂąle rĂ©plique. Apres tout se gĂąte deux sĂ©ries Ă  droite et puis plus rien, un pĂ©tard mouillĂ©. Un pinchazo et un pinchazo profond envoient l’animal ad patres. Salut et ovation pour l’artiste.

En quatriĂšme sort un beau toro trĂšs vite protestĂ© par une partie du public puis par quasiment toute la Maestranza, seul MORANTE parait confiant il fait de la main un petit signe pour calmer le consistoire et aussi ses peons, rien n’y fait, les sifflets redoublent lorsqu’entrent les picadors Jose Antonio est serein.  L’animal prend deux bonnes piques en poussant, les protestations perdurent pourtant pendant le deuxiĂšme tiers.  MORANTE prend la mulĂ©ta. L’entame Ă  deux mains au fil des planches trĂšs classique permet de prendre la mesure. Le public se calme et dans deux sĂ©ries droitiĂšre le toro apprend par-ci par-lĂ  un muletazo ou autre nous laisse Ă  penser que nous aurons au moins vu quelques dĂ©tails le toro parait un peu arrĂȘtĂ©.  A gauche Morante cisĂšle un ou deux diamants de sa façon. C’est alors que reprenant la main droite il ouvre les mines du roi Salomon, avalanches de pierreries et perles fines montĂ©es en parures dignes des mille et une nuit, une faena pour l’histoire diront certains, temple magnifique, Ɠuvre d’art impĂ©rissable  SĂ©ville est debout et rugit de plaisir. Exposant comme un novillero, de face, dans les cornes MORANTE cisĂšle pour un final Ă©poustouflant. HĂ©las trois fois hĂ©las les aciers le priveront d’un succĂšs majeur, deux pinchazos et une entiĂšre parfaite lui permettront de couper une oreille. La double vuelta fut brĂ»lante digne de Carmen dans les plus chaudes heures sĂ©villanes.

Que dire aprĂšs du travail de Juan ORTEGA sinon qu’il a touchĂ© les plus mauvais du lot insipides et sans saveur qu’il torĂ©a du mieux qu’il put deux faenas plutĂŽt ennuyeuses et sans intĂ©rĂȘt, on le reverra un autre jour avec des toros qui l’inspirent davantage.

Brindis de Juan Ortega à son peon José Antonio Carretero qui faisait sa despedida



Tomas RUFO pour sa part toucha un intĂ©ressant troisiĂšme qui’ il voulut faire durer et c’est lĂ  son tort. Tout avait bien commencĂ© dĂ©clenchant la musique pour la premiĂšre fois de l’aprĂšs-midi avant la fin de sa premiĂšre sĂ©rie droitiĂšre. TorĂ©ant de loin le toro rĂ©pond bien des deux mains le public le suit vinrent alors les sĂ©ries de trop. La lumiĂšre s’Ă©teint brutalement pĂ©nurie de charge sinon d’Ă©lectricitĂ© le toro se rĂ©fugie aux planches et malgrĂ© l’entĂȘtement du jeune torero il n’y a plus rien la mort et longue et difficile. Cependant RUFO est appelĂ© Ă  saluer il a certainement perdu bĂȘtement une oreille.
De son dernier rien Ă  dire, Il avait tout dans le paraitre et rien dans l’ĂȘtre on retiendra peut ĂȘtre la premiĂšre sĂ©rie Ă  droite conclue d’un beau trincherazo et puis le nĂ©ant une entiĂšre dĂ©livre l’assistance.

PremiĂšre de SEVILLE avec le MORANTE nouveau on a hĂąte de le revoir simanche mais lĂ  c’est une autre histoire.

Jean Dupin                                                        

Projet de loi anti corrida : la réponse de Fabien Lainé, député des Landes

Madrid, la fĂ©ria d’automne sans tĂ©lĂ©vision

Plaza 1 a confirmĂ© ce matin Ă  travers ses rĂ©seaux sociaux la nouvelle : la prochaine FĂ©ria ‘Automne ne sera pas tĂ©lĂ©visĂ©e . La sociĂ©tĂ© des arĂšnes de Las Ventas, par le biais de ses canaux de communication, a expliquĂ© que “malgrĂ© son grand intĂ©rĂȘt pour la prĂ©sence de la tĂ©lĂ©vision et la diffusion de la prochaine fĂ©ria ‘automne, ne sera pas tĂ©lĂ©visĂ©e” et elle l’a rendue publique “pour Ă©viter les spĂ©culations de derniĂšre minute et offrir des informations vĂ©ridiques » .
C’est la premiĂšre fois en plus de deux dĂ©cennies que la Feria d’Automne , qui a dĂ©jĂ  rĂ©ussi Ă  dĂ©passer les abonnements pour la Feria de San Isidro de cette annĂ©e , n’aura pas de camĂ©ras de tĂ©lĂ©vision payantes en direct. La fĂ©ria de SĂ©ville qui dĂ©bute ce vendredi sera par contre tĂ©lĂ©visĂ©e; un accord de derniĂšres minutes ayant Ă©tĂ© trouvĂ©. On peut donc espĂ©rer encore une issue du mĂȘme genre pour Madrid: c’est Ă  dire un accord Ă  quelques jours du dĂ©buts du cycle. C’est peut-ĂȘtre ce que souhaitent les uns et les autres: remplir les uns et les autres et nĂ©gocier les droits par la suite.

On ne peut pas croire en effet que dans la situation oĂč se trouve la tauromachie, avec la luciditĂ© qui habite Simon Casas, aux manettes de Las Ventas, et qui sans doute en est le premier conscient, la tĂ©lĂ©vision soit Ă©cartĂ©e de la plus grande arĂšne du monde. Ne spĂ©culons pas sur le pourquoi; tenons-nous aux consĂ©quences d’une fĂ©ria de cette importance sans la tĂ©lĂ©vision, c’est Ă  dire sans la rĂ©percussion qu’elle pourrait ou devrait avoir, sans son rayonnement nĂ©cessaire en Espagne comme Ă  l’Ă©tranger…

Les taurins n’arrĂȘtent pas de se tirer dans balles dans le pied: Pourquoi ce qui est possible Ă  SĂ©ville ne le serait pas Ă  Madrid ? Imaginons-nous la finale de la coupe du monde de foot sans la tĂ©lĂ©?

Pierre Vidal

Pour Robleño !

AprÚs la grande faena de Robleño à Madrid, ce commentaire reçu ce matin dans ma boßte mail:

“Je t’ai envoyĂ© un courriel via la page contact de CorridaSi mais je ne suis pas sĂ»r que tu l’aies lu. 

C’était au sujet de la faena de Fernando Ă  Camionero d’Escolar Gil de dimanche dernier Ă  Las Ventas dont tu parlais dans ta chronique de la corrida tĂ©lĂ©visĂ©e de Bargas. 

Je te confirme que Robleño a Ă©tĂ© tout simplement extraordinaire, Ă  mon humble avis et apparemment de ceux qui Ă©taient prĂ©sents aux arĂšnes dimanche. Sa tauromachie classique et profonde et son combat fusionnel avec ce grand toro nous a profondĂ©ment Ă©mu. Probablement la meilleure faena de la temporada madrilĂšne que j’ai vue (je n’ai ratĂ© que 4 courses sur Madrid), avec la faena d’Angel TĂ©llez et celle de Morante devant le Roi. 

Pour tous dans les tendidos (et en plus j’étais au 7 !!) ce fut un moment inoubliable et des olĂ©s jamais entendus ailleurs, pas mĂȘme en Plaza MĂ©xico, c’est dire. Certaines vidĂ©os nous montrent se lever de nos gradins entre sĂ©ries, nous Ă©tions autant hypnotisĂ©s que le Toro. Je connais bien Robleño pour l’avoir vu de nombreux Ă©tĂ©s sur CĂ©ret, mais personne ne l’attendait pas Ă  un tel niveau de maturitĂ© et de relĂąchement, sauf ceux qui Ă©taient prĂ©sents Ă  Almorox le mois dernier.

Rien que d’évoquer sa faena, j’en ai encore la piel de gallina. Au passage je me permets de t’envoyer ma reseña de dimanche : 

http://antolincastro.opinionytoros.com/index.php/firmas-invitadas/598-las-ventas-fusion-de-fernando-robleno-con-camionero-de-escolar-gil

Bonne lecture et merci Pierre pour ton site taurin trĂšs complet et trĂšs agrĂ©able Ă  lire tous les soirs, mĂȘme lorsque tu Ă©voques ce satanĂ© Caron. 

AmitiĂ©s. “

Merci à Jean Charles. Notons que nous avons beaucoup apprécié la prestation de Fernando le lendemain de Madrid à Bargas.

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