Victor Cerrato en compagnie de son apoderado Gérard Ducès, au Cantaou (photo JM Dussol)

Il aura dix huit ans dans quelques jours. Son rêve fou est d’aller à Madrid et de venir toréer en France. Des rêves qui sont assis sur une solide temporada 2022, sa première, commencée le 26 juin dernier et qu’il termine à la huitième place de l’escalafon avec vingt novilladas, trente cinq oreilles et une queue… ce qui fait de lui le premier de l’escalafon des débutants.

Dans cette campagne Victor Cerrato était accompagné de son père, ancien torero et banderillero, de quelques amis et souvent de Gérard Ducès qui l’aide et l’apodère, en partie, surtout en France. Pour franchir les portes des arènes de la France taurine, Gérard Ducès avait organisé une fiesta campera chez Jean-Louis Daré, à Bars. Il avait convié dans le Gers, les présidents des commissions taurines, des peña, des organisateur, tout un monde taurin du Sud-Ouest susceptible de faire confiance à ce garçon pétri d’aficion. Le matin, en tienta, face à deux solides vaches de l’Astarac il a pu montrer ses qualités à la cape, mais surtout, lors de sa deuxième sortie, une extraordinaire main gauche, prècise, très harmonieuse et lente.

Avant d’affronter trois novillos du Camino, il nous confiait ses meilleurs souvenirs de temporada. « Je n’oublierais jamais ma course à Los Molinos. J’ai été appelé le matin en remplacement d’un des novilleros. C’était du bétail du fer d’Antonio Ordoñez, j’ai coupé quatre oreilles. J’ai affronté des Dolores Aguirre et de terribles Prieto de la Cal à Calasparra. Ce jour là je me suis blessé et je souffre toujours du poignet. Il ne faut surtout pas que je pinche si non la douleur se réveille. »

Victor Cerrato avait quatre ans lorsqu’il s’est mis devant une toute petite becerra. Il avait même pour l’occasion revêtu un habit de lumière. Pour ce garçon qui habite Madrid, au cours de ces dernier mois ce sont des journée d’entraînement qui se succèdent, le matin à l’école du Batan et le soir dans les arènes de Navalcarnero. Il appuie chacune de ses affirmations d’une photo qu’il fait apparaître sur son télphone mobilme.

C’est en habit de lumière que Victor Cerrato est apparu, l’après-midi, pour affronter trois novillos de quatre et cinq ans, ferrés Camino de Santiago qu’il devait banderiller. Le premier lourd et mobile devant lequel il n’a jamais reculé et qu’il tua de trois pinchazo et d’une entière. Ce ne sont pas les deux volteretas infligé par le second qui impressionnèrent Victor qui est reparti chaque fois avec plus de volonté pour terminer avec trois-quarts de lame. Le troisième lui permettait de construire quelque belles séries où il dominait parfaitement son sujet. Trois-quarts de lame, là aussi, pour en terminer.

En résumé, un novillero courageux, très technique par instant qui ne demande qu’à toréer la saison prochaine. Un candidat sérieux à suivre, qui cette année fut triomphateur des ferias de Tudela, Roa de Duero, du concours piñon de oro de España et de la feria de Los Molinos et de la feria de Cortagana.

Jean-Michel Dussol