Mois : novembre 2022 Page 3 sur 15

Les Ă©leveurs de toros: “restons mobilisĂ©s”

Communiqué de Presse
A l’occasion du dĂ©bat prĂ©vu hier Ă  l’AssemblĂ©e Nationale dans le cadre de la proposition de loi dĂ©posĂ©e par le dĂ©putĂ© de la 18iĂšme circonscription de Paris, M. Aymeric CARON, visant Ă  interdire la corrida en France, le prĂ©sident Virgile ALEXANDRE, mais aussi Madame Dominique CUILLE et Monsieur Mathieu
VANGELISTI Ă©taient prĂ©sents aux cĂŽtĂ©s de l’Association des Matadors de Toros Français, de l’Union Jeunes de Provence et du Languedoc pour la dĂ©fense de nos traditions, de Messieurs Benjamin CUILLE et Renaud VINUESA, mais aussi de dĂ©putĂ©s engagĂ©s contre cette proposition.

Le dĂ©putĂ© Aymeric CARON a retirĂ© sa proposition de loi avant qu’elle ne soit dĂ©battue.

Le retrait de cette proposition de loi conforte la légitimité de la corrida dans les régions de traditions taurines mais il est important de rester mobilisés.

La dĂ©lĂ©gation prĂ©sente hier continuera d’Ɠuvrer pour la sauvegarde de notre culture, de nos Ă©levages, de nos corridas en collaboration avec les dĂ©putĂ©s, l’Association des Matadors de Toros Français, l’Union Jeunes de Provence et du Languedoc pour la dĂ©fense de nos traditions, Messieurs Benjamin CUILLE et
Renaud VINUESA.
Restons mobilisés et vigilants


Hommage de Jerez Ă  David GALVAN

Marciano Brena Galan présentant David Galvan dans la bodega Fernandez Gao



La bodega FERNANDEZ GAO Ă©tait trop petite pour recevoir hier soir toute l’aficion jerezana venue rendre hommage Ă  David GALVAN. Un videoframe prĂ©parĂ© par Marciano BRENA GALAN  prĂ©sentait un rĂ©sumĂ© de la carriĂšre du jeune diestro de SAN FERNANDO qui fĂȘte ses dix ans d’alternative. Issu d’une famille sans attache taurine il frappe Ă  14 ans Ă  la porte de l’Ă©cole taurine de JEREZ n’ayant jamais touchĂ© ni capote ni muleta et cinq  ans aprĂšs il prend son alternative des mains de RUIZ MIGUEL avec comme tĂ©moins ni plus ni moins qu’Enrique PONCE, une alternative mise au point dans l’avion au retour d’un triomphe de novillero en AmĂ©rique du sud oĂč les deux maestros avaient torĂ©Ă© un festival et remarquĂ© le jeune novillero. L’annĂ©e suivante vient la confirmation Ă  Madrid des mains de Curro DIAZ.

Les triomphes s’enchainent et avec les blessures dont celle de 2016 Ă  MADRID toujours en prĂ©sence de Curro DIAZ pour la confirmation de Juan ORTEGA. Le mollet transpercĂ© Ă  son second toro ne pouvant quasiment plus se dĂ©placer il donnera l’une de ses meilleures faena dans un terrain des plus rĂ©duit par la force des choses. La temporada 2022 fut l’une des plus complĂštes avec de nombreuses sortie en triomphe, la premiĂšre en France Ă  AIGNAN les triomphes s’enchainĂšrent comme le dit le torero sans pression souvent appelĂ© en substitution de torrero blessĂ© ce fut le cos pour OLIVENSA oĂč remplaçant au pied levĂ© MANZANAREZ, il coupe trois oreilles, indultant au passage un toro de Juan Pedro DOMECQ. David GALVAN a triomphĂ© devant toutes les encastes dont MIURA Ă  SANLUCAR DE BARAMEDA, ou VICTORINO MARTIN Ă  ALGECIRAS.
    La soirĂ©e s’est terminĂ©e par deux fandangos dans la plus pure tradition jerezana et bien sĂ»r autour d’un verre de Jerez de la maison.
     Cet hommage fut aussi l’occasion de rappeler la nĂ©cessitĂ© des Ă©coles taurines et surtout rĂ©clamer la rĂ©ouverture de la plus ancienne d’Andalousie, celle de JEREZ fermĂ©e par dĂ©cision politique de la municipalitĂ© socialo-podemiste, les petits frĂšres de nos L.F.I.

Le maire d’ALGECIRAS , prĂ©sent Ă  la soirĂ©e, et Maria Jose PELAYO candidate Ă  la mairie de JEREZ ont rappelĂ© cette nĂ©cessitĂ©. On pouvait noter la prĂ©sence d’afficionados français Marcel GARZELLI de VIC  FEZENSAC ou Charles CREPIN de NIMES. Ce fĂ»t l’occasion pour nos amis andalous de se fĂ©liciter de la mobilisation de l’aficion française face aux attaques politiques qui a provoquĂ© le retrait du projet d’abolition français.

J. Dupin

Les prix de la communauté de Madrid

Le Forum taurin Tomås Serrano Guío a remis ses II Prix taurins aux lauréats de la Communauté de Madrid:

Victor HernĂĄndez, triomphateur de la temporada de Las Ventas.

Diego GarcĂ­a, torero avec picadores vainqueur de la saison.

Pepe Luis Cirugeda, torero sans picadors vainqueur du « Camino Hacia Las Ventas Â».

Fuente Ymbro pour le meilleur bétail.

Le conseil municipal de San Agustín del Guadalix, en tant que municipalité la plus aficionada

Hommages ont été rendus à la mémoire des professeurs décédés Joaquín Bernardo et Andrés Våzquez et au début une reconnaissance au journaliste Miguel Ángel Moncholi.

Photo : Oscar Manuel Sanchez.

Francisco Montero Ă  Orthez

Yves Lebas: «Pourquoi j’apprends aux jeunes Ă  devenir torero»

FIGAROVOX/TRIBUNE – PrĂ©sident de l’Ă©cole taurine du Pays d’Arles, Yves Lebas dĂ©fend la corrida et revient sur sa signification. En se saisissant de cet art, le torĂ©ro apprend la maĂźtrise du corps, la rigueur des rĂšgles, la nĂ©cessitĂ© de l’effort et l’importance du courage, explique-t-il.

Depuis que la corrida apparaĂźt dans l’Espagne du XVsiĂšcle, les controverses passionnĂ©es entre «pour» et «contre» scandent son Ă©volution. DĂ©jĂ  le confesseur d’Isabelle la Catholique l’exhortait Ă  l’interdire. Le pape Pie V, en 1567, signe une bulle d’excommunication des participants ou organisateurs des courses de taureaux. Plus tard, Charles III dissuade les nobles de combattre les taureaux Ă  cheval, espĂ©rant ainsi la faire disparaĂźtre. Mais le peuple espagnol refuse ces interdits venus d’en haut et transforme progressivement la corrida en un objet culturel unique.

La pratique s’Ă©tend en France au cours du XIXe dans les rĂ©gions qui cĂ©lĂšbrent dĂ©jĂ , Ă  travers leurs propres jeux taurins, le mĂȘme culte du taureau. Passionnant processus qui intĂšgre et fait sienne une culture «venue d’ailleurs». L’enracinement populaire et territorial de la tauromachie est sa force. La foule de Provençaux rĂ©unis Ă  NĂźmes en 1894, lors de la «course de la contestation» prĂ©sidĂ©e par FrĂ©dĂ©ric Mistral, entraĂźnera une interprĂ©tation diffĂ©renciĂ©e localement de la Loi Grammont de 1905. Ce localisme est sa faiblesse aussi. Beaucoup de ceux qui la critiquent, voire la dĂ©testent, ignorent le continuum propre Ă  la tauromachie depuis l’Ă©levage extensif d’animaux sauvages dans un habitat prĂ©servĂ© jusqu’Ă  la mise en scĂšne d’un affrontement rituel tout autant qu’esthĂ©tique entre homme et animal. La tauromachie naĂźt du toro. Sans Ă©levages de toros destinĂ©s aux jeux et rites taurins, les races brave ou camargue auraient disparu depuis longtemps. Ces races Ă©tant insuffisamment productives, leur force indomptable ne saurait se plier Ă  des usages domestiques. Fruit de la passion plutĂŽt que d’une incertaine rentabilitĂ© Ă©conomique, ces Ă©levages sont indispensables Ă  la prĂ©servation d’espaces naturels fragiles. La Camargue, rĂ©serve de biosphĂšre unique en France, en est l’exemple emblĂ©matique.

Il est une autre dimension de la corrida, moins connue. Le public est, aprĂšs toro et torero, le troisiĂšme acteur de l’acte taurin. RĂŽle dĂ©cisif quand Â«tous les spectateurs se valent dans leur apprĂ©ciation de la faena – autant pour la cĂ©lĂ©brer que pour la protester – effaçant les diffĂ©rences sociales et fournissant une leçon politique, vivante et pratique, de consensus social». Cette illustration pratique des principes dĂ©mocratiques conduira Enrique Tierno Galvan, le maire iconique du Madrid de la transition dĂ©mocratique, Ă  revendiquer le rĂŽle d’intĂ©grateur social de la fĂȘte des toros.

Il y a quelques annĂ©es, interrogĂ© sur l’interdiction de la corrida, Jean-Luc MĂ©lenchon estimait qu’il Â«ne serait pas lĂ©gitime d’organiser un dĂ©bat parlementaire» Ă  ce proposIl ajoutait qu’il lui semblait Â«plus logique de laisser les collectivitĂ©s locales concernĂ©es traiter de cette question». Pourtant le groupe LFI propose, aujourd’hui, son interdiction. Son vĂ©ritable objectif ne serait-il pas une maniĂšre d’affirmer une prĂ©Ă©minence idĂ©ologique et politique? D’abord sur ses alliĂ©s qui s’Ă©taient explicitement opposĂ©s Ă  la mesure dans ce qui leur servait de programme Ă©lectoral commun. On peut le soupçonner quand Aymeric Caron affirme, pĂ©remptoire: Â«On ne peut pas ĂȘtre de gauche et soutenir la corrida Â». Alors, haro sur la corrida! MĂȘme si c’est au nom d’une idĂ©ologie bien particuliĂšre revendiquĂ©e par le dĂ©putĂ© parisien: l’antispĂ©cisme ou la nĂ©gation de la spĂ©cificitĂ© de l’homme par rapport aux animaux. Accepter d’ĂȘtre Ă©mu, troublĂ© ou questionnĂ© par la corrida ne relĂšverait que d’un «plaisir barbare» propre d’esprits malades. Il convient de l’Ă©radiquer. Stigmatiser est le premier pas. Interdire sera la punition. Police des esprits qui hante les idĂ©ologues. Et si quelques «idiots utiles» accompagnent le groupe LFI dans sa dĂ©marche ils seront les bienvenus. Qu’importe qu’ils participent, Ă  leur insu ou non, d’une division supplĂ©mentaire du pays entre un sud de la France plutĂŽt «pro-corrida» et un nord plutĂŽt «anti-corrida». On leur fera croire qu’ils ont votĂ© «en conscience».

MĂȘme si c’est en inconsĂ©quence politique. Parce qu’elle est une mĂ©taphore de la vie, la tauromachie pose question, elle interroge. Â«Elle donne Ă  rĂ©flĂ©chir», confiait Jean-Paul Sartre Ă  Simone de Beauvoir, grande amatrice de corrida. Elle peut susciter le scandale. Sans doute est-ce pour cela que la mort de la corrida est une question aussi ancienne que celle de la mort dans la corrida. Laissons conclure Francis Wolff, philosophe amoureux de la libertĂ©: Â«Peut-ĂȘtre, comme toute Ɠuvre humaine, la corrida mourra. Mais que ce soit de sa belle mort et non victime d’un assassinat!»

RĂ©actions au retrait de Caron

Caron Ă  l’AssemblĂ©e: DĂ©faite en rase campagne

A 17h40, ce jeudi, Aymeric Caron est montĂ© Ă  la tribune de l’AssemblĂ©e pour retirer son projet de loi sur l’interdiction de la corrida. C’est l’ultime magouille perverse qui succĂšde Ă  trois modifications du projet  concernant l’interdiction des combats de coqs: cette mesure Ă©tant expurgĂ©e dans une deuxiĂšme version puis rĂ©introduite lors d’une troisiĂšme version et Ă  une suite d’amĂ©nagements de la niche parlementaire LFI: l’abolition Ă©tant placĂ©e en quatriĂšme rang, puis en troisiĂšme, puis en seconde position. Rarement dans l’histoire parlementaire on aura vu autant de magouilles (disons le mot), sans compter les pressions et menaces individuelle sur les parlementaires qui s’en sont plaint toutes tendances confondues.

Tout cela pour retirer le texte en pleine sĂ©ance ce qui correspond Ă  une dĂ©faite en rase campagne. Aymeric Caron s’est ainsi comportĂ© comme un toro manso: celui qui refuse le combat, qui n’a ni courage ni honneur, qui cherche Ă  fuir, Ă  dĂ©truire et blesser dans cette fuite.

C’est lamentable pour la dĂ©mocratie et je suis triste pour tous nos amis de gauche au vu du cirque pitoyable donnĂ© dans l’AssemblĂ©e. Cette attitude trahit leurs idĂ©aux. L’AssemblĂ©e Nationale est un lieu sacrĂ© -elle devrait l’ĂȘtre en tout cas-, l’ultime rempart de la dĂ©mocratie, le pilier des valeurs rĂ©publicaines. Aymeric Caron l’a transformĂ© en Ă©mission de tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ© dans un but unique : la promotion de sa propre image avec, il ne faut pas l’oublier, le concours de la France Insoumise qui l’a sponsorisĂ© gĂ©nĂ©reusement. On ne peut pas se rĂ©jouir de ce naufrage du dĂ©bat bien que l’issue nous soit favorable et que, de cela nous nous en rĂ©jouissons bien sĂ»r.

Soit Aymeric Caron avait prĂ©vu son coup, soit ses “amis” de LFI lui ont forcĂ© la main. Ils ne nous le diront pas Ă©videmment. PrĂ©voyant la dĂ©faite Ă  plat de couture qui se dessinait Ă  l’AssemblĂ©e et pour couper court au retournement trĂšs net de l’opinion, il a imaginĂ© ce stratagĂšme usant de cette stratĂ©gie victimaire dont il est coutumier. En rĂ©alitĂ© son but est atteint car monter Ă  la tribune Ă©tait son ambition profonde. Il y a dans cette obstination narcissique quelque chose qui tient de la nĂ©vrose. Il a promis un second round. Ce ne sera pas pour demain et il lui faudra pour le mener ĂȘtre encore sur ces bancs ce qui est loin d’ĂȘtre gagnĂ© malgrĂ© sa vanitĂ© et les fĂ©licitations ampoulĂ©es qu’il a reçu de M. CorbiĂšres -il fallait bien remonter le moral du dĂ©fenseur des moustiques. Il n’est pas sur que ce show ait plut Ă  tous dans ces rangs eux-mĂȘmes.

A toute chose malheur est bon : cette bataille a profondĂ©ment modifiĂ© l’image de la corrida dans le grand public et c’est un point essentiel pour le futur. On nous regarde avec moins d’hostilitĂ©, avec mĂȘme une certaine curiositĂ© bienveillante. Nous trouverons ainsi de nouveaux aficionados venus d’autres horizons. Il faudra les accueillir. Il faudra savoir se montrer Ă  la hauteur de ces nouvelles dispositions par notre ouverture d’esprit, notre dignitĂ© et surtout faire un effort de transparence. Surtout cette bataille a Ă©tĂ© menĂ©e dans l’unitĂ© et Aymeric Caron aura rĂ©ussi l’exploit d’unir un milieu profondĂ©ment divisĂ© jusque-lĂ . De cela il faut le remercier. Il nous a montrĂ© que l’union fait la force.

Il s’agit, maintenant que nous avons gagnĂ© cette bataille car nous l’avons gagnĂ©e, aprĂšs que les aficionados colombiens aient gagnĂ© la leur et que demain les mexicains –comme c’est probable- retrouvent les gradins de la Monumental de tenir compte des leçons de cette expĂ©rience. Faire mieux et moins cher, avec encore plus de foi, d’entrega pour utiliser ce beau mot Espagnol.

Pierre Vidal

Caron retire son texte: la rĂ©action de l’UTF

Philippe CaubĂšre: “cet assaut n’est pas dirigĂ© contre la corrida, mais contre l’art en gĂ©nĂ©ral”

Voici la chronique de Philippe CaubĂšre dans Midi Libre de ce matin:

Qu’Aymeric Caron prĂ©sente un projet de loi pour interdire la corrida me semble aussi obscĂšne qu’eĂ»t Ă©tĂ©, lors de ma lointaine jeunesse, Guy Lux ou LĂ©on Zitrone appelant au rĂ©tablissement de la peine de mort ou Ă  l’interdiction de l’avortement. Ce qui n’est pas une comparaison, mais une image. Pour me faire comprendre. Qui fait d’ailleurs injure Ă  la mĂ©moire des deux ancĂȘtres, mais eĂ»t certainement remportĂ© un grand succĂšs auprĂšs de cette crapule Ă  laquelle notre Guy Lux d’aujourd’hui fait appel Ă  tous vents : l’opinion publique. Qu’est-ce que ce monsieur, pur produit de ce que nous connaissons de pire sur la terre, la tĂ©lĂ©vision, pourrait bien comprendre au dernier vestige encore vivant de la tragĂ©die antique ?

Peut-ĂȘtre pourrait-il, comme nos deux anciens, donner son avis sur les courses de vachettes ou les concours de catch, mais
 la corrida ! Je crois surtout qu’il a repĂ©rĂ© que cette « cause Â» Ă©tait bien la seule qui pourrait lui donner quelque crĂ©dit dans la conquĂȘte de je ne sais quelle place politique. Cette histoire surrĂ©aliste me semble un symptĂŽme supplĂ©mentaire de l’effroyable Ă©garement des valeurs de cette gauche dont on dirait qu’elle s’acharne vraiment Ă  devenir « la plus bĂȘte du monde Â».

            En vĂ©ritĂ©, cet assaut n’est pas dirigĂ© contre la corrida, mais contre l’art en gĂ©nĂ©ral. Je suggĂšre d’ailleurs Ă  Aymeric Caron de s’en prendre Ă©galement Ă  l’OpĂ©ra, la Danse, le Cirque et dans la foulĂ©e, au ThĂ©Ăątre et au CinĂ©ma. Puisqu’au terme de sĂ©lections fĂ©roces et anti-dĂ©mocratiques, on fait subir aux cordes vocales des chanteurs lyriques des dĂ©formations toujours plus atroces, aux pieds des petits rats ou des danseuses Ă©toiles des mutilations pires que celles infligĂ©es aux Japonaises du Moyen-Âge, aux acrobates et funambules des prises de risques destinĂ©es seulement Ă  la jouissance sadique de publics impatients de les voir tomber.

Le thĂ©Ăątre et le cinĂ©ma n’ayant comme seule raison d’ĂȘtre que l’occasion donnĂ©e aux prĂ©dateurs de toutes sortes de pouvoir exercer leurs sĂ©vices. Ah mais non : je suis con !  Il ne s’agit que d’humains : peu importent leurs souffrances. Puisque seule compterait « l’animale Â». Dans un journal de NĂźmes (oĂč l’on se demande un peu ce qu’il fait là
), sous le titre : « On ne peut pas ĂȘtre de gauche et soutenir la corrida Â» Monsieur Caron dĂ©clare que « ce qui nous a Ă©tĂ© longtemps prĂ©sentĂ© comme un acte artistique est en rĂ©alitĂ© une sĂ©ance de torture mĂ©diatique Â». MĂ©diatique
 la corrida
 SĂ»rement pas Mr Caron, n’est-ce pas ? Et « torture Â» bien sĂ»r : ça le fait. Mais « combat Â» ? Surtout pas ! Le sang, la violence en effet, qui le nierait ? Mais la question « pourquoi Â» ? Ça non, jamais. Le problĂšme avec les anti-corridas a toujours Ă©tĂ© le mĂȘme : l’ignorance. La mauvaise foi. Pour tout dire, la bĂȘtise. C’est Ă  dire le refus de comprendre. Sans parler d’une chose inavouĂ©e et pour cause, inavouable : le mĂ©pris pour le Sud. Ce dont je n’accuserai jamais Brigitte Bardot ou Alain Bougrain-Dubourg dont je respecte les personnes et le combat auquel ils ont donnĂ© leur vie. Mais trop d’autres.

Je n’ai plus envie d’essayer de dĂ©fendre la corrida auprĂšs de ces gens lĂ . Encore moins d’en dĂ©battre — qui est « pour Â», qui est « contre Â», etc. Je n’ai pas envie de pleurnicher, Ă©voquer l’Ă©motion profonde que la beautĂ© des toros de combat et leur fĂ©rocitĂ©, celui du courage des toreros et leur fĂ©minitĂ©, la joie de la fĂ©ria enfin, ont toujours su donner au peuple. Les plus grands Ă©crivains, poĂštes et peintres l’ont fait cent fois mieux que moi. Le plus affligeant pour moi est qu’un parti de gauche, c’est Ă  dire ma famille, ait acceptĂ© de s’incarner dans ce personnage ridicule, au mĂ©pris de l’une de ses missions sacrĂ©es : la protection de la nature.

La mise Ă  mort de la corrida, crime contre le bon sens, serait une catastrophe Ă©cologique absolue : la disparition de milliers d’hectares de nature vierge et l’extinction d’une espĂšce animale sauvage unique au monde. Sans parler du dĂ©sastre Ă©conomique qui ne semble pas leur sujet, du dĂ©sastre social qui l’est encore moins et de la mort de l’art dont on dirait
 qu’il ne l’a jamais Ă©tĂ©. Mais alors
 c’est quoi ? Le pouvoir ? Continuez comme ça, vous ne le retrouverez jamais.

Philippe CaubĂšre,

Ultimes magouilles de LFI

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