Mois : novembre 2022 Page 4 sur 15

SĂ©bastien Castella six contre un Ă  Manizales

Janvier 2 â€“ Novillos de Achury pour Juan GĂłmez, Lalo de MarĂ­a et Felipe Miguel Negret

Janvier 3 – Toros de Santa Bárbara pour Ricardo Rivera, Román et Juan Sebastián Hernández.

Janvier 4 â€“ Toros de Juan Bernardo Caicedo pour Antonio Ferrera, Luis BolĂ­var et JosĂ© Arcila. Et deux novillos pour Marco PĂ©rez (debut en costule de lumières).

Janvier 5 â€“ Festival nocturne novillos de Ernesto GutiĂ©rrez pour Antonio Ferrera, Emilio de Justo, L.M. CastrillĂłn, Román, Juan de Castilla, Tomás Rufo et Marco PĂ©rez.

Janvier 6 â€“ Toros de Las Ventas pour Luis BolĂ­var, Emilio de Justo et Tomás Rufo.

Janvier 7 – Toros de Ernesto GutiĂ©rrez, Juan Bernardo Caicedo y Las Ventas pour Sebastián Castella.

Janvier 8 â€“ Toros de Ernesto GutiĂ©rrez pour le mano a mano entre Julián LĂłpez «El Juli» et AndrĂ©s Roca Rey.

On notera bien sur le retour de Castella devant son public mais aussi la présence de Lalo de Maria qui représentera la France et les débuts de Marco Pérez dont la carrière est gérée par Juan Bautista.

Sondage express “Le Figaro”: près de 70% des Français contre l’interdiction de la corrida.

Sondage express du Figaro mercredi 23h.30:

ĂŠtes-vous favorable Ă  l’interdiction de la corrida, comme le propose Aymeric Caron ?

Oui 32,65%

Non 67,35%

122276 votants

Il s’agit d’un chiffre significatif (plus 122 000 votants) avec un net rejet du projet Caron (67%,3) qui amplifie les rĂ©sultats des sondages prĂ©cĂ©dents de ce type publiĂ©s dans Le Point et Orange Actu qui portaient sur des Ă©chantillons moins importants et qui Ă©taient plus serrĂ©s. L’abolition de la corrida est donc rejetĂ©e par une large majoritĂ© des français contrairement Ă  ce que raconte Aymeric Caron qui s’appuie sur des sondages datĂ©s qui n’ont plus d’actualitĂ©.

Il y a une nette Ă©volution de la sociĂ©tĂ© dans le sens du respect des libertĂ©s, des diffĂ©rences et de plus de tolĂ©rance. Ce qui explique sans doute la position très mesurĂ©e du PrĂ©sident de la RĂ©publique qui s’est nettement prononcĂ© lui aussi contre l’interdiction.

Tout cela n’a pas une valeur scientifique, c’est ce que vont nous opposer les supporters de Caron, certes mais c’est une indication très nette de la volontĂ© des Français qui, sans tous adhĂ©rer Ă  la corrida et Ă  sa culture, ne veulent pas non plus son interdiction. Les dĂ©putĂ©s devront tenir compte de cette rĂ©alitĂ©.

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/etes-vous-favorable-a-l-interdiction-de-la-corrida-comme-le-propose-aymeric-caron-20221123

Ceci Ă©tant dans la situation politique très incertaine oĂą nous nous trouvons et malgrĂ© les promesses du PrĂ©sident tout est encore possible cette nuit Ă  l’AssemblĂ©e Nationale. L’acharnement de LFI Ă  soutenir le texte est prĂ©occupant. Si son groupe lui a donnĂ© la prioritĂ© sur celui consacrĂ© au pouvoir d’achat et au salaire minimum c’est par calcul assurĂ©ment: faire oublier la bavure Quatenens. Dans l’espoir d’obtenir un succès tangible dont on ne mesure pas les consĂ©quences. Des dĂ©putĂ©s RN ont dĂ©clarĂ© qu’ils voteraient le texte. Y aura-t-il des dĂ©serteurs dans le camp Renaissance malgrĂ© les dĂ©clarations du chef de l’Etat ? Des isolĂ©s chez LR, qui n’a pas donnĂ© de consignes de vote, ou sur les bancs de non inscrits? Des dĂ©putĂ©s tentĂ©s d’enfreindre la parole prĂ©sidentielle honnie Ă  peu de frais ? Tout cela peut-il faire une majoritĂ© ?

MĂŞme si les taurins et, les toreros notamment font un travail brillant de conviction en montant Ă  Paris, mĂŞme si les mĂ©dias sont moins abrupts dans leurs jugements -ce qui montre que nous devons mieux communiquer-, mĂŞme si l’opinion publique Ă©volue vers plus de bienveillance Ă  notre Ă©gard -c’est lĂ  le point essentiel-, la messe n’est pas dite, je regrette de le dire: nous verrons cette nuit. Comme le dit le dicton populaire “c’est Ă  la fin du marchĂ© que l’on compte les bouses”.

Pierre Vidal

“L’habit de Lumières Un autre regard” par Inca Virgo Arte

L’Union des Bibliophiles Taurins de France publie le 19 novembre Ă  l’occasion de son AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale au MusĂ©e Taurin de BĂ©ziers son dernier livre ” L’habit de Lumières, un autre regard” Ă©crit par Encarnacion San Nicolas sous le pseudo d’Inca Virgoarte.Dans un texte richement documentĂ© et illustrĂ© l’auteure montre 

 comment le contexte socio-culturel des XVII ième  et XVIII ième siècles a conduit des hommes pauvres et illétrés à créer et imposer un habit aussi luxueux que peu fonctionnel.

Inca Virgo Arte dĂ©cĂ©dĂ©e il y a maintenant il y a plusieurs mois a collaborĂ© avec talent Ă  ce site. Elle a aussi publiĂ© plusieurs nouvelles dans la revue de “Mexico Aztecas y Toros” et notamment dans son dernier numĂ©ro.

Caroline Fano sur CNEWS: “la corrida ce n’est pas de la torture”

Les toreros français à Paris

Bravo aux toreros français montés à Paris pour défendre leur art et notre culture, aux côtés de l’UVTF représentée par son vice-président Charles Dayot maire de Mont de Marsan.

Emmanuel Macron Ă  propos de l’abolition: “ça n’est pas la prioritĂ© du moment”

Marc Serrano face Ă  Pascal Praud

Fabien Roussel: “Je voterai contre l’interdiction de la corrida”

Il y a du tirage au sein de la NUPES (on s’en doutait). Au moins avec Roussel c’est clair.

Que va faire Boris Vallaud prĂ©sident du groupe PS au sein de la NUPES, dĂ©putĂ© des Landes et très discret sur la question ? Peut-ĂŞtre sera-t-il pris d’une envie irrĂ©sistible d’aller aux toilettes au moment du vote ?

Carlos Olsina Ă©crit Ă  “Causeur”

Carlos Olsina (de son vrai nom Charles Pasquier) a 26 ans. Il est le 71ème Français Ă  avoir reçu l’”alternative”, et donc, Ă  ĂŞtre Matador de toro. A deux jours d’une possible interdiction de la corrida sur le territoire national, le torero d’origine biterroise Ă©crit ces quelques mots pour expliquer sa vocation.

https://www.causeur.fr/lettre-dun-jeune-matador-francais-corrida-247335

Photo Diario de Sevilla

Plus jeune, je cherchais un sport. Un sport du mercredi. Ce fut le tennis d’abord, le trabendo ensuite. En bon Biterrois, il y eut Ă©galement le Rugby Ă  l’ASBH. Et puis, dans cette recherche un peu lĂ©gère, est arrivĂ© l’école taurine de BĂ©ziers. Sans vouloir faire de la tauromachie ma vie, il y eut une affinitĂ©. Manier les capes, les muletas, imaginer la bĂŞte charger sur moi et accueillir sa charge tout en la dĂ©tournant de mon corps, furent autant de sensations qui, inexplicablement, rĂ©sonnaient en moi. Arriva, enfin, la rencontre avec cet animal mystĂ©rieux qu’est le toro bravo. Le toro espagnol. Ce n’était plus un sport du mercredi dont il s’agissait, ce n’était d’ailleurs plus un sport. J’accĂ©dais Ă  un monde qui m’était alors encore inconnu : celui de l’art. Ce monde dans lequel il Ă©tait possible d’exprimer ses Ă©motions, de les transmettre. Ce monde de la crĂ©ation d’une forme esthĂ©tique pour exprimer le fond. A douze ans, ce sont des choses qui troublent, qui interpellent. Après avoir goutĂ© cela, je compris vite que je ne pouvais plus reculer, que ma vie, si je m’en donnais la peine, avait sa place dans ce monde fascinant de la tauromachie.

Mes hĂ©ros, je les voyais habillĂ©s de lumière dans les arènes de BĂ©ziers chaque 15 aout… souvenirs inoubliables que je revois Ă  travers mes yeux d’enfant. Je les regardais en me disant, « Un jour serai Ă  leur place. Je veux devenir un hĂ©ros Ă  mon tour Â». Je pensais aussi Ă  la peur d’être face Ă  cet animal si terrifiant. Terrifiant, mais fascinant, attirant, si bien qu’on ne put faire autrement que de lui construire un culte dans nos rĂ©gions.

Mes premières annĂ©es Ă  l’école taurine furent plus marquĂ©es par le grand nombre de roustes que me flanquèrent les vaches braves, que par les triomphes de mes faenas (enchainement de passes). Mais peut m’importait alors. La graine Ă©tait en moi et ne cessait de germer. Très rapidement, le toro avait fait le vide dans mes pensĂ©es. Il Ă©tait seul. Il n’y avait plus que lui. C’est inexplicable. Presque mystique. Cette passion du toro et de l’approche de son mystère est irrationnelle. La dĂ©cision Ă©tait prise : je serai torero. Torero comme ceux que j’admirais et qui bouleversaient les foules entières par la beautĂ© de leur art. Torero comme ceux dont le courage devenait un exemple pour tous les gosses dont je faisais partie. MalgrĂ© la duretĂ© des entrainements, des Ă©preuves, des blessures, malgrĂ© le chemin long et parfois ingrat, rien ne me faisait baisser les bras. Plus que l’entrainement physique, il y eut la recherche de l’accord avec le toro. Cet accord si difficile Ă  trouver lorsque l’on a affaire a une bĂŞte sauvage animĂ©e par son impitoyable instinct de combat ! Faire de mon adversaire un partenaire, une tache d’autant plus difficile que chaque toro est diffĂ©rent, imprĂ©visible, et qu’il faut donc Ă  chaque toro chercher de nouveau. Trouver la corde sensible qui nous liera, qui effacera Ă  mesure le combat, et nous mènera Ă  la fusion… voilĂ  quel fut l’objet de mes rĂŞves, de mes dĂ©sirs. Trouver cette entente en un moment si court et face Ă  une bĂŞte si sauvage relève presque du miracle. Mais c’est aussi cela la tauromachie, l’espoir du miracle.

A cette quête, je l’avoue, se mêlait également le rêve du triomphe et de la reconnaissance. Mais le moteur principal restait avant tout la recherche de cette relation particulière avec le toro. Si particulière qu’on a du mal à mettre des mots dessus, et qu’on a préféré y mettre des passes à l’aide de nos capes. Avec cette cape entre nous, qui nous cache et qui nous lie, on cherche à le connaitre toujours plus, ce toro qu’on ne connaitra jamais vraiment. Il y a d’ailleurs quelque chose d’assez obscène à montrer cette relation si intime. Ce qui se passe entre le toro et le matador ne devrait rester qu’entre eux, pour eux. Mais ce qui justifie le caractère public de cet acte, c’est que le public voyeur de l’histoire qui s’écrit devant lui, se sent parfois touché, ému par ce qui jaillit du couple en piste. Voilà la puissance de la corrida.

VoilĂ  pourquoi j’ai dĂ©cidĂ© de sacrifier une vie normale Ă  cette quĂŞte. Jeune, j’ai quittĂ© ma vie, mes Ă©tudes, pour aller m’installer Ă  SĂ©ville avec quelques grands et beaux rĂŞves en poche, et une route assez rude devant moi. Aujourd’hui je suis Matador de toros, et ma route est encore longue. J’aime toujours autant ce toro dont je ne parviens pas Ă  percer les mystères. Je l’aime et j’ai besoin de lui pour m’exprimer. La corrida m’a fait rĂ©flĂ©chir, m’a fait grandir. Qui serais-je sans elle ? Impossible de me l’imaginer car ce que je suis, c’est torero. Rien d’autre, torero ! Si l’on balaye la corrida d’un simple revers de main, c’est moi que l’on balaye. C’est moi que l’on interdit. C’est l’émotion noble recherchĂ©e par des centaines de milliers de spectateurs qu’on leur arrache. L’interdiction de la corrida, aucune personne ayant goutĂ© Ă  cet art ne pourra s’y rĂ©soudre. Je vis aujourd’hui en torero, et c’est bien ainsi que je compte mourir.

SuperLĂ©a dans “On n’est pas couchĂ©”

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