Nous avons appris de décès du grand journaliste écrivain, Dominique Lapierre auteur entre autres bests sellers géniaux de “Ou tu porteras mon deuil” avec Larry Collins et le soutien actif du grand éditeur Robert Laffont qui a cru tout de suite au projet. Il s’agit du livre taurin le plus lu au monde. C’est aussi son premier succès littéraire qui eut un retentissement mondial. Sans doute il aura beaucoup fait pour bâtir la légende du cinquième Calife de Cordoue “El Cordobes”, le torero le plus populaire de l’Histoire avec Manolete.

C’est un récit vif, inscrit dans la réalité de la dictature Franquiste, qui saisit bien l’âme tourmentée de Manolo, jeune homme pauvre, tenaillé par la faim, révolté par l’iniquité d’un système injuste et prêt à tout pour en sortir. C’est un livre qui a contribué à la popularité de la corrida et à son ouverture sur le monde. Manuel Diaz qui avait bien compris les objectifs des deux journalistes, néophytes pourtant au début de leurs investigations, avait su batir avec eux des relations de confiance, intimes qui sont à la base de la qualité exceptionnelle de ce récit.

Dominique Lapierre que j’ai eu le privilège de rencontrer à plusieurs reprises était un homme simple et affable, qui ne méprisait pas les débutants et qui parlait de son expérience tauromachique avec facilité et fierté. Il mit plusieurs années de travail acharné pour aboutir à écrire son ouvrage qui se vendra à plusieurs millions d’exemplaire sur toute la planète. Il eut longtemps des contacts directs avec Manolo qu’il appelait facilement sur son téléphone portable. A-t-il gardé des liens avec le monde des toros ? Je ne peux y répondre bien que je ne l’ai jamais rencontré dans ce cadre. Il conservait en tout cas de cette expérience professionnel de très bons souvenirs. De cette expérience “tauromachique” Dominique avait gardé ce jugement : « Les toros sont une grande tradition culturelle, ils appartiennent à la mentalité d’un pays. C’est une capacité à produire de la beauté et de la foi dans un monde qui a abandonné ses racines.”

Dominique Lapierre était aussi un philanthrope auteur notamment de la “Cité de la joie”. Selon le Figaro: “En 2005, l’auteur se félicitait du fait que, grâce à ses droits d’auteur, des dons de lecteurs et les gains de conférences prononcées dans le monde entier, son action humanitaire «avait permis de guérir en 24 ans un million de tuberculeux, soigner 9000 enfants lépreux, construire 540 puits d’eau potable et armer quatre bateaux hôpitaux sur le delta du Gange en Inde».

Pierre Vidal