Juan del Alamo à Las Ventas (photo Burladero tv)

Juan del Alamo a disparu des radars des aficionados. Comment expliquer cette absence brutale d’un torero de cette pointure qui jouissait de beaucoup d’estime à Salamanque, dans le nord de L’Espagne et plus particulièrement encore dans le sud-ouest de la France? L’absence d’un des plus solides espoirs de sa génération en aura interrogé plus d’un. Après un intermède avec les frères Valverde qui se sera soldé par un médiocre résultat, une année 2021 en blanc qui a succédé à celle de 2020 que l’on qualifiera de médiocre et perturbée par le COVID, Juan revient des mains de Lazaro Carmona, ancien matador de toros et solide taurin.

Dans une récente interview pour SALAMANCArtv AL DÍA., https://salamancartvaldia.es/noticia/2022-12-02-del-alamo-tras-un-2022-en-blanco-estoy-preparado-y-con-ganas-el-toro-es-mi-vida-310309 réalisée par Maria Fuentes, dont nous publions ici de larges extraits, Juan nous éclaire sur ces difficiles moments et il l’assure : Il n’a jamais pensé à se retirer définitivement, mais il admet que psychologiquement “ce furent des mois très durs”.

« Décider de se retirer et voir comment les mois passent sans que mon nom soit mentionné c’est très difficile, je ne le nierai pas. Je me suis retrouvé sans agents, je n’ai pas remporté le succès dont j’avais besoin à Vistalegre et à partir de là, tout s’est enchaîné. C’est vrai que je n’ai pas perdu espoir à 100%, mais en voyant comment la saison de cette dernière année se présentait j’ai envisagé de partir sans me battre, de me recycler et de tout voir d’un autre point de vue. Cette année, je n’ai disputé que deux festivals parce que ma tête et mon cœur me l’ont demandé. J’ai décidé de ne pas me battre pour me voir annoncer dans les corridas car j’étais seul, je me suis reposé pour avoir la motivation et l’illusion qu’un torero devrait toujours avoir quand il enfile l’habit de lumière. Je ne voulais pas me tromper, l’année n’était pas pour moi, et j’ai décidé de raccrocher le costume un moment, de me recycler et de me retrouver », explique-t-il.

Ce qui a fait le plus mal, avoue-t-il, c’est de ne pas pouvoir combattre à Madrid. La non prise en compte de sa régularité incontestable et d’une grande porte le 8 juin 2017. A ce triomphe retentissant, s’ajoutent encore huit trophées coupés consécutivement au cours des années 2013 (trois), 2014 (deux), 2015 (un) et 2016 (trois. Malgré tant d’absences, del Álamo n’a pas perdu la foi. Pour cela, il a confié sa carrière Lázaro Carmona, le torero retraité de Jaén. En 2023 “tout espoir est là”.

« Maintenant, je me sens très bien, motivé. J’ai trouvé un représentant prêt à se battre pour moi dans les bureaux, c’est une personne loyale et professionnelle. Nous sommes réalistes: ce ne sera pas facile, car la situation est telle qu’elle est, pour la tauromachie en général et pour ma situation en particulier. Ça va être difficile, on le sait, mais je suis excité. Cette pause m’a aidé à savoir qui je suis, je n’ai pas perdu l’essence de ma tauromachie. On me verra avec cette maturité que donnent les années et les coups que la vie te donne. Si Dieu le veut et qu’il y ait une opportunité de montrer ce que je ressens, je pense que vous verrez un torero concentré, motivé et désireux de gagner pour ressentir à nouveau ces sensations”, explique-t-il.

Ainsi, avec cette philosophie, le taureau revient marquer son quotidien. “Je ne comprends pas ma vie sans ça, sans l’entraînement physique, sans la tauromachie, sans l’illusion de me battre pour me voir annoncé (…) mon quotidien c’est le taureau, c’est ma vie depuis que je ai recours à la raison. J’assume l’effort et le sacrifice que cela implique, je le connais bien, et je suis prêt à tout pour atteindre ces objectifs. Je ne peux pas concevoir ma vie sans me battre, et j’espère pouvoir à nouveau me faire plaisir dans les arènes. Je suis prêt”, conclut-il.

Parmi les retours annoncés ceux de de Sébastien Castella, El Cid, quel sera la place de Juan del Alamo un jeune torero qui a laissé de beaux souvenirs ? Lui donnera-t-on ces opportunités qu’il mérite afin de juger sur pièce ce nouvel épisode de sa vie ? Aura-t-il cette seconde chance qu’il mérite?

Recueilli par Maria Fuentes. (Traduction Pierre Vidal)

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