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Aire-sur-L’Adour, récital Luque

Aire-sur-l’Adour. Dimanche. Moins de 1/2 arène.

Toros de Valdefresno, Vuelta au sixième. 

Fernando Robleño, ovation et saluts et oreille; 

Octavio Chacón, vuelta al ruedo et oreille; 

Daniel Luque; deux oreilles après avis et deux oreilles.

Daniel Luque et le mayoral de Valdefresno sont sortis en Triomphe

Gros succès artistique de la corrida des fêtes aturines qui a soulevé l’enthousiasme d’un public venu trop peu nombreux une année encore. Pourtant une fois encore les absents ont eu tort. La corrida de Valdefresno était légère dans l’ensemble et inégale de trapio mais armée sérieusement. Elle s’est plus exprimée au troisième tiers que sous la pique où elle a été discrète mis à part le sixième, le plus complet. Sous la muleta, la course a montré dans son ensemble une noblesse vibrante, sans fadeur, avec de la mobilité et de la transmission. Il y avait à faire…

Fernando Robleño qui n’est pas souvent à pareille fête, a tenu à montrer qu’il était autre chose qu’un belluaire et que sa capacité à se tirer d’embuscades risquées ne devait pas faire oublier que c’était avant tout un bon torero. On le vit dès son premier passage où il a toréé avec temple, dans un corte classique, peut-être austère, un excellent adversaire qui a manqué cependant un peu de force. Il y eut une pétition, mais minoritaire : il est toujours difficile d’ouvrir le bal. Fernando remit le couvert à son second passage face à un animal avec lequel visiblement il prit du plaisir. Une entière tombée légèrement et une récompense à laquelle il semblait tenir.

Un ton en dessous Octavio Chacon qui n’a pas eu la classe qu’il a d’habitude dans des batailles plus dures, il est vrai. Le Gaditano, n’a pas su saissir les opportunités de son premier adversaire. Plutôt que de se cantonner dans ce toreo classique où il excelle, il concéda trop au public, racourcissant les terrains pour un numéro « encimiste » qui n’était pas du meilleur goût. Sa seconde faena plut cependant et comme il tua d’un estoconazo, il coupa un trophée.

Grande soirée de Daniel Luque décidément en veine comme on avait pu le voir lundi dernier à Vic-Fézensac. C’est le torero du moment et c’est une chance car il va se multiplier dans le sud-ouest avec un contre six à Bayonne qui s’annonce comme le grand moment de la temporada. Daniel brilla à la cape, surtout au second avec des véroniques superbes mais aussi dans un quite par chicuelinas posées au cordeau. Il s’illustra dans l’ensemble du combat et enthousiasma le public à la muleta. Sans doute combine –t-il de manière unique la maîtrise de soi et la compréhension de l’animal mais aussi la recherche esthétique et la variété. Il faut ajouter à cela une sécurité à l’épée qui fait que rien ne lui échappe. Ainsi il s’est imposé en patron tout au long de l’après-midi faisant taire la musique pour conclure des travaux plutôt classiques jusque là, sur une note spectaculaire comme ces superbes et interminables redondos qui emportèrent l’adhésion d’un public debout pour l’ovationner. Daniel par son toreo maîtrisé et joyeux donne du bonheur aux gens, c’est tout de même précieux par les temps qui courent… Il doit contribuer lui aussi à ramener du public aux arènes.

On ne peut conclure sans rappeler le souvenir d’Ivan Fandiño tombé au combat dans ces arènes Maurice Lauche. L’harmonie aturine joua son paso-doble à l’issue du troisième toro dans un silence recueilli, témoignage de l’émotion collective et du souvenir que ce grand torero a laissé dans les cœurs de l’aficion du sud-ouest.

Pierre Vidal

Photos. Roland Costedoat

Istres, triomphe de la corrida charra

Par Paul Hermé http://www.torofiesta.com

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Clôture triomphale avec la sortie a hombros de la terna : Juli, Castella, Luis David…

No hay billetes, beau temps avec léger vent, plaza décorée par de superbes motifs, sur les planches comme au sol. Six toros de Victoriano del Río plus un sobrero de regalo monopiqués,  donnant un jeu divers, meilleur ce dernier qui a eu les honneurs de la vuelta posthume.

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Avant le paseo, superbe évolution charra, avec en particulier un maniement du lasso du plus bel effet, le tout accompagné au son d’un groupe de mariachis…

Après le paseo, un souvenir a été remis aux trois maestros, puis Hector Gutierrez est venu en piste recevoir son trophée remporté le matin.

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El Juli (deux oreilles et oreilles) lança le débat par bon capoteo avant un monopuyazo en mode « tournez manège » ! Bon quite par chicuelinas puis début de faena par le haut, Juli alternant les échanges sur les deux bords en toréant à sa main avant de conclure par entière techniquement habile. Son second lui compliqua davantage l’existence et il ne put proposer le plus souvent que quelques mouvements de différente intensité applaudis après les échanges, avant épée de gendarme.

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Sébastien Castella (saluts, silence puis deux oreilles et la queue) signa un bon capoteo de réception avant une pique poussée puis de beaux doblones de en se fendant. La faena comprit ensuite quelques mouvements méritoires, mais sans grande transmission face à un toro à l’ardeur vite déclinante. Entière au troisième envoi. Le quinto prit une piqûrette pour la forme et après un bon quite varié puis un second tercio applaudi, Sébastien brinda au public une faena faite de mouvements soignés, mais sans grand écho sur les tendidos, à cause de réponses mièvres de la part de son opposant. Entière au second coup. Plus tard, alors que Luis David allait réaliser sa seconde faena, une annonce au micro nous apprit que comme il est de coutume au Mexique – et voyant ses deux compañeros arithmétiquement autorisés à sortir par la grande porte -, le Biterrois lidierait en septième position le sobrero de regalo !

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Sortit alors « Comunero » qui allait s’avérer le meilleur de l’envoi, Sébastien bénéficiant d’applaudissements de soutien et se distinguant au capote au son de Vino Griego ! Bon puyazo poussé puis début de faena par deux cambios au centre sans bouger un orteil. La suite par enchainements bien cadencés sur les deux versants face à un bicho qui répétait à souhait. Entière trasera qui libéra un rabo dans l’alegría générale.

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Luis David Adame (deux oreilles et vuelta) s’est fait applaudir au capote avant une rencontre poussée puis une vuelta de campana suivie d’un bon quite par chicuelina et rebolera. Brindis à Bernard Marsella d’une faena entreprenante sur les deux rives, le bicho devant être sans cesse ramené vers le centre, lui qui lorgnait sans cesse vers les tablas. Labeur efficace avant un coup de canon a recibir. Après un bon capoteo rematé par serpentina, une rencontre puis un quite par zapopinas, il brinda à l’assemblée un second trasteo effectué en alternance sur les deux pitons, se faisant bousculer sans mal en fin exercice avant une série de manoletinas puis une demie.

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En matinée, devant environ une demi-arène, six novillos des frères Jalabert donnant du jeu la plupart, en retrait le dernier.

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Maxime Solera (oreille) débuta sa faena par deux largas au centre et après une pique puis un brindis à l’assistance, il alla s’agenouiller sur la bouche d’arrosage pour exécuter des derechazos qui déclenchèrent l’orphéon. La suite à l’avenant, Maxime profitant des bonnes conditions de son opposant pour proposer des séries rondement menées devant un public un peu froid, avant entière au second envoi.

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Cristian Pérez (oreille) reçut son adversaire par une larga avant bon capoteo. Le novillo mit les reins sur l’unique assaut puis bon quite par saltilleras, le bicho venant de loin, puis faena brindée à l’assemblée et au ciel avec départ aux planches, Cristian devant par la suite aguanter quelques retours assassins. Lancé à fond dans la bataille, il fit preuve d’un cran remarquable, essuyant deux violentes volteretas qui malgré la douleur ne l’ont pas empêché de poursuivre jusqu’au coup de canon final qui libéra un pavillon avant qu’il ne regagne l’infirmerie.

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Carlos Olsina (vuelta) aura appris à ses dépens qu’il ne suffit pas de réaliser une bonne faena pour obtenir une récompense, mais qu’il faut aussi réussir l’estocade. Toujours en phase d’apprentissage, c’est un domaine qu’il devra chercher à améliorer, car pour le reste, il a affiché de nets progrès, se montrant notamment davantage posé. Charles nous a gratifiés de séries allurées sur les deux bords, donnant la distance et templant face à un bon novillo, la conclusion par pinchazo, tiers de lame et deux descabellos venant ternir la prestation la plus aboutie de la matinée… jusqu’à l’usage de la ferraille. Malgré ce bémol, prestation encourageante pour la suite, à condition…

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Héctor Gutiérrez a affronté un bicho qui prit une pique désordonnée en deux temps. Brindis au conclave et début par muletazos suaves et appliqués, ce qui sera le dénominateur commun d’une faena qui aurait pu trouver meilleur écho sur les étagères. Il se fit attraper sans mal apparent avant un final agenouillé puis une entière. Un seul trophée tomba du palco alors que le second aurait été à mon humble avis mérité. Bronca à l’autorité.

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Alfonso Ortiz (silence) venait tout auréolé de son classement à l’escalafón 2018 dont il finit leader. Au vu de sa prestation istréenne, on se demande bien pourquoi car face à un adversaire qui sortit « con gas », il ne put proposer le plus souvent qu’un trasteo assez plat et marginal, de pases y pases, sans jamais soulever la passion, conclu par bajonazo au second envoi.  

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El Rafi a eu la malencontreuse infortune de tomber sur un adversaire à la limite de l’invalidité. Il se montra appliqué dès les premiers capotazos  puis sur un quite par chicuelinas au sortir de la monopique où le bicho subit. Brindis aux étagères, début agenouillé au centre, mais les échanges qui suivirent ont été altérés par la faiblesse de son opposant, ce qui a enlevé toute émotion et vibration malgré les efforts du Nîmois. Entière tombée.

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Reportage http://corridatv

Istres, le duel pour Cortes

Par Paul Hermé http://torofiesta.com

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Triomphe de Javier Cortés qui a coupé les deux oreilles du sixième toro de Valverde…

Arènes pleines, ciel changeant…

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Six toros de Valverde bien présentés, charpentés, sérieux, très armés la plupart, donnant un jeu divers, les 1 et 3 en retrait. Poids allant de 495 à 580 kilos.

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Octavio Chacón (silence, saluts et saluts) n’a pas dansé avec les plus belles, tout au moins en ce qui concerne ses deux premiers clients. Bien reçu au capote, le premier prit un premier puyazo profilé puis sortit seul de l’autre avant un bon quite par chicuelinas. A la muleta, le Valverde ne tarda pas à lui chercher des noises, jouant rapidement la défense avec une certaine violence dans ses attaques et retours. Conclusion par quasi entière avant que le toro ne soit relevé. Le troisième poussa sur le premier assaut, puis belle arrancada à l’autre, mais sans insister sous le fer. Après un second tercio médiocre puis un brindis à l’assistance, Octavio signa plusieurs échanges périlleux en faisant ressortir son aguante, sans grande option de proposer autre chose qu’un corps à corps générant davantage de susto que d’alegría. Le bicho s’orientait de plus en plus et Chacón s’en défit à la peine. Après une réception appliquée du quinto qui prit une pique rectifiée et une autre protestée, le maestro de Prao del Rey profita des meilleures conditions de cet adversaire comparées à celles de ses précédents clients pour étaler une torería plus aboutie, notamment sur la rive droite, sans parvenir toutefois à réellement lier, mais en sortant tout de même quelques passages isolés des plus valeureux. Demie trasera.

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Javier Cortés (saluts, vuelta et deux oreilles) n’a pas perdu son temps au Palio, repartant a hombros grâce à son ultime combat qui couronna une tarde réussie. A la sortie, je disais que s’il parvenait à mieux conclure, il serait actuellement dans le haut de l’escalafón car il a encore, outre sa vaillance, affiché un potentiel technique et artistique remarquable… Bonne réception capotera de son premier puis premier et unique assaut bien contenu, avant un joli quite par chicuelinas rematé par larga cordobesa. Brindis à l’assemblée et cite de loin par statuaires, avec réponses mitigées d’un toro dont les forces n’étaient pas le principal atout. Malgré un avertissement, Javier aligna les tandas avec envie et énergie, se faisant remarquer à bâbord, mais perdant par la suite son crédit à cause d’un mauvais maniement de l’estoc. Au quatrième, autre bon accueil capotero avant une première pique poussée et une second en mode homéopathique. Bonne entame de faena en se fendant, puis trasteo méritoire, les muletazos étant distillés pour la plupart avec aisance et temple. Mais ce que l’on redoutait allait se produire une nouvelle fois, à savoir une conclusion médiocre qui le priva de trophées.  Mais comme il ne faut jamais totalement désespérer, le Madrilène allait trouver la récompense d’un labeur sérieux et appliqué avec l’ultime, une cathédrale – « todo un pavo » ! – avec lequel il fit une nouvelle fois remarquer sa facilité capotera. Deux rencontres sortie fermée puis saluts au second tercio de Morenito d’Arles et José Antonio Prestel. Ensuite, Javier donna la distance pour exécuter plusieurs tandas ambidextres qui mirent en exergue les qualités d’un Valverde bien exploitable malgré son impressionnant tamaño. Faena rondement menée conclue par entière caída. Javier pouvait alors libérer sa joie, et si la seconde oreille pouvait se discuter, elle a été accordée à mon avis pour l’ensemble de sa tarde. A Istres, on n’est ni à Madrid, ni à Bilbao, et ce triomphe ne souffrait d’aucune discussion dès lors que l’on considérait la globalité de sa prestation. En définitive, trois faenas méritoires de la part d’un torero méritant !!!

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Vuelta avec le mayoral

Le prix au meilleur picador n’a pas été attribué, celui du triomphateur allant logiquement à Javier Cortés.

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Sobresaliente : Jérémy Banti qui n’eut pas à intervenir.

Paul Hermé www.torofiesta.com

En matinée, à l’initiative de l’AFAP pour ses trente ans, plusieurs animations pédagogiques étaient proposées avant une capéa à laquelle ont été invités plusieurs aspirants et même des débutants encadrés par des professionnels qui leur ont fait faire  leurs premiers pas.Nous y reviendrons en détails dans le courant de la semaine…

Istres: alternative d’Adrien Salenc

Vidéo corridatv

Par Paul Hermé http://torofiesta

Oreille pour Adrien Salenc à son toro d’alternative, une autre pour Roca Rey, mais globalement, corrida limitée par les rafales et le manque de transmission de la plupart des toros…

Arènes pleines. Six toros de Zalduendo inégaux de présentation et de comportement, un lot souvent piqué a minima, noble, mais manquant de piquant. 

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Adrien Salenc (oreille et silence) arborait un superbe costume bleu pastel et or et après avoir été invité à saluer, une ovation qu’il a tenu à partager avec ses compañeros, il reçut son premier par larga de rodillas suivie d’un bon capoteo par véroniques. Rencontre poussée avec palo brisé puis batacazo, et après un bon quite par chicuelinas, est venue l’heure de la cérémonie, d’autant plus émouvante par rapport aux liens tissés entre le maitre et son élève. Au moment du brindis à son père qui s’en est suivi, le vent se mit à souffler plus fort pour ne pratiquement plus jamais faiblir. Excellents doblones en se fendant puis bons enchainements droitiers exécutés face à un adversaire qui répétait. Adrien se montra ensuite déterminé sur l’aile gauche puis conclut d’une entière et d’un coup de descabello. Sa première oreille en tant que matador était dans le sac ! L’histoire retiendra que c’est le 66ème matador français, consacré par El Juli et combattant le toro de Zalduendo « Zafarrancho », N°110, âgé de 4 ans et 1 mois, 498 kilos… Deux heures plus tard environ, Adrien n’a pu écouter que le silence dans une ambiance plombée par un ciel charbonneux et la lumière artificielle.

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Il se montra à son avantage une nouvelle fois au capote et après une pique sans excès, il brinda à l’assistance une faena démarrée par le haut et poursuivie par redondos décidés, alors que son opposant commençait à baisser de ton. La suite en faisant un effort pour maintenir l’intérêt, affichant ses ganas, le tout étant hélas altéré par un échec avec la ferraille. Mais dans l’ensemble, on peut dire qu’Adrien, très ovationné en se retirant, a laissé une bonne impression qui demandera à être confirmée lors de ses prochaines échéances… sans vent de préférence ! Sur ce qu’il a montré aujourd’hui, il y a de quoi être confiant…

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El Juli (applaudissements et saluts) débuta avec un adversaire qui prit un premier puyazo en poussant à la croupe avant de subir, puis un second protesté. Rafales de plus en plus violentes, retour de protocole avec Adrien puis trasteo appliqué, sérieux, son toro ne l’aidant guère. Conclusion à la mode du chef. Le quatrième prit un bon puyazo puis brindis à l’assemblée et excellente entame de faena par derechazos templés, le tout à l’avenant et s’il n’avait une nouvelle fois cafouillé avec la rapière, il aurait pu être mieux récompensé. Mais avec des si…

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Andrés Roca Rey (silence et oreille) brinda au public après une pique sans histoire une faena donnée à un toro manquant de race, comprenant plusieurs passages suaves et bien guidés, sans pouvoir réellement lier et enchainer. Conclusion catastrophique. Bien reçu au capote, le bicho accusa le coup en effectuant deux vueltas de campana, la première au sortir de la pique, puis la seconde en tout début de faena. Cela se ressentit plus tard lors d’un trasteo propret, mais qui eut du mal à porter sur les tendidos. Après une entière au centre, Roca Rey put promener une esgourde accordée in extremis après pétition minoritaire…

Paul Hermé

Nimes dimanche

Par Paul Hermé

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En matinée, sortie a hombros par la Porte des Consuls pour Paco Ureña et par celle des cuadrillas pour Pablo Aguado. Le soir, déception ganadera avec des Juan Pedro Domecq manquant de forces et d’alegría…

Demi-arène, ciel menaçant, vent parfois gênant. Six toros de Victoriano del Río correctement présentés, donnant un jeu inégal. A l’issue du paseo, les trois diestros ont été appelés à saluer.

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Diego Urdiales (silence aux deux) affronta en premier lieu un adversaire qui prit deux piques, sortie fermée la première et anodine l’autre, Ureña devant ensuite abréger son quite. Après retour de protocole pour la confirmation d’Aguado, le Riojano dut nous gratifier d’un combat à l’ancienne face à un animal rétif et violent dans ses brusques retours, avant d’abréger la séance par entière au second envoi, suivie d’un descabello. Le quatrième prit deux piques, sans style la première et sans insister la suivante, et après avoir brindé au public, Urdiales dut essuyer plusieurs coups de testut qui l’incitaient à la méfiance. Il distilla quelques muletazos valeureux sans pour autant réellement dominer les débats au cours d’un trasteo en demi-teinte qui résulta en deçà de l’attente… Entière puis coup de verdugo.

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Paco Ureña (oreille et deux oreilles) est reparti a hombros par la Porte des Consuls grâce notamment à un second combat supérieur. Auparavant, il eut en partage un premier client qui s’employa lors de la première rencontre avec la pièce montée, avant une deuxième pour faire le compte règlementaire. Brindis à l’assistance et entame décidée, Paco cherchant un aléatoire abri du vent puis tirant une excellente série de naturelles qui  déclencha la musique. La suite par mouvements aboutis, se faisant remarquer par la fluidité de ses gestes grâce à un poignet guidant une muleta à la fois suave et assurée. Final rapproché avant entière au second envoi. Mais c’est avec un bon quinto que le Lorqueño allait se surpasser et faire chavirer le cirque car après une sortie au pas et un tercio de varas limité à sa plus simple expression, le bicho alla a más dans une flanelle templée autant sur la gauche que sur des redondos sans fin. Ureña exprima tout au long de son trasteo une joie de toréer qui faisait plaisir à voir, lui qui a payé un si lourd tribut à sa passion, transmettant sur les travées avant l’entière qui en libérant deux trophées ajoutés à un premier au tour précédent, lui ouvraient une Porte des Consuls si convoitée…

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Pablo Aguado (silence puis deux oreilles) était venu confirmer, précédé d’une flatteuse réputation après notamment ses quatre oreilles sévillanes. Fortement contrarié par le vent , il réalisa entre les deux rencontres un quite appliqué par chicuelinas, avant une bonne réplique d’Urdiales après la seconde.

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Début tout en douceur par derechazos suaves, puis la suite à l’unisson au son de la « Concha Flamenca », avec toutefois quelques vides dans la partition d’un Aguado visiblement désireux de convaincre. Entière après pinchazo. Excellent capoteo de réception de l’ultime qui s’enfuit en bondissant au premier assaut, avant d’y retourner sans prendre pour autant le puyazo du siècle ! Mais le manso allait par la suite révéler un fonds de caste dans une muleta tenue magistralement par le Sévillan qui au son de « Caridad del Guadalquivir » allait composer une œuvre majeure, autant par les sentiments dégagés que par sa maitrise d’une gestuelle inspirée. Entière pour deux oreilles récompensant une brillante prestation qui à elle seule lui valut une sortie a hombros par la porte des cuadrillas. Pour une première dans cet amphithéâtre, c’était plus qu’une confirmation. Bel et bien un début de consécration !

Voir la vidéo ICI

Tarde. No hay billetes. Et dire qu’on entend souvent que la corrida n’intéresse plus personne !

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Six toros de Juan Pedro Domecq justes de forces et relation de cause à effet, donnant un jeu souvent limité.

Salut des deux toreros à l’issue du paseo. Sobresaliente : Jérémy Banti.

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Sébastien Castella (vuelta, oreille et silence) s’est faire remarquer d’emblée par l’accueil capotero de son premier qui prit deux piques avant un excellent quite par véroniques, puis bonne réplique du Péruvien. Entame assurée au centre d’une faena composée de séquences bien guidées sur les deux bords avant séance de surplace et desplante en jetant la muleta. Pétition appuyée non suivie d’effet. Après un cocasse intermède digne du marché de Brive la Gaillarde, deux aficionadas tentant de se crêper le chignon… sortie d’un superbe toro melocotón qui étala sa pêche sur le premier assaut, avant un second plus furtif !

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Ce tercio a été poursuivi par une surprise que nous réservèrent conjointement les deux diestros sous la forme d’un excellent quite « por colleras » avant un salut au second tercio de José Chacón et Fernando Pérez, puis un brindis à Gérard Jugnot. La suite par superbe entame agenouillée au centre  poursuivie par muletazos relâchés, dominateurs et templés, l’affaire baissant toutefois un peu en intensité, à l’image de son opposant. Entière. Bonne réception du quinto, deux rencontres puis saluts de Rafael Viotti avec les palos. Brindis à l’auditoire, deux cambios au centre avec reprise par redondos, le tout sans bouger un orteil ! Mais son opposant le laissa ensuite sans grande option, s’avérant totalement deslucido et ne générant aucune émotion. Entière pour en finir avec un bicho qui ne confirma pas l’adage…

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Andrés Roca Rey (silence, oreille puis silence) était lui aussi très attendu après son excellent début de temporada parsemé de nombreux triomphes. Bon accueil par véroniques de son premier qui alla deux fois au cheval pour des rations sans grande histoire. Quite suave de Sébastien puis toro protesté avant une faena proprette, mais dénuée de toute transmission à cause de la faiblesse prononcée de son adversaire. Entière au second coup et dépouille sifflée à l’arrastre. Devant le quatrième, Roca Rey a failli se faire décapiter en exécutant une larga à genoux, le rescapé signant ensuite un bon capoteo avant deux rencontres, la première sur le réserve et la suivant par pur simulacre. Brindis à l’assemblée et démarrage genoux en terre avant étalage de gestes de bon goût, notamment à tribord. Final encimista et entière. Avec l’arrivée de quelques gouttes, Andrés ferma la marche  en brindant à son compañero une faena donnée sous les sunlights des tropiques… qui par la suite attendaient les fans de l’autre côté de la place. En fait, il s’agissait de la lumière blafarde qui éclaire les fins de corridas. Face à un bicho sans grande saveur, à l’image de la plupart de ses frangins, la faena s’éternisa alors que les aficionados commençaient à déserter le cirque au terme d’un mano a mano qui ne passera pas à la postérité. Corrida de expectación…

Voir la vidéo ICI

Nîmes Mano à mano décevant

Nimes    . Feria de Pentecostés. Toros de Juan Pedro Domecq, correctes de présentation , nobles mais faibles et sans race  

Sebastien Castella, vuelta al ruedo avec un avis et forte pétition, oreille et silence

 Roca Rey, silence, un avis et une oreille et silence. 

Entrée: Lleno.

Salut des banderilleros José Chacón et Fernando Pérez au  troisième; et  Rafael Viotti au cinquième .

Madrid: Juan Leal héroïque

Madrid,  . Feria de San Isidro. Toros de Pedraza de Yeltes, bien présentés, bravitos, nobles mais manquant de fond, d’alegria et de transmission

 Octavio Chacón, silence, silence; un avis et silence à celui tué en substitution de Juan Leal

 Javier Cortés, silence , silence; 

Juan Leal, un avis et oreille ( blessure)

Entrée   trois quarts   

Salut de Marc Leal et Manuel de los Reyes au troisième.

Madrid, samedi, l’héroïsme de Juan Leal

La terrible blessure de Juan Leal fruit de son courage et de sa volonté inflexible de triompher aura été le fait marquant de cette soirée de la San Isidro. Juan, dans une après-midi grise par ailleurs, en se transcendant, enflamma les tendidos madrilènes qui baillaient jusque-là. Il montra d’emblée sa décision effectuant un quite brilllant au premier toro par chicuelinas de sa facture c’est-à-dire en s’enveloppant dans le leurre des pieds jusqu’à la tête. C’était sa manière à lui de dire : je suis ici ! Bientôt vous allez voir ce que vous allez voir.

On le vit en effet devant le second Pedraza qui ne s’était guère employé sous le peto. Bien bandérillé par Marco Leal et Manolo de los Reyes, il montra l’ampleur de sa décision : quand on veut être figura del toreo et que l’on a une seule cartouche à Madrid, il faut jouer le tout pour le tout. C’est ce que fit l’arlésien. Il alla au centre, brinda au public et débuta à genoux, au centre, dans une série qui donna le ton tout de suite : celui de l’émotion, de la prise de risque maximum. Série parfaite, templée, longue, le toro qui avait une pointe de noblesse la permettant. La faena fut terrible, le jeune homme montant sur l’animal, se croisant « una barbaridad » et désormais soutenu par les secteurs les plus intégristes de l’arène : c’est-à-dire ceux du tendido 7. Communion remarquable que ces olé profonds ! Soulignant les naturelles de Juan qui obligeaient le toro à plonger dans sa muleta autoritaire.

A plusieurs reprises cette exposition maximum, lui valurent des avertissements sans frais du Pedraza, mais rien ni personne ne pouvaient arrêter sa détermination, il était là au bout de son rêve : faire rugir Madrid d’admiration devant ce « valor seco »  ce courage qui est –qu’on le veuille ou non- la base, l’ultime justification de la tauromachie. C’est alors que, la faena allant à mas, Juan fut pris par le Pedraza à la sortie d’une belle série. Il vola, retomba et l’animal le reprit à terre lui infligeant alors une cornada terrible qui n’empêcha pas le jeune homme à revenir sans une hésitation, sans une grimace de douleur pour le tuer d’un estoconazo et recueillir le trophée, fruit de son héroïsme… Il ne fit pas de vuelta et partit à pied à l’infirmerie. Ultime démonstration de dignité.

Pour le reste, la corrida de Pedraza ne fut pas à la hauteur de sa réputation. Juste de force, elle poussa peu au cheval, se montrant noble parfois sans humilier le plus souvent et surtout, manquant de transmission. Octavio Chacon une fois encore se montra très professionnel, au-dessus de ses trois toros, puisqu’il dut combattre, comme chef de lidia, le second  de Juan Leal. Classique, solide, capable il fait les choses bien mais manque, lui aussi, de cette transmission qui était nécessaire hier pour gagner les cœurs. Il échoua à l’épée. Javier Cortes , déterminé comme toujours, n’eut pas son rendement habituel. Il ne mit pas le feu comme on l’a vu souvent le faire dans ces occasions, tua avec difficulté et perdit même les papiers face au cinquième.

L’héroïsme de Juan Leal c’est ce qu’il faut retenir de cette soirée qui fait honneur à la tauromachie française. FUERZA JUAN ! 

Pierre Vidal

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ARLES, LUNDI

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Triomphe de Diego Ventura lors de la corrida de rejón matinale pour avoir coupé les deux oreilles d’un toro de Los Espartales…

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Environ deux tiers d’arène, temps lourd, ciel changeant. Six toros de Los Espartales charpentés donnant du jeu la plupart à divers degrés.

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Rui Fernandes (saluts et oreille) a ouvert la course par une prestation dynamique face à un manso face auquel il étala son entrega, les aciers le privant de trophée. Son second lui compliqua la vie dès sa sortie, rechignant à se laisser placer, et après une farpa, les banderilles lui ont valu les faveurs du conclave sur plusieurs poses qui ont fait monter la note, son labeur lui valant une oreille après un premier rejón de muerte dont il sortit apparemment touché. 

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Diego Ventura (saluts et deux oreilles) a été le grand vainqueur de cette matinée car après un premier passage où il s’est avéré maladroit aux aciers, c’est avec le quinto qu’il a mis le feu sur les gradins. Pourtant, l’affaire ne s’annonçait pas très bien car avec Joselito, son cheval de salida, il posa deux farpas manquant de précision, tout comme ses deux premières banderilles. Mais à partir de là, les choses s’arrangèrent et les actions de Ventura se mirent à grimper, notamment lorsqu’il jeta la bride au sol pour casquer deux grandes paires de banderilles à deux mains, ce qui constitua incontestablement le « plato fuerte » de cette matinée. Et après un rejón concluant, les deux oreilles de la grande porte tombèrent du palco pour celui qui venait de montrer qu’il n’était pas en haut pour rien…

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Léa Vicens (oreille et ovation) ouvrit le score avec un premier qui la poussa à faire preuve de patience pour bien le mettre en place. Après, elle fit admirer son potentiel artistique sur Bético, Bazuka et Deseado pour les courtes avant de conclure avec Espontaneo d’un rejón en place au deuxième envoi. L’ultime se montra compliqué et avec lui, Léa exprima toute sa rage de vaincre, se faisant parfois couper le terrain, mais réussissant toutefois une prestation entretenue qui aurait pu connaitre un meilleur sort si la conclusion avait été plus efficace. 

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A l’issue de la course, Diego Ventura reçut en piste le 1er Trophée Luc Jalabert en présence de ses petits-enfants. Un moment bien émouvant pour celui qui aura marqué son empreinte dans le monde du rejoneo comme dans les Arènes d’Arles… 

 Voir le résumé vidéo de la corrida de rejón en cliquant ICI

Tarde. Environ un tiers d’arène, temps lourd. Deux toros de Pedraza de Yeltes (1 et 6), deux de El Tajo y La Reina (2 et 5) et Torrestrella (3 et 4), meilleurs les deux Torrestrella, le 3 étant crédité de la vuelta, et le dernier, de Pedraza.

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On a souvent entendu que les toros, il fallait les tuer ! Façon de dire que faute de réussir la conclusion, on verrait les oreilles s’envoler, ce qui a bien constitué le dénominateur commun de cette journée de clôture, voire, d’ailleurs, de la feria. Et c’est bien dommage, certes, mais l’heure de vérité reste le passage obligé vers les plus beaux triomphes. Que pas mal se sont vu confisquer sur le sable arlésien… 

Coupo Santo à l’issue du paseo, avant que le public n’invite les deux diestros arlésiens à saluer. Sans être dénué d’intérêt, ce mano a mano aura laissé au final une impression mitigée car on aurait bien aimé voir Thomas et Andy repartir sur les épaules des costaleros. Las, pour différentes raisons, à commencer par le piètre maniement de la ferraille, ce ne fut pas possible. Mais on gardera imprimées dans la rétine quelques instantanés de classe, au crédit des deux matadors comme de certains toros.

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 Thomas Joubert (oreille, saluts et saluts) prit un premier client de Pedraza astifino qui s’avéra quelconque au cheval. Après un bon quite par saltilleras, second tercio médiocre puis brindis à l’équipe médicale des arènes de Bayonne, emmenée par les chirurgiens Gouffrant et Richard qui l’ont tiré d’un bien mauvais pas l’an dernier. Thomas démarra le combat par derechazos soignés, sans bouger un orteil, toréant avec suavité et relâchement jusque dans des naturelles stoïques qui le virent éviter de peu l’accrochage. Entière au deuxième envoi. Il eut ensuite en partage « Almanaque », de Torrestrella, honoré d’une vuelta posthume. Auparavant, il provoqua notamment deux batacazos, signant un grand tercio. Refus du changement puis autre puyazo bien contenu, avec ovation au piquero. Début par statuaires au centre, derechazos appliqués puis naturelles qui firent déclencher la musique. L’ensemble, bien léché, manqua toutefois de transmission, conséquence peut-être d’un manque de forces probablement laissées à l’excès sous le fer. Echec aux aciers. L’exemplaire de Joselito, de La Reina, alla deux fois au cheval avant un bon second tercio. Par la suite, son labeur s’avéra sérieux, dans son corte, mais une nouvelle fois, Thomas en perdit le bénéfice pour une conclusion maladroite.

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 Andy Younes (silence, oreille et silence) démarra avec un superbe castaño chorreado du Tajo, un bicho de Joselito qui subit dans le peto avant un bon quite par tafalleras de Thomas à qui il brinda sa faena débutée par plusieurs séries au centre avec temple et allure. La suite fut moins évidente face à un bicho qui se mit de plus en plus à jouer le béton. Final rapproché, deux envois. Le Torrestrella prit deux bons puyazos suivis d’un quite par zapopinas de Thomas. Brindis à l’assemblée puis entame par cambio au centre, la suite par redondos ajustés donnés à un fauve qui répétait. C’est à tribord qu’Andy put donner le meilleur, l’autre rive s’avérant plus incertaine. Son trasteo se poursuivit en mode rapproché avant entière. Andy clôtura la course et la feria face à un bon Pedraza bien piqué par Nicolas Bertoli qui a dosé le traitement en quatre assauts, certains en venant de loi, dans une zone opposée à la présidence, sortant ainsi d’un tracé officiel qui à mon humble avis n’a pas lieu d’être en course normale. Son opposant afficha toutefois une certaine faiblesse des antérieurs qui allait se ressentir lors d’une faena brindée à l’auditoire qui comprit de bons moments, bien qu’inégale et une nouvelle fois tuée à la peine, à la limite du troisième avis.

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A l’issue de la course, le prix à la meilleure faena a été attribué à Thomas Joubert. 

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Serge Louis, Président du Comité de la Feria, a été lui aussi récompensé pour son inlassable activité depuis cinquante ans. Enhoranuena…  

Texte et photos Paul Hermé torofiesta.com

ARLES. Resumen corrida de toros. Domingo 21 de abril de 2019. Feria de Pascua from Aplausos on Vimeo.

Arles, lunes 22 de abril de 2019. Resumen de la corrida de rejones matinal from Aplausos on Vimeo.

AGUASCALIENTES

Plaza de toros de Aguascalientes (México). Dimanche. Première de la Feria de San Marcos. Trois quart d’arène.

Toros de San Isidro, bien présentés et de jeu inégal.
Uriel Moreno ‘El Zapata’, palmas et palmas.
David Fandila ‘El Fandi’, vuelta al ruedo et palmas.
Israel Téllez, palmas après avis et palmas.

ARLES, DIMANCHE CASTELLA TRIOMPHE

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Sortie a hombros de Sébastien Castella au terme d’une corrida de Jandilla marquée par la présence de Chamaco…

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En ce dimanche de résurrection, la plaza arlésienne a enregistré une bonne entrée qu’on pouvait évaluer aux 4/5.

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Avec une météo finalement clémente, la venue de Chamaco (silence puis oreille) a suscité à l’évidence des réactions diverses, majoritairement de sympathie, mais parfois assez paradoxales. En effet, si « Toño » parut quelque peu à court d’idées et de solutions devant son premier, dont il se débarrassa d’une entière au second envoi après une prestation qui ne restera pas dans les mémoires, on le retrouva beaucoup plus entreprenant à son second, dans son style à couper au couteau comme au bon vieux temps sur quelques séquences suffisantes pour faire entrer le cirque en ébullition. Passons sur les quelques chuchis qui s’évertuèrent à crier Chamaco par intermittence, c’était aussi dérisoire qu’inévitable. Mais il est vrai que sans entrer dans une question  de goûts et de couleurs, ces quelques minutes de réminiscence d’une époque révolue firent chaud au cœur, surtout quand après s’être fait violemment accrocher, il sortit toute sa rage en se lançant dans les effets théâtraux de son toreo baroque qui firent son succès et sa légende… il n’y a pas loin de trente ans ! Après trois quarts de lame, le palco accorda un trophée violemment protesté par un secteur du public, alors qu’il paraissait raccord au contexte. J’avoue en avoir été un brin étonné. Chamaco eut l’intelligence de jeter l’oreille et de faire une sympathique vuelta qui sembla mettre alors tout le monde d’accord…

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La tarde a été celle de Sébastien Castella (saluts et deux oreilles) qui a raté le coche de peu à son premier pour une conclusion sans éclat alors qu’il avait montré une grosse envie en exposant la finesse de son toreo et de sa gestuelle, tant au capote qu’à la muleta. Bien Rafael Viotti qui a salué après avoir casqué deux bonnes paires, avant que Sébastien ne se montre en maestro sur les deux rives. Mais c’est avec le quinto qu’il allait sortir le grand jeu au cours d’une faena brindée à l’assemblée qui le vit s’imposer tout au long d’une faena complète et ajustée sur les deux ailes, Sébastien concluant ce coup-ci par un espadazo libérant les deux oreilles de la grande porte. Olé !

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Miguel Ángel Perera (saluts et vuelta) signa une première faena brindée au respectable qu’il débuta à genoux au centre par deux cambios. Le ton était donné et au son d’Opera Flamenca, l’Extremeño allait dès lors enchainer les séquences bien ciselées et cadencées, hélas ternies par l’emploi de trois coups de descabello après entière. Il brinda sa seconde faena à Chamaco, se prit ensuite les pieds dans le tapis, heureusement sans conséquences, puis fit encore admirer la pureté de ses gestes sur plusieurs séries allurées face à un adversaire qui ne l’aida guère. Final encimista, luquecinas puis pinchazo, un tiers de lame avant entière. Toros de Jandilla bien présentés, donnant un jeu inégal mais toujours intéressant. Les 2 et 3 de la succursale de Vegahermosa.


En matinée, devant environ un tiers d’arène et par ciel menaçant avec quelques gouttelettes éparses, le novillada à coloration 100% nationale s’est avérée très intéressante et entretenue.

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Tibo Garcia (saluts) a ouvert les débats face à un François André bien dans le type qui s’est révélé âpre et exigeant. Face à lui,  Tibo se fit remarquer au capote et après deux rencontres puis un bon quite de Maxime, Solera, il brinda à l’assistance une faena somme toute entreprenante face à un bicho qui jouait du chef. Labeur essentiellement droitier car l’autre porte se ferma bien vite, Tibo affichant vaillance et aguante tout au long d’un trasteo certes inégal, mais méritoire. Entière tendida au second envoi.

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Maxime Solera (oreille avec pétition de la seconde) afficha sa détermination en allant attendre son adversaire du Lartet a portagayola, le novillo déviant sa course et Maxime devant modifier sa position pour réussir son accueil. Il chuta ensuite sans conséquences devant le Bonnet  avant deux rencontres, la seconde maladroite. Brindis à Enrique Guillen, son apoderado, et entame décidée accoudée aux planches. Maxime donna ensuite la distance dans l’intention manifeste de faire briller un opposant qui répondit par de belles embestidas. S’ensuivirent plusieurs mouvements mettant en exergue les qualités du novillo avant une conclusion en plongeant l’épée de la main gauche après s’être débarrassé de sa muleta, Maxime se faisant violemment accrocher, mais sans dégâts apparents.

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Une action vaillantissime de la part d’un novillero qui affiche à chacune de ses sorties une énorme envie, de la vaillance et de belles dispositions techniques, Cet exemplaire du Lartet a été crédité de la vuelta et lors de celle du novillero, Jérôme Bonnet est sorti saluer à ses côtés.

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Baptiste Cissé (saluts) a eu en partage un Giraud qui a pris deux piques, la première poussée et la seconde rectifiée. Faena brindée à Jean-Baptiste Jalabert au cours de laquelle Baptiste a étalé sa volonté, de bonnes manières et une belle entrega face à un novillo intéressant possédant notamment une bonne corne droite. Après un final par manoletinas, entière trasera puis deux coups de verdugo.

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Carlos Olsina (oreille) accueillit son Camino de Santiago par véroniques rematées par farol avant deux piques sans style et un quite serré de Rafi.  Brindis à son frère jumeau puis réception à genoux face à un bicho partant de loin. Faena volontaire bien qu’un poil heurtée, plus convaincante à tribord, de laquelle se dégagea une grosse entrega, mais Carlos a été quelque part victime de sa fougue et son désir de s’imposer, le Biterrois concluant par entière en se faisant encore accrocher, toujours sans mal.

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El Rafi (oreille) eut à en découdre avec un pensionnaire de la famille Callet. Il se distingua au capote avant deux bons puyazos puis un brindis à Patrick Varin, son apoderado. Faena débutée par une bonne série de derechazos rematée par un pecho toréé, Rafi donnant la distance face à un adversaire à tête chercheuse qu’il ne fallait pas douter.

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S’il s’avérait exigeant, le Malaga n’en était pas moins noble, ce qui permit à Rafi de faire admirer sa planta torera et son bon concept, notamment sur des naturelles soyeuses, le tout étant toutefois altéré par une entière tombée. Vuelta au novillo.

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Adam Samira (oreille) ferma la marche en étalant sa progression. Pour ses débuts en piquée, on le vit très déterminé dès les capotazos de réception. Après deux rencontres et un bon quite de Tibo, le protégé de Paquito Leal brinda au public une faena compacte, plus relevée sur la rive droite, qui eut un peu tendance à s’effilocher, bien qu’Adam ait étalé quelques arguments qui devraient lui assurer d’envisager la suite avec confiance. Entière. Quant au Taurelle, pour une première, ce fut une réussite qu’il convient de saluer.

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Le prix au meilleur novillero est allé à El Rafi et celui au meilleur novillo à l’exemplaire du Lartet. En définitive, une matinée entretenue qui a fait ressortir la qualité du bétail ainsi que celles de novilleros qui ont aussi contribué à la réussite de cette novillada, comme en attestaient les commentaires à la sortie… Outre les mérites de chacun, je crois qu’on peut parler de réussite collective !

Paul Hermé http://torofiesta.com texte et photos

Arles. Castella. Chamaco. Perera. 21-04-2019 from Mundotoro.com on Vimeo.

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