Photo JMD

Mont-de-Marsan. Novillada du club taurin de Saint-Perdon, soleil et nuages, température agréable, entrée sympathique autour d’un quart d’arène. Deux heures trente de spectacle. Six novillos de Condesa de Sobral, bien présentés, mobiles, de une pique, premier, deuxième, quatrième, à deux châtiments, troisième, cinquième et sixième, tous pris avec une honnête bravoure. Le cinquième aurait mérité une vuelta.

Sergio Sanchez (rose et or), au premier, trois pinchazos, cinq descabellos, silence ; au quatrième, une demi-lame, deux descabellos, avis, silence.

Cid de Maria (blanc et or), au deuxième, une entière, une oreille ; au cinquième, un pinchazo, une entière, deux oreilles.

Pedro Luis (bleu ciel et or), au troisième, un pinchazo, une entière, une oreille ; au dernier, trois pinchazos, trois descabellos, deux avis, silence.

Il y eut un instant où la course changea d’âme et de souffle. Cid de Maria, face à Almanaque, son deuxième Condesa de Sobral, laissa, nonchalament pendre sa main droite et promener toute en harmonie, sa muleta avec une extrême lenteur. Corps dépouillé, totalement relâché et le leurre au plus bas. Du grand art. Le temps semblait s’arrêter. Le Cid avait tout dit et venait de s’imposer sur le sable du plumaçon. Il terminait brillamment à gauche, soulignant sa faena de quelques « bernardinas ». La novillada de Saint-Perdon avait trouvé son maître, même s’il lui fallut prendre l’acier deux fois pour conclure.

Lors de sa première sortie il signait d’excellents moments à la cape. Il commençait sa faena à genoux, citait de loin sur les deux mains et l aissait voir beaucoup de temple/

La course avait été ouverte par Sergio Sanchez par un joli festival de véroniques et de chicuelinas avant de présenter deux belles statuaires et de se faire apprécier sur la main gauche. A son retour il fut assez pauvre dans tous les domaines et à part un farol à genoux il donna l’impression de s’ennuyer dans un toreo très apathique.

Pedro Luis, entama ses deux sorties par des porta gayola. La première frôla le drame. Il ne prit jamais la mesure de son adversaire et à la muleta fut très souvent débordé. Avec le deuxième adversaire il améliora son toreo de cape mais ne surnagea pas de sa faena brindée à l’éleveur. Certes il eut quelques beaux gestes, mais l’ensemble manquait de profondeur d’harmonie.

A l’issue de la course, Cid de Maria fut déclaré triomphateur de la novillada et récompensé par l’association des organisateurs du Sud-Ouest.

Jean-Michel Dussol

Photos: Romain Tastet