Affaire de famille

Il y a dans la situation actuelle que traversent nos voisins Espagnols deux certitudes et de nombreuses interrogations. La première de ces certitudes c’est que ponctuellement après un confinement très strict et scrupuleusement respecté par la population le danger semble s’être éloigné. Le nombre de morts et de personnes infectées est à la baisse. Et par conséquent, les règles sont desserrées et les perspectives sont plutôt encourageantes avec une ouverture du pays aux touristes à partir du mois de juillet. Bien sûr tout cela sera confirmé ou infirmé en fonction de la situation sanitaire du pays dans les jours cruciaux qui arrivent.

Les fracassantes déclarations anti-taurines de Pablo Iglesias, dans un contexte de tensions politiques inquiétantes, n’ont pas fait bon effet sur un public qui, dans son ensemble, quoiqu’en pense le « Lider Maximo » de Podemos, est plutôt favorable à une solidarité nationale dans la crise. M. Uribes, le ministre de la culture dont dépend la corrida, s’est défendu mollement de ces accusations et il a renvoyé toute forme d’aides sur les entités régionales, excluant les taurins des aides exceptionnelles apportées au monde de la culture. Mais on vient de l’apprendre, ce lundi soir que M Uribes va recevoir tous les secteurs du monde taurin à très court terme. Il y a donc de l’espoir; en tout cas plus de considération. Attention à ne pas faire rouler dans la farine, tout de même…   

Cayetano: « ma cuadrilla c’est ma famille je ne vais toréer aucune corrida sans elle ».

D’autre part, nouvelles divisons à propos de la proposition de la Junta d’Andalousie qui, pour une période déterminée, change son règlement et prétend modifier la composition même du spectacle en réduisant le nombre de picadors (un au lieu de deux), de banderilleros (deux ou lieu de trois), supprimer les ayudas et limiter les chevaux de piques à trois au total. Les banderilleros ont protestés vigoureusement contre leprojet dans un communiqué. De nombreux matadors se  sont prononcés contre comme Rafelillo, Andy Younes ou Cayetano Ordoñez, ce dernier étant à la pointe du combat pour la défense de la tauromachie son avis a du poids. Ceux qui sont favorables au projet ne se montrent guère. Dans un premier temps, Maxime Solera s’est montré pour sur les réseaux sociaux mais, le soir même (lundi), il s’excusait de cette position sur son compte instagram. Tout le monde peut se tromper…

Tout cela ne doit pas occulter l’essentiel et la seconde de nos certitudes: il y aura bien des corridas cet été en Espagne. ANOET vient de s’offrir pour en monter plusieurs en Andalousie, Castilla La Mancha veut aussi participer à cet effort, on en attend aussi à Burgos, hors féria.

Les normes de sécurités sanitaires seront dévolues aux Juntes Administratives dans quelques jours. On parle de 50% de l’aforo des arènes concernées, pour l’essentiel des arènes de 3ème de catégorie. Il y a des possibilités, donc.  Sur quelle base, car il faudra faire moins cher, c’est la question… mais entre gens de bonne compagnie on finit toujours pas s’entendre. Unité et intérêt collectif doivent primer dans cette affaire de famille.

Pierre Vidal

Istres avec Juan Leal le 18 octobre

Avec la participation du matador Juan Leal, la ville d’Istres organise, DIMANCHE 18 OCTOBRE 2020, une journée taurine caritative. Au cours, de cette journée, une novillada et une corrida seront proposées. L’ensemble des bénéfices de cette manifestation sera reversé à une œuvre caritative.  

Le déroulé de cette journée, la présentation des cartels, l’affiche et l’œuvre bénéficiaire, seront présentés en conférence de presse le vendredi 19 juin, jour du lancement de la Feria virtuelle…  

communiqué – photo Service communication ville d’Istres.

Ndlr. Selon certaines indiscrétions il s’agirait d’un « un contre six » qui opposerait le matador français, Juan Leal à six toros, tous d’origine française. Une belle idée si elle se vérifie.

Vic, tout le monde a été remboursé

A quelques jours de ce qui aurait dû être l’ouverture de notre Feria 2020, le Club Taurin Vicois a procédé au remboursement total de tous les abonos et locations 2020

https://toros-en-vic.fr/…/remboursement-abonos-et-location…/

(Ce n’est pas le cas à Valence…)

Reprise au CFT

CENTRE FRANÇAIS de TAUROMACHIE

La Newsletter du C.F.T.

La liberté bientôt retrouvée !Après la reprise de l’entrainement, dès la sortie du confinement,
par groupes de 6 élèves plus 3 professeurs, le samedi 16 mai 2020, à Garons
c’est au grand complet que le samedi 23, en présence de nos 15 élèves, nous avons repris repris l’entrainement avec bétail, toujours en respectant les distances réglementaires d’éloignement, par la mise à mort de trois toros, en privé, par un beau soleil quasi estival et sans vent.
Nous avons constaté avec plaisir que nos élèves n’avaient rien perdu. Ils ont démontré une motivation renforcée. Les photos de Jean-Luc JOUET le démontrent !
 
Raphaël PONCE DE LEON, avec un bon toro de Michel NIQUET, a été excellent, cape, banderilles, muleta et mise à mort au premier coup d’épée. GAUTHIER est intervenu vaillamment en « sortant de second » et aux banderilles.

CANTEN, avec un toro moins coopératif, a pu faire valoir son courage et sa détermination, il a estoqué d’excellente manière.

Le troisième becerro, initialement destiné à VALENTIN, est apparu trop difficile pour lui et malgré son courage évident (il s’est laissé attraper plusieurs fois), nous avons préféré réserver la suerte suprême à NINO, qui, mettant à profit la période de confinement, a fait l’effort de perdre du poids superflu.
Il a résolu avec habileté les grandes difficultés que présentait ce dernier toro.

La journée s’est poursuivie avec un pique-nique convivial (même avec les distances imposées) en présence des élèves et de leurs parents.

« Les taureaux espagnols mènent leur dernier combat », sur Euronews

EURONEWS se fait l’écho de l’unicité de la race du Toro Brave Espagnol et de son importance dans l’économie du pays, l’équilibre écologique par son élevage et le péril de perte de cette race unique.

Euronews prend la défense des toros de lidia. Dans ce dernier combat c’est bon de trouver des alliés inattendus et bienvenus.

« Una pallita rica » avec le Calife de Aragua

Suite des cours de cuisine venus de Sanlucar…

Toréer à Paris

TORÉR A PARIS
Chers amis,
En ces temps de déconfinement, nous envisageons de reprendre les cours en respectant, bs, les « mesures barrière ».Ce serait le dimanche 31 mai, de 10h30 à 12h30, au Bois de Vincennes (vers le Parc floral), soit en plein air. ☀🐂☀Si la météo ne nous souriait pas, nous nous retrouverions dans un studio sur Paris.Vous serez, bien évidemment, tenu(es) informé(es).  

ATTENTION ! Ce cours n’est pas ouvert aux primo-débutants.
(d’autres propositions les concerneront bientôt).
D’avance Merci de vous inscrire impérativement sur ecoletaurinedeparis@gmail.comN’hésitez pas à nous contacter sur la même adresse pour tout renseignement complémentaire.
NB : Les élèves possédant du matériel le rapportent pour les cours.
Vamos a torear !  
Rappel : nous vous proposons aussi des cours « à la carte » (vous choisissez l’heure et le lieu).Également nous contacter sur :ecoletaurinedeparis@gmail.com
Alors, à bientôt !
Restez sur vos « Corona » gardes.Vincent Blondeau-Goyens.

La culture ne se censure pas

Faut-il supprimer les écoles taurines? Par Yves Lbeas.

Yves Lebas est président de l’école taurine d’Arles

Des élèves de l’école taurine d’Arles s’entraînent . / © Archives Maxppp / Thierry Lopez

« C’est Luis Francisco Espla qui l’affirme : « il y a un problème avec les écoles taurines »[1]. Cela le conduit, malgré de nombreuses demandes, à refuser de se consacrer à la formation des jeunes. Sa critique tient en une formule : les écoles taurines auraient tendance à « gâcher l’expression, cette manière de faire les choses propres à chacun ». Ne courent-elles pas le risque de privilégier un savoir technique commun au détriment de l’éclosion de personnalités diverses, quand ce n’est pas une tauromachie uniforme, celle du ou des professeurs, plutôt qu’elles ne poussent chaque élève à rechercher son esthétique personnelle, poursuivre la quête de son propre langage taurin ? On pourrait lui opposer le rôle décisif des écoles de Madrid d’abord, d’Arles ou Badajoz pour non seulement former des professionnels mais aussi faire surgir des toreros aussi divers que Joselito et El Juli pour Madrid, Talavante et Perera pour Badajoz, ou Savalli et Thomas Joubert pour Arles.

Les doutes d’Espla méritent néanmoins que l’on s’y attarde un peu. Ne rejoignent-ils pas les inquiétudes d’un professeur d’une école du sud-est que cette même préoccupation habite : « je me demande s’il ne faut pas laisser les élèves avec leurs défauts. Ils sont souvent aussi l’expression de leur personnalité. Mieux vaut leur montrer ce que cela implique, maîtrise et longueur de la passe, rythme des enchaînements, pouvoir sur le toro, etc. …, au lieu de toujours chercher à les corriger ». Pourtant Esplá est, lui-même, un témoin paradoxal. Il se proclame et revendique « toréador » parce que toréer est d’abord un métier. Et il laisse le terme « torero » à la philosophie. Son père, Paquito Esplá, était responsable de l’école taurine d’Alicante, c’est là qu’il a fait ses premiers pas, acquis les gestes du « métier » et il lui reconnait une évidente influence. Et puis, bien sûr, parce qu’il n’est pas n’importe qui dans l’histoire de la tauromachie.

Il nous faut reconnaître que certains peuvent s’ennuyer à voir des jeunes réciter une leçon plus ou moins bien apprise, mêmes gestes, mêmes attitudes, mêmes faenas, avec pour seules, pauvres, fantaisies les recettes du moment. Il fallait il y a peu débuter la faena d’une passe changée dans le dos, les redondos à genoux sont aujourd’hui de plus en plus prisés. Combien de huit ojedista a-t-il fallu subir ? ils s’agrémentent maintenant d’arrucinas ou de trois en un répétés à satiété. Et si la luquesina finale gagne des adeptes elle ne parvient pas à détrôner manoletinas ou bernardinas précédant le julipié, ou, de plus en plus, l’inévitable recibir.  Et voici que tous doivent maintenant réciter la leçon bien apprise à l’école et faire du Roca Rey ou du Lopez Simon, cette tauromachie de la mise en scène du danger plutôt qu’application des règles classiques du « parar, mandar et templar » ! A leur première sortie on s’émerveille et sourit. A la troisième fois ils ennuient des spectateurs qui les jugent en les comparant au modèle. Bien sûr la comparaison ne leur est pas favorable ! Elle se fait … à leur détriment.

Ce serait un peu court, et même injuste, que de s’en tenir à cette critique. Il est, en effet, un peu facile, de dénoncer un apprentissage purement « technique », trop « mécanique », qui oublierait le développement de la personnalité artistique des élèves, leur « âme d’artiste », celle que forge « l’école de la vie ». Le témoignage de Joselito[2], petit voyou madrilène devenu figura grâce à l’Ecole Taurine de Madrid, l’école de référence créée par Martin Arranz et Martinez Molinero en 1976, le contredit et apporte une dimension supplémentaire: « Ils nous apprenaient à toréer, mais nous inculquaient aussi des valeurs telles que la loyauté, le sens de l’effort, la capacité de sacrifice, le respect de nos aînés, ils nous apprenaient à conserver toujours notre dignité, combien même nous mourions de peur, ou ne réussissions pas à bien faire les choses. […] Les valeurs que ces hommes m’ont apprises, cette manière d’être face au toro mais aussi dans la vie, continueront de me guider jusqu’à ma mort. » Le père d’un élève l’exprime à sa manière : « si mon fils a eu son bac, c’est parce qu’il est rentré en torero dans la salle de l’oral de rattrapage : il était mort de trouille mais il savait que personne ne le saurait ! ». Le temps de maletillas parcourant la géographie taurine de capea en capea ou d’élevage en élevage et quémandant d’avoir un moment pour montrer leur talent est, heureusement, révolu. Au contraire, n’est-il pas remarquable le nombre de jeunes arlésiens issus de Barriol, quartier périphérique et difficile, et devenus toreros grâce à l’Ecole d’Arles ?

Une personnalité ne se forge pas seulement à l’école, ça se saurait ! Et une personnalité artistique est le fruit d’un long apprentissage et un difficile mûrissement, elle se nourrit et s’enrichit de toutes les influences. L’enseignement proposé dans les écoles s’élargit à d’autres savoirs que faire des passes à un taureau (même si c’est l’essentiel et le plus difficile !) : introduction à l’histoire de la tauromachie et des élevages à travers témoignages ou vidéos, conférences de vétérinaires, initiation à l’espagnol, …

Il est aussi d’autres aspects de la contribution éducative et sociale des écoles taurines, de leur participation à la diffusion d’une culture et d’une pratique lourdement questionnées. A travers l’organisation de spectacles taurins, toreo de salon, capeas, novilladas non piquées, elles animent souvent les fêtes des villages de nos territoires. En participant aussi à des fiestas camperas ou des tientas elles font connaître et vivre une pratique agricole et culturelle où l’homme et la nature, l’homme et le taureau, tiennent une place éminente. Elles sont une illustration populaire et ouverte à tous les publics des exigences d’une expression artistique totale. C’est dire qu’on ne saurait mesurer leur action à la seule aune du nombre d’élèves qu’elles forment. Peut-être ne serait-il pas mauvais qu’elles développent encore plus de partenariats avec d’autres acteurs éducatifs et culturels, qu’elles s’ouvrent à d’autres influences artistiques comme la danse, les arts plastiques ou le cinéma, qu’elles jouent pleinement leur rôle de passerelle entre public et acteurs, tauromachie et cultures ? C’est une piste à explorer pour consolider leur action vis-à-vis de partenaires publics aujourd’hui contraints, en particulier en matière financière.

Quand un jeune arrive à l’école il a entre 8 et 15 ans, et entre 17 et 20 ans quand il en sort, après au moins un an de novillada sans picador. C’est l’âge où l’on découvre le monde et se découvre soi-même. Choisir de le faire à travers la tauromachie est, dans le monde actuel, un choix pour le moins « étonnant ». Il mérite le respect. Et d’être soutenu. »

Yves Lebas


[1] Carlos Bueno «Luis-Francisco Esplá Toreador» Avance DP  2009

[2] José Miguel Arroyo  « Joselito el verdadero »  Espasa – 2012

Les toreros s’expliquent sur TVE

Hier matin, durant 20 minutes…

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