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Avec Iris Event

IRIS EVENT réceptif Sud Ouest suite au Covid19 – lettre n°64Cliquez ici pour lire cette lettre dans votre navigateur
10 JOURNÉES DÉCOUVERTES !Les circonstances sanitaires exceptionnelles nous ont contraints à nous recentrer sur notre territoire pour l’été 2020.
 
Nous avons choisi de décliner 10 dates pour nos Journées Découvertes.
 
Elles s’étaleront du 18 Juillet au 21 Août 2020. Une « Journée Vendanges en Jurançon »  sera organisée en Octobre. Chacune sera l’occasion de rencontres, de moments privilégiés autour des thèmes qui nous sont chers. Vous pourrez y participer à titre individuel, en couple ou au travers de groupes préconstruits.
 
Ces journées seront l’occasion de redonner un peu de liant à notre vie qui en a été bien amputé. Retrouver des moments de convivialité, de partage, telle sera notre modeste mission.
 
Nous vous permettrons de goûter au plaisir des toros, sur leurs terres, autour de Thomas Dufau et Dorian Canton.
 
4 journées dédiées aux toros avec visite, tentadero et déjeuner à la finca.
   
Nous aurons la chance de visiter les élevages de  Camino de Santiago de Jean Louis Darré, la ganaderia du Lartet de Jérôme Bonnet, Casanueva de Guillaume Bats et Alma Serena de Philippe Bats.


 Des journées autour et chez des viticulteurs vous seront proposées en plus des toros. Vins de Jurançon, de Madiran mais aussi de l’Armagnac avec un recrutement de haute volée.
 Domaine Bellegarde et Uroulat à Monein. Château Aydie et Laffitte Teston en Madiran. Armagnac Darroze et Domaine Marquestau dans le Bas-Armagnac. Visite, dégustations, repas animeront ces Journées.

      

Nous avons constitué une véritable Dream Team IRIS EVENT avec comme intervenant extérieur Olivier Roumat, Charly Malié, Julien Tastet et Guilhem Garrigues pour le monde du Rugby. Ils interviendront avec nous lors de nos Journées.




LE PROGRAMME

Pour les inscriptions, il vous sera demandé de nous contacterPar mail contact@irisevent.frPar téléphone 05 59 05 16 02 à l’agencePar téléphone 06 32 32 22 99   Patrick  Directeur Agence Découvrir le programme en entier
 PROLONGER LE PLAISIR PAR DES NUITÉES AU CŒUR DE NOTRE CAMPAGNENous avons sélectionné pour vous des maisons d’hôtes qui pourront être synonyme de décompression, de coupure, de prolonger le plaisir entre deux Journées Découvertes.Notre territoire présente des merveilles de nature que les mois de juillet et d’août magnifient grâce aux couleurs de l’été.Ces adresses vous invitent au calme et à la détente. Profitez-en pour découvrir ces coins du Sud Ouest qui vous enchanteront.Choisies pour leur exceptionnelle situation, ces maisons sauront vous accueillir avec toutes les garanties sanitaires et surtout un cadre de vie d’une incroyable qualité.Des Landes au Gers, en passant par le Béarn – ses vallées d’Ossau, d’Aspe et du Barétous – vous pourrez aussi goûter aux plaisirs du Pays basque intérieur.Chaque maison sera la vôtre le temps d’une ou plusieurs nuitées. Un road trip Découverte !Juste le temps de prolonger le plaisir, hors des radars.
   
En bas Armagnac …  Barcelonne, mais du Gers ou  Le cœur du Béarn, en Jurançon.

  
Un château dans le Gers… Ou un monastère… dans le Madiran

  
Au bord du gave d’Oloron… En vallée d’Aspe… La haute Soule et le Baretous.

 
La capitale de la Basse Navarre, Pays Basque
 Contactez-nous pour garantir vos réservations. Des propositions d’activités vous seront faites selon les adresses réservées.Chaque endroit recèle de trésors cachés. Comptez sur nous pour les mettre en valeur et vous en faire profiter.L’été 2020 sera décidément un été différent mais tellement authentique.Contactez-nousPar mail contact@irisevent.frPar téléphone 05 59 05 16 02 à l’agencePar téléphone 06 32 32 22 99   Patrick Directeur Agence Nous contacter La décision par le gouvernement espagnol de rouvrir les frontières pour les visiteurs étrangers à partir du 1er Juillet 2020 nous redonne beaucoup d’espoir pour notre activité estivale et au-delà.
 
En effet, nous soutiendrons toutes les demandes de voyages en Espagne pour nos clients durant l’été. Nous garantirons exclusivement les prestataires capables d’assurer un Label Garanties sanitaires. C’est à ces seules conditions que nous passerons des contrats de partenariat.
 
Afin que vos vacances soient les plus sûres possible, nous serons en mesure de vous garantir ce qu’il se fait de mieux.
 
Toute la péninsule ibérique mais aussi les Iles Baleares ou Canaries seront heureuses de vous accueillir. Nous serons encore plus heureux d’organiser vos vacances et de vous y envoyer, en toute sécurité.
 
Notre niveau d’exigence n’a d’égal que le niveau de confiance que vous nous donnerez.
 
Partir en toute sécurité : l’agence IRIS EVENT y travaille pour vous.

 Retrouvez-nous sur le site d’IRIS EVENT
 

« L’imposture antispéciste » par Ariane Nicolas

Ariane Nicolas est journaliste indépendante. Pour son premier essai, « L’imposture antispéciste » (Desclée de Brouwer), elle analyse le phénomène antispéciste qui « exige aujourd’hui violemment la « libération » des bêtes. Cela supposerait d’interdire tout produit d’origine animale, ainsi que des pratiques jugées « oppressives » (équitation, chasse, corrida, zoos…), voire de préférer la vie d’un chimpanzé à celle d’un handicapé mental. L’antispéciste est au végane ce que l’intégriste est au croyant ».

L’auteure vient d’être interrogée par l’hebdomadaire « Marianne ». https://www.marianne.net/societe/ariane-nicolas-l-antispecisme-est-une-expression-nouvelle-du-narcissisme-humain?fbclid=IwAR0rAJxfHhqXRoMoega5wUPT2X99qbJ8O0kQLC3_wPRQgqhopkThiIHeMeM

A la question de Laurent Ottavi de Marianne: « Pourquoi écrivez-vous que, par l’antispécisme, une nouvelle bourgeoisie tente d’imposer ses codes alimentaires ?« 

Ariane Nicolas répond ainsi:

« Il n’existe pas d’étude sociologique de grande ampleur permettant de savoir qui, précisément, est antispéciste ou végane. Mais il suffit de se balader à Paris, à San Francisco ou sur Instagram pour voir qu’il ne s’agit pas de paysans que vous croiserez dans L’Amour est dans le pré. Les antispécistes sont aujourd’hui majoritairement urbains et déploient un discours très abstrait sur la cause animale. La gastronomie française traditionnelle, friande de viande et de produits laitiers comme le fromage, semble assez barbare à leurs yeux. En réalité, les antispécistes pensent être les fers de lance d’un nouveau « progrès moral » (l’expression est de Valéry Giroux), qui se matérialiserait par le fait de ne plus avoir aucune relation d’interdépendance avec les animaux. Il me semble que c’est une manière d’exercer une domination symbolique sur des millions de gens qui ne demandent qu’à travailler tranquillement, comme les agriculteurs, les commerçants et les restaurateurs. Les antispécistes parlent quand même de « meurtre alimentaire », à propos de la consommation de viande : à leurs yeux, les omnivores sont tous des complices de crimes de masse. En somme, tous les humains sont des bourreaux, sauf les véganes. C’est très violent, comme adresse à l’humanité.« 

https://www.editionsddb.fr/livre/fiche/l-imposture-antispeciste-9782220096650

Jesus Helguera

Llanto a la muerte de Espatero (Jesus Helguera)

De http://terciodepinceles.blogspot.com/2012/09/pintores-taurinos-jesus-helguera.html?m=1

Cette oeuvre majeure et monumentale du grand peintre Jesus Helguera (1910-1071) qui (me semble-t-il) se trouve au musée de Séville. Enfant d’un couple Hispano-mexicain, l’auteur fit ses classes en Espagne et notamment à San Fernando. Il s’établit à Bilbao avant de partir au Mexique en 1938 en pleine guerre civile. Il ne fit pas que des sujets taurins et fut attaqué par la critique pour l’aspect commercial de son travail. A tort à notre avis. Il s’inscrit en fait dans une veine réaliste, réhabilitée désormais.

Qu’en pensez-vous?

PV

« Una paellita rica » avec le Calife de Aragua

Suite des cours de cuisine venus de Sanlucar…

L’économie de la corrida, une question mystérieuse ? Par Yves Lebas

Yves Lebas est le président de l’école taurine d’Arles

La corrida, comment ça marche économiquement ? En particulier « chez nous », dans le sud de la France ? Voilà une question rarement abordée par les milieux taurins et encore moins par ses amateurs, les aficionados. Sans ignorer Pierre Traimond[1], mais le propos était plus général et les données principalement espagnoles, soyons gré à Alain Dervieux, chercheur associé du Laboratoire de recherche ESPACE[2] et par ailleurs élu à la tauromachie de la ville d’Arles, d’avoir, avec une équipe d’universitaires, lancé, avec le soutien de l’UVTF, la réflexion sur un sujet méconnu mais pourtant essentiel pour l’avenir de la tauromachie. Leur travail sur les « Implications socio-économiques des pratiques tauromachiques : les taureaux dans le Sud de la France »[3] se veut un premier bilan de la dimension socio-économique de la corrida en France. Il est aussi intéressant par les informations qu’il apporte que par les interrogations qu’il suscite.

Dans le triangle éleveurs/toreros/organisateurs qui fonde les relations économiques du monde taurin, éleveurs et toreros français sont assurément ceux dont la situation est la plus liée … et la plus difficile. Pour la formation et l’entraînement comme pour la sélection du bétail, de la capea à la tienta, toreros et éleveurs pourraient se suffire à eux-mêmes, sans nécessité d’organiser de spectacle. Mais pour intégrer le circuit commercial, les courses de taureaux publiques, ils sont soumis aux plus lourdes difficultés. C’est eux, en effet, qui sont les plus exposés à la concurrence espagnole. Une concurrence qui est moins économique, puisque le prix de vente des toros français est inférieur, qu’elle ne semble tenir au prestige historique. Usurpé ? Il arrive qu’on le croie ! Sans doute le déséquilibre en faveur des toros et jeunes toreros espagnols s’atténue si l’on considère les novilladas, piquées ou non. Mais cela ne réduit pas le déficit de notoriété …

Comme le soulignent les auteurs, « l’élevage de toros braves n’est pas pour la majorité des éleveurs une activité rentable » mais « le fruit d’une passion ». L’éleveur français n’est pas, sauf exception et comme si souvent en Espagne, un aficionado fortuné, que sa fortune soit ancienne ou récente. Il est d’abord un agriculteur, l’élevage est son métier. Or si élever [yl1] un toro de quatre ans coûte environ 5 000 €uros, sans compter qu’il faut élever plus d’un toro pour un toro sélectionné en corrida, son prix de vente est compris entre 2 500 et 3 500 €uros… La plupart des toreros français, exception faite de Sébastien Castella et Jean-Baptiste Jalabert qui ont atteint le statut de figura, se heurtent au même phénomène de « préférence espagnole ».

Au-delà de l’avantage incontournable et somme toute légitime que constitue l’antériorité de la corrida en Espagne et son identification à la culture espagnole, il serait intéressant de savoir si cette apparente préférence n’obéit pas aussi à quelque mécanisme économique plus caché. Ainsi de la pratique ancestrale dans le monde taurin des « échanges » que la confusion croissante des fonctions (apoderado, organisateur, éleveur, torero, …) favorise encore plus. En la matière, la taille de l’Espagne taurine et la multiplicité des opportunités qu’elle offre donne à celle-ci un avantage incontestable.

Les auteurs regrettent justement l’absence de transparence sur les coûts et recettes de chacune de ces fonctions. Ajoutons que l’absence de séparation stricte – juridique et comptable – entre activités interdépendantes (pratique pourtant générale dans l’ensemble des secteurs économiques) ne fait qu’accentuer l’interrogation. Et ne fait qu’aviver les soupçons d’un entre-soi intéressé !

Seuls sont rapportés les résultats des arènes de Bayonne et Mont de Marsan gérées sous la forme de régie municipale et pour les années 2014 à 2016. Les deux génèrent des résultats positifs compris entre 25 000 et plus de 200 000 €uros de bénéfice net. Si ces bilans intègrent corridas, novilladas avec et sans picadors (NSP) l’on sait que celles-ci et plus particulièrement les NSP, pourtant essentielles à la construction du futur de la corrida, ont plus de mal à assurer leur rentabilité. D’où l’intérêt d’initiatives comme celles de la Communauté d’Agglomération d’Arles-Crau-Camargue-Montagnette qui subventionne l’Ecole Taurine d’Arles pour l’organisation de NSP faisant appel aux éleveurs du territoire.  Bel exemple de partenariat en faveur de l’élevage, la formation et la diffusion de la culture taurine et qui s’appuie sur l’idée que l’avenir de la corrida dépasse la seule « économie comptable » du seul « triangle taurin ».

Au-delà des recettes directes des spectacles taurins le bilan pour les villes où ils se déroulent s’enrichit de l’animation et l’activité économique qui accompagnent les Ferias. Les études qui visent à en mesurer l’impact, menées par les CCI, les organismes publics ou des bureaux d’étude des villes concernées n’obéissent pas aux mêmes méthodologies et ne sont pas faciles à comparer. Mais toutes s’accordent sur le lien entre fréquentation des arènes et fréquentation de la féria, le public de la première représentant 10 à 20% de celui de la seconde. Et toutes conviennent que lorsque la première augmente la seconde croît … et inversement ! L’enjeu est de taille. Ainsi, par exemple, les visiteurs externes ont dépensé près de 7,5 millions d’€uros dans le centre d’Arles sur les trois jours de le Feria de Pâques 2015.

Les corridas génèrent aussi d’autres économies externes importantes et utiles. Leur mesure demeure pourtant très embryonnaire. Alain Dervieux souligne l’utilité qu’aurait une étude sur ces questions afin d’avoir « une idée plus précise des activités socioéconomiques des éleveurs et mieux connaître leur impact sur le paysage taurin français ».

Elle permettrait d’abord de mieux mesurer l’économie particulière des élevages amenés à développer des activités dérivées pour assurer leur rentabilité. Elles sont, en général, liées à l’accueil de public – hébergement, gîtes, vente directe de viande, …- et plus particulièrement à l’initiation aux activités proprement taurines – visite de l’élevage, journée au campo, ferrades, tientas, … -.  Mais c’est aussi la contribution des élevages des taureaux au maintien de la biodiversité des territoires et la valeur patrimoniale qu’elle recèle qu’il convient d’apprécier.

En effet « la biodiversité est favorisée par une structure de paysages en mosaïque où s’entremêlent milieux ouverts (pas de boisement ou de fourrés continus) et milieux fermés (par les boisements). Dans nos régions du Sud de la France, de telles mosaïques ont été créés tout au long de notre longue histoire par les activités humaines. » Et les auteurs d’ajouter « les races de taureaux de jeu […] nécessitent des parcours relativement vastes. En cela, [elles] ont un réel impact sur le paysage, notamment parce qu’elles maintiennent l’ouverture des milieux qui auraient sinon tendance à se fermer à une époque où la désertification des campagnes est un phénomène à la fois sociétal et écologique. »

Parce que, en économie aussi, l’apport de la corrida la dépasse il parait urgent d’échapper à un entre-soi faussement confortable et, de fait, appauvrissant.

Yves Lebas   


[1] Pierre Traimond « Économie et gestion de la corrida », Éditions Gascogne, 2011

[2] CNRS – Université Aix-Marseille/Université d’Avignon et Pays du Vaucluse

[3] « Implications socio-économiques des pratiques tauromachiques : les taureaux dans le Sud de la France » 

Dervieux Alain (ESPACE UMR 7300 CNRS et Mairie d’Arles) ; Cicille Patricia (ESPACE UMR 7300 CNRS Aix Marseille Université, Arles) ; Smith M.-V (Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, stagiaire Master) ; Martin Philippe (- Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, ESPACE UMR 7300 CNRS)


 [yl1]

Francis Wolff: « La découverte de quelque chose d’unique »

En ces temps d’attente retour aux textes essentiels. Je vous propose celui-ci, du philosophe Francis Wolff, dans le livre de Pierre Vidal, « Francis Wolff moments de vérité » (Editions Gascogne), sorti il y a quelques mois; avant la crise du Covid19.

« -Ce qui fait que tu vas devenir aficionado c’est la découverte de quelque chose d’unique, de singulier, de bizarre qui n’a rien à voir avec ce que l’on peut connaître par ailleurs. Pour moi, qui n’avais pas du tout de culture taurine, c’est le choc, la rencontre d’un spectacle fou, bizarre, surréaliste, étrange qui tranche avec la prose de la vie réelle. La dimension esthétique ne vient pas de la poésie, c’est cette immersion dans un monde qui n’a rien à voir avec le quotidien. Le deuxième élément, déterminant, vient de l’émotion procurée par le risque, la peur; la transformation de cette émotion vitale transformée en quelque sorte en une tension détente. Une tension entre le risque de mort et une détente qui va transformer cette tension initiale en son contraire.

-Peut-on évoquer une sorte d’illumination ?

-C’est une illumination mais elle n’est pas esthétique. L’esthétique je la découvre lors de la féria de Séville en 1972, ma première féria de Séville. Le mardi de féria, lors d’une corrida dont les historiens se souviennent : toros de Carlos Nuñez avec Diego Puerta, Paco Camino et Marismeño. On l’a appelé la « tarde de quites ». Je découvre alors tout le pan esthétique de la corrida. Mais je ne considère pas que le choc qui peut amener quelqu’un à la corrida soit un choc d’ordre esthétique au sens de l’admiration : comme c’est beau. Non je ne le pense pas et cela doit amener à réfléchir sur la politique taurine qui est proposée.

 -Tu considères l’émotion procurée par le combat comme l’essentiel…

– Ceux qui prétendent le grand public souhaite d’abord voir de jolies faenas, se trompent. Je ne suis pas un militant « toriste », mais ceux qui disent cela ne se rendent pas compte que devant un spectacle édulcoré, le public ne revient pas. Si le public vient de moins en moins c’est qu’il n’a pas l’émotion de base : l’émotion que donne un type qui risque sa vie face à une bête sauvage. Cette tension c’est l’émotion de base de quelqu’un qui ne connaît pas la corrida, qui la découvre. L’essence-même de la corrida se trouve-là. Tout ce qui édulcore ce sentiment brut, accélère sa mort. Encore une fois, je ne dis pas ça par une sorte de purisme intellectuel. Je dis cela car le public qui vient pour les toutes premières fois ne voit pas les jolies faenas. Ce sont des gens qui ont vu une quinzaine de corridas qui disent : c’est bien, il ne bouge pas, il capte le taureau, il lui fait faire des choses jolies. Oui ! Mais ça n’est pas le sentiment de base qui fera que le type aura le choc et reviendra. Ça n’est pas esthétique !

-… Certes, mais où se trouve la place de la passion ? A partir du moment où quelque chose ou quelqu’un change ta vie, une femme par exemple, ou une pratique artistique, est-ce encore du domaine de la raison ?

-Bien sûr que tout débute par la passion. Mais quel a été le choc passionnel ? Le choc passionnel a été de découvrir un autre monde. Un monde qui rompt avec la prose quotidienne. Le fait qu’un homme affronte une bête sauvage, en 1969 c’est quelque chose d’inouï qui ne correspond à rien, qui n’a rien à voir avec notre civilisation urbaine, industrielle… Qu’est-ce-que c’est que ce truc ? Voilà ! La passion naît à ce moment-là. Et après il y a la nécessité d’essayer de comprendre ».

Note de lecture: « Quand le héros de BD se fait torero » de Serge Milhé

Comme tous les aficionados, je commence à m’ennuyer au fond de mes Landes de Gascogne. J’en ai un peu « ras le bol » de ne lire que des avis d’annulation de courses. C’est pourquoi CorridaSI vous propose en ces temps de disettes quelques notes de lecture sur des livres taurins écrits par des professionnels ou des aficionados. Puissent ces quelques textes, donnez envie à une partie d’entre vous de compléter leurs visites sur le net par des lectures souvent enrichissantes.

Nous commencerons cette série par « Quand le héros de BD se fait torero » de Serge Milhé (Union des Bibliophiles Taurins de France)

La tauromachie a inspiré nombre d’artistes .Peintres, écrivains, compositeurs d’opéras ou de chansonnettes ou cinéastes. Les auteurs de bandes dessinées n’ont pas été en reste. Serge Milhé, aficionado basco-girondin avec l’aide de l’UBTF a fait paraitre en 2019 , une très exhaustive anthologie de l’image de la tauromachie dans la BD. L’ouvrage  de nombreuses planches où Mickey, Pif ou les Pieds Nickelés s’essayent au métier de « toréadors ». On y apprend que Disney avait un fond d’aficion. Souvent la tauromachie est traitée dans la BD de façon caricaturale ou avec des approximations  souvent croquignolesques.  Mais la présence de la corrida dans les publications du journal de Mickey,   des éditions Vaillant, de Dargaud ou les Comics qui rappelleront à certains leur jeunesse, est révélatrice des valeurs artistiques et éducatives quelle porte .

Serge Milhé alterne pédagogie, humour et analyse « sociétale » de cette rencontre entre l’art de Cucharès et le Neuvième Art.  Il a su évité l’analyse chronologique et articulé son livre autour de thématiques qui vont des toreros chez Walt Disney à leur présence dans les « livres de Cow Boys » en passant par la représentation de l’histoire de la tauromachie. Serge Milhé a réussi à être encyclopédique, même s’il s’en défend, tout en mêlant pédagogie et humour .

Si les BD ont donné envie à certains de venir aux arènes, cet ouvrage donne envie à l’aficionado, de 7 à 77 ans,  de fouiller dans son grenier (ou les vide greniers) pour y retrouver Donaldos, Dinguito , Tintin , ou Astérix en habit « presque » de lumières ou de se procurer les ouvrages cités en annexe et qui ont servi de base au travail de Serge Milhé.

Agréable parenthèse entre livres techniques, essais philosophiques ou historiques sur la tauromachie, ce livre nous fait découvrir une facette peu connue de la relation entre corrida et littérature .Il ouvre aussi des pistes sur la manière dont on pourrait intéresser les jeunes générations pour leur transmettre notre passion.

Vous pourrez trouver ce livre dans quelques bonnes librairies, sur les stands taurins autour de nos arènes ou en le demandant aux membres de l’UBTF qui sont eux aussi souvent présents pour y présenter et vendre les ouvrages qu’ils éditent.

 rt

« Les grilles du Donald »

Plutôt que de se perdre dans les engueulades du « monde d’avant » si puériles dans le moment désespéré que nous vivons (cf. Viard versus Burgoa, in http://www.torofiesta.com) je vous propose un « texte du jour » qui nous fera oublier la tristesse de ne pas être au bord du Guadalquivir et celle d’errer, serein, au Baratillo.

Il a été publié dans la revue Mexico Aztecas y Toros de 2016 et a été écrit par Jean Michel Dussol. Journaliste professionnel, grand aficionado, Jean Michel Dussol a écrit de nombreux livres d’entretiens avec des piliers du monde taurin: les matadors Stéphane Fernandez Meca, Ruiz Miguel et Richard Milian. Il a dialogué aussi avec le ganadero Victorino Martin. Tous ces ouvrages sont disponibles aux éditions Gascogne, dans la collection La Verdad.

Jean Michel Dussol prépare un nouvel ouvrage sur le grand torero portugais Victor Mendes qui sera publié au mois de septembre, dans la même collection.

PV

Tous les numéros de la revue Mexico Aztecas y Toros (prix 15 euros, plus frais de transports) sont disponibles : jeffneviere@msn.com

« Comme Curro Romero, Mariano est de Camas… Comme si les princes d’Andalousie naissaient sur cette rive du Guadalquivir en héritiers direct des Tartésiens, car Mariano est un prince. Tout commence comme un conte de fées. Il était une fois un jeune homme, aux commandes d’un Vespino (1) qui passe devant un bar. Le patron rêvait devant la porte.

– Vous avez besoin d’un serveur ?

– Passe une veste blanche et mets-toi au travail !

Pendant quarante ans, serveur, chef de rang puis patron, Mariano a vécu, emprisonné derrière les lourdes grilles du plus sévillan des bars et le moins andalou d’Espagne. Une incongruité de mosaïques blanches, de marbre, de chromes, de cuivres rutilants à la poursuite d’un modernisme désuet dans l’ombre des grilles, cette lourde barrière de fer du haut au bas de la vitrine protégeant on ne sait qui ou quoi. Au pied d’un comptoir monumental quelques azulejos clinquants… Tout de même ! Au sol des kilos de papier, centaines de milliers de petites serviettes qui ont furtivement essuyé une moustache ou une bouche graisseuse de salade russe… La meilleure d’Espagne vous chuchote le garçon. Sur leurs affiches jaunies, le christ du Gran Poder et la vierge de la Macarena veillent d’un œil bienveillant sur tout ce petit monde qui depuis plus d’un demi-siècle, entre un café au lait, un anis gras et une ration de crevettes a fait la politique et la tauromachie de Séville… Et pourtant presque au bout de la rue de Cañalejas quelle idée de passer les grilles du Donald (2). De loin, cela pue trop le Mac Do. Ce n’est qu’après plusieurs années de séjours dans la ville, en étant passé et repassé des centaines de fois avec un regard inquisiteur et suspicieux pour saisir des bribes de cet antre de l’inconnu que l’on finit, un jour, par franchir le seuil, Rubicon vers le mystère.

Résonnant au bar pour l’éternité, les voix de Radio Sévilla, icones du journalisme : Rafael Santisteban fut le lien entre les folies du général rebelle Queipo de Llano et les années qui précédèrent la transition… Amoureux de l’Andalousie il sut hisser le flamenco et les toros au rang de religion. Arriva plus tard Filiberto Mira, celui qui dans le mundillo a vu le plus de corridas historiques. Tous les dimanches, à Séville ou dans le plus petit village poussiéreux, les toros culminaient à hauteur de l’épaisseur de l’enveloppe… Filiberto Mira surnommé « el gafe » car chaque fois qu’il montait dans une automobile, immanquablement quelque chose se détraquait. Tous communiaient dans la mémoire de l’emblématique directeur, Bobby Deglane, le Chilien endormi à jamais dans l’émail bleu d’une plaque de rue à deux pas de là… Toute aussi proche que les bureaux de la station.

Aujourd’hui trône Manolo Molès dans l’éternelle jeunesse de la teinture noire de sa moustache et de sa chevelure. Le redoutable commentateur de Canal Plus affirme ses avis aussi tranchés que des articles de loi. Manolo Chopera, a laissé sa place au « petit »… Paco Camino traverse parfois la salle… Les toreros sont tous venus ici. Sûrement pas Manolete dont, pourtant, le dernier portrait domine le bar. Mais certainement toute la généalogie des Vasquez, Pepe Luis père et fils, Manolo et les autres se sont appuyés au comptoir. Invité d’honneur permanent, Escacena égraine toutes ses lithographies sur les plus beaux « desplantes » du « potard » de Camas. Rafael le Gitan est dans un coin. Seul le Cordobes semble manquer à l’appel, mais il est de Cordoue et n’est pas mort dans l’arène. Il flotte ici un parfum de nostalgie. Quelques grands noms du spectacle y ont aussi fait étape. On parle de Bob Dylan qui n’a grignoté que la moitié de sa viande et s’est gavé de frites généreusement arrosées de coca-cola.

Cette petite terre semblait s’être figée à jamais avec la grande horloge de la Maestranza arrêtée pour toujours par une interminable véronique de Curro Romero répondant à un quite majestueux de Rafael de Paula. Tout cela ne ressemblait à rien… C’est sûrement ce qui a fait que Jean Cau en a, un jour, poussé la porte, à la recherche de singularité et de paradoxes qui faisaient l’attrait de l’Espagne des années 1960. Descendu de la voiture d’Ostos (3) après un mois de poussière, de soif, parfois de nuits d’enfer quand les phares découpaient d’étranges silhouettes sur les falaises d’une route de montagne… Jean Cau avait tout respiré de l’univers taurin… Pourtant « Mariano, serviette sur l’épaule et main croisées sur le ventre, pieusement psalmodie…» (4) Il lui dévoile quelques grandes figures de ce mundillo. A la demande de deux banderilleros de légende, Julio Pérez « El Vito » et Luis Gonzalez, Jean Cau ne revint qu’à la fin des années 1980, pour griffonner les premières lignes de « Sévillane ».

Lors d’un après-midi d’hiver lorsque les clients se font rares Mariano vous montrera ce petit coin, en haut en gauche de l’escalier, où le Français aimait s’asseoir, observer et prendre furtivement quelques notes.

En 1987 le vieux Caudillo s’était éteint depuis plus de dix ans… L’Espagne entrait dans la modernité et tentait encore de forcer les portes de l’Europe. Les grilles de la façade protégeaient Jean Cau et quelques nostalgiques contre ces nouveaux démons de la mondialisation. Les lourdes grilles devenaient maintenant un rempart protégeant les vielles habitudes sévillanes. La Macarena et le christ du Gran Poder s’ennuyaient, palissaient et s’écaillaient. La clientèle souhaitait désormais, des boissons « light ou zéro ».

Quelque chose changeait, entraîné par un irréversible courant. Il y avait bien toujours ces clients qui après avoir mangé au « Burladero », le clinquant restaurant du Colon, palace néocolonial à deux pas de là, prenaient leur café au Donald. Pourtant quelque chose semblait cassé. Alors cet été 2016, en plein mois d’août, alors que Séville dormait accablée de chaleur, Mariano après plusieurs années d’hésitation a finalement décidé de donner un coup de frais à l’établissement. Rien de profondément bouleversant. Mais il a fait démonter les lourdes grilles… Un sacrilège ont dit certains. Une libération ont répliqué les autres. Jean Cau ne reconnaîtrait pas « son Donald ».

Mais les Sévillans, même les toreros, restent fidèles à Mariano. Au dernier soir de la dernière San Miguel après avoir dégusté la célèbre ensaladilla russa et un poisson de Sanlucar, j’ai vu Morante s’asseoir à la table à côté avec quelques amis. Les grilles du Donald… ont disparu, mais la légende continue au rendez-vous du nouveau pharaon ».

Jean-Michel Dussol (01 11 2016)

(1) Surnom du Vespa.

(2) A son ouverture le bar-restaurant s’appelait « Pato Donald » (le Canard Donald), mais la société Disney ayant réclamé 700. 000 pesetas, le premier patron, se contenta de « Donald » qui n’était pas protégé par des droits d’auteur.

(3) En 1960, à Mont-de-Marsan, Jean Cau est monté dans la voiture de Jaime Ostos et l’a suivi pendant plusieurs semaines. De ce périple, sortait en 1961, aux Editions Gallimard, son roman-reportage « Les oreilles et la queue ».

(4) « Sévillanes » Jean Cau, Editions Juillard 1987, page 24.

La corrida dans « le monde d’après »

« Couleurs taurines » du regretté Jacques Lasserre

Je viens de recevoir plusieurs courriels assez vindicatifs d’anti-taurins dont le but est de nuire à un torero pour lequel mon estime est immense et que par conséquent je ne nommerai pas. Cet envoi m’a semblé incongru par les temps qui courent. Il y a d’autres préoccupations en ces moments douloureux que la société, dans son ensemble, traverse. De plus, le sort des corridas, des élevages et par conséquent des toros, sortis brutalement de leurs près pour partir à l’abattoir devrait les émouvoir. Cette fixation du dernier carré anti s’apparente à une névrose obsessionnelle. Je leur ai donc conseillé de consulter car cela se guérit. Bien que cela n’ait rien  de honteux, ils n’ont pas apprécié cette recommandation.

Pas de corridas (pour le moment) : pas de mouvement anti-taurins. Et pour ceux qui, en petit nombre, déterminés en apparence, se retrouvaient tous les dimanches après le casse-croute, haut-parleur en mains, dépliant leurs banderoles et leurs affiches sanguinolentes, cela doit être dur de vivre isolés : ce qui était, leur raison d’être s’efface. C’est un peu comme une secte qui annonce la fin du monde à une date précise et qui se retrouve dispersée, sans raison d’être après que la date fatale soit dépassée. Comment exister ? Car c’est bien là le ressort intime de la poignée la plus déterminée de nos adversaires : exister. Il faut donc les plaindre pour leur inutilité nouvelle.

D’un aute côté on peut dire que les arguments des taurins sortiront renforcés de la terrible pandémie que nous affrontons tous, même si le modèle économique de la corrida est profondément affecté. Car si l’épidémie reste mystérieuse et encore mal comprise tout le monde s’accorde à dire qu’elle est liée aux agressions que le monde moderne porte à la biodiversité : la destruction massive des écosystèmes (des forêts amazoniennes par exemple). Or l’élevage du toro de combat, extensif, participe très largement au maintien de ces milieux et sert de refuge à de nombreuses espèces d’animaux sauvages en Espagne comme en France ou en Amérique du sud.

C’est aussi le cas du mode d’élevage du toro, animal sauvage, qui s’est maintenu depuis la nuit des temps. Il est extrêmement respectueux non seulement de la nature qui l’environne mais à l’opposé de l’élevage industriel pointé à juste titre pour ses dégâts sur l’environnement comme sur l’alimentation. La relation au premier est une relation attentive et soigneuse, celle que la société moderne porte au second est purement industrielle, mécanique, irrespectueuse.  

Sans le maintien de l’élevage du toro bravo -dont la raison d’être est la corrida- ce serait un nouveau recul de ces espaces sauvages indispensables à notre survie. C’est  une évidence qu’ont rappelé l’association des clubs taurins du Gers et la coordination nîmoise dans une adresse à Madame Delga la présidente de la région Occitanie –que nous avons publiée icii. Elle finira par s’imposer à tous car non seulement c’est une question de bon sens mais c’est aussi une garantie de protection d’un environnement protégé nécessaire à la santé publique. Le fondement même de la corrida se trouvera renforcé dans le « monde d’après » que l’on nous promet.

Pierre Vidal

Séville, le Gran Poder ne sortira pas

La sortie du Christ du Gan Poder se fait dans la nuit du vendredi. Il sort dans le silence impressionnant et il est accompagné uniquement de saetas, (littéralement flèches) qui jaillissent des balcons. La sortie du temple de la Plaza de San Lorenzo, ici la Madrugá de Viernes Santo de Sevilla de 2012. Pas de Gran poder cette année en raison du virus.

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