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Visite des arènes d’ORTHEZ

L’office de tourisme COEUR DE BEARN, le CLUB TAURIN DU PESQUE et TOROS Y PENAS organisent pour la quatrième année consécutive la visite des arènes d’ORTHEZ.

Une visite d’une heure trente où vous sera retracé l’histoire des arènes, l’infirmerie, le ruedo, la visite du toril et pour terminer le verre de l’amitié sera servi au club taurin.

Le port du masque est recommandé, du gel hydroalcoolique sera à disposition, nous respecterons les règles de distanciation.

RDV MARDI 11 AOUT à 10H30 devant l’entrée principale

Des nouvelles du CFT

Communiqué:

Un grand MERCI aux manadiers Camargue…

En ces temps incertains où toutes les opportunités de toréer en public se sont annulées les unes après les autres, il était capital que nos élèves puissent continuer leur formation devant du bétail.

Nous avons donc intensifié le rythme des entraînements pour que chacun puisse vérifier ses capacités et améliorer sa technique.

Mais tout cela a un coût et malheureusement, malgré la situation très particulière cette année, les prix pratiqués par les éleveurs français de toros espagnols sont restés au niveau de prix commerciaux comme si la temporada se déroulait normalement.
Cette situation nous empêchait de maintenir la cadence souhaitée. Nous le regrettons mais, c’est ainsi.

​Un grand MERCI aux manadiers Camargue…

Or, il se trouve que les éleveurs de toros camarguais ont, comme les éleveurs de toros espagnols, besoin de « tienter » leur bétail. Ils le font généralement avec des écoles taurines de raseteurs. Mais, à les entendre dire, ils « voient » mieux leurs vaches et leurs jeunes tau toréés à la cape !

Aussi, nous avons eu l’excellente surprise que le monde des éleveurs de toros Camargue ait répondu présent et pas qu’une fois !

​Un grand MERCI aux manadiers Camargue…

Nous avons donc bénéficié gracieusement et à plusieurs reprises de jolis taureaux et vaches, de grande classe, pour faire toréer nos élèves tout en révélant les qualités du bétail à leurs éleveurs.

C’est une relation gagnant – gagnant, comme on dit maintenant, ceci nous a permis de maintenir toujours plus activement le rythme des préparations.

​Un grand MERCI aux manadiers Camargue…

La preuve en est que chacun des manadiers, enchanté de ces rencontres, nous a donné rendez-vous l’an prochain.
Aussi, un grand MERCI à Guillaume LINSOLAS de la Manade LES BAUMELLES, à Hubert MANO de la Manade LOU PANTAÏ, à la famille BESSAC de la Manade Jacques BLATIÈRE, à Florent CHAPELLE de la Manade Albert CHAPELLE qui ont joué la carte de la solidarité avec nous. La dynamique est lancée et d’autres éleveurs de taureaux Camargue nous ont contactés pour de prochains entraînements.

Nous y sommes très sensibles et tenions à les remercier publiquement.

​Un grand MERCI aux manadiers Camargue…

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Des nouvelles du CFT

Pour certains d’entre eux, c’était une première fois…

Un grand moment vécu par nos plus jeunes élèves, dans les arènes du Mas du Ménage, vendredi 17 juillet 2020.

Nos plus jeunes élèves en avant…Entraînés par nos fougueux débutants Killian, Yovãn et Manuel, ce fut le « baptême du feu » pour Gabriel et pour Nils qui nous a tous époustouflés par son habileté et son courage. Au milieu de la piste, il a plusieurs fois dessiné de valeureuses véroniques. C’est un très bon début.

​Pour certains d'entre eux, c'était une première fois...

Les plus grands, Valentin, Rafaël, Nino, Canten, ont veillé sur eux et s’en sont donnés à cœur joie avec l’excellent bétail de la manade Les Baumelles.

Dès le lendemain, le samedi 18, pendant que Nino et Rafael Ponce de León tientaient à la Ganadéria Cuillé, nous nous entraînions comme habituellement à Caissargues.

La semaine va être très chargée :
Mercredi 22 : Canten est invité « de second » dans un tendadero

Jeudi 23 : Dans les arènes de notre ami, le picador Mathias FORESTIER, à 19 h, à la Ganaderia « La Véronique », située à Montpezat, à l’invitation de la coordination des clubs taurins du Gard, se produiront : EL RAFI, Nino Julián et Rafael Ponce de León qui combattront chacun un novillo.

Vendredi 24 : Tienta de macho pour nos plus grands, dans un mas en Camargue.

Samedi 25 : à 11 heures, à Milhaud, CANTEN participera au spectacle organisé par le club taurin de notre ami Arnaud FRADE

  • De 16 heures à 19 heures, entrainement hebdomadaire habituel.

– Le rythme reste soutenu !

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INQUIETANTES STATISTIQUES (I)

Vista Alegre (Bilbao), le désamour public

Le blog https://lafiestamasculta.blogspot.com/ révèle, pour ce qui concerne l’Espagne, des statistiques fort intéressantes.  En 2019, le nombre total des professionnels taurins inscrits au Registre General des Professionnels Taurins a été de 9.993. Parmi eux, 245, 2,5% étaient des femmes. 5.357 possédaient un carnet valide en 2019.

En 2019, il y a eu 761 matadors de toros, 7,6% du total; le nombre de Matadors de novillos avec ou sans picadors a été de 2.672, 26,7%; en catégorie Rejoneadores on trouve 325 professionnels, (3,3%); 2.525 banderilleros et picadors, 25,3% du total sont inscrits. 178 professionnels ont été inscrits comme Toreros comiques et 3.532 Mozos de espada, soit 37,1% du total. Les empresas ganaderas de reses de lidia ont été 1.339 (chiffre légèrement à la hausse). Les écoles taurines : 62 ; en 2015 il y en avait 55.

En 2019, 1.425 spectacles taurins se sont déroulés. Le chiffre représente une baisse de 96 spectacles, soit moins 6,3% globalement. Il y a eu 349 corridas de toros, 24,5% de l’ensemble; 146 festejos de rejones, 10,2%; 222 novilladas avec picadors, 15,6%; 198 festivals, 13,9%; 117 festejos mixtes, 8,2%. Le restant, 27,6%, correspond aux corridas mixtes avec rejones, becerradas, novilladas sans picadors et au toreo comique. On note une hausse du rejoneo de 14,5%, des novilladas avec picadors de 2,3% et des corridas mixtes avec rejoneo  de 41,7%. Les baisses : les novilladas sans picadors, 12,4%, les festivals, 9,6%, et les corridas de toros, en baisse elles aussi de 20 soit 5,4% d’une année sur.

L’Andalousie, Castille et León, Castilla-La Manche et la Communauté de Madrid-, concentrent 77,5% des spectacles taurins de 2019. Le nombre des festejos populares a été de 16.915. 3.138.000 spectateurs ont assisté à un spectacle taurin payant.

Si on compare ces chiffres à l’ensemble des spectacles culturels (source officielle), on note qu’il y a une hausse du taux de visites de musées, 45,8% en face de  40,5%, ou de la lecture, 70,3% au lieu de 65,8%. Hausse aussi du théâtre de 32,1% au lieu de 24,5%, ou des participants à des concerts, 47,3% de la population au lieu de 34,2%.

Moins de spectacles, et surtout moins de spectacles destinés à promouvoir les jeunes -les novilladas sans picadors-, moins de spectateurs alors que les autres activités culturelles sont à la hausse, constitution d’une sorte de réduit géographique situé au sud de la péninsule; la Catalogne emportée, quid de la Navarre, de l’Aragon ou de la Rioja? Regardons les choses en face : tout cela est inquiétant. Si on ajoute à cela une année blanche ou presque (2020) cela n’augure pas bien de l’avenir.

Nous verrons dans un prochain article ce qu’il en est de la France et notamment du sud-ouest.

Pierre Vidal

Avec Iris Event

IRIS EVENT réceptif Sud Ouest suite au Covid19 – lettre n°64Cliquez ici pour lire cette lettre dans votre navigateur
10 JOURNÉES DÉCOUVERTES !Les circonstances sanitaires exceptionnelles nous ont contraints à nous recentrer sur notre territoire pour l’été 2020.
 
Nous avons choisi de décliner 10 dates pour nos Journées Découvertes.
 
Elles s’étaleront du 18 Juillet au 21 Août 2020. Une « Journée Vendanges en Jurançon »  sera organisée en Octobre. Chacune sera l’occasion de rencontres, de moments privilégiés autour des thèmes qui nous sont chers. Vous pourrez y participer à titre individuel, en couple ou au travers de groupes préconstruits.
 
Ces journées seront l’occasion de redonner un peu de liant à notre vie qui en a été bien amputé. Retrouver des moments de convivialité, de partage, telle sera notre modeste mission.
 
Nous vous permettrons de goûter au plaisir des toros, sur leurs terres, autour de Thomas Dufau et Dorian Canton.
 
4 journées dédiées aux toros avec visite, tentadero et déjeuner à la finca.
   
Nous aurons la chance de visiter les élevages de  Camino de Santiago de Jean Louis Darré, la ganaderia du Lartet de Jérôme Bonnet, Casanueva de Guillaume Bats et Alma Serena de Philippe Bats.


 Des journées autour et chez des viticulteurs vous seront proposées en plus des toros. Vins de Jurançon, de Madiran mais aussi de l’Armagnac avec un recrutement de haute volée.
 Domaine Bellegarde et Uroulat à Monein. Château Aydie et Laffitte Teston en Madiran. Armagnac Darroze et Domaine Marquestau dans le Bas-Armagnac. Visite, dégustations, repas animeront ces Journées.

      

Nous avons constitué une véritable Dream Team IRIS EVENT avec comme intervenant extérieur Olivier Roumat, Charly Malié, Julien Tastet et Guilhem Garrigues pour le monde du Rugby. Ils interviendront avec nous lors de nos Journées.




LE PROGRAMME

Pour les inscriptions, il vous sera demandé de nous contacterPar mail contact@irisevent.frPar téléphone 05 59 05 16 02 à l’agencePar téléphone 06 32 32 22 99   Patrick  Directeur Agence Découvrir le programme en entier
 PROLONGER LE PLAISIR PAR DES NUITÉES AU CŒUR DE NOTRE CAMPAGNENous avons sélectionné pour vous des maisons d’hôtes qui pourront être synonyme de décompression, de coupure, de prolonger le plaisir entre deux Journées Découvertes.Notre territoire présente des merveilles de nature que les mois de juillet et d’août magnifient grâce aux couleurs de l’été.Ces adresses vous invitent au calme et à la détente. Profitez-en pour découvrir ces coins du Sud Ouest qui vous enchanteront.Choisies pour leur exceptionnelle situation, ces maisons sauront vous accueillir avec toutes les garanties sanitaires et surtout un cadre de vie d’une incroyable qualité.Des Landes au Gers, en passant par le Béarn – ses vallées d’Ossau, d’Aspe et du Barétous – vous pourrez aussi goûter aux plaisirs du Pays basque intérieur.Chaque maison sera la vôtre le temps d’une ou plusieurs nuitées. Un road trip Découverte !Juste le temps de prolonger le plaisir, hors des radars.
   
En bas Armagnac …  Barcelonne, mais du Gers ou  Le cœur du Béarn, en Jurançon.

  
Un château dans le Gers… Ou un monastère… dans le Madiran

  
Au bord du gave d’Oloron… En vallée d’Aspe… La haute Soule et le Baretous.

 
La capitale de la Basse Navarre, Pays Basque
 Contactez-nous pour garantir vos réservations. Des propositions d’activités vous seront faites selon les adresses réservées.Chaque endroit recèle de trésors cachés. Comptez sur nous pour les mettre en valeur et vous en faire profiter.L’été 2020 sera décidément un été différent mais tellement authentique.Contactez-nousPar mail contact@irisevent.frPar téléphone 05 59 05 16 02 à l’agencePar téléphone 06 32 32 22 99   Patrick Directeur Agence Nous contacter La décision par le gouvernement espagnol de rouvrir les frontières pour les visiteurs étrangers à partir du 1er Juillet 2020 nous redonne beaucoup d’espoir pour notre activité estivale et au-delà.
 
En effet, nous soutiendrons toutes les demandes de voyages en Espagne pour nos clients durant l’été. Nous garantirons exclusivement les prestataires capables d’assurer un Label Garanties sanitaires. C’est à ces seules conditions que nous passerons des contrats de partenariat.
 
Afin que vos vacances soient les plus sûres possible, nous serons en mesure de vous garantir ce qu’il se fait de mieux.
 
Toute la péninsule ibérique mais aussi les Iles Baleares ou Canaries seront heureuses de vous accueillir. Nous serons encore plus heureux d’organiser vos vacances et de vous y envoyer, en toute sécurité.
 
Notre niveau d’exigence n’a d’égal que le niveau de confiance que vous nous donnerez.
 
Partir en toute sécurité : l’agence IRIS EVENT y travaille pour vous.

 Retrouvez-nous sur le site d’IRIS EVENT
 

« L’imposture antispéciste » par Ariane Nicolas

Ariane Nicolas est journaliste indépendante. Pour son premier essai, « L’imposture antispéciste » (Desclée de Brouwer), elle analyse le phénomène antispéciste qui « exige aujourd’hui violemment la « libération » des bêtes. Cela supposerait d’interdire tout produit d’origine animale, ainsi que des pratiques jugées « oppressives » (équitation, chasse, corrida, zoos…), voire de préférer la vie d’un chimpanzé à celle d’un handicapé mental. L’antispéciste est au végane ce que l’intégriste est au croyant ».

L’auteure vient d’être interrogée par l’hebdomadaire « Marianne ». https://www.marianne.net/societe/ariane-nicolas-l-antispecisme-est-une-expression-nouvelle-du-narcissisme-humain?fbclid=IwAR0rAJxfHhqXRoMoega5wUPT2X99qbJ8O0kQLC3_wPRQgqhopkThiIHeMeM

A la question de Laurent Ottavi de Marianne: « Pourquoi écrivez-vous que, par l’antispécisme, une nouvelle bourgeoisie tente d’imposer ses codes alimentaires ?« 

Ariane Nicolas répond ainsi:

« Il n’existe pas d’étude sociologique de grande ampleur permettant de savoir qui, précisément, est antispéciste ou végane. Mais il suffit de se balader à Paris, à San Francisco ou sur Instagram pour voir qu’il ne s’agit pas de paysans que vous croiserez dans L’Amour est dans le pré. Les antispécistes sont aujourd’hui majoritairement urbains et déploient un discours très abstrait sur la cause animale. La gastronomie française traditionnelle, friande de viande et de produits laitiers comme le fromage, semble assez barbare à leurs yeux. En réalité, les antispécistes pensent être les fers de lance d’un nouveau « progrès moral » (l’expression est de Valéry Giroux), qui se matérialiserait par le fait de ne plus avoir aucune relation d’interdépendance avec les animaux. Il me semble que c’est une manière d’exercer une domination symbolique sur des millions de gens qui ne demandent qu’à travailler tranquillement, comme les agriculteurs, les commerçants et les restaurateurs. Les antispécistes parlent quand même de « meurtre alimentaire », à propos de la consommation de viande : à leurs yeux, les omnivores sont tous des complices de crimes de masse. En somme, tous les humains sont des bourreaux, sauf les véganes. C’est très violent, comme adresse à l’humanité.« 

https://www.editionsddb.fr/livre/fiche/l-imposture-antispeciste-9782220096650

Jesus Helguera

Llanto a la muerte de Espatero (Jesus Helguera)

De http://terciodepinceles.blogspot.com/2012/09/pintores-taurinos-jesus-helguera.html?m=1

Cette oeuvre majeure et monumentale du grand peintre Jesus Helguera (1910-1071) qui (me semble-t-il) se trouve au musée de Séville. Enfant d’un couple Hispano-mexicain, l’auteur fit ses classes en Espagne et notamment à San Fernando. Il s’établit à Bilbao avant de partir au Mexique en 1938 en pleine guerre civile. Il ne fit pas que des sujets taurins et fut attaqué par la critique pour l’aspect commercial de son travail. A tort à notre avis. Il s’inscrit en fait dans une veine réaliste, réhabilitée désormais.

Qu’en pensez-vous?

PV

« Una paellita rica » avec le Calife de Aragua

Suite des cours de cuisine venus de Sanlucar…

L’économie de la corrida, une question mystérieuse ? Par Yves Lebas

Yves Lebas est le président de l’école taurine d’Arles

La corrida, comment ça marche économiquement ? En particulier « chez nous », dans le sud de la France ? Voilà une question rarement abordée par les milieux taurins et encore moins par ses amateurs, les aficionados. Sans ignorer Pierre Traimond[1], mais le propos était plus général et les données principalement espagnoles, soyons gré à Alain Dervieux, chercheur associé du Laboratoire de recherche ESPACE[2] et par ailleurs élu à la tauromachie de la ville d’Arles, d’avoir, avec une équipe d’universitaires, lancé, avec le soutien de l’UVTF, la réflexion sur un sujet méconnu mais pourtant essentiel pour l’avenir de la tauromachie. Leur travail sur les « Implications socio-économiques des pratiques tauromachiques : les taureaux dans le Sud de la France »[3] se veut un premier bilan de la dimension socio-économique de la corrida en France. Il est aussi intéressant par les informations qu’il apporte que par les interrogations qu’il suscite.

Dans le triangle éleveurs/toreros/organisateurs qui fonde les relations économiques du monde taurin, éleveurs et toreros français sont assurément ceux dont la situation est la plus liée … et la plus difficile. Pour la formation et l’entraînement comme pour la sélection du bétail, de la capea à la tienta, toreros et éleveurs pourraient se suffire à eux-mêmes, sans nécessité d’organiser de spectacle. Mais pour intégrer le circuit commercial, les courses de taureaux publiques, ils sont soumis aux plus lourdes difficultés. C’est eux, en effet, qui sont les plus exposés à la concurrence espagnole. Une concurrence qui est moins économique, puisque le prix de vente des toros français est inférieur, qu’elle ne semble tenir au prestige historique. Usurpé ? Il arrive qu’on le croie ! Sans doute le déséquilibre en faveur des toros et jeunes toreros espagnols s’atténue si l’on considère les novilladas, piquées ou non. Mais cela ne réduit pas le déficit de notoriété …

Comme le soulignent les auteurs, « l’élevage de toros braves n’est pas pour la majorité des éleveurs une activité rentable » mais « le fruit d’une passion ». L’éleveur français n’est pas, sauf exception et comme si souvent en Espagne, un aficionado fortuné, que sa fortune soit ancienne ou récente. Il est d’abord un agriculteur, l’élevage est son métier. Or si élever [yl1] un toro de quatre ans coûte environ 5 000 €uros, sans compter qu’il faut élever plus d’un toro pour un toro sélectionné en corrida, son prix de vente est compris entre 2 500 et 3 500 €uros… La plupart des toreros français, exception faite de Sébastien Castella et Jean-Baptiste Jalabert qui ont atteint le statut de figura, se heurtent au même phénomène de « préférence espagnole ».

Au-delà de l’avantage incontournable et somme toute légitime que constitue l’antériorité de la corrida en Espagne et son identification à la culture espagnole, il serait intéressant de savoir si cette apparente préférence n’obéit pas aussi à quelque mécanisme économique plus caché. Ainsi de la pratique ancestrale dans le monde taurin des « échanges » que la confusion croissante des fonctions (apoderado, organisateur, éleveur, torero, …) favorise encore plus. En la matière, la taille de l’Espagne taurine et la multiplicité des opportunités qu’elle offre donne à celle-ci un avantage incontestable.

Les auteurs regrettent justement l’absence de transparence sur les coûts et recettes de chacune de ces fonctions. Ajoutons que l’absence de séparation stricte – juridique et comptable – entre activités interdépendantes (pratique pourtant générale dans l’ensemble des secteurs économiques) ne fait qu’accentuer l’interrogation. Et ne fait qu’aviver les soupçons d’un entre-soi intéressé !

Seuls sont rapportés les résultats des arènes de Bayonne et Mont de Marsan gérées sous la forme de régie municipale et pour les années 2014 à 2016. Les deux génèrent des résultats positifs compris entre 25 000 et plus de 200 000 €uros de bénéfice net. Si ces bilans intègrent corridas, novilladas avec et sans picadors (NSP) l’on sait que celles-ci et plus particulièrement les NSP, pourtant essentielles à la construction du futur de la corrida, ont plus de mal à assurer leur rentabilité. D’où l’intérêt d’initiatives comme celles de la Communauté d’Agglomération d’Arles-Crau-Camargue-Montagnette qui subventionne l’Ecole Taurine d’Arles pour l’organisation de NSP faisant appel aux éleveurs du territoire.  Bel exemple de partenariat en faveur de l’élevage, la formation et la diffusion de la culture taurine et qui s’appuie sur l’idée que l’avenir de la corrida dépasse la seule « économie comptable » du seul « triangle taurin ».

Au-delà des recettes directes des spectacles taurins le bilan pour les villes où ils se déroulent s’enrichit de l’animation et l’activité économique qui accompagnent les Ferias. Les études qui visent à en mesurer l’impact, menées par les CCI, les organismes publics ou des bureaux d’étude des villes concernées n’obéissent pas aux mêmes méthodologies et ne sont pas faciles à comparer. Mais toutes s’accordent sur le lien entre fréquentation des arènes et fréquentation de la féria, le public de la première représentant 10 à 20% de celui de la seconde. Et toutes conviennent que lorsque la première augmente la seconde croît … et inversement ! L’enjeu est de taille. Ainsi, par exemple, les visiteurs externes ont dépensé près de 7,5 millions d’€uros dans le centre d’Arles sur les trois jours de le Feria de Pâques 2015.

Les corridas génèrent aussi d’autres économies externes importantes et utiles. Leur mesure demeure pourtant très embryonnaire. Alain Dervieux souligne l’utilité qu’aurait une étude sur ces questions afin d’avoir « une idée plus précise des activités socioéconomiques des éleveurs et mieux connaître leur impact sur le paysage taurin français ».

Elle permettrait d’abord de mieux mesurer l’économie particulière des élevages amenés à développer des activités dérivées pour assurer leur rentabilité. Elles sont, en général, liées à l’accueil de public – hébergement, gîtes, vente directe de viande, …- et plus particulièrement à l’initiation aux activités proprement taurines – visite de l’élevage, journée au campo, ferrades, tientas, … -.  Mais c’est aussi la contribution des élevages des taureaux au maintien de la biodiversité des territoires et la valeur patrimoniale qu’elle recèle qu’il convient d’apprécier.

En effet « la biodiversité est favorisée par une structure de paysages en mosaïque où s’entremêlent milieux ouverts (pas de boisement ou de fourrés continus) et milieux fermés (par les boisements). Dans nos régions du Sud de la France, de telles mosaïques ont été créés tout au long de notre longue histoire par les activités humaines. » Et les auteurs d’ajouter « les races de taureaux de jeu […] nécessitent des parcours relativement vastes. En cela, [elles] ont un réel impact sur le paysage, notamment parce qu’elles maintiennent l’ouverture des milieux qui auraient sinon tendance à se fermer à une époque où la désertification des campagnes est un phénomène à la fois sociétal et écologique. »

Parce que, en économie aussi, l’apport de la corrida la dépasse il parait urgent d’échapper à un entre-soi faussement confortable et, de fait, appauvrissant.

Yves Lebas   


[1] Pierre Traimond « Économie et gestion de la corrida », Éditions Gascogne, 2011

[2] CNRS – Université Aix-Marseille/Université d’Avignon et Pays du Vaucluse

[3] « Implications socio-économiques des pratiques tauromachiques : les taureaux dans le Sud de la France » 

Dervieux Alain (ESPACE UMR 7300 CNRS et Mairie d’Arles) ; Cicille Patricia (ESPACE UMR 7300 CNRS Aix Marseille Université, Arles) ; Smith M.-V (Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, stagiaire Master) ; Martin Philippe (- Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, ESPACE UMR 7300 CNRS)


 [yl1]

Francis Wolff: « La découverte de quelque chose d’unique »

En ces temps d’attente retour aux textes essentiels. Je vous propose celui-ci, du philosophe Francis Wolff, dans le livre de Pierre Vidal, « Francis Wolff moments de vérité » (Editions Gascogne), sorti il y a quelques mois; avant la crise du Covid19.

« -Ce qui fait que tu vas devenir aficionado c’est la découverte de quelque chose d’unique, de singulier, de bizarre qui n’a rien à voir avec ce que l’on peut connaître par ailleurs. Pour moi, qui n’avais pas du tout de culture taurine, c’est le choc, la rencontre d’un spectacle fou, bizarre, surréaliste, étrange qui tranche avec la prose de la vie réelle. La dimension esthétique ne vient pas de la poésie, c’est cette immersion dans un monde qui n’a rien à voir avec le quotidien. Le deuxième élément, déterminant, vient de l’émotion procurée par le risque, la peur; la transformation de cette émotion vitale transformée en quelque sorte en une tension détente. Une tension entre le risque de mort et une détente qui va transformer cette tension initiale en son contraire.

-Peut-on évoquer une sorte d’illumination ?

-C’est une illumination mais elle n’est pas esthétique. L’esthétique je la découvre lors de la féria de Séville en 1972, ma première féria de Séville. Le mardi de féria, lors d’une corrida dont les historiens se souviennent : toros de Carlos Nuñez avec Diego Puerta, Paco Camino et Marismeño. On l’a appelé la « tarde de quites ». Je découvre alors tout le pan esthétique de la corrida. Mais je ne considère pas que le choc qui peut amener quelqu’un à la corrida soit un choc d’ordre esthétique au sens de l’admiration : comme c’est beau. Non je ne le pense pas et cela doit amener à réfléchir sur la politique taurine qui est proposée.

 -Tu considères l’émotion procurée par le combat comme l’essentiel…

– Ceux qui prétendent le grand public souhaite d’abord voir de jolies faenas, se trompent. Je ne suis pas un militant « toriste », mais ceux qui disent cela ne se rendent pas compte que devant un spectacle édulcoré, le public ne revient pas. Si le public vient de moins en moins c’est qu’il n’a pas l’émotion de base : l’émotion que donne un type qui risque sa vie face à une bête sauvage. Cette tension c’est l’émotion de base de quelqu’un qui ne connaît pas la corrida, qui la découvre. L’essence-même de la corrida se trouve-là. Tout ce qui édulcore ce sentiment brut, accélère sa mort. Encore une fois, je ne dis pas ça par une sorte de purisme intellectuel. Je dis cela car le public qui vient pour les toutes premières fois ne voit pas les jolies faenas. Ce sont des gens qui ont vu une quinzaine de corridas qui disent : c’est bien, il ne bouge pas, il capte le taureau, il lui fait faire des choses jolies. Oui ! Mais ça n’est pas le sentiment de base qui fera que le type aura le choc et reviendra. Ça n’est pas esthétique !

-… Certes, mais où se trouve la place de la passion ? A partir du moment où quelque chose ou quelqu’un change ta vie, une femme par exemple, ou une pratique artistique, est-ce encore du domaine de la raison ?

-Bien sûr que tout débute par la passion. Mais quel a été le choc passionnel ? Le choc passionnel a été de découvrir un autre monde. Un monde qui rompt avec la prose quotidienne. Le fait qu’un homme affronte une bête sauvage, en 1969 c’est quelque chose d’inouï qui ne correspond à rien, qui n’a rien à voir avec notre civilisation urbaine, industrielle… Qu’est-ce-que c’est que ce truc ? Voilà ! La passion naît à ce moment-là. Et après il y a la nécessité d’essayer de comprendre ».

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