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Utrera: “Toreo caro” de Pablo Aguado pour l’alternative de Curro Duran

Plaza de toros de Utrera, Sevilla. Corrida de toros. Moins de demie arène.

 Toros de Luis Algarra, le sixième vuelta al ruedo.

ALEJANDRO TALAVANTE, deux oreilles et ovation

PABLO AGUADO, oreille et oreille.

CURRO DURÁN, qui prenait l’alternative ovation et saluts.

Le banderillero Javier Ambel a salué au quatrième.

Corrida inégale de présentation: terciada dans l’ensemble; aux modestes défenses. Noble elle s’est avérée souvent blanda et juste de force; inexistante à la pique mais permettant tout de même aux toreros les plus expérimentés de montrer leurs qualités.

Talavante a profité de la bonté du second pour dessiner un trasteo varié, souvent plein de surprises et engagé. On a revu Alejandro dans sa meilleure version avec cet inoffensif adversaire qu’il tua d’une entière tombée coupant deux oreilles fêtées. L’extremeño retomba dans son dilettantisme lors de son second passage. Absent, profilé, se donnant tous les avantages. Quatre coups de rapière et la messe était dite.

Toreo caro de Pablo Aguado réellement supérieur à la cape par véroniques de face données au ralenti par le bas. Il fut aussi l’auteur de deux quites marqués de son élégance naturelle : un par gaoneras et l’autre par chicuelinas. Pur moment d’inspiration sévillane dans leur exécution. A la muleta il fit un effort remarquable dans des faenas marquées par une recherche artistique authentique, données avec douceur mais limitées par l’absence de transmission des toros. L’épée est on le sait le point faible du Sévillan mais il aura produit de très bons moments de toreo sur le sable d’Utrera.

Il n’est jamais trop tard Curro Duran fils prenait l’alternative à l’âge de trente ans après une longue carrière de novillero. Il aura été par moment à la hauteur du sixième, un crack qui répétait ses charges à droite toute. Il y eut pétition d’indulto lancée du callejon. Cela aurait fait l’affaire de l’impétrant. D’indulto totalement hors sujet il n’y a pas eu et Curro se trouva à la peine lors de la suerte suprême. Comme dit la fable adieux veaux, vaches, cochons, couvées. Il lui faudra revenir à la dure réalité… Ce qui pouvait apparaître comme un nouveau départ soulevant un torrent d’espoirs sera sans doute demain une fin. Du moins peut-il se dire matador de toro. Un honneur et un bonheur octroyés par la cérémonie de l’alternative.

Pierre Vidal

Madrid: À qui la faute ?


Madrid, 25 mai. Lleno de no hay billetes. Cinq toros de La Ventana del Puerto, présentés dans le type, celui sorti en second fut protesté, faibles sur pattes et fades de comportement. Plus nobles premier et sixième, mais vite éteints. Un toro du Puerto, sorti quatrième, sans moteur.


Sébastien Castella salut après avis après petite pétition et silence.
Daniel Luque palmas et silence.
Christian Parejo salut et silence après avis.
Christian Parejo a confirmé à Madrid avec le toro « Bonoloto » de la Ventana del Puerto, n°101, castaño bragado, de septembre 2019, 581 kilos.


C’était un des cartels les plus attendus de cette feria avec une nouvelle fois le « no hay billetes » affiché. Une rencontre entre Daniel Luque, triomphateur de Séville et torero très attendu à Madrid pour sa consécration définitive en tant que figura et Sébastien Castella, dont c’était la deuxième corrida en cette feria de San Isidro et qui venait d’éblouir les aficionados nîmois lors de ses deux après-midi à la Pentecôte.


Avec le jeune Christian Parejo, comme nous le savons tous devenu torero à Béziers et devenu matador dans cette ville, qui pouvait créer la surprise. Mais la déception finale est totale. Sébastien toréa avec beaucoup de calme, de maestria son premier, il y eut même de très belles passes, d’un relâchement absolu, mais le toro de la Ventana del Puerto manqua de transmission et pire encore fut protesté dès sa sortie par son soi-disant manque de trapio. Dommage, cette faena bien construite ne permit à Sébastien que de saluer le public. Le quatrième fut d’une fadeur telle que la faena fut suivie par le public en silence de bout en bout.


Idem pour Daniel Luque à son premier, devant un autre animal insipide où il ne put même pas s’illustrer à la cape. Et encore moins à la muleta. Face au cinquième, qu’il brinda, tout comme Sébastien, il y eut une étincelle : trois superbes derechazos qui provoquèrent les olés puissants de Madrid. Mais ce ne fut qu’un mirage, le toro ne permettait pas l’enchaînement des passes et son manque d’engagement, son manque
de classe et surtout de pugnacité, refroidirent les esprits. Rien, silence une nouvelle fois sur les gradins de Las Ventas.


On y avait pourtant cru au premier, le toro de confirmation de Christian Parejo, noble, allègre à la pique, et avec un certain moteur à la muleta. Mais de courte durée, car il ne tarda pas à s’éteindre. Tout comme le sixième et dernier. Il y eut quelques détails de Parejo dont on peut saluer l’enthousiame, en particulier dans des quites très ajustés par véroniques ou tafalleras. Un bon placement à la muleta, il n’a pas pu convaincre mais il a laissé sa carte de visite et l’envie de le revoir.
On en arrive à l’équateur de la feria et pour l’instant pas de triomphe majeur. Que s’est-il passé aujourd’hui pour qu’une corrida aussi intéressante sur le papier devienne quelconque ? Sans doute la réponse est du côté du toro, pas de cet éleveur en particulier, mais du toro de Madrid, encore une fois trop lourd et comme le savent la plupart des aficionados, choisi non pour sa « reata », ses origines, mais pour sa corpulence, pour ne pas dire son poids, et ses cornes. Le problème est peut-être là, la question continuera de se poser et il faudra absolument faire le bilan du comportement des toros à l’issue de cette feria. Et comparer avec ce qui se passe ailleurs avec ces mêmes élevages.

Antonio Arévalo

La féria de Saint Gilles

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Présentée ce vendredi soir par la municipalité saint-gilloise, avec notamment le maire Eddie Valadier et l’adjoint à la tauromachie Benjamin Guidi, ainsi que Julien Miletto et Pierre-Henri Callet pour l’empresa « Toro Pasión » face à un nombreux public, cette feria dont l’affiche a été réalisée par Jonathan Veyrunes réserve un bon quota de représentants tricolores, toreros et éleveurs.

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Le samedi 24 août, pour la première corrida de cette formule en deux temps, un lot de Blohorn sera opposé à El Rafi, Solal et le franco-chiclanero Christian Parejo…

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Le lendemain, novillada non-piquée avec les trois aspirants qualifiés pour combattre trois élevages du Sud-Est dans le cadre de la finale du Bolsín de Nîmes Métropole.

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On notera en outre pour la clôture du vendredi 30 août, la participation d’un des premiers de la classe. En effet, le maestro péruvien Andrés Roca Rey sera entouré de deux français, Thomas Joubert et Adriano, qui combattront une ganadería inédite ici, celle de Rocío de la Cámara. Un bien beau challenge pour nos deux compatriotes qui n’ont pas à chaque fois l’opportunité d’être en si bonne compagnie !

infos24

A la fin août, il devrait y avoir du spectacle aux arènes Emile Bilhau !!!

Madrid : le jour où “el Numéro Uno” entendit les trois avis…

Plaza de toros de Las Ventas, Madrid. Treizième de la Feria de San Isidro. Lleno de ‘No hay billetes’. 22 947 spectateurs.

Toros de Conde de Mayalde,

 CAYETANOen pourpre cardinalice et or: silence et silence. 

ANDRÉS ROCA REY, en Marine et or:  palmas après deux avis et pitos après trois avis.

JORGE MARTÍNEZ, en neige et or qui confirmait l’alternative, silence avis et silence après avis.

Au « numéro uno » on ne passe rien et avec lui le secteur le plus « radical » (sectaire ?) de Las Ventas est sans pitié. Roca Rey fut donc sifflé à sa sortie pour ces trois avis malencontreux : le mouchoir présidentiel tombant au moment même où le Mayalde s’effondrait après avoir longé la barrière. José Tomas lui-même avait entendu trois avis ici même dans un contexte bien plus polémique le torero de Galapagar avait subi une bronca monumentale. Les numéros uns ont toujours eu leurs détracteurs ce fut le cas d’Ojeda, de Tomas et du Juli qui garda, malgré ça, sa casaque de leader pendant près de vingt ans –les plus féroces de ses détracteurs l’adulant lors de ses adieux. La justice n’est pas de ce monde et il y en aura toujours pour rejeter les mérites des meilleurs. Tant pis pour eux…

Très bien présentée la corrida de Rafael Finat (à gauche sur la photo), dans le type Domecq, haute, lourde et astifina. Un lot parfait pour Madrid : enhorabuena señor Conde ! Varié aussi au moral ; pas toujours accommodant pour les toreros. Le premier brave, le second incertain, le troisième complet et meilleur de la corrida, le quatrième noble mais sans beaucoup de transmission, le cinquième manso, le sixième noble mais juste de force.

Volontaire Cayetano se fit accrocher dès le premier toro alors qu’il intervenait comme chef de lidia sortant le toro du batacazo et du cheval gisant sur l’albero. Sonné le torero de dynastie resta en piste et tua le second –pour cause de confirmation- rapidement, d’une entière. Il souffrait visiblement et partit à l’infirmerie pour tuer le sixième qu’il mena bien à la cape mais avec lequel il dut abréger compte tenu de son manque de force. Raza du torero rondeño, visiblement meurtri qui a toujours la côte à Madrid.

Roca Rey discret à la cape à son premier passage fut sensationnel à la muleta dans son premier trasteo. Dès la première série, donnée par le haut impavide alternant avec deux arrucinas, il saisit le conclave qui le soutint alors unanimement. La faena classique du péruvien ira de menos à mas, l’animal se rendant à ses séries autoritaires, données par le bas, avec lenteur et engagement. Faena larga, conclue par une entière légèrement delantera. Hélas ! le toro encasté se refusa à mourir et Andrés entendit deux avis : l’enthousiasme retomba comme  le soufflet de Mamie et la pétition resta minoritaire. Même mésaventure face à son second ennemi, un manso de catégorie dont il tira tout le suc mais qui tarda à tomber d’où les trois avis réglementaires.

Débuts dignes mais anodins de Jorge Martinerz qui évidemment souffrit de la comparaison. Le jeune homme ne propose rien de véritablement personnel et même s’il dessina quelques séries dignes d’intérêt à son second passage, l’ensemble laissa le public indifférent.

L’histoire retiendra que ce fut le jour où “el Numero Uno” entendit les trois avis dans la cathédrale du toreo.

Pierre Vidal

Parte de Cayetano

Contusions et érosions de surface. Contusion cervicale en attente d’étude radiologique. Érosion avec hématome dans le scrotum, la région pariétale droite et la face antérieure de la cuisse gauche.

Las Ventas : où sont les toros?

Madrid 11eme corrida de San Isidro.

Toros du Puerto de San Lorenzo

Pour Alejandro Talavante : Corinthe et or, oreille et silence

Juan Ortega: Corinthe et or, silence et salut au tiers

Tomas Rufo: Lilas et or, silence et salut au tiers.

Lleno , plus une place, très beau temps et pas de vent.

Conditions idéales pour une corrida de vedettes et une fois encore des toros qui ont l’air d’en être, trapio , poids moyen 580k, belles armures hautes sur des toros bas, bien dans le type sauf le 6eme  sans morillo.Ne pas confondre un bon champagne et un mousseux .

Disons tout de suite ce qui fâche : le 1er, le plus lourd et le plus vieux  donne un peu de jeu sans ruse ni danger, et se laisse couper une oreille par Talavante fort serein et élégant, on n’en dira pas plus.

Ensuite le 2eme le 3eme le 4eme et le 5eme sont des caricatures de toros braves, même si une fois ou l’autre on a l’impression qu’ils vont au cheval et poussent un peu à la première puya.

Le 5ème, une espèce de sournois sans bravoure va envoyer Ortega au sol à la suite d’un voltereton impressionnant.  Piqué au vif le sévillan reprend les trastos et livre combat à un animal qui fuyait le combat.

Et le 6eme, un ersatz de toro va se laisser faire , plutot moins que plus par un Tomas Rufo décidé.

On entend une partie du public , touché par les efforts du toledan, réclamer l’oreille.  Rappelons que les oreilles ne peuvent tomber que si les toros participent au combat et ne les laissent sur le sable qu’après s’être livrés.

Alors on peut bien entendu gloser, excuser ceci ou cela, mais ce soir en dehors de trois paires de banderilles et des vrais efforts de la part des toreros, on s’est ennuyé ferme, imaginant que  finalement, peut- être dans ces bestiaux noirs et bien armés, il pourrait se trouver une once d’esprit combatif..

Parlons donc d’hier et des toros très très armés et pas commodes d’EL Torero pour des toreros moins glorieux, hier disais-je, on ne s’est pas ennuyé, on a vibré, craint le pire, espéré le succès, admiré avec beaucoup de ferveur la faena de David Galvan…

Quid de ce soir?  Je ne vais pas vous ennuyer à mon tour avec deux bonnes séries sur la corne gauche de l’un, des débuts de rodillas aux medios de Rufo au dernier, et puis, rien rien, des boites à cornes qui fuyaient la plupart du temps, partaient aux planches pour se faire toréer dans leur querencia.

Ce soir à aucun moment la faute ne revient aux matadors qui ont rempli leur rôle, mais aux toros del Puerto, indignes de fouler le sable de Las Ventas.

A  demain, 

Jean François Nevière

MADRID : UNE FAENA INSPIREE  DE DAVID GALVAN

MADRID le 22 mai 2024 – 10° corrida du cycle Isidril.

Deux tiers d’arènes, 20°, vent léger.

Toros d’El Torero bien présentés, Trapios et cornes pour Madrid.

539,523,582,535,526,576 kg, tous de cinq ans et quelques mois, 2 piques chacun, la 2° sans trop de conviction. Jeux compliqués à la muleta, le 5° un bon toro.

David Galvan, bleu roi et or, salut et une oreille.

Alvaro Lorenzo, rouge passion et or, silence et silence.

Angel Tellez, blanc ivoire et argent, silence et silence.

Pas de quite artistique à la  cape sauf une tentative avortée de chicuelinas de Tellez à son deuxième toro.

Salut des banderilleros Juan Carlos Rey au 4° et Juan Navazo au 6°.

C’était la corrida classique de Madrid organisée pour  donner une chance nouvelle à trois toreros ayant déjà triomphé une fois au moins dans ces arènes capitales, mais dont la carrière piétine.

Celui qui a le mieux profité de l’opportunité  est incontestablement David Galvan grâce à sa faena à son deuxième toro, le quatrième de l’après-midi, un toro compliqué pourtant qui ne s’était employé ni à la pique ni aux banderilles.

Une faena inspirée commencée de façon très gracieuse par le torero faisant des passes de la droite en semi révérence. Tout le reste fut donc très inspiré, pas un de ces travaux que l’on voit régulièrement dans les arènes, mais un travail comme dicté par la bonne étoile de David Galvan avec un toro qui pourtant ne mettait pas beaucoup la tête dans la flanelle et qui se retournait vite après être sorti de la passe la tête haute.

Mais David était dans un état de grâce pour donner des naturelles bien exposées et des passes de poitrine, dont une « pour la mémoire ». La fin fut du même acabit avec des remates par le bas de grande beauté précédant une estocade concluante. Une oreille ardemment demandée par le public madrilène conquis et accordée sans rechigné par le président. De jolies attitudes à son premier toro, compliqué, avaient déjà attiré l’attention de tous.

David Galvan, un torero à voir et à revoir sans modération si l’on veut s’échapper du train train des “donneurs de passes”.

Ce ne fut pas l’après-midi d’Alvaro Lorenzo, stéréotypé et dépassé par la qualité du  meilleur toro de l’après-midi, le cinquième, lui donnant une faena de moins en moins centrée et donc  sanctionnée par des sifflets en provenance du fameux tendido 7. A son premier toro rien d’intéressant non plus, il est vrai avec un toro plus compliqué.

Ce ne fut pas non plus l’après-midi d’Angel Tellez, certes le plus mal servi par le tirage au sort, mais qui nous a paru hors de situation en voulant donner ses fameuses naturelles, qui lui avaient valu son triomphe dans ces mêmes arènes en 2022, quelque soit l’état des toros. Résultat : rien, et en plus des mises à mort catastrophiques et  des bousculades heureusement sans gravité.

EXIR

Replay corridas sur Canal Sur TV. Antonio Ferrera et Victorino Martin.

La TV d’Andalousie Canal Sur retransmet régulièrement des novilladas et corridas en direct.

Mais il est également possible de les regarder en replay. La dernière en date celle du 18 mai à Osuna ou Antonio Ferrera a coupé les deux oreilles et la queue d’un grand toro de Victorino Martin (le 5em de la corrida) avec pétition d’Indulto.

Madrid, Jarocho en triomphe avec une novillada prenante de Fuente Ymbro

Pour l’avant-dernière novillada piquée de la San Isidro à Las Ventas, trois novilleros vu dans le sud-ouest. Sous des conditions météo compliquées, Alejandro Peñaranda, qui a triomphé devant des toros de la Ganadería de Palha à Aire-sur-Adour le 1er mai de cette année. Ismaël Martín à Parentis-en-Born en deux mille vingt-trois. Jarocho vu en deux mille vingt-deux en novillada non piquée dans de nombreuses arènes du sud-ouest qui faisait sa présentation à Las Ventas .

Alejandro Peñaranda : applaudissements après avis et une oreille après avis.

Ismaël Martín : silence et oreille

Jarocho : vuelta après avis et deux oreilles après avis

Le lot de la Ganadería de Fuente Ymbro est homogène, bien présenté: du trapío avec une moyenne de poids de cinq cents kilos et un âge proche de quatre ans.

Le premier novillo avec une robe castaño est accueilli par des véroniques d’ Alejandro Peñaranda. Il y a deux rencontres avec le cheval sans s’employer et une charge courte sur le quite d’Ismaël Martín. La faena du novillero est appliquée. Le novillo est meilleur sur la gauche. La seconde série à droite est donnée avec du temple. Plein centre, sur une nouvelle série de naturelles, la faena va a más. Il finit avec des bernadinas récompensées par des applaudissements. À l’épée, un pinchazo, l’avis tombe. La seconde estocade est entière et bien placée. Le second novillo jabonero ne rémate pas dans les planches. Le novillo charge le cheval par le devant lors des piques. Il commence par de jolis doblones mais sur une charge courte, le novillero se fait prendre par le Fuente Ymbro. Il exécute plusieurs séries de naturelles très réussies. L’épée est efficace puis l’avis des dix minutes retentit. Le novillo tombe rapidement. Une pétition se fait entendre et l’oreille tombe du palco.Ismaël commence par de jolis doblones. La charge est plus franche sur la gauche. Le jeune homme se fait prendre par le Fuente Ymbro. Il exécute plusieurs séries de naturelles très réussies. L’épée est efficace, l’avis retentit. Le novillo tombe rapidement, pétition et l’oreille tombe du palco.

Ismael Martín, exécute des véroniques jusqu’au centre de la piste pour finir par une rebolera. Une bonne mise en suerte et une mauvaise réception du cavalier. Le novillero se distingue par un quite de ojo. Il finit par une gaonera. La seconde rencontre est brève. La competencia entre novilleros est présente avec un quite de Jarocho. Pose des banderilles sans réussite. Avec douceur, il commence les premières séries. Plein centre, il exécute des derechazos sur le pico. Le novillo a de la noblesse, il charge à bonne distance. La seconde série à droite est meilleure. Sur la gauche, le toro exprime du reño s’exprime plus. Il a une charge plus courte. La faena va a menos. L’épée ne suscite pas d’émotion, silence.

Un negro listón sort ensuite tête haute dans le ruedo. Ismaël Martin exécute des véroniques très appuyées. Le novillo donne des coups de tête dans le cheval et il sort tout seul. La seconde rencontre est courte. La pose de banderilles est meilleure elle est applaudie. Il met de la distance sur une nouvelle série à gauche et sur les derechazos, se fait désarmer et accrocher lors de la faena. Pour la fin, une série de Bernardinas donne de l’émotion. Une épée caida mais efficace le toro tombe directement. Oreille.

Le novillo de Jarocho est remplacé. Le troisième bis a une charge violente à la cape. Au cheval, il exprime un comportement de manso. Alejandro Peñaranda exécute des chicuelinas. Il commence sa faena avec des rodillas et reçoit les applaudissements du public. Le novillo change de comportement lors des premières faenas à droite. Il répond aux sollicitations de loin. Jarocho exécute de belles naturelles avec du temple. Les dernières séries à droite donnent de l’émotion au public. L’avis sonne juste après la bonne estocade. Le public applaudit la mort rapide du novillo dans les planches. Une pétition majoritaire de pañuelos ne fait pas réagir le palco.

Le dernier novillo est magnifique avec une démarche agréable. Un enchaînement de largas, de véroniques, de chicuelinas pour finir sur une revolera. Le public madrilène apprécie. Jarocho brinde son toro à Fernando Robleño. Sa faena commence de façon classique. Sur la première série à droite et à gauche, il se fait accrocher. Alors que le toro est arrêté, il arrive à tirer de jolis derechazos. L’émotion se dégage des naturelles finales données avec profondeur et sentiment . Dernières séries à gauche sous les olé et les applaudissements unanimes. Engagement total à l’épée. Applaudissement après la mort rapide du novillo. Une pétition fournie et deux mouchoirs tombent.

Jarocho sortira par la puerta grande porté avec beaucoup d’enthousiasme par ses amis de l’école taurine El Yiyo. Un moment très émouvant.

Nicholas Couffignal

Feux d’artifice Nîmois : les trois en triomphe

Photo Bruno Lasnier

Plaza de toros de Nîmes, Sixième et dernier spectacle de la feria. Toros de Virgen María et Fernay (6º bis) bien présentés et de bon jeu en général. Deux tiers d’arène. beau temps.

Triomphalisme à Nîmes ou Juan Leal ouvre la porte des consuls avec quatre oreilles en compagnie de Solalito qui coupe trois oreilles (c’est la seconde corrida de sa carrière après son alternative ici l’année dernière) et Fernando Adrian qui coupe deux oreilles.

Une présidence généreuse dans l’attribution des trophées qui est difficilement compatibles avec le statut et la crédibilité d’une arène de 1ere catégorie comme celles de Nîmes. On ne va pas mettre en question le courage et la prestation des garçons qui ont tous donné le meilleur possible, mais un certain mal à l’aise est quand même présent. Ce bilan comptable pose question sur l’appréciation des trophées à leur juste valeur.

Photo Bruno Lasnier

JUAN LEAL, deux oreilles et deux oreilles après avis

Photo Bruno Lasnier

FERNANDO ADRIÁN, qui confirme son alternative : silence et deux oreilles

Photo Bruno Lasnier

SOLALITO, oreille et deux oreilles

Juan Leal a débuté la faena de son premier taureau à genoux au centre des arènes. Il a continué avec fermeté et courage dans son style caractéristique qu’on apprécie ou pas. La muleta rarement touchée par le taureau. Sa dernière série la aussi à genoux a soulevé le public. Après une bonne mise à mort il coupe deux oreilles généreuses. Au quatrième, il finit par ensorceler le taureau et après une estocade efficace il coupe à nouveau deux oreilles sous des sifflets.

Pour la seconde corrida de sa carrière, Solalito nous a agréablement surpris. Sur son second taureau (6em bis de Fernay) pas facile, il ne perd pas les papiers et fait un effort pour corriger les défauts de son adversaire. A base de fermeté et d’engagement sans faille et d’une bonne estocade il récolte deux oreilles sous des sifflets du public. Cela lui ouvrent la porte des consuls car il a fait bonne impression avec le troisième taureau, avec des moments relâchés sur la corne droite et une estocade efficace.

Fernando Adrián n’a pas voulu rester sans rien..et a joué gros sur le cinquième taureau de l’après midi, un bon exemplaire de Virgen Maria. Après avoir commencé à genoux, il distille de nombreuses passes sur les deux pitons. Celles de la droite sont supérieures. C’est propre bien fait, efficace et porte sur le public. Après une belle estocade, la meilleure de la tarde, il coupe deux oreilles. Il a fait preuve de beaucoup de bonne volonté et a essayé sur son taureau d’alternative mais en vain surtout à cause de l’animal le moins coopératif de la tarde

Feria de Vic Fezensac Roman sérieusement blessé, Morenito coupe trois oreilles et Vingt et une pique pour “Los Maños”

Vic-Fezensac. Quatrième corrida de feria, deux tiers d’arène, temps frais et nuageux, quelques gouttes de pluie, corrida suspendue plus d’une heure. Sept toros de Los Maños, le troisième remplacé par un sobrero du même fer. Un lot très bien présenté, souvent très armés et témoignant d’une forte bravoure. Quatre piques pour les premiers, second et troisième, trois châtiments pour les autres. Toujours très compliqués à la muleta.

Photo Gil Mir

Morenito de Aranda (Rouge foncé et or), au premier, un pinchazo et une entière, vuelta, au deuxième tué en remplacement de Roman, une entière une oreille, au quatrième, une demi-lame, deux oreilles.

Photos R. Tastet

Roman (blanc cassé et argent) gravement blessé au cours du tercio de pique du second.

El Rafi (Bleu marine et or), au troisième, deux pinchazos et une entière, silence ; au cinquième, une entière, silence ; au dernier, deux pinchazos et une demi lame, silence.

Présidence, Marc Amestoy, assesseurs, Jean-Michel Lattes et Hervé Pallas.

Pour terminer cette feria de Vic l’arène a une nouvelle fois été le temple de la pique et de la bravoure avec un corrida de Los Maños où l’on a dénombré vingt et une piques ou rencontres… Les Vicois connaissent bien l’élevage qui par deux fois a remporté la corrida concours. Par moment, on aurait pu se croire revenu dans le concours, surtout avec la présence des deux premiers et ensuite avec « Santacancelas » sorti en quatrième position qui clotura cette série avec un formidable premier châtiment. Un toro exceptionnel que ne laissa pas passer Morenito de Aranda qui finit par écrire une symphonie sur la gauche. Ce fut la rencontre de l’homme et du toro, l’instant magique où tout fonctionne. Récompense pour les deux, deux oreilles pour le torero et une vuelta posthume pour le toro. On avait écrit un chapitre de plus dans le livre des légendes de l’arène de Vic.

Malheureusement ces moments furent perturbés par la très sérieuse blessure de Roman. Le torero Valencien alors qu’il mettait en place son premier adversaire, pour le tercio de pique reçut un violent coup de corne sur le haut de la cuisse gauche. L’accident obligea à la suspension de la course pendant une heure quinze. Un temps nécessaire pour assister le torero puis stabiliser son état général avant de l’évacuer sur l’hôpital de Mont-de-Marsan. Un accident qui rappelait étrangement ce qui s’était passé il y a un an avec Morenito de Aranda.

Les Los Maños demandaient un solide technique que peut être ne possède pas encore El Rafi. Il a passé une très mauvaise journée. Sur ses trois toros il fut obligé de rompre, souvent d’écouter la rencontre comme avec le cinquième. Il essaya bien de se sauver avec le dernier mais malgré toute sa bonne volonté, il ne put résoudre l’équation. Mais El Rafi a montré ses belles qualités et signé quelques belles naturelles d’une lenteur extrême.

Cette course a également montré le respect qui existe entre tous les acteurs de l’arène, Morenito de Aranda refusant à sortir en triomphe par solidarité avec Roman.

Un feria de Vic qui est restée fidèle à sob éthique et a présenté de grande corridas avec un point d’orgue donné par les Dolores Aguirre Ybarra.

Jean-Michel Dussol

Galerie Photo Bertrand Caritey

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