Résultats: "madrid" Page 1 sur 26

Madrid : nouvelle déception

Plaza de toros de Las Ventas, Madrid. 15ème de la Feria de San Isidro. Lleno de ‘No hay billetes’.

Toros de El Capea (1º et 4º) Montalvo et José Vázquez (6º bis), bien présentés mais sans jeu sauf ceux consacrés au rejoneo.

DIEGO VENTURA, silence et ovation 

CAYETANO, silence et silence après deux avis. 

GINÉS MARÍN, ovation après avis et palmas. 

LLENO une fois de plus.
Malgré leur poids (560 et 610 Kg) les deux toros d’El Capea furent les plus mobiles. Arrivant dignement et bouche fermée jusqu’à la fin. Diego Ventura dans son style de centaure effectua deux faenas complètes. Un rejon  de castigo à son premier, deux à son second qui reçut entre autre une remarquable paire à deux mains. Un rejon de mort trasero provoqua une mort lente. Plusieurs pinchazos au second privèrent Ventura de trophées.

Les toros de Montalvo furent (presque) applaudis à leur sortie. Tous du trapio, une belle allure, un poids moyen de 560 Kg,astifinos . Tous sauf le sixième,infirme et remplaçé, firent illusion à la pique. Et puis tout est dit. L’un peu mobile, l’autre avec une charge totalement désordonnée, un autre avec une corne gauche impossible et allant à menos.

Avec tout cela Cayetano essaya sans y parvenir de lier quelques passes . Des estocades médiocres et descabello difficile au second justifient les deux « silences ».
Ginés Marin parut beaucoup plus décidé et avide de succés. A son premier il livra un combat volontaire et de grand mérite face à un adversaire aux réactions désordonnées et imprévisibles. Une demie épée et un descabello clôturèrent ce combat un peu perdu d’avance. Comme c‘était son jour de chance il vit sortir un sixième infirme, fragile et boitillant. Remplacement de l’infirme par un toro de José VAZQUEZ un peu plus léger et de bonne allure, bien armé, tout pour plaire. Sauf qu’il se révéla Manso de première classe refusant totalement la pique de Guillermo MARIN qui dut tricher pour lui infliger un châtiment minimum (bronca pour papa). Ginès Marin qui avait brindé ce toro à Curro Vazquez malgré la « mansedumbre » de ce drôle de toro décida de lui délivrer des passes, d’abord à gauche et le toro s’investit clairement ce qui permit au maestro de faire preuve à la fois de bravoure et de savoir faire. Mais tous ses efforts ne portèrent pas sur le public.Une estocade douteuse mais efficace.
Fin d’une semaine à Las Ventas qui vraiment manqua de TOROS BRAVES,devant une partie d’un  public bavard et manquant de respect.
A Arevalo l’a fort bien dit, il va falloir repenser sérieusement la notion de TORO DE MADRID.

Charles Figini

Brindis de Ginés Marin au grand torero madrilène retiré -apoderado de Cayetano- Curro Vasquez

Madrid: À qui la faute ?


Madrid, 25 mai. Lleno de no hay billetes. Cinq toros de La Ventana del Puerto, présentés dans le type, celui sorti en second fut protesté, faibles sur pattes et fades de comportement. Plus nobles premier et sixième, mais vite éteints. Un toro du Puerto, sorti quatrième, sans moteur.


Sébastien Castella salut après avis après petite pétition et silence.
Daniel Luque palmas et silence.
Christian Parejo salut et silence après avis.
Christian Parejo a confirmé à Madrid avec le toro « Bonoloto » de la Ventana del Puerto, n°101, castaño bragado, de septembre 2019, 581 kilos.


C’était un des cartels les plus attendus de cette feria avec une nouvelle fois le « no hay billetes » affiché. Une rencontre entre Daniel Luque, triomphateur de Séville et torero très attendu à Madrid pour sa consécration définitive en tant que figura et Sébastien Castella, dont c’était la deuxième corrida en cette feria de San Isidro et qui venait d’éblouir les aficionados nîmois lors de ses deux après-midi à la Pentecôte.


Avec le jeune Christian Parejo, comme nous le savons tous devenu torero à Béziers et devenu matador dans cette ville, qui pouvait créer la surprise. Mais la déception finale est totale. Sébastien toréa avec beaucoup de calme, de maestria son premier, il y eut même de très belles passes, d’un relâchement absolu, mais le toro de la Ventana del Puerto manqua de transmission et pire encore fut protesté dès sa sortie par son soi-disant manque de trapio. Dommage, cette faena bien construite ne permit à Sébastien que de saluer le public. Le quatrième fut d’une fadeur telle que la faena fut suivie par le public en silence de bout en bout.


Idem pour Daniel Luque à son premier, devant un autre animal insipide où il ne put même pas s’illustrer à la cape. Et encore moins à la muleta. Face au cinquième, qu’il brinda, tout comme Sébastien, il y eut une étincelle : trois superbes derechazos qui provoquèrent les olés puissants de Madrid. Mais ce ne fut qu’un mirage, le toro ne permettait pas l’enchaînement des passes et son manque d’engagement, son manque
de classe et surtout de pugnacité, refroidirent les esprits. Rien, silence une nouvelle fois sur les gradins de Las Ventas.


On y avait pourtant cru au premier, le toro de confirmation de Christian Parejo, noble, allègre à la pique, et avec un certain moteur à la muleta. Mais de courte durée, car il ne tarda pas à s’éteindre. Tout comme le sixième et dernier. Il y eut quelques détails de Parejo dont on peut saluer l’enthousiame, en particulier dans des quites très ajustés par véroniques ou tafalleras. Un bon placement à la muleta, il n’a pas pu convaincre mais il a laissé sa carte de visite et l’envie de le revoir.
On en arrive à l’équateur de la feria et pour l’instant pas de triomphe majeur. Que s’est-il passé aujourd’hui pour qu’une corrida aussi intéressante sur le papier devienne quelconque ? Sans doute la réponse est du côté du toro, pas de cet éleveur en particulier, mais du toro de Madrid, encore une fois trop lourd et comme le savent la plupart des aficionados, choisi non pour sa « reata », ses origines, mais pour sa corpulence, pour ne pas dire son poids, et ses cornes. Le problème est peut-être là, la question continuera de se poser et il faudra absolument faire le bilan du comportement des toros à l’issue de cette feria. Et comparer avec ce qui se passe ailleurs avec ces mêmes élevages.

Antonio Arévalo

Madrid : le jour où “el Numéro Uno” entendit les trois avis…

Plaza de toros de Las Ventas, Madrid. Treizième de la Feria de San Isidro. Lleno de ‘No hay billetes’. 22 947 spectateurs.

Toros de Conde de Mayalde,

 CAYETANOen pourpre cardinalice et or: silence et silence. 

ANDRÉS ROCA REY, en Marine et or:  palmas après deux avis et pitos après trois avis.

JORGE MARTÍNEZ, en neige et or qui confirmait l’alternative, silence avis et silence après avis.

Au « numéro uno » on ne passe rien et avec lui le secteur le plus « radical » (sectaire ?) de Las Ventas est sans pitié. Roca Rey fut donc sifflé à sa sortie pour ces trois avis malencontreux : le mouchoir présidentiel tombant au moment même où le Mayalde s’effondrait après avoir longé la barrière. José Tomas lui-même avait entendu trois avis ici même dans un contexte bien plus polémique le torero de Galapagar avait subi une bronca monumentale. Les numéros uns ont toujours eu leurs détracteurs ce fut le cas d’Ojeda, de Tomas et du Juli qui garda, malgré ça, sa casaque de leader pendant près de vingt ans –les plus féroces de ses détracteurs l’adulant lors de ses adieux. La justice n’est pas de ce monde et il y en aura toujours pour rejeter les mérites des meilleurs. Tant pis pour eux…

Très bien présentée la corrida de Rafael Finat (à gauche sur la photo), dans le type Domecq, haute, lourde et astifina. Un lot parfait pour Madrid : enhorabuena señor Conde ! Varié aussi au moral ; pas toujours accommodant pour les toreros. Le premier brave, le second incertain, le troisième complet et meilleur de la corrida, le quatrième noble mais sans beaucoup de transmission, le cinquième manso, le sixième noble mais juste de force.

Volontaire Cayetano se fit accrocher dès le premier toro alors qu’il intervenait comme chef de lidia sortant le toro du batacazo et du cheval gisant sur l’albero. Sonné le torero de dynastie resta en piste et tua le second –pour cause de confirmation- rapidement, d’une entière. Il souffrait visiblement et partit à l’infirmerie pour tuer le sixième qu’il mena bien à la cape mais avec lequel il dut abréger compte tenu de son manque de force. Raza du torero rondeño, visiblement meurtri qui a toujours la côte à Madrid.

Roca Rey discret à la cape à son premier passage fut sensationnel à la muleta dans son premier trasteo. Dès la première série, donnée par le haut impavide alternant avec deux arrucinas, il saisit le conclave qui le soutint alors unanimement. La faena classique du péruvien ira de menos à mas, l’animal se rendant à ses séries autoritaires, données par le bas, avec lenteur et engagement. Faena larga, conclue par une entière légèrement delantera. Hélas ! le toro encasté se refusa à mourir et Andrés entendit deux avis : l’enthousiasme retomba comme  le soufflet de Mamie et la pétition resta minoritaire. Même mésaventure face à son second ennemi, un manso de catégorie dont il tira tout le suc mais qui tarda à tomber d’où les trois avis réglementaires.

Débuts dignes mais anodins de Jorge Martinerz qui évidemment souffrit de la comparaison. Le jeune homme ne propose rien de véritablement personnel et même s’il dessina quelques séries dignes d’intérêt à son second passage, l’ensemble laissa le public indifférent.

L’histoire retiendra que ce fut le jour où “el Numero Uno” entendit les trois avis dans la cathédrale du toreo.

Pierre Vidal

Parte de Cayetano

Contusions et érosions de surface. Contusion cervicale en attente d’étude radiologique. Érosion avec hématome dans le scrotum, la région pariétale droite et la face antérieure de la cuisse gauche.

MADRID : UNE FAENA INSPIREE  DE DAVID GALVAN

MADRID le 22 mai 2024 – 10° corrida du cycle Isidril.

Deux tiers d’arènes, 20°, vent léger.

Toros d’El Torero bien présentés, Trapios et cornes pour Madrid.

539,523,582,535,526,576 kg, tous de cinq ans et quelques mois, 2 piques chacun, la 2° sans trop de conviction. Jeux compliqués à la muleta, le 5° un bon toro.

David Galvan, bleu roi et or, salut et une oreille.

Alvaro Lorenzo, rouge passion et or, silence et silence.

Angel Tellez, blanc ivoire et argent, silence et silence.

Pas de quite artistique à la  cape sauf une tentative avortée de chicuelinas de Tellez à son deuxième toro.

Salut des banderilleros Juan Carlos Rey au 4° et Juan Navazo au 6°.

C’était la corrida classique de Madrid organisée pour  donner une chance nouvelle à trois toreros ayant déjà triomphé une fois au moins dans ces arènes capitales, mais dont la carrière piétine.

Celui qui a le mieux profité de l’opportunité  est incontestablement David Galvan grâce à sa faena à son deuxième toro, le quatrième de l’après-midi, un toro compliqué pourtant qui ne s’était employé ni à la pique ni aux banderilles.

Une faena inspirée commencée de façon très gracieuse par le torero faisant des passes de la droite en semi révérence. Tout le reste fut donc très inspiré, pas un de ces travaux que l’on voit régulièrement dans les arènes, mais un travail comme dicté par la bonne étoile de David Galvan avec un toro qui pourtant ne mettait pas beaucoup la tête dans la flanelle et qui se retournait vite après être sorti de la passe la tête haute.

Mais David était dans un état de grâce pour donner des naturelles bien exposées et des passes de poitrine, dont une « pour la mémoire ». La fin fut du même acabit avec des remates par le bas de grande beauté précédant une estocade concluante. Une oreille ardemment demandée par le public madrilène conquis et accordée sans rechigné par le président. De jolies attitudes à son premier toro, compliqué, avaient déjà attiré l’attention de tous.

David Galvan, un torero à voir et à revoir sans modération si l’on veut s’échapper du train train des “donneurs de passes”.

Ce ne fut pas l’après-midi d’Alvaro Lorenzo, stéréotypé et dépassé par la qualité du  meilleur toro de l’après-midi, le cinquième, lui donnant une faena de moins en moins centrée et donc  sanctionnée par des sifflets en provenance du fameux tendido 7. A son premier toro rien d’intéressant non plus, il est vrai avec un toro plus compliqué.

Ce ne fut pas non plus l’après-midi d’Angel Tellez, certes le plus mal servi par le tirage au sort, mais qui nous a paru hors de situation en voulant donner ses fameuses naturelles, qui lui avaient valu son triomphe dans ces mêmes arènes en 2022, quelque soit l’état des toros. Résultat : rien, et en plus des mises à mort catastrophiques et  des bousculades heureusement sans gravité.

EXIR

Madrid, Jarocho en triomphe avec une novillada prenante de Fuente Ymbro

Pour l’avant-dernière novillada piquée de la San Isidro à Las Ventas, trois novilleros vu dans le sud-ouest. Sous des conditions météo compliquées, Alejandro Peñaranda, qui a triomphé devant des toros de la Ganadería de Palha à Aire-sur-Adour le 1er mai de cette année. Ismaël Martín à Parentis-en-Born en deux mille vingt-trois. Jarocho vu en deux mille vingt-deux en novillada non piquée dans de nombreuses arènes du sud-ouest qui faisait sa présentation à Las Ventas .

Alejandro Peñaranda : applaudissements après avis et une oreille après avis.

Ismaël Martín : silence et oreille

Jarocho : vuelta après avis et deux oreilles après avis

Le lot de la Ganadería de Fuente Ymbro est homogène, bien présenté: du trapío avec une moyenne de poids de cinq cents kilos et un âge proche de quatre ans.

Le premier novillo avec une robe castaño est accueilli par des véroniques d’ Alejandro Peñaranda. Il y a deux rencontres avec le cheval sans s’employer et une charge courte sur le quite d’Ismaël Martín. La faena du novillero est appliquée. Le novillo est meilleur sur la gauche. La seconde série à droite est donnée avec du temple. Plein centre, sur une nouvelle série de naturelles, la faena va a más. Il finit avec des bernadinas récompensées par des applaudissements. À l’épée, un pinchazo, l’avis tombe. La seconde estocade est entière et bien placée. Le second novillo jabonero ne rémate pas dans les planches. Le novillo charge le cheval par le devant lors des piques. Il commence par de jolis doblones mais sur une charge courte, le novillero se fait prendre par le Fuente Ymbro. Il exécute plusieurs séries de naturelles très réussies. L’épée est efficace puis l’avis des dix minutes retentit. Le novillo tombe rapidement. Une pétition se fait entendre et l’oreille tombe du palco.Ismaël commence par de jolis doblones. La charge est plus franche sur la gauche. Le jeune homme se fait prendre par le Fuente Ymbro. Il exécute plusieurs séries de naturelles très réussies. L’épée est efficace, l’avis retentit. Le novillo tombe rapidement, pétition et l’oreille tombe du palco.

Ismael Martín, exécute des véroniques jusqu’au centre de la piste pour finir par une rebolera. Une bonne mise en suerte et une mauvaise réception du cavalier. Le novillero se distingue par un quite de ojo. Il finit par une gaonera. La seconde rencontre est brève. La competencia entre novilleros est présente avec un quite de Jarocho. Pose des banderilles sans réussite. Avec douceur, il commence les premières séries. Plein centre, il exécute des derechazos sur le pico. Le novillo a de la noblesse, il charge à bonne distance. La seconde série à droite est meilleure. Sur la gauche, le toro exprime du reño s’exprime plus. Il a une charge plus courte. La faena va a menos. L’épée ne suscite pas d’émotion, silence.

Un negro listón sort ensuite tête haute dans le ruedo. Ismaël Martin exécute des véroniques très appuyées. Le novillo donne des coups de tête dans le cheval et il sort tout seul. La seconde rencontre est courte. La pose de banderilles est meilleure elle est applaudie. Il met de la distance sur une nouvelle série à gauche et sur les derechazos, se fait désarmer et accrocher lors de la faena. Pour la fin, une série de Bernardinas donne de l’émotion. Une épée caida mais efficace le toro tombe directement. Oreille.

Le novillo de Jarocho est remplacé. Le troisième bis a une charge violente à la cape. Au cheval, il exprime un comportement de manso. Alejandro Peñaranda exécute des chicuelinas. Il commence sa faena avec des rodillas et reçoit les applaudissements du public. Le novillo change de comportement lors des premières faenas à droite. Il répond aux sollicitations de loin. Jarocho exécute de belles naturelles avec du temple. Les dernières séries à droite donnent de l’émotion au public. L’avis sonne juste après la bonne estocade. Le public applaudit la mort rapide du novillo dans les planches. Une pétition majoritaire de pañuelos ne fait pas réagir le palco.

Le dernier novillo est magnifique avec une démarche agréable. Un enchaînement de largas, de véroniques, de chicuelinas pour finir sur une revolera. Le public madrilène apprécie. Jarocho brinde son toro à Fernando Robleño. Sa faena commence de façon classique. Sur la première série à droite et à gauche, il se fait accrocher. Alors que le toro est arrêté, il arrive à tirer de jolis derechazos. L’émotion se dégage des naturelles finales données avec profondeur et sentiment . Dernières séries à gauche sous les olé et les applaudissements unanimes. Engagement total à l’épée. Applaudissement après la mort rapide du novillo. Une pétition fournie et deux mouchoirs tombent.

Jarocho sortira par la puerta grande porté avec beaucoup d’enthousiasme par ses amis de l’école taurine El Yiyo. Un moment très émouvant.

Nicholas Couffignal

Madrid : un grand torero colombien JUAN DE CASTILLA.

Las Ventas, 19 mai ,9ème de feria de San Isidro. Lleno quasi absolu, temps agréable, un peu de vent sur la fin.

Toros de Miura très impressionnants, hauts, armées  et lourds sans le moindre gras. De robes diverses, cardeno, castaño blanc et noir, Noir, noir et blanc . Tous de quatre ans, de jeu inégal mais tous dangereux avec du genio particulièrement le 2, le 3 et le 6. Intoréable le 1er .Manque de force paradoxal après les piques. Poids moyen juste en dessous de 600 kg , 637 le dernier , un animal antédiluvien, dont les charges s’arrêtaient à mi- muletazo. 

Ils sont tous arrivés à la mort bouche fermée. 

Pour Rafael Rubio Rafaelillo: Noir et Or, silence et ovation

J de Castilla Olive et or: ovation après 1 avis et ovation après pétition

J E Colombo: Nazareno et or: silence et ovation  

Rafaelillo que l’on voit depuis longtemps devant ce genre de bétail tente toujours sa tauromachie leurre sur le mufle le plus souvent. Rien au premier qui n’avait rien à offrir, malgré son allure magnifique .Le toro est “miron”, regarde le matador , parado , pas sympa quoi…. Rafaelillo fera donc un semblant de faena de 3 minutes conclue par une entière après trois pinchazos.

Au quatrième, un bien meilleur élément de 626 kg, tricolore superbe, Juan de Castilla vient au quite et l’exécute avec audace, par gaoneras. Il fallait oser avec ce genre de bicho, le toro regarde dans le couloir, cornes très hautes, la faena traine un peu, on s’ennuierait presque. Et d’ailleurs au final on s’ennuie puisque Rafaelillo ne fait pas grand chose, ce n’est ni bien ni mal, le toro est compliqué; une épée entière habile et un peu basse qui vaudra au murcien un salut au tiers.

La révélation de la copa Chenel de 2023, Juan de Castilla le jeune colombien de Medellin a été à la hauteur de sa grande journée/  Deux corridas dures, ce matin à Vic avec LE Pagès Mailhan et un Prieto de la Cal et ce soir à Madrid avec les deux meilleurs Miura de Madrid. Classe, Sens du sitio  et justesse des gestes, adaptation formidable à ses deux adversaires en templant et toréant doucement des trains lancés à 200 à l’heure, citant de face, gardant la charge pour permettre des passes de pecho formidables.

Que ce soit au2eme ou au 5eme,Castilla en tira le maximum. Au second il domine le toro sur les deux bords . Le brindis qu’il prononce aux barrières est un exemple de toreria:”Je ne peux pas dédier la mort de ce toro à quelqu’un ici mais à tous les toreros et aficionados de Colombie qui luttent jour et nuit pour sauver la tauromachie dans mon pays”. Deux pinchazos, une entière, un avis et un grand descabello foudroyant. Toro sifflé à l’arrastre et ovation au tiers.

Le 5ème entre dans le rond en cherchant comment s’échapper, il devine la contre piste pleine de monde et sautera trois fois dedans: dommage pour les minces et les ventripotents qui finiront bien par comprendre que derrière un abri de planches contenant 3 personnes il ne faut pas en faire entrer 5!

Ce fut chaud, très chaud!

Colombo va au quite, et Castilla brinde au public. Comme à tous les toros de ce soir les piques furent normales , un peu carioquées à l’occasion pour Rafaelillo.

Très” entregado”, De Castilla torée avec goût et va sur la corne contraire en gagnant du terrain à petits pas glissés, très applaudi par Madrid qui voit tout et ne se laisse pas berner. Là c’est très bien, et tout le monde le voit et l’apprécie , même le tendido 7! Pour achever l’ouvrage, le torero offre sa muleta en statuaires aidées, par le bas, ça a de la classe et l’avantage de soumettre un peu plus le toro comme sil s’agissait de passes de châtiment, impossibles avec ce genre de client!. Grande épée en se jetant, desprendida qui empêche l’oreille de tomber, malgré une petite pétition.

OVATION très sonore.

Et maintenant celui  qui peut déclencher des polémiques , que les mauvais esprits appellent un animateur de plaza, bien à tort. Ce soir, devant le public le plus dur qui existe, Colombo s’est joué véritablement la vie dans le deuxième tiers, devant des cornes et du bétail impitoyables.  Touché sur la poitrine  à la deuxième paire de son premier toro, il a eu la corne le long de la joue pendant deux ou trois épisodes à vous rappeler les tragédies de Lucio Sandin , de Padilla ou de Granero.  Non je n’exagère pas, les choses vont si vite et sont si rapidement oubliées quand le drame ne s’est pas produit mais là, ce torero valiente  a fait peur à tout le monde. Ses faenas de muleta ont été engagées jusqu’au bout. Au 3ème toro les trois paires de banderilles sont parfaites.  Au 6ème il demande une quatrième paire à la présidence qui accepte et il corrige le tir de la troisième moins bien posée.  On appelle ça de la générosité. Le troisième toro est applaudi à l’arrastre, et Colombo s’il n’avait tué d’une estocade caida et d’un descabello après un avis, aurait sans doute mérité de couper un pavillon.

Le 6eme, un toro de 637 kgs  avec deux pitons ultra fins et écartés de plus d’un mètre vers le haut est galopant et rapide, virevoltant.

Qu’à cela ne tienne, chez Colombo on ne fait pas à l’économie : quite par navarras.

Au tercio de muleta on est surpris : on dirait que sur les toques le toro se pose la question : je passe ou j’encorne ? stop à hauteur d’homme et retour sur place.

Le jeune homme semble n’être atteint par aucune espèce de peur. Ce valiente ne renonce pas devant les charges sournoises du toro.Il Pinche une fois et met une entière efficace, et lui  comme le toro sont applaudis.

Les Miuras sont toujours des Miuras.

Jean François NEVIERE

  

MADRID, TRIOMPHE DE GUILLERMO  : UN MENDOZA PEUT EN CACHER UN AUTRE

Arènes combles à Madrid pour la despedida de Pablo Hermoso de Mendoza, mais c’est Guillermo son fils qui remporte la mise en ouvrant seul la première grande porte de la San Isidro 2024.

Les six exemplaires de Capea et Carmen Lozano bien présentés et modestement épointés, ont donné du jeu parfois pas jusqu’au bout et le dernier se voit attribuer la vuelta al ruedo.

Pablo Hermozo de Mendoza : salut et oreille

Lea Vincens : ovation et silence

Guillermo Hermozo de Mendoza : ovation et deux oreilles

C’est visiblement très ému que Pablo Hermoso de Mendoza fait pour la dernière fois le paseo dans les arènes de Las Ventas. Il brindera son premier toro à Joao Mura qui fut un grand cavallero en praza portugais avec Manuel Vidrie l’un de ses mentors avant d’être compagnon de se premiers cartels. Ce premier toro sort avec fougue et donne d’entrée beaucoup de jeu dans des cercles très serrés les cornes dans la queue du cheval. Le premier réjon de châtiment tombe au sol le second est en place. Vient ensuite le festival avec Berlin et les Hermosinas, ces poursuites dans lesquelles le cheval change de pied et de direction au raz des cornes et cela sur tout le périmètre. La première banderille est posée de face la seconde à la croupe. Et puis c’est un peu tout le toro s’arrête à la farpa suivante et la mise à mort à toro arrêté se fait en deux temps et un descabello.

A son second adversaire Pablo pose un premier rejon dans l’épaule et le second en place, Le début de faena est plutôt ennuyeux, mais à partir de la troisième pose très risquée et qui fait lever le public, les choses s’accélèrent ? Le toro se grandit et l’émotion gagne les gradins les poses se font de face et les trois roses finales sont parfaites . Le rejon de mort quoique en arrière est suffisant et la pétition majoritaire.

Lea Vincens n’a pas démérité loin de là. Excellente cavalière et bonne torera elle a laissé deux bonnes faenas malheureusement mal terminées par de nombreux pinchazos.

Guillermo Hermoso n’a déjà plus besoin de se faire un prénom, il a déjà triomphé dans la première plaza du monde. Aujourd’hui il confirme son excellent niveau comme rejonéador. Sa première prestation est de bon niveau mais parfois approximative dans la localisation des rejons et des farpas. Sa dernière paire de banderilles courtes est cependant parfaite. La mise à mort est hasardeuse : deux pinchazos avant une entière en arrière et deux descabellos.

A son deuxième toro la sérénité est revenue . Le toro est un peu long à fixer mais le toreo est parfait le rejon unique sera parfaitement porté de face. Pour les quatre premières farpas Guillermo a emprunté Berlin à papa et le festival commence, hermosinas à n’en plus finir entrecoupées de poses au quiébro qui font rugir les tendidos debout. Guillermo restera sobre deux roses et une paire de courtes à deux mains pour conclure, Madrid est conquise. Le rejon de mort est parfait et d’effet rapide. La pétition de deuxième oreille est presque plus forte que pour la première et par la même occasion la présidence accorde la vuelta al ruedo au toro. C’est une nouvelle puerta grande pour Guillermo alors que Pablo sort à pied ravi du succès de son fils.

Jean Dupin

Miguel Angel PERERA et Emilio DE JUSTO « Toreros de Madrid »

MADRID 17/05/2024- 7° course de la San Isidro 2024. Arène pleine, ciel partiellement nuageux, 20°, petit vent.
6 toros de LA QUINTA pour 3 matadors du premier groupe, affiche justifiant le nouveau plein des arènes avec un public du vendredi soir de Madrid, heureux de venir à Las Ventas avant de partir en Week end.
Toros : Poids et âges divers, 577, 574, 589,532,543,627 kg, cornes infernales comme toujours ici, manque de race en général, à part le 5°, visible dès les piques peu poussées, ne permettant pas le bon toreo, des Santa Coloma dangereux poussant les acteurs à l’héroïsme.

Miguel Angel PERERA, grenat et noir argenté, ovation après 2 avis et Vuelta très fêtée après pétition d’oreille.

Emilio DE JUSTO, gris clair et noir, ovation puis Vuelta très fêtée elle aussi après pétition d’oreille.

Gines MARIN, bleu et or, silence et silence.
Saluts des banderilleros El Alagabeno au 2° et Morenito de Arles au 5°.

Ce soir il fallait conduire et aussi bien Miguel Angel PERERA que Emilio DE JUSTO savent conduire sans doute mieux que Gines Marin qui nous a paru en retrait par rapport à ses deux compagnons d’affiche.

Miguel Angel PERERA est en grande forme cette année comme on a pu le voir à Séville, il a le sitio et il commande aux toros, même à ceux qui ne pensent qu’à l’encorner de la droite comme son second toro. Deux fois prévenu il impose sa domination et c’est la même chose sur la corne gauche qui ne veut pas plus passer. Ce toro est un assassin mais PERERA est un patron, et un patron ne s’échappe pas, arrivant à estoquer loyalement ce toro impossible. Demande d’oreille, pas accordée mais vuelta triomphale.

L’ estocade justifiait à elle seule l’octroi de l’oreille, mais peut-être le Président l’a-t-il mal vue. Bronca donc au palco.

Ason premier toro il avait servi un travail important à un toro peu combatif, lui imposant par sa science du placement et du commandement deux bonnes séries à droite et une bonne série à gauche, mais la mise à mort fut trop longue avec deux épées et trois descabellos, le contraire en quelque sorte de l’épée à son second toro. Pas de chance…


Emilio de Justo est héroïque avec son second toro, le cinquième de l’après midi, qui l’a pris de la corne droite et envoyé dans les airs, heureusement sans gravité. Sa tauromachie alors de la main gauche, pieds déchaussés, mais Madrid debout par une série de naturelles fondamentales, certaines de face. La trinchera finale avant la mise à mort est d’anthologie. L’épée un peu derrière et trois descabellos sont malheureusement nécessaires qui privent le torero d’une voire deux oreilles. A son premier toro après un quite par chicuelinas mains très basses il avait servi une faena courte et engagée à un toro peu racé.


En fait PERERA et DE JUSTO sont deux monstres de tauromachie face à des toros aussi difficiles et
méchants que ceux de LA QUINTA cet après-midi, et Gines Marin, pourtant bien disposé lui aussi n’a pas encore atteint leur bagage technique pour devenir « Torero de Madrid ». A noter cependant son désir de triompher puisqu’il avait reçu son premier toro à genoux à la porte du toril, tout comme l’avait fait Perera au taureau d’ouverture.

EXIR

Madrid : projection de Tomás Rufo

Par Antonio Arévalo


Madrid, 16 mai. «Lleno de no hay billetes ». 5 toros de Victoriano del Rio et un de Cortés, sorti en premier et protesté par une partie du public pour son trapio. Les cinq autres à la présentation inégale, combatifs au cheval, le plus complet le troisième et dans une moindre mesure le second. Intéressant aussi le quatrième.


Sébastien Castella silence et avis et salut après pétition minoritaire.


José Mari Manzanares salut après pétition et silence.


Tomás Rufo oreille et silence.


Importante prestation de Tomás Rufo qui a justifié amplement sa présence dans ce cartel des figuras si attendu. On l’a vu serein, déterminé et avec une excellente conception du toreo. Son premier toro de Victoriano fut le meilleur de la course et il le comprit à la muleta dès le début de la faena. Bien placé, administrant les passes avec du goût, il fut cependant accroché de manière spectaculaire après un changement de main.

Torero de race, il est revenu devant l’animal pour lui faire endosser de superbes naturelles, acclamées par le public. Faena vécue avec intensité sur les gradins et malgré une demie estocade, il coupa une oreille de poids.

Son second, le dernier de la corrida, excessivement grand et haut, ne s’employa pas au cheval et chargeait avec âpreté aux leurres. Une nouvelle fois, la détermination, le sitio du torero de Tolède lui permirent d’initier avec des statuaires d’un engagement total la faena. Mais le toro déclina petit à petit malgré la volonté du matador. Un torero à suivre, à voir, dont il faut aussi souligner un énorme courage qui va sans
doute lui permettre de se hisser au plus haut. Enhorabuena !

Bonne après-midi également de Manzanares, surtout à son premier, toro de Victoriano aux charges courtes à la cape et qui se révéla à la muleta. On l’a vu toréer avec « empaque », surtout de la main droite. Difficile de le faire avec la gauche, car à ce moment là de l’après-midi il faisait beaucoup de vent. Il a manqué à sa faena une série supplémentaire qui aurait donné plus d’envergure à sa prestation. Malgré une demie épée, bien placée, il y eut une pétition.

Bon début de muleta également au cinquième, avec du « señorío », cette prestance naturelle qu’il porte en lui, mais le toro n’alla plus loin.

Castella n’eut pas de chance avec son premier, protesté dès sa sortie, et vite vide de charges. Le quatrième fut plus collaborateur, surtout parce qu’on fit très attention à lui et qu’il ne fut pratiquement pas piqué. Début vibrant de faena, très imaginatif, porté par l’inspiration mais le toro, malgré sa noblesse, manquait de fond et ne tarda pas à protester à la fin des passes. Sébastien lui administra des séries courtes et s’engagea sur ces terrains de proximité qu’il affectionne. Il y eut une pétition minoritaire après une bonne estocade.

Signalons également la qualité des cuadrillas qui s’illustrèrent aussi bien à la pique
qu’aux banderilles en cette journée mondiale de la Tauromachie où il y eut également une minute de silence à l’issue du paseo en hommage à Joselito « El Gallo », décédé le 16 mai 1920 aux arènes de Talavera.

Madrid: « L’ennui naquit un jour de l’uniformité “

Les arènes de LAS VENTAS combles.

Plus un billet à vendre.

Les toros el PARRALEJO étaient attendus après le triomphe de Miguel Angel PERRERA à Séville et l’indulto de Jalaperras à Las Rozas en Mars.

C’était également jour de confirmation d’Alternative pour Alejandro Fermin auquel la chance semble avoir peu souri,  il a plus de trente ans.

Miguel Angel Perrera : Vert olive et or

Paco Ureña : Tout en or

Alejandro Fermin : Bleu et or

Toros de El Parralejo : Tous 5 ans , entre 550 et 628 Kilos. Tous très bien présentés, remarquablement armés.

FINI et Vicente Herrera de la cuadrilla de M.A. PERRERA ont salué après les banderilles du quatrième.

On ne peut vous imposer la lecture de ce qu’il advint ce soir à LAS VENTAS. Le voir était ennuyeux, le lire serait insupportable.

Ce que nous pourrons signaler est la « cérémonie «  bâclée pour l’alternative d’Alejandro Fermin.

On peut croire que chacun avait d’autres soucis et portait en lui d’autres espoirs. Six magnifiques bichos à combattre après les sorties vibrantes de leurs congénères à Séville.

On ne pourra rien reprocher à personne, aucun des six toros ne répondit aux attentes des 22500 spectateurs et encore moins aux trois acteurs.

Miguel Angel PERRERA entama ses deux faenas avec volonté et le style qu’on lui connait, on retiendra ce début de faena « de rodillas » très technique et spectaculaire, une série somptueuse par naturelles et puis deux toros qui s’arrêtent obstinément.

On trouva la même volonté chez Paco UREÑA.dès qu’il baissa la main le toro se désagrégea ne laissant aucune option.

Alejandro Fermin au trac dut ajouter toutes les difficultés techniques dues au manque d’engagement de ses deux adversaires.

Pratiquement toutes les épées furent « basses ».

Six silences et toujours la même dizaine de siffleurs.

« L’ennui naquit un jour de l’uniformité «  (Antoine Houdar de la Motte )

Charles FIGINI

Page 1 sur 26

© 2024 Corridasi - Tous droits réservés