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Francis Wolff: Pourquoi cette montée rapide de l’animalisme ?

 -Comment vois-tu évoluer le conflit avec les anti-taurins ?

-Je ne crois pas que la situation de la corrida face aux antis soit pire qu’il y a cinq ans. Aujourd’hui la corrida est en seconde ligne. Les plus attaqués se sont les malheureux éleveurs : les malheureux bouchers, les malheureux fromagers… C’est la viande qui est contestée avec la mode vegan… Tout ce qui a trait aux filières de production animale, viande mais aussi lait, etc. La mode vegan c’est l’aspect pratique d’une philosophie qui est l’antispecisme qui postule que nous sommes tous des êtres sensibles et qui prône l’égalité de tous les être sensibles. Elle ne veut pas faire de sort particulier aux êtres humains.

-Comment un point de vue comme celui-là est-il possible aujourd’hui où il y a tant d’injustices dans le monde ?

– J’ai écrit un livre en 2010 « Notre humanité d’Aristote aux neurosciences ». Je ne veux pas jouer les prophètes mais dans la conclusion de ce livre, bien avant la mode végan,  j’avais annoncé que se développeraient deux mouvements qui sont le post-humanisme et l’animalisme.  Huit ans plus tard je leur ai consacré un ouvrage « Trois utopies du monde contemporain ». L’animalisme n’existait pas il y a dix ans.

-Pourquoi cette montée si rapide de cette idéologie ?

-Pour trois types de raisons que je résumerai grossièrement. Commençons par les raisons politiques… Après l’écroulement des horizons révolutionnaires, des grandes idéologies et des visions du monde qui vont avec, le besoin de justice et de s’identifier à des victimes, crée chez les jeunes générations l’idée que les animaux représentent les dernières victimes ; les plus victimes des victimes.

Il n’y a plus de peuples ni de prolétariat à libérer désormais…

-… Il n’y a plus de femmes à libérer non plus car leur libération est en route. Les « utopies réalisées » comme je les désigne dans mon livre celles des « races » comme celles des             « peuples » ont échoué. La soif de justice, l’identification aux victimes passent désormais par les animaux. Il faut d’ailleurs expliquer ce mouvement de façon positive, ne pas le dénigrer.

-Ainsi les animaux auraient des droits spécifiques, au même titre que les humains… ?

-Nous sommes dans une société de plus en plus individualiste. Une société dans laquelle domine l’idée que nous avons tous des droits. Nous ne sommes plus au temps des aspirations collectives : la classe, le peuple. Tu vois bien les « gilets jaunes » : il s’agit d’un mouvement totalement individualiste. Il n’y a pas de conscience de classe. Rien. Chacun dit : « j’ai des droits ! ».

Francis Wolff in « Francis Wolff Moments de Vérité » Par Pierre Vidal (Editions Gascogne)

Ciudad Rodrigo

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Un ouvrage de Christian Le Sur

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Publication à venir d’un ouvrage dans lequel Christian Le Sur, directeur du CFT, qui a notamment compilé ses cours théoriques…

Il va sortir bientôt… Pensez à vos cadeaux de Noël…

En 1983, Christian LE SUR, 10ème matador de toros français, fonde la première école de tauromachie française : le Centre Français de Tauromachie (C.F.T.).

Afin de proposer un enseignement complet, il donne à ses élèves un cours théorique qu’il améliorera tout au long de ces années.

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Cet ouvrage est le support de cours de l’école. Décliné en 12 chapitres truffés du vocabulaire taurin espagnol, évoquant l’histoire, il détaille comment se déroulent les trois tiers d’une corrida, le rôle de chacun des acteurs et leur manière d’interagir.

Mais aussi et surtout, ce qui en fait un ouvrage de référence, c’est une explication détaillée des principes fondamentaux que sont la théorie des terrains, la vision du toro et l’analyse générale de la passe.

Enfin, il rappelle ce qui se fait ou pas en termes d’étiquette, détaille la fonction du président de course et termine par une évocation du costume de lumières.

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Chaque chapitre se conclut par un questionnaire, afin de vérifier la bonne compréhension des concepts évoqués.

Regroupant de nombreuses informations, utiles et nécessaires, pour celui qui voudrait s’adonner à cette passion et atteindre le niveau de novillero sin caballos, ce recueil sera aussi le parfait vadémécum pour l’aficionado spectateur, curieux de parfaire ses connaissances…

Il vous sera présenté début décembre…

Pau, fait bon accueil au livre « Francis Wolff moments de vérité »

Le livre « Francis Wolff Moments de Vérité » a connu un réel succès lors des « Idées mènent le monde ». Le livre de Pierre Vidal était présenté sur le stand de la librairie Marrimpouey et il a suscité des débats courtois et il a été acquis par de nombreux lecteurs.

L’UVTF ET L’ONCT COMMUNIQUENT

La délégation était composée de Jean-René Etchegaray, maire de Bayonne et président de l’UVTF, du bâtonnier Michel Dufranc, maire de La Brède et secrétaire général de l’UVTF, Yves Ugalde, adjoint à la culture de Bayonne et président délégué de l’UVTF, du docteur Joël Pon, psychiatre, vice président de l’ONCT, et d’André Viard, président de l’ONCT.

Francis Wolff à Séville

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Renaissance du Batan et de la Venta Real

De bonnes nouvelles, qui nous viennent d’Espagne: selon le journal ABC, les mythiques Venta del Batan à Madrid et la Real Venta de Antequera de Séville vont rouvrir leurs portes.

L’entrée de la Venta del Batán – ÁNGEL DE ANTONIO. ABC

Le maire PP de la capitale, José Luis Martínez-Almeida (PP), va lever le veto qu’avait mis son prédécesseur Manuela Carmena (Ahora Madrid) à l’introduction de chevaux, vaches ou toros au Batan. Les élèves de l’école taurine Manuel Lalanda vont pouvoir revenir s’y entraîner. Pour autant le Batan redeviendra-t-il cet endroit magique où les toros de la San Isidro étaient présentés aux aficionados ? On parle dans un premier temps de remises de prix et de classer le lieu comme monument historique ce qui va le protéger de la spéculation immobilière.

Les responsables de la mairie évoquent la possibilité d’ y accueillir d’autres activités taurines ou culturelles que celles réservées à l’école. Par ailleurs, l’école Marcial Lalanda va récupérer la subvention qui lui permettait de survivre, c’est à dire 65 000 euros qui lui avait été sucrée.

Revenus au Batan, les élèves pourront à nouveau s’entraîner face à des becerros ou des vaches ce qui va les changer du sempiternel toreo de salon et du carreton qui ont leur utilité mais ne remplacent pas le contact direct avec l’animal. Ils vont aussi trouver un lieu idoine pour travailler loin de ce préau banal qui leur avait été affecté.

Du côté sévillan la Venta Real de Antequera était fermée aux toros depuis 32 ans ( Espartaco affrontait ce jour là six exemplaires de Miura). Elle a été longteaussimps ruinée par le temps, les dégradations, les vols d’objets et même la disparition des pierres qui la constituait. Mais voilà qu’elle renaît dans le but d’en faire un nouveau référent touristique avec pour objectif d’y célébrer des événements culturels mais taurins notamment. Lola Rojas, nièce de Gabriel Rojas, l’a reçue en héritage et travaille sur ce projet depuis 2012.

Dans le cas sévillan, on évoque concrètement la possibilité de présenter à la Venta Real, les toros combattus le lendemain à la Maestranza. Ce qui, pour les aficionados, seraient non seulement le retour d’un lointain passé mais aussi et surtout une manière de satisfaire une curiosité bien naturelle.

Déjà la Venta accueille le siège de l’école taurine de Séville. Elle reçoit les ganaderos lors de leurs réunions de travail et elle peut compter, selon son responsable Daniel de la Fuente, sur l’appui de 6 ou 7 ganaderos ayant lidié les années précédentes à Séville et sans doute de la mairie qui voit le projet d’un bon œil. Ils étaient présents lors d’une récente visite consacrée aux journalistes et où on trouvait du bétail dans les corrals. Le but est de faire un lieu consacré au toro et au toreo assurent les propriétaires.

Deux lieux que l’on pensait voués à l’abandon, symboliques dans l’histoire collective du toreo, qui reviennent dans leur giron naturel, le notre, et à cela à la barbe de nos adversaires. Décidément rien n’est écrit…

Pierre Vidal

Source ABC

Le prochain Café Toro

Écoutons-les, Adour Aficion

Écoutons-les ! Part 2 from Valérie LHERAUD

Le pire est à venir

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Baiser de paix entre Pedro Sanchez (PSOE) et Pablo Iglesias (Podemos)… sur le dos des aficionados ?

Comme le dit ce jeudi matin le grand quotidien de droite espagnol ABC, l’accord surprise de gouvernement entre Podemos et PSOE est extrêmement dangereux pour le secteur taurin car il comporte en numéro 3, une clause sur « la garantie d’un traitement digne pour les animaux ». Nous sommes, nous les taurins, directement visés car Podemos fait de l’interdiction pure et simple de la corrida une obsession pour laquelle Pedro Sanchez, secrétaire du PSOE, il l’a dit à plusieurs reprises, n’éprouve, lui aussi, qu’antipathie.

Les taurins, Morante en est un exemple, se sont tirés une balle dans le pied en soutenant publiquement VOX qui est désormais un alibi pour cette alliance de dernière minute qui s’appuie justement sur un prétendu antifascisme. Il ne fallait surtout pas s’identifier à ce parti, qui même s’il a le vent en poupe ne dirigera jamais l’Espagne; pas plus d’ailleurs que le programme économique de Podemos ne sera jamais appliqué car l’Europe, inflexible sur l’orthodoxie libérale, veille (cf. le film de Costa Gavras). Il faudra donc que cette coalition inédite trouve des mesures symboliques pour satisfaire ses partisans: l’interdiction de la corrida (comme elle l’a été en Catalogne dont l’indépendance est défendue par Podemos) est toute désignée car emblématique pour ces adversaires.

L’ ABC pointe le mécanisme qui nous guette : « 1/ Définir la Fiesta comme vieille, cruelle et antidémocratique. 2/ Autoriser et favoriser toutes manifestations antitaurines. 3/ Supprimer l‘information taurine sur TVE. 4/ Interdire que les mairies intègrent dans leurs fêtes des spectacles taurins. 5/ Promulgation de normes qui interdisent l’accès aux arènes des mineurs aux arènes. 6/ Promotion des référendums locaux sur l’interdiction des toros. 7/ Exiger que les corridas se déroulent à la portugaise, sans effusion de sang. 8/ Une  fois la diminution des spectateurs assurée, comme à Barcelone, interdire les spectacles taurins ».

Il s’agit bien de réalités, pas de spéculations ni même de craintes car, sur les mesures symboliques, Podemos ne cédera pas et sans doute sont-elles déjà actées par le PSOE dans sa négociation surprise avec le mouvement d’Iglesias.

La seule manière de réagir contre ces menaces c’est la mobilisation des aficionados en Espagne comme en France. Une mobilisation immédiate, préventive en quelque sorte et massive. Mais les aficionados sont dans le déni (« ça n’arrivera jamais! »), peu enclin au militantisme. Il y a donc un vrai souci. Le futur est sombre. Le pire est à venir…

Pierre Vidal

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